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Jean C. Baudet

Elements de metaphysique

4 Novembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Métaphysique

La métaphysique est l'étude de l'Être en tant qu'être (Aristote : to On è on). Elle est le fondement de la philosophie, et donc de toute science. Depuis 600 avant notre ère jusqu'à nos jours, depuis la parole inaugurale de Thalès de Milet, elle a été développée par quelques dizaines de métaphysiciens. D'après une tradition qui est peut-être légendaire, son nom lui aurait été donné par Andronicos de Rhodes, il y a plus de deux mille ans : méta ta physica.

Les plus anciens exposés de métaphysique (généralement versifiés) étaient intitulés "Péri physéôs". L'Être a reçu, au cours du temps, au gré des divers auteurs, des noms variés, tous synonymes : Nature (Physis), Dieu (Spinoza : deus sive natura), Cosmos, Monde, Univers, Un (Plotin), Tout, Totalité, Réel, Vrai. Pour ma part, j'utilise volontiers le terme "Ce qui existe vraiment". Cette dénomination peut sembler tautologique, l'Être étant déterminé par l'existence, mais elle possède l'avantage de cerner le concept d'être ou d'existence par les sensations du vécu (de l'existence au sens de l'existentialisme), et dès lors d'être accessible même aux non-philosophes. Quiconque peut facilement former l'idée de "tout ce qui existe", même si l'approfondissement du sens de cette expression conduit à des abîmes de difficultés !

La principale difficulté de la métaphysique est de nature épistémologique : d'où vient que l'homme admet l'existence de certains objets (cet arbre fait partie de l'Être) et refuse l'existence à certains autres objets (les cercles carrés n'existent pas, ne font pas partie de l'Être) ? La question, qui ne peut s'exprimer qu'à l'aide du langage, est biaisée par les possibilités mêmes du langage. En effet, celui-ci peut générer des signifiants sans fin, qui désignent ou ne désignent pas des objets du Réel ! C'est ainsi qu'aux premiers temps de l'aventure de l'esprit humain, celui-ci a créé les mythes par nomination de l'inconnu. On peut appeler la métaphysique un effort pour échapper aux séductions des mythes et à la mystification.

Un des points d'achoppement de la métaphysique est ce que j'appelle la "coupure ontologique". L'Être est-il d'un seul tenant (par exemple la substance de Spinoza), ou est-il le lieu d'une scission entre deux domaines radicalement séparés (par exemple le monde sensible distinct du monde des Idées chez Platon). Monisme ou dualisme ? Comme le disait Spinoza : ordo rerum et ordo idearum, qui d'ailleurs unifiait ces deux "ordres" dans le monisme strict d'une substance unique, Natura.

Le monisme ne peut conduire qu'au matérialisme (Démocrite, Epicure, La Mettrie, Marx, Lénine), le solipsisme n'étant pas défendable.

Les dualismes ou idéalismes sont divers, mais peuvent tous être considérés comme des résurgences de l'esprit religieux, qui admet une scission ontologique du Moi (l'âme et le corps) et du Monde (le Ciel et la Terre).

Finalement, la question est : comment le métaphysicien, étant singulier, peut-il espérer atteindre la connaissance de l'Être, totalité universelle ? Et la question subsidiaire : que valent les discours basés sur une métaphysique illusoire ou inconsciente ?

Une vidéo de l'auteur à la librairie Filigranes, à Bruxelles :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Yves Lanthier 04/11/2015 12:51

Vos billets me motivent pour lire le plus attentivement possible des articles comme celui-ci:
«Relativity versus quantum mechanics: the battle for the universe»
http://www.theguardian.com/news/2015/nov/04/relativity-quantum-mechanics-universe-physicists