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Jean C. Baudet

De la phenomenologie a l'editologie

11 Janvier 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Editologie

Le philosophie est la recherche du bonheur. Ce n’est pas, comme la science, une connaissance répondant à des curiosités. Ce n’est pas davantage, comme chacune des religions, la défense hystérique et fanatisée d’une tradition « spirituelle ». La philosophie est la recherche des moyens (s’ils existent) de connaître le bonheur, c’est-à-dire d’atteindre un état agréable persistant, de faire en sorte que notre engagement affectif dans le monde soit positif (que j’éprouve le désir d’y rester) et durable. Un plaisir passager, aussi intense soit-il, ne saurait contenter le philosophe, car une jouissance ancienne ne compense pas une souffrance actuelle. Pour trouver le chemin du bonheur, le philosophe doit s’efforcer de connaître la réalité, car c’est de ce qui existe vraiment que proviennent aussi bien les plaisirs que les douleurs. La difficulté (très probablement insurmontable) réside alors dans l’impossibilité d’un examen exhaustif de la réalité, de l’Être, dont on sait qu’il se déploie dans le Temps, c’est-à-dire dans un passé qui n’est plus, dans un présent qui devient passé au moment même où l’on s’efforce de l’observer, et dans un futur qui, n’étant pas encore présent, est inaccessible à l’observation philosophique.

La phénoménologie transcendantale de Husserl a repris les données radicales du cogito de Descartes montrant que la démarche philosophique commence par les expériences de vie du philosophe (du « moi » et du « je » : « je pense donc je suis »), et quand le philosophe allemand développe les thèmes du vécu de la conscience et de la nécessité d’aller « aux choses mêmes », que dit-il d’autre que ceci, que l’homme vivant connaît des joies et des peines, mais qu’il ignore le dénouement de cette aventure. Heidegger ne nous apprend pas grand-chose quand il nous révèle – comme s’il avait décrypté, grâce à une herméneutique novatrice, le message sibyllin que l’Être aurait consenti à lui transmettre – que l’homme est un Sein-zum-Tode, un « être-pour-la-mort » et un Sein-in-der-Welt, un « être-au-monde ».

L’éditologie trouve son point d’ancrage dans des considérations plus modestes, mais plus sûres, qui sont le primat de la Technique (qui peut nier que les hominiens ont inventé l’outil avant d’inventer le langage ?) et la fécondité cumulative de la Science (qui peut nier l’efficacité cognitive des microscopes et des thermomètres ?). L’éditologie compare les systèmes de pensée et admet une supériorité, au moins dans l’exploration du monde phénoménal, de la pensée « scientifique ». L’éditologie ne trouve aucune manifestation de vérité (d’adéquation au réel) dans les littératures, les mythes, les religions, les idéologies. Elle constate que ces différents systèmes (qui apparaissent dans une même lignée ayant pour source l’émotion provoquée par l’invention des mots) provoquent des adhésions véhémentes du fait de la puissance des sentiments de peur et d’espoir.

Une vidéo de l'auteur :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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