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Jean C. Baudet

Penser a contre-courant

29 Septembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Aphorismes

Grands destinsLes pompes funèbres aspirent les illusions et refoulent les vanités.

Quand on possède un peu d'intelligence, il faut éviter de s'en servir, car cela mène à la lucidité et donc au désespoir.

Les peuples pacifiques sont voués à l'obésité, à la mélancolie et à la disparition.

Quand tous les fils d'ouvriers seront devenus avocats, professeurs et journalistes, on ramassera les poubelles avec de belles paroles.

La Civilisation est basée sur le progrès, les cultures sur les regrets.

Peuple affamé n'a pas d'oreilles, mais il a des gonades.

Colt et Winchester ont fait plus pour la Civilisation que Pierre et Paul.

Ce politicien, qui fait beaucoup de vent, veut installer des éoliennes.

Contraception, avortement, euthanasie, peut-être les trois vertus (avant, pendant, après) d'une Humanité sereine, qui sait que trop d'humain tue l'humain.

Il faudrait peut-être davantage lutter contre le refroidissement de l'intelligence que contre le réchauffement du climat.

Il me semble pourtant qu'il y a moins à craindre d'un petit peuple qui se défend que d'une vaste population qui attaque.

Communisme, nazisme, islamisme : l'esprit humain ne cesse pas de pourrir.

Il a suffi d'un litre et demi de cervelle pour donner la Neuvième Symphonie et la Théorie de la Relativité. Que pourrait donner cent grammes en plus ?

J'aime beaucoup les énumérations et les listes et, dans quelques-uns de mes livres, je fus le magasinier des intelligences. Mais je n'ai pas le courage d'entreprendre le trop vaste inventaire des sottises.

L'évolution biologique est aveugle. Elle a donné Hitler et Staline aussi bien que Mozart et qu'Einstein.

Vouloir organiser une société humaine sans banquiers, c'est vouloir faire une soupe sans légumes. Car les légumes sont la substance même des soupes, comme l'échange des biens et des services est le fondement des sociétés.

 

 

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Une excellente journee

26 Septembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Littérature

Cur PenseeJ'ai passé, hier, une excellente journée. Cela a commencé dès le matin, dans ma salle de bain, alors que je me taillais la barbe. Mon petit poste récepteur de radio diffusait un des merveilleux quatuors de Beethoven. Ablutions faites, je prends mon petit déjeuner, véritable rite qui soutient mes déterminations existentielles : café au lait, deux tranches de pain aux raisins généreusement tartinées de confiture de fraises - véritable chef-d'oeuvre de l'industrie agro-alimentaire wallonne. La suite de la matinée se passe dans les splendeurs exaltantes de Stravinsky, puis dans la nostalgie prenante de quelques chansons de Billie Holiday, et je range soigneusement mes plus récentes fiches de lecture en écoutant les plus belles musiques du monde. Déjeuner : boeuf Strogonoff et tartelette au citron, avec deux verres d'un bourgogne passable. Il fait plein soleil, et je me dirige à pas lents, musique en tête, vers l'arrêt du tram 3, qui me conduira en une vingtaine de minutes, parmi un échantillon intéressant de peuplades et tribus bruxelloises, vers la Bibliothèque Royale. Je relis quelques pages de Maurice Nédoncelle, puis de Paul Ricoeur, et je passe près d'une heure à la cafétaria avec mon amie Liza, philosophe et poète, avec du café sucré et un biscuit "spéculoos" - véritable chef-d'oeuvre de l'industrie agro-alimentaire flamande.

Le soleil illumine encore la ville quand je rejoins l'arrêt du tram, où la foule est plus serrée qu'en début d'après-midi. Une vieille dame me sourit, et les autres voyageurs téléphonent, ou sont perdus dans la musique de leur "baladeur", certains avec les oreilles équipées d'énormes écouteurs, comme dans un studio d'enregistrement. Il y a même une jeune femme qui lit un livre ! Le tram se vide au fur et à mesure que l'on s'approche de mon lieu de destination, au nord de la ville. Je songe à une phrase de Nédoncelle : "on s'attache à une conscience dans la mesure où elle est irremplaçable". Mais qu'est-ce qui est irremplaçable, au début de l'automne, dans ma ville natale doucement ensoleillée, où je survis dans mon living-room, ou dans le tram 3, ou dans le grand silence de la salle de lecture de la Bibliothèque Royale ?

Cette excellente journée se termine dans mon fauteuil préféré, devant le grand écran de mon poste de télévision, où j'ai le plaisir de revoir un film relatant une des aventures du commissaire Maigret, d'après l'oeuvre de Simenon. Je n'ai eu mal ni au ventre, ni au bas-ventre, et mes douleurs articulaires m'ont laissé tranquille.

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A propos de l'islam

24 Septembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Islamisme, #Politique

Les intellectuels et les politiciens des pays civilisés doivent réfléchir à partir des faits, et pas à partir des idéologies. Mais en sont-ils capables ? Voici deux faits tout récents.

- 21 septembre 2013 : une douzaine d'islamistes "shebab", venus de Somalie et liés à Al-Qaïda, attaquent un centre commercial à Nairobi et font (bilan provisoire) 68 morts et 175 blessés.

- 22 septembre 2013 : deux kamikazes talibans pakistanais attaquent une église chrétienne à Peshawar et font (bilan provisoire) 81 morts et 131 blessés.

Ces centaines de victimes en seulement deux jours donnent à penser. N'est-il pas temps de réfléchir sérieusement au sens historique de l'islam en général (et même des religions, plus généralement encore), et de l'islamisme en particulier ? N'y a-t-il pas urgence, et les gouvernements ainsi que les faiseurs d'opinion ne doivent-ils pas analyser le terrorisme religieux avant de se perdre en discours (futiles par rapport à la mort violente) sur la vitesse sur les autoroutes, sur l'âge de la retraite, sur le montant des allocations familiales, sur la présence de viande de cheval dans certains plats préparés, ou sur la confidentialité des messages électroniques ? N'est-il pas désinvolte et puéril de se soucier des loups dans les Pyrénées ou de discourir sur la réinsertion sociale de quelques meurtriers de droit commun quand le terrorisme islamiste fait de plus en plus de partisans et de plus en plus de victimes ? La "sécurité" des Français ne doit-elle pas être la plus immédiate préoccupation du gouvernement français, c'est-à-dire la vie même des gens de France ? L'existence précède l'essence, disait judicieusement Jean-Paul Sartre (un penseur de gauche, s'il en fut jamais !). C'est-à-dire qu'il faut vivre, avant de vivre avec ceci ou cela ! Et comment les Français ne se sentiraient-ils pas en insécurité, contrairement à ce que veulent affirmer certaines "élites" irresponsables et arrogantes qui nient le réel avec suffisance ? Un seul terroriste bien armé (par qui, au fait ?) peut faire, à Marseille ou à Lille aussi bien qu'à Peshawar, une centaine de morts en quelques minutes !

La philosophie est l'étude des "valeurs", c'est-à-dire de l'importance. Au temps des talibans et des idéologies, les intellectuels et les politiciens des pays civilisés ont besoin d'un supplément de philosophie.

 

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Y a-t-il des ecrivains belges ?

19 Septembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Littérature, #Belgique

Je me pose souvent la question de savoir s'il existe vraiment des écrivains belges ? Ainsi en 2010, quand je mettais la dernière main à mon livre "A quoi pensent les Belges ?" (éditions Jourdan, Bruxelles). J'avais constitué de longues listes d'auteurs belges, morts ou encore vivants, ayant signé quelques poèmes dans l'une ou l'autre revue, ou connus dans tout l'Univers - comme Georges Simenon. Le hasard, qui fait parfois bien les choses, a voulu qu'alors que je me reposais la question dans les affres de l'ignorance, hier, mon facteur m'apporte une grande enveloppe de papier brun contenant le numéro 100, daté de septembre 2013, de la revue littéraire "Le Non-Dit", régulièrement et magistralement publiée (depuis 25 ans, ce qui est remarquable) par Michel Joiret, écrivain, critique érudit et subtil, éditeur établi à Bruxelles. Eh bien, voilà que ledit "Non-Dit" vient, au bon moment, me sortir de mon état dubitatif. Oui, les écrivains belges existent, Michel Joiret les a comptés ! Oh, certes, il ne les a pas comptés tous, et personne ne pourrait lui reprocher d'être incomplet. Car comment repérer tous les poètes, romanciers, dramaturges, essayistes et critiques oeuvrant en Belgique ? Entre parenthèses, je ne connais rien de plus imbécile que le reproche d'incomplétude (voire d'inexhaustivité) adressé par un quidam à l'auteur d'une étude sur quelque sujet que ce soit. Or donc, Joiret a demandé aux écrivains belges de lui connus (et il en connaît vraiment beaucoup) de répondre à la question existentielle: "qui es-tu ?". Eh bien, le numéro 100 du "Non-Dit" publie 97 réponses, toutes passionnantes, classées alphabétiquement de Gérard Adam à Evelyne Wilwerth. J'en conclus - la logique est implacable - qu'il existe au moins 98 écrivains belges, car je dois évidemment compter Michel Joiret (qui a l'élégance de ne pas répondre à sa propre question) parmi les écrivains de Belgique.

Nous voici rassurés. Il y a des écrivains en Belgique, il y a donc une littérature belge vivante. Voilà qui met un terme à un de mes plus obsédants questionnements, et me voilà de meilleure humeur. Car j'ai bien entendu lu les 97 réponses. Quelques extraits ? Thierry-Pierre Clément : "Maison sans murs où tu te cognes à tes questions...". Isabelle Bielecki : "Quand mon âme est à l'Est et ma raison à l'Ouest où construire ma maison ?". Dominique Aguessy : "Entre nuit et aube un choix un tourment une vie". Michel Cliquet : "Je suis la source nue au secret de la pierre dont la robe de mousse à peine s'est froissée". Guy Delhasse : "Je dors à la belle étoile des mots, sans espérer être star". Michel Ducobu : "C'est mon démon, mon diable au corps: l'écriture". Stéphane Lambert : "Je ne suis rien d'autre qu'une lutte contre moi-même". Philippe Leuckx : "Les mots ne sont jamais que d'humbles murs". Bétrice Libert : "Elle trace des mots sans ombre qui tiennent par la racine de l'angoisse". Karel Logist : "Ma mère avait un fils poète et ne s'en est jamais remise". Jacques Mercier : "La merveilleuse solitude de la création littéraire". Marc Quaghebeur : "Ses mots, ses mains avivent cette source qu'il aime allier à la rigueur". Monique Thomassettie : "Un être créatif en proie au néant". Anne-Marielle Wilwerth : "Bergère des îles je suis silence et solitude".

Oui, mon cher contradicteur, je sais... Il ne faut pas sortir un texte de son contexte, car il ne reste que trois lettres. Mais ces extraits m'ont touché, ils montrent la belle diversité des accents belges des littérateurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et me rassurent. Il y a des paroles diverses, dans mon pays. Pour combien de temps encore ? 

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Un apres-midi de pure poesie a Bruxelles

15 Septembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poésie

J'ai passé, hier, l'après-midi au Grenier Jane Tony, étonnant bric-à-brac de vieux meubles et de tendres souvenirs et de jeunes enthousiasmes, et ce fut passionnant. Le GJT a été fondé en 1982 par Emile Kesteman et Jean Dumortier. Des poètes (enthousiastes) s'y rassemblent régulièrement, dans un local un peu trop petit du café de La Fleur en papier doré (Bruxelles), pour y lire leurs dernières productions. Cela fait passer des grands arbres somptueux d'Hilda Van Eyck aux allusions baudelairiennes de Claude Miseur, des recherches sur le langage de Péhéo aux analyses de l'ivresse (évidemment russo-polonaise) d'Isabelle Bielecki, du slam d'Edmond Delvenne aux observations parisiennes (un tantinet sociologiques) de Dominique Aguessy qui se souvient d'un bar au boulevard Barbès, et je devrais encore citer Marie-Christine Mouthuy, qui nous parle de la femme (beau sujet !), Isabelle Fable (qui nous en parle aussi, mais sur un autre ton), Emmanuelle Ménard, Brigitte Dumont, Renaud Lejeune, Marguerite-Marie James... Et d'autres encore, car les poètes sont nombreux à Bruxelles. Et je dois surtout citer Piet Lincken, vaillant président du GJT, poète délicat et animateur éclairé et éclairant, ouvert à toutes les formes de poésie, qui dirige avec le sourire de la lucidité généreuse les séances du grenier, que j'appelle affectueusement bric-à-brac car on y rencontre "un peu de tout", et notamment de la ferveur, ce qui est très louable, et de l'amitié, ce qui est bon.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles) www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Le mystere de la pince a linge

13 Septembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Technique, #Histoire

"Tenir un blog" conduit à découvrir l'Humanité, ou du moins cette partie de l'Humanité qui a appris à lire, à cliquer et à consulter les immenses ressources documentaires et récréatives d'Internet. J'ai donc fait quelques découvertes, basées sur les commentaires et messages de mes visiteurs, et mon anthropologie s'affine à l'aide de nouvelles observations. Ainsi ai-je découvert l'intérêt, pour moi inattendu, de nombreux citoyens du monde électronique pour la question difficile et délicate de l'invention de la pince à linge. Qui l'a inventée ? Dans quel pays ? A quelle date ? Voilà des questions qui agitent de nombreux esprits, indifférents sans doute à la question de l'Être en tant qu'être, à celle des Valeurs, ou à celle de l'existence - discutable - d'une littérature suisse ou d'une littérature belge.

Il faut savoir que le titulaire d'un blog peut connaître, au jour le jour, sinon l'identité des visiteurs, du moins la question qui les a amenés à consulter tel ou tel article du blog. Et je constate très régulièrement que, parmi les questions des "internautes" qui les font atterrir sur mon site Web, figure ce questionnement désespéré : "mais qui donc a inventé la pince à linge ?" Ces malheureux en quête de vérité doivent, après m'avoir visité (façon de parler), être profondément déçus, car je l'avoue avec un peu de honte et beaucoup d'humilité, je ne sais pas qui fut l'inventeur de la pince à linge. Par contre, mais peut-être que les chercheurs de la véracité pince-à-lingère s'en moquent avec constance, je connais l'inventeur du saxophone, de la crème Chantilly, du revolver, de la machine à vapeur, de la Poire Belle Hélène, du carpaccio et de la dynamo électrique. Voir, entre autres, mes livres parus chez Jourdan : Curieuses histoires des inventions et Histoire de la Cuisine.

Ceci étant écrit et posté sur mon blog, je salue confraternellement ces chercheurs de vérité, et je les félicite de leur ardeur à accumuler des savoirs. Car il n'y a pas de péché plus mortel que l'ignorance volontaire. 

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La Philosophie et le Jazz

11 Septembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Jazz, #Philosophie

Je ne connais pas de production culturelle importante, c'est-à-dire devenue partie intégrante de la Civilisation, aussi étroitement liée à une langue et au peuple qui la parle que la Philosophie, sinon peut-être le Jazz.

De 600 avant notre ère (Thalès de Milet) jusqu'au début de l'Empire Romain, les philosophes sont grecs, sans aucune exception - des auteurs latins comme Lucrèce ou Cicéron sont remarquables, mais ce ne sont pas des créateurs comme Thalès, Platon, Epicure... Et pendant le millénaire et demi de domination du latin comme langue de haute culture, la philosophie s'étiole, dégénère en scolastique, et risque même de disparaître. Mais elle va renaître (à partir des concepts développés en Grèce) avec splendeur après la nuit médiévale, exprimée en français par René Descartes, en anglais par John Locke et en allemand par Kant, Fichte, Hegel, Schopenhauer, Husserl, Heidegger qui, pourrait-on dire, continuent à écrire en grec mais dans leur langue maternelle. La Philosophie va être la source de la Science, que l'on peut définir comme une philosophie devenue modeste dans ses objectifs : connaître le monde visible, en laissant l'invisible aux philosophes. Et donc, finalement, la Philosophie est la mère (grecque) de la Technologie. Il existe une étonnante continuité intellectuelle de Thalès et Pythagore à William Boeing et Bill Gates !

Et si l'avènement de la Philosophie est si étroitement lié au grec et aux Hellènes, le Jazz est tout aussi nettement lié à l'anglais et aux noirs d'Amérique. Et, de même que la Philosophie est le principe de la Science et de la Technologie d'aujourd'hui, le Jazz est devenu un ingrédient qui semble indispensable à la Musique contemporaine.

Ainsi, la Civilisation est-elle basée sur l'intelligence de Parménide et de Démocrite, sur des mots grecs comme "sophia" et "logos", sur la trompette transcendante de Louis Armstrong et sur celle, plus éthérée encore, de Miles Davis, sur les mélodies suaves et presque ontologiques de Billie Holiday, et sur tous ces mots anglais qui se promènent avec swing ou nonchalance "on the sunny side of the street".

Mais restons lucides. Ne nous laissons pas entraîner à l'optimisme par la magnificence du Saint-Louis Blues ou par la splendeur indépassée de l'Organon d'Aristote. Il y a tant de langues qui n'ont produit qu'un vocabulaire inutile !

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Faut-il vulgariser la philosophie ?

8 Septembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Vulgarisation

C'est intéressant de remarquer qu'essayer de clarifier une idée revient automatiquement à la vulgariser, parce qu'on la simplifie, et je suis parfois, comme le médecin de Molière, vulgarisateur malgré moi. Tâche cependant difficile, et même sans doute mission impossible. C'est un peu comme le peintre qui fournit une photo noir et blanc de son tableau : on perd les couleurs !

Soit trois questions intéressantes. Si elles ne vous intéressent pas, allez manger un morceau de chocolat, cela procure d'agréables sensations.

Question 1 : les étoiles existent-elles ? Q 2 : y a-t-il une vie après la mort ? Q 3 : faut-il respecter certains commandements (tu ne tueras point, etc...) ? Avant les Grecs, ces trois questions relevaient de la religion. Lire un livre sur les religions antiques et la naissance de la philosophie (par exemple : Curieuses histoires de la pensée, Jourdan, Bruxelles, 2011). Au temps des Grecs, il apparaît la prétention, chez quelques individus extrêmement rares, de répondre autrement que les prêtres et les poètes, c'est l'avènement de la philosophie (toujours menacée par la Police sociale de la Pensée). En 1543, il se passe un fait étrange aux conséquences extraordinaires : les philosophes vont se désintéresser des étoiles, et en confier l'étude à la science (voir quelques-uns de mes livres pour essayer de comprendre la différence entre science et philosophie). Mais ils conservent, comme restant de leur ressort, les questions 2 (eschatologie) et 3 (éthique). 460 ans plus tard, les scientifiques (astronomes et physiciens) ont répondu à la question des étoiles avec un luxe de détails inouï et une capacité de prédiction époustouflante. Mais on s'en fout (je vulgarise...), car que nous importe le diamètre des galaxies et la composition des étoiles à neutrons ?

Par contre, les philosophes importants (quelques dizaines, tout au plus, voir mon livre La vie des grands philosophes, Jourdan, 2013) ont répondu dans tous les sens, ou n'ont pas répondu du tout aux questions 2 et 3. J'ai, dans ma jeunesse naïve, ignorante et enthousiaste (avez-vous remarqué comme l'enthousiasme se conjugue si bien avec l'ignorance ?), essayé de répondre à ces questions, mais je n'ai pas trouvé la clé pour ouvrir la porte de bronze de ces savoirs. Je n'ai plus du tout d'enthousiasme, et plus beaucoup de naïveté. Toutes mes réflexions et mes travaux convergent vers des positions qui s'éloignent de la Bien-Pensance Commune. Ce n'est pas par perversité. Un astronome est-il pervers quand il vous livre le résultat de ses calculs ?

Q 4 : il y a une quatrième question. Y a-t-il une corrélation entre les positions ontologiques d'un individu et les teneurs sanguines en hormones sexuelles ? Un peu de folliculine en plus nous conduit au matérialisme ou au spiritualisme, ou est-ce sans effet sur les prises de position métaphysique ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles) www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Contradictions postmodernes

6 Septembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

Cur Pensee- Ces politiciens français qui veulent punir un Syrien qui a tué des Syriens en Syrie mais qui renoncent à punir les délinquants et les criminels en France.

- Ces ouvriers, de France et d'ailleurs, qui veulent des emplois mais qui sabotent les entreprises.

- Ces politiciens français qui réclament la libre circulation des personnes dans l'Union Européenne mais se scandalisent quand Gérard Depardieu s'installe en Belgique.

- Ces consommateurs de partout qui veulent qu'augmente leur pouvoir d'achat mais qui refusent de manger de la viande de cheval mélangée à du boeuf pour en diminuer le prix.

- Ces politiciens européens qui envoient des tentes et des couvertures dans de lointains pays alors qu'il y a de plus en plus de clochards en Europe et que les pays européens sont endettés.

- Ces parents qui redoutent les pédophiles et qui habillent leurs petites filles en artistes de music-hall.

- Ces politiciens européens qui veulent interdire le tabac dans des pays où les soins aux vieillards de plus en plus nombreux coûtent de plus en plus cher.

- Ces intellectuels qui prétendent qu'un homme égale un homme mais qui hurlent au scandale quand une entreprise remplace ses ouvriers français par des ouvriers en Pologne ou en Roumanie.

- Ces syndicalistes qui préfèrent la fermeture inéluctable d'une usine dans deux ans à des réductions de salaire aujourd'hui qui pourraient prolonger la vie de l'entreprise.

- Ces journalistes qui proclament le droit à la liberté d'opinion et d'expression mais qui refusent le dialogue avec certains courants de pensée.

- Ces activistes qui au nom des droits de l'homme jettent des pavés sur les représentants du Droit.

- Ces démocrates passionnés qui veulent des mesures "démocratiques" qui menacent l'existence même des démocraties.

- Ces philosophes qui dénoncent les contradictions de la sottise humaine alors que tout cela n'a aucune importance.

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La methode du discours

4 Septembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

J'ai commencé à développer ma méthode du discours et à en recueillir les premiers fruits dans un article "De quelques discours et du reste" (Revue Générale 143(1): 25-32, 2008). Il s'agit de la suite thétique de mon éditologie (fondée au début des années 1980). Le postulat fondateur de l'éditologie est constitué par une définition radicale de l'objet de l'épistémologie : "la science est un ensemble de textes édités" (aujourd'hui, j'écrirais "la connaissance est..."). Autant dire que la science (et toute connaissance) est de nature discursive, qu'il s'agit pour le philosophe d'établir une taxonomie (phylogénétique, historique) des discours pour repérer les caractères (verbeux ou d'édition) qui démarquent le scientifique du non-scientifique et, mieux encore, qui séparent l'adéquat de l'inepte. Car même si les strates successives de la Recherche depuis les physiciens de Milet ont fait de la philosophie contemporaine un tumulus d'allure poétique de concepts, même si ces couches se complexifient de siècle en siècle pour aboutir à des propositions souvent aporétiques entassées comme les cadavres d'un champ de bataille à la fin des combats (tant d'idées philosophiques ne sont plus que des cadavres), il ne faut jamais renoncer de revenir aux origines du Grand Questionnement : qu'est-ce qui est VRAI, et puis-je atteindre le BONHEUR ? Les mots savants ne doivent pas masquer la naïve et humaine simplicité du projet philosophique : trouver le Bonheur, sans être dupé par les faux prophètes. C'est dire combien est juste la remarque d'une de mes correspondantes qui rappelait judicieusement que "penser" n'est pas réservé aux professeurs de philosophie.

J'ai reconnu dans l'histoire deux discours principaux, la Science (dont la profération commence le 20 mai 1543) et l'ensemble des religions, superstitions et idéologies dont l'origine remonte à la nuit des temps. Qui est encore la nuit de l'intelligence, quand les mythes s'unissent aux rites, c'est-à-dire quand le Verbe s'unit au Geste (au commencement - Bereshit bara - était le Geste...), c'est-à-dire quand le social des constructions mythiques (un mythe implique un raconteur et un auditoire, c'est un discours, acte social) s'unit au psychique des compulsions rituelles. Une religion est toujours la coordination d'une théologie (des mythes) et d'une liturgie (des rites), de croyances et de gesticulations.

Désarchaïsées, les croyances conduiront historiquement à la Science, comme les gesticulations désacralisées ont conduit préhistoriquement à la Technique.

Pour info : Télé Bruxelles

www.telebruxelles.net/portail/emissions/magazines-a-voir-en-ligne/rencontre/21416-041012-jean-baudet

Canal C (Namur)

www.canalc.be/index.php?option=com_content&view=article&id=100001595:entree-libre-de-jean-baudet-&catid=114:entree-libre&Itemid=56

Librairie Filigranes (Bruxelles)

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

 

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