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Jean C. Baudet

Chez les ecrivains wallons

5 Mai 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Littérature, #Belgique

Chez les ecrivains wallons

J’étais hier soir à la soirée littéraire de l’AREAW, qui a lieu à l’Espace Wallonie, dans une cave aménagée en estaminet, tous les premiers mercredis du mois, sous la présidence de Joseph Bodson. L’Association royale des Ecrivains et des Artistes de Wallonie avait organisé la séance en trois actes. Le premier fut didactique, le second critique, le troisième allia les vertus expressives de la concision à l’humour – et à la profondeur – d’une certaine poésie.

Acte premier : Jean-Pierre Dopagne et Michel Otten (professeur émérite de l’Université Catholique de Louvain) discutent doctement autour d’un ouvrage récent de celui-ci : Paysages du Nord – Etudes de littérature belge de langue française. Le dialogue a porté sur une question importante, à vrai dire même essentielle : existe-t-il une « littérature belge » (ou les écrivains belges ne forment-ils qu’une province de la littérature française ?). Le professeur Otten répond vigoureusement par l’affirmative, opposant Camille Lemonnier à Zola, et comparant Michel de Ghelderode à Shakespeare. Mais alors, si la littérature belge est spécifique, quelle est sa spécificité ? Otten (émule de Barthes, de Kristeva et des autres « vaches sacrées », comme disait René Pommier, de la critique littéraire placée sous les signes ambigus de la sémiologie et de la psychanalyse), après de longues recherches menées avec toute la rigueur quasi scientifique de la philologie, a la réponse. Les littérateurs belges se distinguent de leurs confrères français par l’intérêt pour les paysages ! Et pour illustrer cette thèse paradoxale (mais le paradoxe est le grand souci des disciples de Barthes), Michel Otten cite Bruges-la-Morte. Il distingue aussi soigneusement le symbolisme français du symbolisme belge, celui-ci étant, d’après le professeur, plus profondément influencé par le romantisme et par la philosophie idéaliste des Allemands.

Acte deuxième : Michel Ducobu présente et interroge Anne Grauwels, à propos de son roman Une année douce. C’est l’histoire des amours d’une femme située entre deux hommes, qui cherche la solution de ses problèmes sentimentaux chez les psychanalystes. Ducobu a tôt fait de découvrir que le texte est une autofiction, et l’interview prend des allures de dialogue de sourds, faisant malicieusement écho à une déclaration précédente de Michel Otten, qui déclarait fort justement qu’une œuvre littéraire peut donner lieu à de multiples lectures.

Acte troisième : un véritable feu d’artifice, brillant de mille feux. Deux auteurs d’aphorismes, Louis Savary et Max De Backer, ont procédé à un étonnant échange de maximes, tour à tour plaisantes (souvent) et sévères (moins fréquemment), rappelant fort à propos que la littérature est un jeu de mots, visant à faire rire ou à émouvoir, et aussi à donner à penser.

J’ai terminé la soirée en buvant trois verres de vin rouge, en grignotant quelques biscuits salés, et en retrouvant avec plaisir quelques amis : Jacques Goyens, Dominique Aguessy, Isabelle Bielecki, Mireille Dabée, Liza Leyla, Claire Anne Magnès, Martine Rouhart…

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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