Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Jean C. Baudet

Sur l'histoire des religions

26 Juillet 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Religion, #Histoire

Je me suis intéressé - c'était au temps de mes jeunesses - à l'histoire des religions, qui excite l'imagination et l'émotivité (les mystères d'Eleusis, la divination babylonienne, le Livre des Morts des Egyptiens...), avant de m'intéresser à l'histoire de la science, qui excite l'intelligence. Mais j'ai produit d'abord dans cette dernière discipline, pour des raisons purement événementielles. Après avoir donc publié plus d'une quinzaine de livres concernant la science et les savoirs vérifiés (chez les éditeurs APPS, Vuibert, L'Harmattan, Jourdan), j'ai entamé la publication d'une Histoire des religions. A mon âge, je dois envisager que ce travail reste inachevé, mais après tout, qui peut se vanter d'avoir achevé son oeuvre ? Elvis Presley ? Georges Marchais ? Certainement ni Socrate ni Jésus : ils n'ont rien publié.

Le premier volume de cette Histoire est paru (Jourdan, Bruxelles, 2011, 601 pages) sous le titre Curieuses histoires de la Pensée. C'est que la pensée des hommes a commencé par tenter de subjuguer la peur par des pratiques collectives (les rites et le réconfort d'appartenir à une tribu, en agitant des drapeaux, en hurlant des slogans, dans l'union du troupeau), puis il a inventé des constructions verbales (les mythes), avant de socialiser en systèmes ces rites et mythes, donnant naissance aux religions, bien avant l'invention de l'écriture dont résultera (il faudra plus de deux millénaires de fermentation mentale) la philosophie des Grecs. N'est-ce pas curieux, en effet ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Hommage à Gérard Labrunie

26 Juillet 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poésie

Le philosophe, entraîné à la réflexion critique par sa formation et son expérience professionnelle, doit-il proclamer publiquement - dans ses ouvrages, par exemple - les résultats auxquels il arrive, qui peuvent être si contraires aux idées communes ? Peut-il même le faire, car comment un public aux pensées spontanées - ou, pire, forgées et renforcées par une tradition - pourrait-il comprendre les résultats d'une pensée libre et sans entraves idéologiques ? Ne doit-il pas être, comme le Poète (mais pour de meilleures raisons), ténébreux - sa seule étoile n'est-elle pas morte et ne lui faut-il pas, manquant désormais de sa lumière, enfoncer ses doutes dans des enrobages presque ésotériques, réservés en tout cas aux happy few ? Je préfère l'obscur ! N'est-ce pas le sens de mes cinquante années de travaux à l'écoute de mon luth constellé ? N'est-ce pas la raison de mon être - être-pour-la-douleur, être-pour-la-souffrance, pour les maux d'estomac, les ulcères, les vertiges, les spasmes et la gêne respiratoire et l'angoisse ? Ah, l'angoisse ! Vieille amie ! Vieille salope ! Je te découvre avec Kierkegaard et les leçons du père Colette (un dominicain), j'avais à peine vingt ans. Tu ne m'as plus quitté, avec ton comparse le désespoir. J'ai étudié les clairs et les obscurs des systèmes de pensée, et j'ai développé mes outrances - qui sont profondes et proches du vrai, puisque ça fait mal. Mais je dois le dire à mots couverts. L'incompréhension, que je risque sereinement, n'est rien à côté de mon désespoir et de mon angoisse, qui ne sont rien près de mes douleurs. Je suis le ténébreux.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

La dette de la Grèce (et des autres)

24 Juillet 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Dette publique

Or donc, les argentés de ce monde ont prêté de fortes sommes aux désargentés de la Grèce. Voilà qui réjouit les défenseurs de la Démocratie et de la Civilisation - c'est-à-dire de la Philosophie -, car le chaos au pays d'Aristote et d'Archimède serait plus grave, pour l'avenir des hommes, que la disparition de la baleine bleue ou du thon rouge. Et d'écouter les commentateurs, économistes, géopolitologues et journalistes... Leurs discours sont très intéressants, et semblent fondés sur d'énormes savoirs. Mais justement. Que savons-nous ? Dans l'état actuel des choses, nous savons que la Grèce ne dispose d'aucune autre ressource notable que la beauté de ses payasages et le prestige de ses ruines. Alors ? Est-ce avec le tourisme comme seule activité productrice de richesses qu'elle va rembourser ses énormes dettes ? Que pourrait-elle vendre d'autre, à ses voisins, que le bleu de la mer et le bleu du ciel ? Par quel "miracle grec" l'Etat hellène pourrait-il satisfaire ses créanciers en 2021, s'il ne peut pas le faire en 2011 ? Quelle que soit l'activité économique que les Grecs envisagent de développer pour sortir de leur sur-endettement, ou bien le secteur est déjà bien occupé et la concurrence empêche de rêver à de sérieuses progressions, ou bien il s'agit de secteurs à forte densité technologique, et je vois mal les Grecs concurrencer les Sud-Coréens ou d'autres, car je ne sache pas que les écoles grecques d'ingénieurs soient parmi les meilleures du monde ! Tout me fait penser que dans dix ans, malgré tous les beaux discours, la Grèce sera encore et toujours chargée de dettes fabuleuses, avec une population saoulée de soleil, peu active, avec le soutien de plus en plus faiblissant d'une Europe encore un peu plus vieille, encore un peu plus désindustrialisée, encore un peu plus pauvre, et pourtant la Grèce est, par sa position géographique, le rempart (hélas sans ressources) contre la barbarie venue des sables. Comme au temps des guerres médiques. Qui a dit que l'Histoire ne se répète pas ?

Certes, je peux me tromper. Nous verrons dans dix ans. Et comme je souhaite avoir tort !

Thucydide a écrit quelque part (dans sa Guerre du Péloponnèse, je suppose) qu'il ne suffit pas d'avoir d'épais remparts, mais qu'il faut surtout avoir la volonté de les défendre. J'ajoute, et tout le monde devrait le savoir : et il faut de l'argent pour acheter des armes.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Vous avez dit "culture" ?

23 Juillet 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Culture, #Technique

La Culture est fille de l'Ennui, quand la Technique est fille du Besoin. C'est pourquoi la culture est prétentieuse et sotte, petite fille gâtée, mal élevée, impertinente, qui croit que tout lui est dû (1), alors qu'elle ne mérite rien. C'est pourquoi la technique est trop souvent honteuse. Comparez les prétentions de l'Artiste à la modestie de l'Artisan, et l'utilité de l'oeuvre d'art à celle des productions de l'industrie.

Mais la culture ne peut rien sans technique (2), alors que la technique peut tout sans culture, et même en inventer une nouvelle.

(1) Nous supposons que l'Auteur fait allusion aux subventions des ministères et aux parrainages de toutes sortes.

(2) Le Peintre a besoin de pinceaux et l'Ecrivain de crayons, nom de Dieu !

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Qu'est-ce que la culture ?

23 Juillet 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Culture

Pourquoi ne peut-on pas se résoudre à mettre Mozart et Einstein dans le même panier ? Pourquoi le divertissement d'Albert, qui développe des équations et nous parle de l'Espace et du Temps, serait-il d'une autre nature que les amusements d'Amadeus, qui invente des séquences sonores ?

La culture, c'est tout ce que l'humanité a produit en tant qu'humanité. Des romans, des symphonies, des cathédrales, des bordels, des moteurs d'avion (avez-vous songé à ce qu'il y a de profonde humanité dans un moteur d'avion ?), des chambres à air, des chambres à gaz, des chambres d'ami, des vis et des écrous, des vices et des dégoûts, des omelettes, des jeux de mots, des thèses, des synthèses et beaucoup de foutaises, des poèmes, des théorèmes et des anathèmes, la chanson de Roland, le coca-cola et le tableau de Mendéléev, la taxonomie des Phaseoleae, l'éditologie et les poèmes de Madame Colette Nys-Mazure (qui a publié Pénétrance en 1981), la célébration du coït per anum, sans oublier la démocratisation de la Libye, à coup de bombes téléguidées par rayon laser.

Et je ne vous parle pas des idées de Royal et d'Hollande.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Sur l'histoire de la science

22 Juillet 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Science

Mon premier texte publié (en 1969) est un article paru dans la Revue Nationale d'Education du Burundi ayant pour titre "L'histoire des sciences dans l'enseignement secondaire". J'enseignais la philosophie au Burundi (1968-1973) et j'avais lu pratiquement tous les ouvrages de Gaston Bachelard. J'avais été frappé - et ce choc déterminera une grande partie de ma réflexion et de mon oeuvre - par deux idées très simples proposées par l'auteur de la Psychanalyse du feu. Primo, que l'épistémologie doit se nourrir de l'histoire des sciences (avec George Sarton, je dis plutôt histoire "de la science"). Secundo, que l'histoire de la science est un outil puissant au service de la pédagogie. Ce qui est intéressant, c'est la liaison entre ces deux idées: la critique basée sur l'examen du développement diachronique engendre, ipso facto, un exposé optimal de l'enchaînement notionnel, et donc facilite l'apprentissage des débutants. L'interprétation approfondie conduit à l'explication simplifiée ! Peu après, l'oeuvre - un tantinet saupoudrée de dandysme parisien (rive gauche) et de pédanterie collège-de-francesque - de Michel Foucault me confortait dans cette idée du double intérêt, à la fois philosophique et pédagogique, de l'archéologie du savoir et de l'histoire des systèmes de pensée. C'est sur la base de ces considérations, en somme très élémentaires, que j'ai construit notamment mon Histoire générale de la science (9 volumes, 3.000 pages, chez Vuibert, Paris, 2002-2009).

Ces neuf livres sont donc, chaque fois, l'évaluation critique d'un discours isolé disciplinairement de la science (la mathématique, la chimie, etc.) et une introduction à la discipline concernée accessible à un lectorat sans connaissances prérequises.

L'épistémologie n'a de sens que si elle débouche sur une pratique sociale.

Avis aux enseignants...

Je les invite non pas à agrémenter leurs cours de science (quelle que soit la spécialité) de quelques anecdotes historiques, mais de construire entièrement leur cours autour même des grandes aventures que sont la Mathématique, depuis Thalès de Milet, la Physique (depuis Thalès, également), la Chimie (depuis Théophraste), etc. Reparcourir avec leurs élèves le chemin qu'a suivi l'élite de l'humanité pour comprendre le monde.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Poème à idéologie variable

22 Juillet 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poème

Des errements de mon coeur au réel concepté

une flaque de lumière bleue ou grise

établit la puissance et efface les douceurs

je me trouve et je penche et je révèle

dans le couloir trop éclairé des malotrus du vendredi

la pelle à sable qui déroule le zap et le zup

l'homo-sex et le prêt-à-bander

et l'onctueux discours

jusqu'aux sommets d'immonde.

 

Dans la lumière bleue ou grise

je chante la pluie de mon pays.

Lire la suite

Phaseolus et philosophie

21 Juillet 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Haricots

Je ne vous parlerai pas, Cher Inconnu, Chère Inconnue, des sociologues ou des avocats pénalistes, encore moins des zoologistes ou des dompteurs de fauves. Je pourrais vous fâcher. Je vous parlerai simplement, comme Baudelaire parlait des beaux nuages, du genre Phaseolus, défini par Carl von Linné en 1753, à la page 723 de son "Species plantarum". Au moins voici une information qui ne me vaudra pas l'inimité des bien-pensants. Et je songe, permettez-moi tout de même un peu de mélancolie, à ces moments d'intense bonheur - plus jamais retrouvé dans mes autres études - où j'examinais les espèces de ce genre, à Gembloux ou à Paris, étudiant la structure de leurs grains de pollen, leurs chromosomes, ou les flavonoïdes que j'extrayais à l'aide de solvants soigneusement dosés, de leur parenchyme foliaire. Jamais la philosophie ne m'a procuré ces plaisirs simples, et en plus je risque l'excommunication. Il y a des choix professionnels qui sont redoutables.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Musique

21 Juillet 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Musique

La musique est une suite d'instants, dont chacun ne vaut que par ceux qui les suivent. Car que vaut un la, ou un sol, même produit par le violon du plus grand virtuose de l'heure ? Ainsi la musique nous invite-t-elle à comprendre que la vie n'est qu'une suite de moments qui ne valent que par des rapports avec autre chose qu'eux-mêmes. Mais qui m'assure que cette suite de moments - certains peuvent être très pénibles - aura une fin ? Toutes les symphonies s'achèvent, parfois dans l'éblouissement de quelques notes finales qui nous donnent un goût d'infini. Mais qui oserait prétendre que la vie des hommes est une symphonie ? Ainsi toute comparaison a ses limites, et nous n'avançons pas. Qu'est-ce que l'existence ? Je ne sais pas, pas encore. En attendant, j'écoute Beethoven.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Que reste-t-il de nos imaginaires ?

20 Juillet 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Croyance

Les plus grands intellectuels de leur temps (ou qui se croyaient tels) ont cru :

au dieu Soleil,

aux quatre éléments,

à l'avenir révélé dans le foie des moutons,

au géocentrisme,

à la quadrature du cercle,

aux quatre humeurs,

à la pierre philosophale,

aux vertus de la mandragore,

à la machine à mouvement perpétuel,

à la création du monde 4004 ans avant Jésus (James Ussher, en 1650),

au phlogistique,

à l'élan vital,

à la génération spontanée,

à la dictature du prolétariat,

à l'éternité de l'Univers.

 

Aujourd'hui, ils croient :

au spirituel,

à la démocratie source de bonheur universel,

aux moulins à vent

et au Solaire divinisé.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

 

 

Lire la suite
1 2 > >>