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Jean C. Baudet

Le mystere belge des ingenieurs et des historiens

18 Octobre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Ingénieur, #Belgique

Le mystere belge des ingenieurs et des historiens

La Belgique est le premier pays du monde à avoir utilisé les outils de la Révolution industrielle anglaise du XVIIIème siècle, et c'est l'industrialisation de la Belgique qui, de 1800 à 1974, lui a assuré une prospérité remarquable, un développement durable (pendant deux siècles), lui donnant même les moyens de réalisations culturelles admirables comme les bâtiments de Victor Horta, les romans de Georges Simenon, les toiles de James Ensor. Les agents de cette industrialisation ne sont pas les avocats et les notaires belges (il y a des juristes dans nos provinces depuis le temps des ducs de Bourgogne), ni les étruscologues belges, ni les sénateurs, ni les curés, ni les sigillographes, ni les instituteurs, ni les médecins... Ce sont les ingénieurs : Cockerill, Vifquain, Simons et De Ridder, Vierendeel, Solvay, Empain, Dulait, Francqui, Frankignoul, et bien d'autres. Le processus de désindustrialisation a commencé en 1974, à la suite du "premier choc pétrolier", mais aussi du fait de la propagation d'idéologies délétères anti-science, anti-technique, anti-industrie, conduisant automatiquement à une paupérisation qui ne peut aller qu'en s'accélérant, avec les inévitables conséquences de l'ignorance, de l'obscurantisme et du fanatisme.

L'industrialisation a permis notamment le financement des universités, et la production de régiments toujours plus nombreux d'historiens toujours mieux formés. C'est parce que les Belges ont su vendre de l'acier et des machines dans le monde entier qu'ils ont pu offrir une chaire à des génies de l'étude du Passé comme Henri Pirenne et Jean Stengers. Chaque Belge devrait faire un examen de conscience et se demander d'où vient l'argent qui lui permet d'acquérir sa bière et ses frites.

Quand j'ai commencé à m'intéresser à la profession d'ingénieur, à la fin des années 1970, je m'attendais donc à trouver une historiographie abondante sur les ingénieurs. Consternation ! Pas un seul ouvrage d'ensemble sur l'histoire des ingénieurs en Belgique !!! Aussi étonnant que cela paraisse, dans un pays où l'on multipliait les études approfondies des chartes du Moyen Âge ou sur la condition ouvrière sous Léopold II, aucun livre, pas un seul, n'avait été publié sur l'histoire des ingénieurs dans un pays qui leur devait son existence même (je veux dire la matérialité des routes, des chemins de fer, des usines). Ecrire l'histoire de la Belgique sans signaler les ingénieurs, n'est-ce pas décrire une ruche sans parler des abeilles ?

Et aujourd'hui, je dois bien admettre que les seuls ouvrages publiés sur l'histoire des ingénieurs en Belgique sont les miens :

- Les ingénieurs belges, APPS, Bruxelles, 171 pages,

- Les plus grands ingénieurs belges, La Boîte à Pandore, Paris, 284 pages.

Je terminerai par un petit slogan :

" Il faut à la Belgique, aujourd'hui et demain,

Des ingénieurs en plus et des parleurs en moins. "

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Daniel Pisters 18/10/2014 16:27

Monsieur Baudet, vous êtes génial.
Mais arrêtez s'il vous plait de taper sur, les "étruscologues". Ils travaillent à la base de notre civilisation anté-Romaine. C'est aussi important qu'un nouveau théorème de la Physique.
En effet, comme je l'ai toujours dit, la Belgique est le tourbillon de l'Europe. Elle est le point de rencontre de toutes le cultures, elle est la Vortex du Confluent, la synthèse de deux courants contraires et il n'y en a que deuze, latine et germanique. Les slaves, cela fait pour moi partie de l'Orient. Je n'aime pas beaucoup.Je préfère encore les Noirs. Le Congo perdu et enfin retrouvé!
Vous avez cette forme de génie nécessaire à ces retrouvailles!
Finalement: le noir et le blanc, le yin et yang!
Le Maître et l'Esclave se marient dans l'Industrie !
Blague à part, la Belgique est un phénomène de synthèse. Je pense qu'elle est le nombril de l'Univers, si l'on fait abtstraction de Jean Baudet.