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Jean C. Baudet

La Lettre de l'AEB

27 Décembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Littérature

Je lis toujours avec bonheur, et avec même un vif sentiment d'admiration, la "Lettre de l'AEB", publication périodique de l'Association des Ecrivains belges. Car c'est un bonheur et une fête pour l'esprit de découvrir, chaque mois ou presque, un échantillon, toujours choisi avec intelligence et finesse, de la récente et si variée production littéraire des hommes et des femmes qui, en Belgique, se livrent à l'absorbant et délicat travail d'écriture. Ne dit-on pas que la Belgique, minuscule par son territoire et modeste par sa démographie (et encore, tous les Belges ne parlent pas le français), est grande et belle par ses contributions à la Littérature Française, un des fleurons de l'Esprit humain ?

Dans la livraison de décembre, la "Lettre" nous offre les comptes rendus de quelques-uns des meilleurs ouvrages parus récemment, dus à des membres de l'AEB et judicieusement sélectionnés par des membres de l'AEB. C'est ainsi que France Bastia (romancière, directeur de la "Revue Générale" et président d'honneur de l'AEB) nous donne les recensions de deux romans. "La solitude du papillon" (Laurence Bertels), d'après Bastia, est "un roman sur l'amour et l'amitié", et dans "Trop lourd pour moi" (Daniel Charneux), nous révèle la même, "que de tableaux délicats, que de descriptions pleines de finesse, que de poésie" !

En fait de poésie, deux recueils de poèmes sont analysés avec subtilité dans la "Lettre" de décembre. Marcel Detiège nous parle, avec sa pénétration critique coutumière, du dernier livre de Claire Anne Magnès, "La maison des horloges", en notant que "les amoureux se remémoreront le vertige d'un émoi qui est toujours premier quand on l'éprouve". Et Philippe Leuckx, tout aussi apte à capter les fines résonances des mots du poète, nous parle de "Elle sait" (Françoise Lison-Leroy), qui est un ensemble de "beaux poèmes en prose, autour de deux sujets, la femme et le temps".

Il y a aussi le théâtre, avec le compte rendu, par Anne-Michèle Hamesse, du dernier ouvrage d'Isabelle Bielecki, écrivain russo-polono-belge (je veux dire née d'un père russe, d'une mère polonaise et vivant en Belgique) : "Les déracinés". Il s'agit d'un ensemble de trois pièces qui, comme le dit si bien Hamesse, "en nous livrant des figures attachantes de femmes et d'hommes, nous enferment dans un cercle enchanté".

Enfin, pour compléter cette belle brochette de belles évocations de beaux livres, Renaud Denuit (vice-président de l'AEB, philosophe, poète, ancien journaliste...) nous parle avec l'enthousiasme qui convient de la biographie enthousiaste par Marc Danval d'un polyenthousiaste (aux hommes exceptionnels il faut des qualificatifs exceptionnels), Goffin. Le titre de l'essai : "Robert Goffin, avocat, poète et homme de jazz". L'excellente notice de Denuit se termine par une judicieuse observation : "une oeuvre poétique immense, qui démontre que la grandeur littéraire n'est pas réservée aux monomaniaques de la littérature". Je rappelle que Robert Goffin, entre autres hauts faits, fut le premier écrivain, en Belgique, à s'intéresser (avec enthousiasme) au jazz, et à donner d'excellentes études historiques sur cette musique.

Et je peux conclure. Les écrivains belges existent. Je les ai rencontrés !

Une vidéo de l'auteur à la librairie Filigranes, à Bruxelles :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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