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Jean C. Baudet

Pour une histoire de la Pensee

14 Juin 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Epistémologie

Je propose de résumer la glorieuse et sublime histoire de la pensée humaine par la succession de six « systèmes de pensée », de plus en plus complexes : 1° le rite, 2° le mythe, 3° la religion, 4° la philosophie, 5° la science, 6° la technologie. C’est reprendre, approfondir et actualiser les idées sur une progression de l’esprit de Condorcet (Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, 1795), de Hegel, d’Auguste Comte.

Chaque étape est initiée par un événement fondateur. Le rite apparaît au tout début de la Préhistoire, pendant le lent processus d’hominisation, avec l’apparition de gestes répétés convulsivement, avant même l’avènement du langage. Le mythe apparaît dès l’invention des langues et de la parole. La religion apparaît quand des rites et des mythes sont sacralisés au profit du pouvoir politique, naissant à la fin du Paléolithique quand les groupes humains, devenus nombreux, nécessitent une organisation. La philosophie est inventée par Thalès, à Milet, vers 600 avant notre ère, quand il critique et rejette les traditions mythiques et religieuses. La science se développe au XVIème siècle, en Europe, quand des spécialistes (médecins, pharmaciens, ingénieurs, astronomes, naturalistes…) commencent à utiliser systématiquement l’instrumentation pour étendre leurs observations et pour, grâce aux instruments de mesure, quantifier les phénomènes observés et permettre d’utiliser le langage mathématique et sa puissance expressive et prédictive pour décrire le monde. Enfin, la technologie se construit au XVIIIème siècle, quand la méthode scientifique commence d’être appliquée aux techniques pour transformer l’artisanat archaïque en industrie (c’est la « révolution industrielle » en Grande-Bretagne).

On a donc le schéma : rite (geste) – mythe (parole) – religion (politique) – philosophie (critique) – science (instrument) – technologie (industrie).

Cette schématisation, qui recherche le simple de l’élément initiateur sous le complexe des apparences phénoménales, qui est donc le résultat d’une « réduction eidétique », s’alimente des innombrables observations et réflexions des philologues, des archéologues, des historiens, des ethnographes, des psychologues, des épistémologues. Elle repose sur une idée « claire et distincte », simple (certains amateurs de paradoxes ou de distinguos « subtils » diront « simpliste »), ayant valeur de postulat, à savoir que le développement des phénomènes humains (de l’enfance à la maturité pour l’individu, de la sauvagerie à la civilisation pour l’Humanité dans son ensemble), va du simple au complexe, par un processus d’accumulation et de rejet (la dialectique hégélienne ?). La physique d’Aristote n’était-elle pas beaucoup plus simple que celle de Newton, et les TGV ne sont-ils pas plus sophistiqués (et plus performants) que les locomotives de Stephenson ?

Au risque de chagriner les humanistes et les égalitaristes, je ferai observer (in cauda venenum) que parmi les milliards d’individus qu’a comptés et que compte encore l’Humanité, seuls quelques centaines, quelques milliers tout au plus, ont participé à la glorieuse et sublime aventure de l’Esprit.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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