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Jean C. Baudet

Emploi et chomage

18 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Economie

Est-ce donc si difficile à comprendre ? Soit une entreprise, en France ou en Belgique, qui fabrique des cravates. Le patron envisage d'engager un employé pendant un an. Il calcule qu'il va devoir, tous les mois, payer à son nouveau collaborateur un salaire S, et qu'il va devoir en outre verser des cotisations C (exigées par les pouvoirs publics) et qu'il devra enfin dépenser des frais F (local, chauffage et éclairage, outillage, administration, etc.). Il va donc devoir "trouver" chaque mois un montant de S+C+F euros. Pour fixer les idées, supposons que S+C+F = 2.000 euros, cela représente une dépense annuelle de 12x2.000 = 24.000 euros.

Pour que l'entreprise ne soit pas en difficultés financières (ce qui, à terme, signifiera la faillite et la perte de tous les emplois de l'entreprise), il faut que le travail effectué par le nouvel employé génère un bénéfice annuel supplémentaire d'au moins 24.000 euros ! Supposons que l'entreprise vende des cravates à 10 euros, avec un bénéfice unitaire d'un euro. Il faudra donc que l'activité du nouvel employé soit telle que le chiffre d'affaires augmente en un an de 240.000 euros, ce qui correspond non pas à la fabrication mais à la vente de 24.000 cravates supplémentaires.

En plus, le chef de l'entreprise doit constituer une réserve financière pour couvrir différents risques. Il se pourrait que le nouveau travailleur tombe malade (maladie réelle ou simulée), et si c'est une femme, elle pourrait devenir enceinte : congé-maladie ou congé de maternité! Il se pourrait aussi, cela arrive, que l'employé se révèle incompétent ou même carrément néfaste, provoquant des sabotages ou organisant des grèves.

Le raisonnement vaut pour n'importe quelle activité économique, qu'il s'agisse de vendre des cravates, des sex-toys ou des bouteilles de bourgogne. Quel entrepreneur, en France ou en Belgique, peut être sûr qu'il va, pendant l'année à venir, trouver un nouveau collaborateur capable de faire augmenter le chiffre d'affaires de 240.000 euros ?

Malgré les nombreux débats télévisés où l'on examine la question du chômage, avec force déclarations néo-libérales ou ultra-gauchistes, je ne vois pas d'économistes ou de journalistes expliquant simplement que "pour engager plus, il faut vendre plus" ! Or, du fait de la formidable explosion démographique, il devient de plus en plus difficile de vendre pour les pays européens, étranglés par une concurrence étrangère toujours plus vive, et dont on ne voit aucun signe d'une baisse prochaine. En France et dans les autres pays avancés, le chômage est là, et il est là pour rester, et même pour croître. La courbe du chômage n'est pas inversable. A moins de diminuer drastiquement S, C ou F !!!

Il suffit d'un peu de bon sens et de la connaissance des deux opérations arithmétiques les plus simples (addition et multiplication) pour comprendre que le chômage est là pour longtemps. Point n'est besoin de macroéconomie et de mathématiques supérieures, et encore moins d'idéologie, pour savoir que pour engager des travailleurs il faut qu'une entreprise augmente ses bénéfices. C'est compréhensible par le premier venu sachant lire et calculer. Il est scandaleux que les politiciens et des intellectuels n'usent pas de plus de pédagogie pour l'expliquer clairement.

On peut d'ailleurs se demander qui exploite qui, des employeurs ou des employés ?

La vérité économique - comme la vérité de la condition humaine dans une nature hostile - est bien sombre, et jamais les lendemains ne chantent. Après avoir visité, plein d'un optimisme touchant, une école primaire et l'exubérance des enfants et le sourire des institutrices, il faut, pour comprendre la vie des hommes, visiter le département des cancéreux dans un hôpital.

Mais "positivons" !... Dans un pays où il y a 20% de chômeurs, il y a 80% de gens capables de travailler qui travaillent effectivement, et qui se nourrissent eux-mêmes et qui nourrissent en outre les enfants, les vieillards, les malades, les handicapés et les chômeurs ! Car, malgré le chômage persistant depuis 1974 (pourquoi cette date, au fait ?), il n'y a pas de famines ni même de disettes en France et en Belgique. Pas encore...

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