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Jean C. Baudet

La triple racine de l'editologie

23 Avril 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Editologie, #Epistémologie, #Philosophie

J’ai développé le concept d’éditologie au début des années 1980. Le néologisme « éditologie » désigne une démarche philosophique basée sur trois déterminations. L’éditologie est une épistémologie (1) historique (2) qui accorde une importance décisive à la technique (3).

Epistémologie : de manière très classique, l’éditologie est d’abord la construction d’une théorie de la connaissance, car il faut d’abord savoir s’il est possible de savoir (et comment ?) avant d’entreprendre des investigations concernant l’Être, et avant de proposer une éthique.

Histoire : contrairement aux épistémologies de la grande tradition universitaire allemande (Kant, Fichte, Husserl…), l’éditologie préconise une épistémologie a posteriori et non a priori. C’est dire qu’il faut analyser les facultés cognitives de l’esprit humain non par le raisonnement seul (à la façon de Descartes, de Kant, etc.), mais par l’examen critique de la manière dont les connaissances (qu’elles soient d’ailleurs vraies ou fausses) sont apparues et se sont répandues au cours de l’évolution de la pensée, depuis la préhistoire jusqu’à nos jours. Il faut commencer la quête philosophique par l’étude approfondie de l’histoire des systèmes de pensée (l’expression est de Michel Foucault).

Technique : la position la plus originale de l’éditologie est de constater, vers 1980, le désintérêt paradoxal, de la part des philosophes dominants, du fait technique, alors qu’il apparaît facilement que la technique est la toute première production culturelle. Les humains ont inventé l’outil de bois ou de pierre avant même d’avoir inventé le langage ! Ce primat de la technique – et l’oubli de la technique par de très nombreux philosophes – est le fondement le plus spécifique de l’éditologie.

J’ai donc, depuis 1980, basé ma démarche philosophique sur trois « évidences », 1° la nécessité d’une théorie de la connaissance, 2° le besoin d’une étude diachronique de la pensée, 3° la reconnaissance du primat de la technique (et donc du caractère humanisant de la technique). Voir mes publications : « Penser la technique », Revue Générale 1989(12) : 35-40 ; « Le critère de l’humain », IBM Informations 1994(12) : 10-11, 1994 ; Le signe de l’humain – Une philosophie de la technique, L’Harmattan, Paris, 172 p., 2005.

L’éditologie s’inscrit évidemment dans la suite de la philosophia perennis, avec Platon comme premier auteur d’une théorie approfondie de la connaissance, avec Gaston Bachelard (précédé par Léon Brunschvicg) comme promoteur d’une épistémologie historique, et avec Karl Marx comme premier penseur de la technique (Voir Kostas Axelos : Marx, penseur de la technique – De l’aliénation de l’homme à la conquête du monde, Minuit, Paris, 324 p., 1961).

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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