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Jean C. Baudet

Liberte d'expression et liberte de partenariat

27 Janvier 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

On a beaucoup proclamé, ces derniers jours, dans les pays civilisés, la nécessité de protéger fermement la liberté d'expression, à l'occasion de l'attentat islamiste au siège de "Charlie Hebdo". Mais il faut soutenir toutes les libertés, garantir la liberté tous azimuts, et en particulier il faut garantir, dans les pays modernes, la liberté de partenariat, c'est-à-dire la liberté, pour chacun, de choisir sans contraintes ses partenaires, la liberté de "discriminer". Ainsi, supposons un quidam (dans un pays libre) pris par un désir sexuel. Il doit être libre de forniquer avec le partenaire de son choix, sans que la société lui impose de respecter des critères de sexe, d'âge, de religion, etc. La liberté, c'est la liberté de discriminer et de porter son choix sur un ou une blanche, un ou une noire, etc. Et, bien entendu, le partenaire choisi doit être libre de consentir ou non à participer aux jeux érotiques imaginés par notre quidam. Ainsi encore, un propriétaire d'immeubles habitables doit-il être libre de choisir, sans contraintes, ses locataires. Ainsi surtout, un chef d'entreprise doit être totalement libre de choisir ses collaborateurs. Cette dernière liberté est même de très grande importance, car elle pourrait être décisive pour la bonne marche de l'entreprise, et un patron avisé sait mieux que quiconque si, pour tel poste, il vaut mieux un jeune ou un vieux, un musulman ou un confucianiste, un homme ou une femme, un maigre ou un obèse, un moustachu ou un barbu...

Etre libre, c'est pouvoir choisir ses "compagnons de route" !

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Daniel Pisters 27/01/2015 17:52

En effet, mon bon Pïerre, la liberté est un leurre, une chimère. Nous sommes complètement déterminés à tous les niveaux. Prétendre le contraire conduit à une régression à l'infini. Je montrerai pourquoi plus loin.

Des imbéciles savants invoquent le monde quantique pour justifier la notion de liberté de l'esprit: en deux mots, l'indétermination quantique serait à la base de certains aspects du fonctionnement de notre cerveau, donc nous serions indéterminés, donc nous serions libres. Mais c'est grotesque! De "grands" philosophes cogniticiens anglo-saxons y croient vraiment! Cet imbécile de Sartre a fait des contorsions invraisemblables pour justifier son avatar existentialiste de cette illusion augustinienne de Libre Arbitre.

Le petit raisonnement dont j’ai parlé plus haut démontrant que la liberté conduit à une régression à l’infini est le suivant :

En admettant que je sois libre, je décide de prendre ce verre de vin parce qu’il me plait, selon certains critères, de prendre ce verre de vin. Je ne suis pas déterminé par le fait que cela me plait, car j’ai le CHOIX de résister à cette tentation œnologique et de ne pas le prendre. Mais il me plait de CHOISIR comme de ne pas CHOISIR de résister à cette tentation déterminante. Mais je ne suis pas davantage déterminé de CHOISIR de résister ou de ne pas résister, parce qu’il me plait de CHOISR d’être déterminé par la première détermination ou de ne pas être déterminé par celle-ci, et ainsi de suite. A l’infini.

Evidemment « plaire » (il me plait, il ne me plait pas) sont des expressions naïves, sans parler de « choisir ». Nous n’avons jamais le choix car, étant des êtres finis, nous finirons par rencontrer dans le backward-chaining de toutes ces causes auto-déterminantes (cause déterminante serait un vulgaire pléonasme) ou effets d’une cause qui serait notre auto-détermination, une limite : la ou les causes dont il ne nous appartient pas de décider. Et même, si dans le meilleur des cas, c’est nous qui en décidons, par une sorte de volonté individuelle ex-nihilo, nous serions encore déterminé par quelque chose : nous même, ce qui est encore loin de la notion de liberté.

Daniel Pisters 27/01/2015 23:57

Oui, Pierre, je suis tout à fait d'accord. L''inconscient revient comme déterminant. On a tant décrié Freud, des idiots comme Michel Onfray, Jacques Van Rillaer. Enfin Onfray n'est pas un idiot. Je pense toutefois que l'inconscient et les preuves données de ses manifestations par les neurosciences ne sont pas nécessaire pour éliminer ce fantasme de libre-arbitre.Un raisonnement logique y suffit. Mais les sciences ont même la prétention de prouver la logique, alors que c'est la logique qui doit prouver les sciences. Je reviendrai dans cette discussion un peu plus tard avec une idée hallucinante mais très pertinente d'Alfred North Whitehead sur ce qui pourrait représenter ultimement un forme de liberté (bien loin de la stupide notion augustinienne de libre arbitre qui est à la base d'une grande part de la culpabilité chrétienne puisque nous sommes censés pouvoir décider de nos actes - nous sommes "responsables").

Pierre 27/01/2015 20:41

Merci, Daniel, pour votre réponse.
1-Et cependant notre justice repose sur la croyance en notre libre-arbitre pour pouvoir condamner ou non nos actes...
2-Il me semble que des expériences récentes en neuroscience laisseraient penser que la décision de nos actions pourraient être activée AVANT la mise en route de notre conscience!
Ce qui ferait peser un doute supplémentaire sur notre "liberté", non?

Pierre 27/01/2015 12:34

J'ai un sentiment de gêne à cause de l'emploi incessant et omniprésent du mot "liberté", à tel point qu'il me fait penser à qqch comme l'idéologie à la mode, sans réflexion suivie.
La liberté n'est-elle pas un concept inventé par l'homme? Notre monde n'est-il pas limité de toutes parts? Ne serait-ce que par les conditions nécessaires à notre existence (p.e. notre atmosphère, notre Terre dont nous pouvons à peine nous extraire, nos capacités cérébrales...)?

Daniel Pisters 27/01/2015 11:19

Je suis d'accord sur le choix des compagnons de route", mais ces patronets vous foutent dehors sans raison valable. Vous avez fait un bout de chemin avec eux, puis ils se séparent de vous (personnellement, quand cela m'est arrivé, cela ne m'a jamais posé aucun problème, mais ce n'est pas le cas de tout le monde). Des personnes ont marché pendant vingt-ans au côté du patronnet, qui leur dit soudain: "Pour vous la route s'arrête ici. Moi je continue".

Vous ne me semblez pas avoir très bien compris la perversité du système capitaliste. Et vous commencé à me connaître assez bien pour savoir que je ne suis pas socialiste. Je pense qu'il faut pendre Di Rupo avec son noeud papillon, Bart de Wever et sa clique avec une corde tressée avec les crins de la queue du Lion de Flandre.

Les gens sont bêtes et trop nombreux, la bêtise en grande quantité. Je ne vois aucune solution à cela.