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Jean C. Baudet

Pourquoi je suis si amoral

3 Septembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Ethique

L'apophtegme nietzschéen est radicalement imparable : "Si Dieu est mort, tout est permis". En l'absence d'obligations et d'interdictions transcendantes, venues de je ne sais quel ciel invisible mais catégoriquement impératif, rien, absolument rien ne s'impose à l'homme, sinon les lois (elles, implacables) de la nature. Les existentialistes l'ont compris avec effroi : l'homme est un être-pour-la-mort, il est un être-pour-l'ignorance, il est aussi un être-pour-la-liberté. Son existence précède son essence : il est avant d'être ceci ou cela.

L'étude (par l'ethnographie, l'histoire comparée des religions, etc.) de la généalogie de la morale montre clairement que les injonctions éthiques sont des créations humaines (trop humaines) comme toutes les institutions : religion, droit, organisation politique, célébration artistique et littéraire. Dans toute collectivité primitive, des individus (mâles dominants) se dressent pour imposer des croyances (mythes), des obligations (rites) et des interdits (tabous) au socius, et la morale du groupe (vulgum pecus) n'est rien d'autre qu'un ensemble de règles arbitraires (dont l'origine est oubliée), intériorisées et transmises de génération en génération par la pression sociale. Le socio-constructivisme s'impose clairement pour expliquer la formation des prescriptions morales et la résistance au changement des règles éthiques, souvent inséparables d'ailleurs des "commandements" religieux.

Mon matérialisme m'impose donc le rejet de toute prétention éthique et, comme à l'abbaye de Thélème, je dis "fais ce que voudras".

Mais en attendant la mort, il faut bien vivre ! Malgré l'ignorance indépassable, il faut bien acquérir des savoirs. Et, étant libre, l'homme doit bien organiser sa liberté. Car, selon une formule célèbre, ma liberté est limitée par celle des autres, et vice versa. En conséquence, je condamne tout projet éthique qui se présente au nom d'une transcendance, quelle qu'elle soit, et je ne vois nulle part inscrit en lettres de feu "tu ne tueras point". Mais je reconnais la nécessité pratique, "vitale", de fonder des règles de "vivre ensemble", et l'éthique est ainsi tout à la fois impossible, impensable et indispensable. Il est ainsi piquant qu'après 25 siècles de philosophie ayant lentement débarrassé l'homme de ses illusions primitives, il faille admettre la nécessité, pour la praxis, d'une refondation de la morale, l'Humanité étant ainsi contrainte de revenir à son état premier. Mais il s'agit maintenant d'élaborer une morale matérialiste, c'est-à-dire sans illusion, sans transcendance secrète.

Et ainsi, je ne suis pas contre le vol et l'assassinat parce que "c'est mal", mais parce que "c'est invivable" !

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Daniel Pisters 04/09/2014 21:03

« Apophtegme, apophtegme ! Est-ce que j’ai une gueule d’apopthegme » Il y a des teignes Popovs en Ukraine et partout ailleurs.

Je ne crois pas en l'Ethique, même non Transcendantale en invoquant des raisons supérieures ou égales aux raisons humaines et/ou animales,

Le "'Vivre Ensemble" POUAH! Slogan de politiciens (le plus souvent totalitaro-socialistes) qui signifient surtout: "Vivre avec eux".

Les politiciens sont des gens qui s'invitent chez vous, et vous y invite à vivre avec eux.

Vous allumez la télé: ils sont là, pour participer à votre repas.

Depuis longtemps (après le décès de mon Père qui m'interdisait de le faire),
j'ai prévu un couvert pour un politicien à ma pauvre petite table familiale,
il n'est jamais là, mais le couvert est remis chaque soir.

(le Romain avait ses Pénates, le Belche a son politicard).

Inutile de citer les cancrelats faisant partie de ce cortège!

Quant à l'éthique, je ne connais que celle qui est au fil de l'épée, le reste est éthiquette.