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Jean C. Baudet

Etre-pour-ignorer

18 Avril 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Après 50 ans de recherches en épistémologie et en histoire des systèmes de pensée, j'arrive à une conclusion (peut-être provisoire, je cherche encore...) qui m'amène à compléter l'analytique existentiale de Martin Heidegger. Ne faut-il pas, en philosophie, aller toujours plus loin ?

Les superstitions sont ridicules. Les religions sont illusoires. Les idéologies sont fallacieuses. La philosophie a d'immenses ambitions mais n'a pas les moyens d'atteindre ses objectifs. La littérature et singulièrement la poésie ont pour objet de divertir et non d'atteindre des vérités. Reste la science. Elle est la seule, de tous les développements intellectuels, à avoir produit quelques résultats certains et définitifs. Il serait débile, de la part d'un "penseur" du XXIème siècle, de nier la vérité de l'héliocentrisme (1543), de la circulation sanguine (1628), ou même du noyau atomique (1912), même si personne n'a "vu" un noyau ! Mais la science, malgré ses résultats spectaculaires, est impuissante pour répondre aux questions vraiment existentielles : que se passe-t-il après la mort, que puis-je espérer, que dois-je craindre ?

Au terme de mes enquêtes, j'en viens donc à proposer un nouvel existential, une nouvelle détermination intrinsèque du Dasein : l'être-pour-ignorer. Il ne suffisait donc pas que l'homme soit mortel, qu'il soit un loup pour l'homme, qu'il soit un roseau pensant (Pascal), qu'il soit un être dans l'être duquel il est question de son être (Sartre), il fallait encore qu'il soit ignorant de son propre destin.

Au fait, je me le demande, est-il plus important, pour l'honneur de l'esprit humain, de découvrir les existentiaux (Heidegger, 1927) ou de découvrir les neutrons (Chadwick, 1932) ?

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Pierre 18/04/2015 21:36

Vous faites resurgir en moi une conviction d'un scientifique américain dont j'ai oublié le nom: la science n'amène pas la connaissance; au contraire en même temps qu'elle apporte des savoirs elle ouvre de plus en plus d'ignorance. Ainsi c'est très motivant: le véritable moteur de la science c'est l'ignorance. Pour lui c'est bien plus excitant de continuer la science en sachant que nous aurons toujours des ignorances à éclaircir.