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Jean C. Baudet

Propos sur la science

27 Avril 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Science, #Histoire

Propos sur la science

J’ai publié, de 1986 à ce jour, 31 livres concernant l’histoire de la science, de la technique et de l’industrie (STI), à quoi il convient d’ajouter, depuis 1969, de nombreux articles dans des revues spécialisées et des ouvrages collectifs. Toute cette production textuelle représente plusieurs milliers de pages imprimées, et constitue la base de mon travail philosophique. Car celui-ci s’est développé à partir d’une idée simple, à savoir l’unicité, l’universalité et l’efficacité de la science comme système de pensée, contrastant avec ce qu’il en est avec les « non-sciences » (littératures, mythes, religions, idéologies). On peut éventuellement contester la valeur de la science (encore que je vois mal un homme instruit s’opposer à l’héliocentrisme ou nier la circulation sanguine), mais on ne peut raisonnablement contester qu’elle est unifiée, qu’elle est devenue universelle (les savants de Corée du Nord utilisent les mêmes méthodes que ceux d’Afrique du Sud ou d’Iran) et qu’elle produit une technologie efficace, d’une efficacité tellement redoutable, même, que son utilisation pose de sérieux problèmes à l’Humanité.

Ces 31 livres ont été publiés par quatre éditeurs : APPS (Bruxelles), Vuibert (Paris), Jourdan (Bruxelles), La Boîte à Pandore (Paris).

Cette étude approfondie de la science, qui a examiné toutes les époques (de la Préhistoire à la fin du XXIème siècle) et toutes les disciplines (mathématiques, astronomie, physique, etc.), fut accompagnée par l’examen (moins extensif, il est vrai) d’autres systèmes de pensée : les littératures, les religions, la philosophie. Tout cela m’a conduit à devoir remarquer une succession dans le temps, correspondant au développement successif 1° des littératures, 2° des mythes, 3° des religions, 4° de la philosophie, 5° de la science, 6° de la technologie, et à me prononcer sur la valeur gnoséologique de ces formations discursives qui se suivent dans l’Histoire.

On en vient ainsi à devoir considérer que la science actuelle, presque entièrement mondialisée et pratiquée aussi bien en France que chez les Boliviens ou les Chinois, est comme un immense fleuve (des millions de textes décrivant des faits, des hypothèses, des théories) dont la lointaine source se trouve chez les Grecs, à Milet, en 600 avant notre ère ! A la « science grecque » (qui est plutôt une proto-science), se sont agrégés de nouveaux savoirs romains, indiens, arabes, européens (en Europe, en Amérique et dans le Commonwealth) et, à partir de l’extrême fin du XIXème siècle, japonais. Au siècle suivant, presque toutes les nations apportent leur contribution à la recherche scientifique et à la transmission de l’esprit scientifique.

Mais ne nous trompons pas ! Quand je dis « les Grecs », « les Japonais », il ne s’agit chaque fois que d’un très petit nombre de chercheurs, infime même par rapport à la population dont ils font partie. Tous les Japonais ne sont pas des Yukawa (ou des Toyoda, en technologie) et tous les Français ne sont pas des Lavoisier, des Pasteur, des Curie ou des Bourbaki. Utiliser l’histoire de la science, de la technique et de l’industrie pour alimenter un nationalisme serait pure sottise. Et je continue de me demander : pourquoi le Grec Thalès a-t-il inventé la philosophie (la recherche libre), et pourquoi, en 1543, le Bruxellois Vésale et le Polonais Copernic ont-ils inventé la science ? Est-ce que l’esprit scientifique souffle où il veut ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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