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Jean C. Baudet

Pourquoi je suis si simple

11 Septembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Moi

La philosophie est la recherche de la Vérité. Et la Vérité est "ce qui va m'arriver vraiment". Mon passé ne m'intéresse plus, puisqu'il est passé, et le passé de l'Humanité m'intéresse encore moins, si ce n'est à titre de curiosité et de divertissement (d'où mes livres d'histoire). L'égocentrisme de la philosophie est incontournable : un philosophe ne peut commencer à penser qu'à partir de lui-même, mais ce Moi qu'il examine dans l'introspection est aussi bien celui de n'importe quel homme que le sien propre : l'individualisme se dissout dans l'universel.

Que la Vérité soit mon futur se comprend alors aisément, puisque c'est dans l'avenir que je poursuivrai ma vie, avec les joies que j'espère encore et les souffrances que je redoute de plus en plus. J'ai cerné cette Vérité à venir, qui a sa zone de certitude et sa part de mystère. Je sais que, tôt ou tard, je vais souffrir, peut-être longuement et intensément, puis que je connaîtrai la mort, et après je ne sais plus rien : peut-être le néant, peut-être une seconde vie après la mort, dont je ne connais rien, mais qui pourrait être (pourquoi pas ?) infiniment plus douloureuse encore que ma vie terrestre. Depuis qu'il y a des philosophes, la philosophie a donc atteint, à la fois, la certitude des douleurs et l'ignorance du destin post mortem.

C'est extrêmement simple, et quiconque consentant à faire l'effort de se libérer de ses préjugés peut connaître tout le savoir philosophique en quelques minutes, en réfléchissant après avoir lu ce qui précède. C'est le message et la doctrine de Jean C. Baudet, en toute simplicité.

On comprend alors avec quelle ardeur et quelle férocité je me moque des poéticules qui nous parlent hautainement de l'indicible transcendantesque avec des airs supérieurs d'oracle et des philosophades qui nous embarrassent de leurs concepts creux, de leur "sens de la vie" d'un sentimentalisme abject, et de leurs phrases d'autant plus vides qu'elles sont plus longues. Car il ne faut pas se payer de mots, et la terminologie raffinée et subtiles des écoliers n'est trop souvent qu'un cache-misère qui masque une ignorance ou une étourderie. Car quand on sait qu'on va souffrir avant de mourir, et que l'on sait avec la même certitude qu'on ne sait pas ce qui viendra après la mort, que sert-il d'y ajouter les finesses et les contorsions intellectuelles du criticisme (Kant), de la dialectique (Hegel), de la phénoménologie transcendantale (Husserl), de l'eksistentialisme (Heidegger), de l'herméneutique (Gadamer) ? L'ignorance, même parée des plus scintillants atours, reste l'ignorance.

Et l'on comprend pourquoi les philosophades, les poéticules, les humanistes sentimentaux, les réformateurs sociaux et les adorateurs de concepts ne m'aiment guère...

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barbara 17/09/2014 22:11

je vous ai lu. C'est la sagesse même. Cependant entre la naissance et la mort, il y a un parcours qui oblige à un choix de vie. Et la philosophie intervient dans ce choix. Cordialement..

Daniel Pisters 17/09/2014 23:43

La sagesse peut consister à renoncer à aller jusqu'au bout de sa Logique, et comme il n'y en a qu'une de Logique (selon toute probabilité - même la Floue de Zadeh est basée sur les syllogismes aristotéliciens comme le fit observer Jean Baudet lui-même) et de multiples formes de Sagesse qui peuvent, sinon s'opposer à la Logique, du moins en tronquer le développement, je préfère la Logique dans son Unité à la multiplicité des sagesses.La Sagesse c'est par exemple ne pas aller jusqu'au bout de son idée logicienne de crainte que la vérité découverte ne détruise votre santé mentale. Sagesse et Logique ne font pas bon ménage; la première est faite pour essayer de continuer à vivre, la seconde n'aide même pas à mourir, mais elle parle plus vrai.

Daniel Pisters 16/09/2014 20:45

Je voudrais encore ajouter ce commentaire à votre article. Quelque chose me chiffonne depuis le début mais ce n'st pas la première fois que vous affirmez, que j l'ai relevé dans un autre contexte pour marquer mon désaccords, du moins nuancer votre position: "La philosophie est la recherche de la Vérité. Et la Vérité est "ce qui va m'arriver vraiment". Mon passé ne m'intéresse plus, puisqu'il est passé, et le passé de l'Humanité m'intéresse encore moins"

- La philosophie est la recherche de la Vérité; plus ou moins d'accord

- La Vérité est "ce qui va m'arriver vraiment"; plus ou moins d'accord "seulement aussi" car il pourrait vous arriver de baigner vraiment dans la plus totale illusion

- Mon passé ne m'intéresse plus, puisqu'il est passé. Cela suppose que vous avez connu et connaissez encore la Vérité sur votre passé, ce qui est douteux: si vous ne savez pourquoi vous êtes né, vous ne saurez pas davantage pourquoi vous aller mourir.

- et le passé de l'Humanité m'intéresse encore moins" Même remarque.

La Vérité Philosophie me semblant intemporelle (je ne 'affirme pas qu'elle est, je dis seulement qu'elle me le semble), la distinction entre passé, présent (infinitésimal entre le précédent et le suivant), et le futur n'est pas pertinente.

Daniel Pisters 12/09/2014 03:51

"les adorateurs de concepts ne m'aiment guère".

Moi, j'adore le concept Baudet qui était bien représenté, multi-facettes d'uniquement Vous-Même dans votre blog précédent.

L'Enfer post mortem que vous avez peut-être raison de craindre (et qui est une des raisons de notre si fort attachement à la vie) c'est peut-être ça:

Revoir sans fin votre vie, à chaque instant de votre vie, alors que vous avez l'horrible certitude d'être mort. Impossible de vous oublier, impossible de vous détacher de Vous-même tout autant qu'il Vous serait impossible de Vous rejoindre.

Impossible de Vous séparer, impossible de partir, et rester à jamais en présence de votre Tout Absent. Chaque bonne gorgée de Bordeaux que vous savourâtes de Votre Vivant serait un océan de poison pendant Votre Mort.

Et pour ajouter un peu de raffinement à cette infernale monotonie, Votre Image multi-facettes, multidimensionnelle et multi temporellement intemporelle qui Vous hantera de myriades de Vous-même sera fabriquée par des démons informaticiens, des Daniel Pisters en plus médiocre mais plus obstiné encore et Vous les supplierez:

"Effacez Ma Mémoire, débranchez-moi, éteignez l'écran holographique".

« Non, non » vous répondront en chœur les démons-informaticiens. Nous n'en sommes qu'à la version trois milliards deux cent millions cent soixante huit mille deux cent.1.2.0 de MS Windows conçue spécialement pour Vous et les processeurs n'ont même pas encore commencé de chauffer".

"Pitié", criez-vous.

"Pitié? Comment pitié? Mais nous sommes là pour Vous servir, nous sommes Vos Valets de Silicone! Vous auriez préférez des saints, heu des seins heu... Désirez-vous un petit rafraîchissement?".

Un bon verre d'eau bien glacé se projette sur l'écran à cent milliards d'exemplaires et Vous voyez autant de Jean Baudet le boire avec délectation, à l'ombre d'un parasol sur une terrasse devant la mer. Souvenir de vacances… chez Vous devant une nappe de brouillard recouvrant Bruxelles.

"Que désirez-Vous de plus? Comment Monsieur n'a déjà plus soif! Un peu de sel peut-être ? Vous savez cela peut sembler paradoxal, mais le sel permet de mieux lutter contre la soif en retenant l'eau dans le corps, ça Vous devriez savouâr! Si nous pouvons nous permettre... sauf Vot’ respect.".

"Je veux voir Dieu!".

"Quel Dieu, le nôtre ou le Vôtre? Mais Vous êtes en face de Lui! Posez lui toute les questions que Vous voulez! Il est l'Oracle de la Parole et la Parole de l'Oracle. Dites et l'on traduira en query SQ-Hell"

"Non, je veux voir l'Autre Dieu, celui qui se cache derrière l'écran"

"Ah! Il fallait le dire tout de suite!: ordonnez, nous ordinons!"

Des éclairs zèbrent l'écran holographique. Les cent milliards d'icônes de Jean Baudet vacillent. Une Figure se précise: Je-Nie-l'Idéal-de-l'Esprit vous apparaît, à peu près Daniel Pisters pour ceux qui savent lire dans l'Ordre.

Une voix tonne: "Alors, on fait moins le malin maintenant! Vous voyez qu'il y a quelque chose dans Rien et rien dans quelque Chose!"

"Heu oui, oui. Certainement, mais je l'avais déjà écrit dans mon commentaire du 11 septembre 2014 sur mon blog et je... disais que je ne niais rien, que tout était possible, que même l'Enfer était possible"

"Ca va, ça va! Vous en avez assez fait."

Les démons-informaticiens chantent en choeur: "Maître, Il n'a plus soif !".

"Comment?" répond le Maître "Jean Baudet n'aurait-il plus soif de Vérité!"

"Non, non Maître, nous parlions d'une soif plus physique!"

Vous hurlez "A boire! Un bête verre d'eau ! "

Les démons, les diablotins zélés, les informatidiables tournent en rond, en cercles infernales, ruminant cette phrase, la répétant en boucle:

"Bête verre d'eau, rêve de Baudet! Bête verre d'eau, rêve de Baudet! Bête verre d'eau, rêve de Baudet! Bête verre d'eau, rêve de Baudet! Bête verre d'eau, rêve de Baudet!"

"SILENCE!" tonne le Maître. Jean Baudet, vous avez donné au monde des vivants de beaux livres et cela mérite une récompense. Voici un glaçon. Eau des Vosges cristallines, je n'ai qu'une Parole!".

Le Maître vous tend un verre d'eau sculpté, finement ciselé dans de la glace.

"Mais ceci n'est pas un glaçon!" criez-vous. Le Maître et Magritte…

Les démons en choeur: "Il fait encore Son Difficile, Maître!"

"SILENCE!". Le Maître approche le verre d'eau de Vos Lèvres. Une goutte fraîchement tombée du pied de glace Les mouillent.

"Sucez" dit le Maître et Vous Vous jetez sur le verre en le serrant si fort entre Vos Doigts qu'il se brise, à Votre plus grand désarroi et même les démons-informaticiens en paraissent consternés. Les morceaux voltigent comme des flocons et Vous Vous mettez à courir dans tous les sens pour en attraper, en léchant sur le bout de Vos Doigts une cristalline pulvérulence trop vite évaporée.

Le Maître dit: "Maintenant que vous avez bu, vous avez sans doute faim ? ».

Les informaticiens en chœur « Un Boeuf Gros-sel Vous irait-il?"

"Du poisson, une truite de rivière!" criez-vous. Les démons se moquent: "Pléonasme. Vous avez déjà vu une truite de mer?!"

Le Maître d'un geste les interrompt: "Fario ou Arc-en-Ciel?"

"Avec beaucoup de citron, Schubert baveuse, meuh je veux dire meunière, mais surtout bien baveuse".

"Ce n'est pas une omelette. Ah ah ah! Il confond tout Maître"

Le Maître: "Ne vous vous moquez pas. Il est malin comme un singe: il veut des aliments qui contiennent de cet eau qu'il vient de gaspiller et quand il n'aura plus soif, il nous demandera de l'eau pleine d'aliments."

« Non, non, pas du tout. Donnez-moi un steak bien saignant, avec des frites dégoulinantes de mayonnaise et une salade, une bonne grosse salade, aux feuilles bien juteuses. Un petit steak, une frite, une goutte de mayonnaise et beaucoup de salade ».

Les démons en chœur : « Maître, il Vous prend pour Un Imbécile ! »

« Je sais. Laissez. Remontez sur terre et donnez-lui un tonneau d’eau fraîche avec un pot en étain pour que cet imbécile ne le casse pas. Nous reconsidérons son cas plus tard. ».

« Mais Maître, Vous êtes trop bon ! »

« Laissons, allez. Soyons bon seigneur. »

Le réflexe du philosophe lui fut fatale. Sous les yeux du Maître et de ses démons informaticiens ébahis, Vous Vous emparez du pot en étain pour fracasser le tonneau qui en vomit d’un seul coup toute son eau. Vous venez de communiquer à votre geste insensé toute la Force de Votre Pensée. Vous entrez dans le tonneau asséché en soupirant : « Tout va bien maintenant, je suis Diogène. »