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Jean C. Baudet

Le monde en 2016

29 Juin 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Politique

La surface de la planète Terre, à peu près partout du Nord au Sud, est souillée par les déjections de 1,3 milliard de Chinois, de 1,2 milliard d’Indiens, et de beaucoup d’autres, ce qui est une situation absolument inédite dans la longue histoire des hommes. Pour la première fois depuis des millions d’années, l’animal humain s’est répandu universellement, dans les étendues glacées des pôles comme dans les étouffantes forêts équatoriales. Cette novation inouïe s’accompagne d’une autre nouveauté, le développement extraordinaire de la Technique, qui s’est transformée en une Technologie époustouflante. Il est banal de remarquer que l’Humanité a pu exister et croître grâce à la Technique, et que la « mondialisation » est le résultat des possibilités de la Technologie : moyens de transport et de télécommunications. Cette aventure de l’Homme est la conséquence de l’intelligence de quelques humains, des techniciens puis des ingénieurs qui, au lieu d’adorer le monde comme les primitifs, au lieu de comprendre le monde comme les philosophes puis les savants, ont voulu comprendre le monde et devenir « maîtres et possesseurs de la nature » (René Descartes). Hegel croyait pouvoir interpréter l’Histoire comme l’évolution dialectique de l’Esprit. Mais qu’est-ce que l’Esprit – l’Esprit qui toujours nie – sinon l’intelligence technicienne capable d’établir un lien entre le moi et le non-moi, entre la conscience des besoins et des désirs et le monde des ressources et des limitations ? Marx l’avait bien compris en voyant dans les « moyens de production » le moteur de l’Histoire – de la multiplication des hommes – puisque ces « moyens » ne sont rien d’autre que la Technique devenant (par une transfiguration dialectique initiée par le développement de la Science) Technologie.

Mais, dès l’invention du premier outil, la Technique se révèle clivante, instituant une séparation radicale entre ceux qui possèdent l’outil, et ceux qui ne l’ont pas. En plus, elle se révèle limitée dans ses possibilités : elle ne peut pas satisfaire tous les besoins et tous les désirs. Malgré les avancées sensationnelles de la Technologie, l’homme est encore et toujours condamné aux souffrances physiques et aux chagrins.

En 2016, l’Humanité est devenue son propre problème, la multiplication des hommes s’accélérant plus que la multiplication des ressources. Coincée entre la lithosphère, l’hydrosphère et l’atmosphère, l’anthroposphère subit les conséquences de plus en plus dévastatrices du réchauffement climatique (tornades, inondations, feux de forêt…) et son accroissement même provoque des rencontres engendrant des conflits et des guerres.

L’Humanité est donc dans une situation radicalement nouvelle ! En effet ! Et alors ? Ne savons-nous pas, depuis bien longtemps, que « tous les hommes sont mortels » ? En attendant, il faut bien vivre, et autant bénéficier du confort des avions de l’Américain William E. Boeing, du plaisir des randonnées en voitures de l’Américain Henry Ford, de la somptuosité des illuminations électriques rendues possibles grâce aux lampes de l’Américain Thomas A. Edison, des plaisirs sexuels sans soucis grâce aux pilules de l’Américain Gregory G. Pincus, en buvant du coca-cola de l’Américain John S. Pemberton (mais je préfère le beaujolais), et en composant des poèmes avec un ordinateur des Américains Bill Hewlett et Dave Packard.

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