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Jean C. Baudet

Qu’est-ce que l’homme ?

14 Octobre 2020 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Anthropologie

La question de la nature humaine domine  tous les questionnements de la philosophie, ce qui se conçoit aisément dès lors que la philosophie se donne pour tâche d’étudier de manière critique les moyens qu’elle utilise pour tâcher d’atteindre le bonheur des êtres humains. Je suis arrivé à la conclusion que trois doctrines et seulement trois sont envisageables, ce qui signifie que l’ontologie est reliée a priori à l’épistémologie par trois chemins de connaissance : 1° l’homme est un objet corporel, ou 2° l’homme est un objet idéal, ou 3° l’homme est un objet double, formé à la fois d’une partie corporelle et d’une partie idéale. C’est ainsi qu’en Inde, au VIème siècle avant notre ère, Charvaka développe une conception du monde qui fait de l’homme un être exclusivement corporel. Vers 420, le Grec Démocrite publie sa doctrine qui fait de l’homme un assemblage d’atomes et de vide. Notons au passage que tant Charvaka que Démocrite sont des philosophes athées, furieusement combattus par l’intelligensia de leur temps, dominée par les idées religieuses. Plus près de nous, des philosophes comme Spinoza, comme La Mettrie, comme Diderot, comme Marx, comme Freud, comme Carnap feront également de l’homme une réalité exclusivement corporelle. Au IVème siècle, le Grec Platon enseigne que l’homme est formé d’un corps et d’une âme, mais il admet que l’homme est de nature purement idéale, car il conçoit l’âme humaine comme appartenant au « monde des idées », le corps de l’homme appartenant au « monde sensible », qui est subordonné au monde des idées, de nature spirituelle. Quant à la conception dualiste, elle est soutenue par Descartes, par Hegel…

Les trois conceptions de l’homme sont basées sur l’opposition ontologique entre le matérialisme et l’idéalisme. A la source de ces trois « anthropologies », on trouve une conception archaïque, préhistorique, qui admet en l’homme un composant matériel (le corps, corruptible) et un composant spirituel (l’âme, immortelle). La conception corporelle de l’homme s’est développée au cours de l’histoire de la pensée pour devenir « scientifique » (biologie).

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Y
Cher Jean Baudet, je suis arrivé à la conclusion même provisoire que l’homme n’est rien. Ce rien se phénoménalise comme tous les autres riens qui ne sont qu’objets de ce qui les suscite : à savoir, ce que nous appelons la conscience. Certes cette posture philosophique pourrait s’ajouter aux trois autres que vous avez choisies. Mais les trois que vous énumérez la présupposent toutes. Pas de corps ou de partie corporelle sans conscience. Pas d’objet idéal sans la conscience. Pas de structure ontologique double sans le regard de la conscience. Pour l’essentiel, l’homme n’est pas un objet, ni corporel, ni idéal, ni double. Il est ce par quoi il se fait qu’il y a quelque chose. Une fois de plus, que seraient toutes ces choses sur lesquelles nous échangeons, si vous n’étiez pas là, vous, présence consciente pour les susciter, c’est-à-dire les faire être ? Comme vous écartez systématiquement le fait que la conscience est la condition absolue pour que quelque chose soit, vous passez sous silence cette expérience répétée par les seules réalités qui font que des structures existent, ce qui s’appelle conscience. Un rappel en clin d’œil : « Je suis la source absolue » ainsi que l’observait par exemple, Maurice Merleau-Ponty dans « Phénoménologie de la perception ». Bien à vous cher Jean.
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