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Jean C. Baudet

La philosophie, la psychologie et l'histoire

6 Avril 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Je l’ai déjà dit dans ce blog, il faudra, un jour, pour comprendre l’Être (et donc les discours sur l’Être), croiser les résultats de deux disciplines : l’Histoire des systèmes de pensée, et la Psychologie. L’Histoire nous permet d’observer comment les idées se transmettent et se transforment au cours du temps, quand la Psychologie se donne pour objectif de déterminer comment les idées se forment dans l’esprit humain. L’Histoire des systèmes de pensée utilise aujourd’hui la méthode qu’elle utilisait déjà, il y a plus de deux mille ans, peu de temps après l’invention de la philosophie. Il s’agit de lire et de comparer les textes, accessibles grâce à l’édition (d’où l’éditologie). On ne voit pas de nouvelle méthode à venir qui bouleverserait la manière d’étudier les textes, et les émules d’Emile Bréhier travailleront encore longtemps en lisant des livres, comme le faisaient déjà Platon au temps de l’Académie, et Aristote après lui. Par contre, la Psychologie connaît depuis quelques décennies les grandes révolutions des « neurosciences » et de l’intelligence artificielle, qui auront sans doute pour l’Humanité qui pense des conséquences plus décisives encore que la révolution copernicienne pour l’astronomie ou la révolution darwinienne pour la biologie.

En tout cas, ce que nous ont appris jusqu’ici tant la Psychologie que l’Histoire, c’est que l’évolution des idées procède par dichotomies successives, car à toute idée « A » correspond, tôt ou tard, l’idée « non-A ». L’évolution de la haute pensée n’est qu’une suite d’oppositions, et Démocrite s’oppose à Empédocle, Aristote à Platon, Spinoza à Descartes, etc. Et les études psychologiques montrent également des dualités permanentes dans l’esprit humain, et notamment l’opposition profonde et constante entre ceux qui développent leurs idées sous l’empire de la raison (les facultés intellectives) et ceux qui pensent dirigés par le cœur (les facultés affectives). L’on pourrait même, ici, aller jusqu’à réactiver la vieille doctrine chinoise du yin et du yang, et opposer la pensée rationnelle de l’éternel masculin à la pensée sentimentale de l’éternel féminin. Les oppositions structurent en effet clairement l’évolution de la philosophie : rationalisme et mysticisme, matérialisme et idéalisme, scepticisme et dogmatisme, différencialisme et égalitarisme, athéisme et théisme (ou déisme), etc. Mais je n’ai évidemment pas dit que les hommes sont tous rationnels et que les femmes sont toutes mystiques !

Bientôt, les ingénieurs psychoticiens construiront des robots différenciés, à l’intelligence artificielle « masculine » ou « féminine ». Peut-être s’agira-t-il alors de faire la synthèse de leurs « esprits », par copulation gnoséologique, pour qu’apparaissent les nouvelles idées non-encore-aperçues qui permettront à l’Humanité, réconciliée avec les différences sexuelles, de comprendre enfin l’Être dans toutes ses déterminations ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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