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Jean C. Baudet

A quoi pensent les Belges ?

23 Juillet 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

En 2010, j’ai publié un livre chez Jourdan, à Bruxelles, qui est une étude historique et critique de la pensée en Belgique, c’est-à-dire de la production par des auteurs belges en philosophie, en sciences humaines et en littérature, ce que l’on appelle communément « les lettres ». Le titre de l’ouvrage : A quoi pensent les Belges ? (361 pages). Il s’agissait en somme de tester, en prenant l’exemple de la Belgique, où je vis et que je peux donc observer aisément, mon hypothèse d’une opposition radicale (psychologique et épistémologique), dans le monde intellectuel, entre la « culture » et la « STI » (science-technique-industrie), entre les sciences et les non-sciences, entre, pour citer Pascal, le cœur et la raison. J’avais en effet précédemment, chez le même éditeur, publié une Histoire des sciences et de l’industrie en Belgique.

Ce qui m’a le plus frappé dans ce travail, c’est le contraste entre l’importance prise par la science et la technique, dans mon pays, avec des étoiles de première grandeur comme Etienne Lenoir (l’automobile), Zénobe Gramme (l’électrotechnique), Georges Lemaître (qui met en équations l’origine de l’Univers), Ilya Prigogine (qui met en équations l’origine de la Vie), et la modestie des résultats obtenus par les philosophes et les écrivains. Il n’y a guère que Georges Simenon et Hergé à avoir acquis une renommée internationale (et dans des genres populaires, le roman policier et la bande dessinée), et il ne se trouve pas chez les Belges de philosophes de la taille d’un Jean-Paul Sartre chez les Français, ou d’un Martin Heidegger chez les Allemands.

Il y a sept ans, déjà. Je me souviens avec une douce nostalgie de mon ardeur à lire de nombreux textes, à dépouiller de nombreuses revues, à prendre de nombreuses notes, à la Bibliothèque Royale, à Bruxelles, et des conversations auxquelles je pris part dans les salons de l’Académie de langue et de littérature françaises ou de l’Association des Ecrivains belges, et j’évoque avec une mélancolie poignante quelques disparus que j’eus le bonheur de rencontrer, le dramaturge Georges Sion, les poètes Raymond Quinot, Jean-Luc Wauthier et Emile Kesteman, la romancière France Bastia, le romancier Alain Bertrand, les historiens des sciences Jean Pelseneer et Guy Hirsch (auxquels je dois beaucoup), le linguiste Firmin Rodegem, les historiens Maurice A. Arnould et Jean-Pierre Nandrin, et quelques autres. Que sont-ils devenus ?

 

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