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Jean C. Baudet

Sur la dualite de l'humain

26 Juillet 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Anthropologie, #Philosophie

L’anthropologie nous montre que l’humain est habité par une dualité radicale, indissociable, qui se manifeste clairement à l’observation quotidienne : homme et femme (sexologie), jeune et vieux (gérontologie), bien-voyant et myope (ophtalmologie), lettreux et matheux (psychologie), équilibré et fou (psychiatrie), actif et passif (caractérologie), bien-portant et malade (médecine), civilisé et sauvage (ethnologie), sédentaire et nomade (géographie), riche et pauvre (économie)… J’ai indiqué entre parenthèses la discipline scientifique concernée par chaque couple oppositif. Cette dualité omniprésente dans les divers aspects du phénomène humain trouve vraisemblablement sa source dans la structure duale de « l’esprit humain » (c’est-à-dire l’ensemble des facultés mentales), avec ce qu’Emmanuel Kant appelait la sensibilité (die Sinnlichkeit) et l’intelligence (die Vernunft), avec ce que Blaise Pascal appelait « le cœur et la raison », avec ce que les Grecs appelaient pathos et logos

Il faut admettre que les progrès les plus récents de la neurobiologie retrouvent cette dualité dans le fonctionnement du système nerveux central, ce qui conduit à une interprétation matérialiste de la conscience et de l’Être (Démocrite, Epicure, Lucrèce, La Mettrie, Diderot, Marx, Lénine, Freud, Onfray…).

Cette dualité coupe en deux l’ensemble des productions culturelles, c’est-à-dire la Civilisation. D’un côté il y a (dans l’ordre d’apparition au sein de l’Humanité) la Musique, le Langage, la Poésie et les Mythes, l’Art…, qui sont des réalisations successives de la sensibilité, du sentiment (recherche de la Beauté : esthétique) ; de l’autre côté il y a la Philosophie et puis la Science, qui sont des réalisations successives de l’intelligence, de la raison (recherche du Vrai : épistémique). Nous avons développé dans d’autres travaux, plus achevés, cette double assertion que la Poésie est née du Langage (pendant le Paléolithique) et que la Science est née de la Philosophie (pendant la Renaissance).

Le Bien (éthique) sera-t-il l’heureuse rencontre réconciliante du Philosophe et du Poète, dans les retrouvailles apaisées du Réel et du Rêve ? Ou l’éthique n’est-elle, comme les dieux disparus des temps anciens, qu’un espoir impossible, qu’une grandiose illusion ?

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