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Jean C. Baudet

Caterpillar ferme ses installations a Gosselies

4 Septembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Economie, #Politique

Je continue de penser avec tristesse aux employés de la multinationale Caterpillar qui vont perdre leur emploi à Gosselies. Sans compter les collaborateurs des sous-traitants et des fournisseurs également menacés de chômage, dans ce pays de Charleroi déjà fortement désindustrialisé. On y remplace les usines manufacturières par des musées, alors que les usines produisent des richesses, quand les musées ne produisent aucune « valeur ajoutée ».

Les responsables politiques, ministres fédéraux et régionaux rassemblés (ce qui, en l’occurrence, est plutôt sympathique), font de belles et pathétiques déclarations volontaristes : « nous mettrons tout en œuvre pour sauver l’emploi ». Que peuvent-ils faire ? Que pourront-ils inventer de plus que lors des disparitions des ACEC, des Forges de Clabecq, de Cockerill, de la SABENA, de Ford à Genk, de Renault à Vilvorde ?...

Au-delà de l’analyse journalistique, que peut-on penser de toutes ces fermetures d’entreprises en Belgique ? La gauche et l’extrême gauche y voient la conséquence d’une anthropologie binaire : l’Humanité est formé des bons (les ouvriers et les employés, c’est-à-dire le prolétariat) et des méchants (les actionnaires, les dirigeants, les ingénieurs et les cadres, c’est-à-dire la bourgeoisie), et l’Histoire est la poursuite implacable de la lutte acharnée des méchants contre les bons. C’est la fameuse « lutte des classes ». Je n’ai pas la place, dans ce billet, pour analyser finement la question, mais il me semble que certains indices montrent que la Belgique, et spécialement la Wallonie, est fortement imprégnée de marxisme, et c’est peut-être une des causes de la désindustrialisation du pays. Quand de nombreux médias insultent régulièrement le patronat, quand de nombreux intellectuels annoncent régulièrement la fin du capitalisme, quand de nombreux écrivains dénoncent régulièrement la voracité des multinationales (et même de tous les entrepreneurs), quand des grèves sont régulièrement organisées par les activistes des syndicats et des partis marxistes, quand l’éducation nationale préfère former des historiens de l’art et des sociologues plutôt que des ingénieurs, des mécaniciens et des gestionnaires, on ne peut pas dire que la Belgique, et spécialement la Wallonie, soit une terre d’accueil pour les initiatives industrielles pourvoyeuses d’emplois !

Faut-il prévoir, à Gosselies, des grèves, des émeutes, du vandalisme, des destructions et des pneus brûlés, et peut-être pire ? Penser plus loin ? Il faut se demander pourquoi une entreprise peut se développer sans ouvriers (robots et ordinateurs), mais ne peut pas subsister sans actionnaires. Ni d’ailleurs sans clients, mais avec 7,5 milliards d’individus, l’Humanité reste un marché pour longtemps !

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Marcelle Dumont 23/02/2017 12:08

Je suis tout à fait de l'avis de Jean-François. Ce ne sont pas des salaires de famine qui permettront jamais un développement économique. Je suis revenue des grandes théories marxistes, mais je constate une chose; les damnés de la terre sont toujours là et ils seront de plus en plus nombreux. Déjà nos rues pullulent d'exclus de toute sorte. L'exploitation honteuse de la misère a repris toute sa force. On montre ses plaies, des femmes bercent des enfants qui ne sont pas toujours les leurs. La sécurité sociale pour laquelle des gens se sont battus et parfois sont morts est grignotée chaque jour. Bientôt nous revivrons les plaies du XIX siècle. Avec entre autres une nouvelle version de "La mère aux monstres de Guy de Maupassant.

Jean-François Foulon 23/02/2017 12:15

Merci pour cette réponse clairvoyante, Marcelle. Je reconnais bien là ton tempérament huamniste.

Jean-François Foulon 05/09/2016 00:27

"7,5 milliards d’individus, l’Humanité reste un marché pour longtemps !" Sans doute, mais si plus de 7 milliards sont pauvres ou ont des salaires de famine, personne n'achètera les produits fabriqués. Vouloir exploiter la main d'oeuvre est un non-sens économique avant d'être un scandale déontologique.

Jean C. Baudet 05/09/2016 09:09

Cher Jean-François Foulon, poussons la réflexion : la vie est un non-sens et la souffrance est un scandale...

Ivette Bauthière 04/09/2016 14:36

Je suis de ces critiques virulentes du système.Dons NOUS serions les responsables de la désindustrialisation...?Ces délocalisations se passent partout sur cette terre.Rien à voir avec les tenants du Marxisme.Je critique ce système,et NON pas ses cadres,ses ingénieurs etc....pcqu'il est basé sur le seul profit,et non des considérations d'ordre économique et humain.(que faut-il là ou là pour développer telle région,pour améliorer le niveau de vie de ses habitants,etc)....La seule recherche du profit guide les décisions de ces groupes,il faut pour cela trouver les futurs esclaves,les exploiter,et ensuite les jeter.,pendant que d'autres groupes s'occupent de distraire ces esclaves et les empêche de voir clair.Le tout dans un décor décisionnel des plus opaques pour que personne n'y comprenne plus rien.Avec la bénédiction des décideurs politiques qui acceptent n'importe quel marchandage pour permettre à ces groupes de ne faire que des bénéfices sans participer,ou si peu,à la collecte d'impôts .