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Jean C. Baudet

Sur la nature humaine

5 Mars 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Anthropologie, #Philosophie

L’homme est un tube digestif, dont les deux fonctions sont d’absorber des aliments à un bout et d’expulser des excréments à l’autre bout. Ainsi, l’activité principale de l’homme consiste à faire transiter des matières nutritives, pour les transformer en matières fécales, de la bouche à l’anus. C’est ce que les gens ordinaires appellent « la vie », ce que les biologistes appellent « le métabolisme », et ce que les philosophes appellent « l’existence ». Le sens de cette existence est inconnu. Cette structure de tube reliant une bouche à un anus se retrouve non seulement chez l’homme, mais chez tous les animaux pluricellulaires.

Ce tube digestif est accompagné de nombreux organes, dont un cerveau. Parmi toutes les espèces animales, c’est dans l’espèce humaine que l’on rencontre les cerveaux les plus complexes. Le cerveau animal produit une intelligence plus ou moins développée, et c’est chez l’homme qu’elle est la plus grande, capable même d’engendrer une pensée et un langage. Les productions langagières – qui distinguent l’homme de l’animal – constituent ce que l’on appelle communément la « culture », et l’on peut opposer les productions culturelles textuelles (assemblages de mots), comme les religions, les littératures, la philosophie, la science, aux productions non textuelles, comme la peinture (assemblage de couleurs), la musique (sons), la danse (mouvements du corps)…

L’absorption régulière d’aliments est impérative pour le maintien de l’existence animale, et donc aussi de l’existence des hommes. Encore cette existence, même avec des aliments en abondance, finit-elle toujours par la  mort. Les ressources alimentaires (eau, minéraux, lipides, glucides, protides) étant limitées, les tubes digestifs sont en constante compétition, et l’une des plus remarquables productions culturelles de l’humanité est la politique, qui est l’organisation d’une collaboration entre les membres d’une collectivité de tubes afin de rechercher, de prélever (cueillette et chasse), de produire (agriculture et élevage), de préparer (cuisine) et de répartir (transport et commerce) ces ressources alimentaires.

Sur la planète Terre, il « existe » actuellement quelque 7,5 milliards de tubes digestifs humains en vie, produisant tous des excréments, quelques-uns produisant en outre des biens culturels (dessins, mythes, poèmes, théorèmes, symphonies, etc.).

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stéphane cnockaert 07/03/2017 10:13

Le fait que l'homme en tant qu'individu soit mortel, continuellement remplacé par d'autres hommes mortels, eux-même continuellement remplacés par d'autres hommes mortels, constitue une indication comme quoi l'homme en tant qu'individu n'est qu'une pièce d'usure, un rouage au sein d'un mystérieux dispositif dont la charge utile demeure mystérieuse, elle aussi. Pour profiler ce mystérieux dispositif, il suffit de corréler les réactions de celui-ci, aux sollicitations qu'on y imprime. A notre niveau, il n'y a que deux sollicitations faciles. La première est la démographie (jouer la pénurie d'hommes ou jouer l'excès d'hommes). La deuxième est l'écologie (augmenter la taille des déserts inhabitables, ou réduire la taille des déserts inhabitables). En appliquant de façon indépendante diverses sollicitations dans diverses régions du monde, on devrait commencer à y voir clair. Il y a quatre états possibles: le désert vide d'hommes (Sahara), le désert surpeuplé (Mégapoles), les forêts vides d'hommes (Amazonie), et les forêts surpeuplées (?). Pour profiler le mystérieux dispositif qui nous entoure, il suffit de mener à bien toutes les entreprises de transformation que ces quatre états supportent, en prenant soin d'y corréler les réponses de l'environnement. Dès lors, ce n'est pas tant le résultat qui importe. C'est la relation (en intensité comme en qualité) qui apparaît, comme liant le résultat à l'effort. Il nous faut donc trois déserts vides d'hommes, le premier qu'on transforme en mégapole, le deuxième en forêt vierge, et le troisième en forêt surpeuplée. Il nous faut aussi trois déserts surpeuplés, le premier qu'on transforme en désert vide, le deuxième en forêt vierge, et le troisième en forêt surpeuplée. Il nous faut aussi trois forêts vierges, la première qu'on transforme en désert vide, la deuxième en désert surpeuplé, et la troisième en forêt surpeuplée. Il nous faut aussi trois forêts surpeuplées, la première qu'on transforme en désert vide, la deuxième en désert surpeuplé, et la troisième en forêt vierge. Pour faire simple, on peut affirmer que pour profiler le mystérieux dispositif, ainsi qu'éventuellement son maître d'ouvrage, il suffit d'expérimenter les douze travaux d'Hercule, qui sont des travaux faciles, à notre portée. Changer la nature du rouage lui-même est une autre façon de solliciter le mystérieux dispositif. C'est une voie difficile, qui nécessite un travail sur nous-mêmes. On peut rendre le rouage immortel, de façon à déterminer si le mystérieux dispositif tolère que des milliards de rouages périssables qui se reproduisent, soient remplacés par des milliards de rouages non périssables. On peut rendre le rouage excessivement mobile, de façon à déterminer si le mystérieux dispositif tolère qu'une proportion significative de rouages s'éparpille dans le cosmos, tel un rayon lumineux, pour y établir des colonies. Probable qu'il ne soit pas toléré qu'on emprunte l'un ou l'autre chemin qui compromette la notion de temps et de causalité.