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Jean C. Baudet

Metaphysique et biologie

23 Avril 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Métaphysique, #Biologie

Pour comprendre la condition humaine (connaître le « sens de l’existence »), et donc pour tenter de construire une éthique et de proposer un « projet de société », il importe évidemment de tenir compte du fait que l’être humain est un être vivant. Il s’agit de ne pas oublier que l’homme a un corps, dont les déterminations sont de mieux en mieux connues par la biologie qui ne cesse de préciser sa description de l’humain. Il faut lire Carl von Linné, Charles Darwin, Claude Bernard, James Watson, Jacques Monod, Christian De Duve et leurs nombreux successeurs. La biologie explique la vie comme une propriété de la matière (voir J.C. Baudet : Penser le Vivant, et du même : La Vie expliquée par la chimie).

Reste alors à savoir si la biologie, avec ses scalpels, ses microscopes et ses chromatographes, est capable de dire le tout de l’homme, ou si un réel non corporel, immatériel, méta-physique (c’est-à-dire, étymologiquement, sur-naturel) et donc extrasensoriel détermine transcendentalement la vie humaine, réel dont l’étude révèlerait de la métaphysique.

Je ne vois que deux positions tenables. Ou bien la vie humaine est exclusivement matérielle dans ses fondements, et la biologie est compétente pour en connaître les dispositions – c’est la position du matérialisme. L’homme est de même nature que les cailloux et que le sable. Ou bien l’homme est un corps matériel plus quelque chose – c’est la position des idéalismes.

Il est hautement significatif qu’il n’y ait qu’un matérialisme (la matière est la même pour tous), alors que l’histoire de la pensée nous montre une multitude d’idéalismes, selon ce qu’ils disent de ce quelque chose. Ces idéalismes, opposés les uns aux autres, sont les religions (christianisme, islam, déisme…) et les idéologies (humanisme, libéralisme, socialisme…). Voir J.C. Baudet : Curieuses histoires de la pensée, et du même : Histoire de la pensée.

Pour le matérialisme, qui trouve dans la biologie une description suffisante de l’être humain, la mort est la fin sans lendemain de l’existence. Les idéalismes admettent généralement qu’un quelque chose (valeur, âme, esprit…) subsiste après la mort corporelle.

Ainsi je pourrais dire, de manière sans doute un peu trop littéraire, que la biologie a pour objectif d’expliquer la Vie, quand la métaphysique a pour but d’expliquer la Mort.

Pour le matérialiste, l’homme n’est qu’un tube digestif nanti de quelques organes périphériques, vivant en société comme les abeilles et les gorilles.

Pour l’idéaliste, l’homme est un tube digestif ayant une « valeur », souvent considérée comme « sacrée », capable de composer des sonates, des symphonies et des poèmes, à même d’inventer la biologie moléculaire et les nanotechnologies, en mesure d’édifier les camps d’extermination du Goulag et de massacrer d’autres tubes digestifs au nom d’Allah.

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