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Jean C. Baudet

Pourquoi je suis si lucide

5 Avril 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

La pratique régulière de l’épistémologie (qui est la gymnastique de l’esprit et le fitness de l’intellectualité) m’a appris à me méfier de l’émotion – qui est le détournement de l’intelligence vers le passé – et de l’imaginaire – qui est le détournement de l’intelligence vers le futur. L’émotion et le sentiment sont à la racine des mythes, du romantisme et des gauchismes, glorifiant les temps anciens et rêvant de bonheurs disparus. L’imaginaire et l’imagination sont à l’origine des utopies et des « projets de société », peignant de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel les moments à venir et songeant à la paix et à l’amour. Et le sentiment et l’imagination s’associent et leurs rêveries se mélangent en religions, en idéologies et en fanatismes.

C’est l’imagination et le sentiment combinés qui ont inventé ce sophisme qui prétend que, puisque le passé n’est plus et que l’avenir n’est pas encore, seul le présent existe, conduisant à l’optimisme béat du Carpe diem. Le vrai est plus tragique. En réalité, c’est tout le contraire. Le passé existe en déterminant notre présent, et le futur existe car chaque instant nous y conduit inéluctablement. On ne quitte le passé que pour entrer dans l’avenir, et le présent est bien peu de chose, et si l’on cueille « les roses de la vie », elles finissent toujours par faner.

L’enfant, le débile et le primitif ont l’insouciance en commun, et de robustes certitudes.

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stephane cnockaert 05/04/2016 11:41

On serait tenté de penser qu'il y a trop d'intelligence "déwattée" dans nos sociétés modernes, qui sature nos canaux de communication, qui empêche l'intelligence "réelle" de circuler. On se dit que c'est loin d'être idéal. Or, l'histoire récente a montré ce qui peut advenir lorsqu'un peuple mis au courant de sa situation, acculé par la dette, élit un pouvoir politique qui opère en mode réel, qui remet toute une nation au travail, qui s'applique à débusquer, à dénoncer et à chasser les parasites, un pouvoir politique qui arme la nation, qui produit son propre pétrole et sa propre monnaie. On sait ce que tel idéal donne comme résultat. C'est traumatisant sur le long terme. De tel traumatisme, on n'en n'est pas encore sortis. Il faut y aller prudemment, beaucoup plus prudemment. Il faut tolérer des compromissions. Pour éviter de s'aventurer au-delà du point de rupture, il est nécessaire de tolérer ces parasitismes qui mènent à la corruption, à l'exploitation et aux injustices. Ceux qui nous exploitent le savent bien. L'essentiel est que la direction soit la bonne, et que chaque année, du progrès soit enregistré. La dévaluation avait du bien, qui tendait à alléger le poids de la dette. Pour longtemps encore, nous devrons nous contenter d'une combinaison prudente, faite de pain (l'axe réel), de jeux (l'axe imaginaire), et de dévaluation (l'axe du temps). Il y a un grave problème, lorsque l'axe du temps, plutôt que d'opérer en cicatrisation, opère en fibrose. Le tissu de cicatrisation persiste, et remplace alors le tissu sain. Ce processus pathologique, très invalidant, altère définitivement le fonctionnement de l'organe, et peut même conduire jusqu'au décès s'il touche des organes vitaux. Les mécanismes régulant ces phénomènes demeurent à l'heure actuelle encore très peu compris, et la mise au point des traitements délicate : il s'agit de réguler l'action des fibroblastes (des banquiers) sans pour autant la bloquer totalement, le rôle de ces cellules demeurant fondamental.