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Jean C. Baudet

Poeme en prose dans le metro

25 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poème

Je cherche le bonheur dans le métro station Trône station Porte de Namur vers Odéon et Château d'Eau dans les barrières à ouverture automatique l'acier inoxydable et le plastique coloré dans la foule qui s'écoule comme une houle ou mieux encore comme une boule qui roule dans les odeurs de caoutchouc brûlé et les lumières saturantes dans la savane congolaise ou angolaise parmi les éléphants et les préoccupations de la vie courante avec les banquiers les notaires le plaisir sexuel et les quatuors à cordes tendues et un repas rapide dans un restaurant minable avec un serveur pas très accort près de la station Sèvres-Babylone vers Opéra et le boulevard des Italiens et je cherche dans les longs couloirs et la foule ici moins dense la direction vers la Porte des Lilas qu'en pensez-vous que je dois m'arrêter et pénétrer dans l'échoppe de ce marchand de journaux pour feuilleter deux ou trois magazines aux nouvelles illustrées du sourire de François Hollande et de l'air inspiré d'Alain Badiou en tutu rose et la reine d'Angleterre jouant au tennis avec Christine Lagarde ou croyez-vous que je devrais plutôt boire un café dans un café ou tenter de me souvenir de l'air de la chanson et de la douceur de sa peau débarrassée du chemisier blanc décoré de broderie anglaise dans sa chambre inondée de soleil et pensées roses extrêmement agréables et détente salvatrice comme un alléluia plein de grâces que votre règne arrive en pensant à la relativité du temps et du cassoulet avec un beau morceau de poitrine de porc et du vin noir de Cahors dans les mondes parallèles qu'en dites-vous si ce n'est pour devenir moins jeune et le cancer de la vessie ou le couteau sanglant de l'assassin ou les idées qui passent en faisant mal nonobstant les douceurs du printemps rue Croulebarbe ou place Jussieu avec un verre de sauvignon et trop de cigarettes sans huile de palme pur sucre au matin blême chargeant de poudre noire mon arquebuse c'était au temps de Louis le treizième parmi les mousquetaires et les précieuses.

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Art, philosophie, psychiatrie

19 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

En rangeant mes notes de lecture, je retrouve cette phrase de Gilles Deleuze : "L'art pour son compte, même littéraire, ne peut avoir le même objet que la philosophie. Il conserve l'événement non pas comme sens dans des concepts, mais comme sensation dans du percept et des affects". Cela met à mal la prétention, née avec le romantisme et encore présente chez de nombreux artistes contemporains, d'être des "explorateurs de l'indicible" et des "chercheurs de sens". C'est en somme la confusion platonicienne entre le Vrai et le Beau, qu'il importe de repenser. Pour ce qui est de l'art "littéraire", c'est-à-dire essentiellement de la poésie, la confusion est d'autant plus tentante que le poète - comme le philosophe - n'a pour seul outil que le langage, qui est le "lieu de rencontre" de la conscience et du réel, du moi et du non-moi, ou comme le disait Michel Foucault des mots et des choses. Encore faut-il un lien "réel" entre le "réel" et les mots, car sinon ceux-ci gonflent et se multiplient dans le "n'importe quoi". J'ai entamé, en 2006, une analyse critique de la prétention cognitive d'une certaine poésie postmoderne, dans mon livre "Une philosophie de la poésie" (L'Harmattan, Paris, 153 pages). Tout le problème du savoir réside dans le passage de la sensation au sens. Il faut un "garde-fou" pour que le passage ne soit pas fantasmatique. Je suis arrivé à la conclusion (peut-être provisoire) que ce garde-fou est l'instrument (qui permet le passage inverse de vérification du sens à la sensation), ce qui distingue la "science" des autres "systèmes de pensée".

L'examen critique des systèmes de pensée (dans leur construction historique), que j'ai appelé "éditologie" (mais ceci est anecdotique) doit considérer les religions, la philosophie, la science... En recourant aux concepts "physiologique-pathologique","supérieur-inférieur", "avancé-archaïque", l'éditologie rencontre forcément des systèmes de pensée aberrants : le primitif, l'enfant, le mystique, le fou. Ainsi, une approche adéquate de la question épistémologique passe par la psychiatrie, car il est nécessaire de connaître les dysfonctionnements de l'esprit humain pour en déterminer les possibilités. Par exemple, un symptôme fréquent de la paranoïa est le "délire logique", qui consiste à élaborer des discours sans fin, dans une véritable logorrhée, développant "logiquement" des conséquences fantastiques à partir d'idées a priori raisonnables. On doit évidemment s'interroger sur le mécanisme mental du paranoïaque, et examiner dans quelle mesure il explique les productions discursives du mythe, de la poésie "savante", et même de certains philosophes qui "se payent de mots". Le noeud du problème est sans doute la proximité et même l'interdépendance, dans l'esprit humain, du générateur de concepts (l'intelligence) et du générateur d'affects (la sensibilité, l'émotivité et l'imagination). L'approche naturaliste (évidemment décriée par tous les idéalistes : musulmans, chrétiens, animistes, humanistes, etc.) conduit à décrire l'homme comme un animal au cerveau développé, et accorde à ce cerveau la "faculté mentale" qui permet à l'individu de survivre pendant quelques années dans son environnement. Et pour survivre, l'espoir est aussi utile que l'intelligence (c'est l'instinct de conservation de la biologie classique). Depuis peu, la psychiatrie dispose d'un instrument lui permettant d'ajuster ses concepts à la réalité phénoménale : l'imagerie du système nerveux central par résonance magnétique nucléaire.

Pendant que les idéalistes vocifèrent contre les incroyants et en décapitent quelques-uns, les matérialistes localisent de plus en plus finement les zones cérébrales qui créent les concepts et les affects. Tiens, voici une deuxième phrase de Deleuze : "La philosophie n'est pas un discours sur la vie mais une activité vitale, une manière qu'a la vie de s'intensifier". Et Deleuze poursuit : "rien n'est plus pénible que les jérémiades haineuses concernant l'abstraction des philosophes". En effet, comme le disait je crois Lao Tseu : "plutôt que de vociférer contre les ténèbres, allume une petite lumière".

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Emploi et chomage

18 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Economie

Est-ce donc si difficile à comprendre ? Soit une entreprise, en France ou en Belgique, qui fabrique des cravates. Le patron envisage d'engager un employé pendant un an. Il calcule qu'il va devoir, tous les mois, payer à son nouveau collaborateur un salaire S, et qu'il va devoir en outre verser des cotisations C (exigées par les pouvoirs publics) et qu'il devra enfin dépenser des frais F (local, chauffage et éclairage, outillage, administration, etc.). Il va donc devoir "trouver" chaque mois un montant de S+C+F euros. Pour fixer les idées, supposons que S+C+F = 2.000 euros, cela représente une dépense annuelle de 12x2.000 = 24.000 euros.

Pour que l'entreprise ne soit pas en difficultés financières (ce qui, à terme, signifiera la faillite et la perte de tous les emplois de l'entreprise), il faut que le travail effectué par le nouvel employé génère un bénéfice annuel supplémentaire d'au moins 24.000 euros ! Supposons que l'entreprise vende des cravates à 10 euros, avec un bénéfice unitaire d'un euro. Il faudra donc que l'activité du nouvel employé soit telle que le chiffre d'affaires augmente en un an de 240.000 euros, ce qui correspond non pas à la fabrication mais à la vente de 24.000 cravates supplémentaires.

En plus, le chef de l'entreprise doit constituer une réserve financière pour couvrir différents risques. Il se pourrait que le nouveau travailleur tombe malade (maladie réelle ou simulée), et si c'est une femme, elle pourrait devenir enceinte : congé-maladie ou congé de maternité! Il se pourrait aussi, cela arrive, que l'employé se révèle incompétent ou même carrément néfaste, provoquant des sabotages ou organisant des grèves.

Le raisonnement vaut pour n'importe quelle activité économique, qu'il s'agisse de vendre des cravates, des sex-toys ou des bouteilles de bourgogne. Quel entrepreneur, en France ou en Belgique, peut être sûr qu'il va, pendant l'année à venir, trouver un nouveau collaborateur capable de faire augmenter le chiffre d'affaires de 240.000 euros ?

Malgré les nombreux débats télévisés où l'on examine la question du chômage, avec force déclarations néo-libérales ou ultra-gauchistes, je ne vois pas d'économistes ou de journalistes expliquant simplement que "pour engager plus, il faut vendre plus" ! Or, du fait de la formidable explosion démographique, il devient de plus en plus difficile de vendre pour les pays européens, étranglés par une concurrence étrangère toujours plus vive, et dont on ne voit aucun signe d'une baisse prochaine. En France et dans les autres pays avancés, le chômage est là, et il est là pour rester, et même pour croître. La courbe du chômage n'est pas inversable. A moins de diminuer drastiquement S, C ou F !!!

Il suffit d'un peu de bon sens et de la connaissance des deux opérations arithmétiques les plus simples (addition et multiplication) pour comprendre que le chômage est là pour longtemps. Point n'est besoin de macroéconomie et de mathématiques supérieures, et encore moins d'idéologie, pour savoir que pour engager des travailleurs il faut qu'une entreprise augmente ses bénéfices. C'est compréhensible par le premier venu sachant lire et calculer. Il est scandaleux que les politiciens et des intellectuels n'usent pas de plus de pédagogie pour l'expliquer clairement.

On peut d'ailleurs se demander qui exploite qui, des employeurs ou des employés ?

La vérité économique - comme la vérité de la condition humaine dans une nature hostile - est bien sombre, et jamais les lendemains ne chantent. Après avoir visité, plein d'un optimisme touchant, une école primaire et l'exubérance des enfants et le sourire des institutrices, il faut, pour comprendre la vie des hommes, visiter le département des cancéreux dans un hôpital.

Mais "positivons" !... Dans un pays où il y a 20% de chômeurs, il y a 80% de gens capables de travailler qui travaillent effectivement, et qui se nourrissent eux-mêmes et qui nourrissent en outre les enfants, les vieillards, les malades, les handicapés et les chômeurs ! Car, malgré le chômage persistant depuis 1974 (pourquoi cette date, au fait ?), il n'y a pas de famines ni même de disettes en France et en Belgique. Pas encore...

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Mathematique et poesie

16 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Mathématiques, #Poésie

Bachelard écrivit quelque part (je pense que c'est dans "La psychanalyse du feu") que "les axes de la science et de la poésie sont inverses". Ce n'est en réalité qu'un lieu commun, car les potaches les plus balourds savent déjà distinguer, dans les cours de récréation des collèges, les "matheux" et les "lettreux". Mais cette évidence mérite une réflexion, d'autant plus qu'elle correspond à une constatation remontant à l'Antiquité (Platon écrivant sur la porte de son Académie : "nul n'entre ici s'il n'est géomètre"), tout récemment brillamment confirmée par les techniques les plus avancées de la neurologie cognitiviste.

Cette opposition entre intellectualité et émotivité, entre travail et loisir, entre logos et mythos, correspond à la coupure épistémologique qui permet de distinguer comme les deux éléments d'une opposition radicale - une scission dans la conscience -, dans l'ensemble des productions intellectuelles de l'Humanité, la STI (science-technique-industrie) et la non-STI, ou Culture (art, littérature, idéologies).

En langage ordinaire : la STI correspond à l'être (au donné que la conscience rencontre) et la Culture correspond au vouloir-être, à l'espoir (l'élan que subit l'être humain pour transformer fantasmatiquement l'être donné en un être désiré). C'est la dialectique des réalités qui sont et des valeurs que l'on voudrait qui soient.

Il est facile de découvrir (notamment par l'étude de l'histoire de la science) que le centre actif de la STI est le mathématique (objet des mathématiques), prolongation systématisée des déterminations de la logique (construite historiquement par Aristote et ses prédécesseurs comme Parménide), qui est un ensemble de règles de cohérence et d'adéquation de l'exprimé par le langage (concrétisation intersubjective de l'idéation) et du donné de l'observation. C'est parce que la logique vient de l'empirie que la logique est adaptée à l'empirique. L'observation naïve (avant toute démarche théorisante) fournit des modèles de raisonnement qui par la répétition et l'analyse s'inscrivent dans les "facultés mentales" comme "lois de la pensée", magistralement énoncées par Aristote et confirmées par les Modernes (Frege, Russel, Gödel, etc.). C'est parce que le logos est une abstraction de la physis que le logos parvient de manière si parfaite à décrire à l'avance (prédictibilité) le monde phénoménal. D'où l'efficacité époustouflante des équations de Newton (aérospatial), d'Einstein (nucléaire), de Schrödinger (chimie fine et biologie moléculaire).

Il est aussi facile d'apercevoir que le centre actif, l'élément commun à toutes les manifestations de la Culture est le poétique, c'est-à-dire ce quelque chose, irréductible peut-être au mathématique (voir "nombre d'or" et autres spéculations esthétiques de ce genre), capable d'émouvoir, et qui est commun à des expériences aussi variées qu'un quatuor de Beethoven, une toile de Delacroix, un sonnet de Ronsard... Le poétique d'un poème, c'est "ce qui reste quand on a oublié" la versification, la rime et la raison, et qui est l'impression, profondément ressentie, d'être emporté là où "tout n'est qu'ordre et beauté". Le poétique est le coeur palpitant et indicible de l'esthétique.

Mathématique et poésie ne s'opposent peut-être pas (les parallèles se rejoignent à l'infini) quand, avec Heidegger, la Haute Pensée, la plus profonde et la plus exigeante, en vient à situer l'Être dans le Temps, c'est-à-dire à mettre l'humain face à son avenir. Car ni les équations de la physique ni les poèmes de Rilke ou de Hölderlin et des autres ne peuvent répondre à la vraie question, non pas "qui suis-je ?", mais que vais-je devenir ?

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C'est du Belge !

15 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Belgique

J'ai consacré 5 livres à l'histoire de la Belgique.

1986 : Les ingénieurs belges

2007 : Histoire des sciences et de l'industrie en Belgique

2010 : A quoi pensent les Belges ?

2014 : Les plus grands Belges

2014 : Les plus grands ingénieurs belges.

Il s'agissait, dans ces études, de présenter l'histoire des Belges plus d'après l'évolution de la vie intellectuelle, de la "pensée", que d'après les particularités de la vie sociale et politique. J'ai donc exposé des synthèses de l'histoire des productions intellectuelles en Belgique, n'abordant pas l'organisation socio-politique du royaume. Bref, j'étudie les chefs d'entreprises, les poètes, les violonistes, etc. et ni la famille royale ni les politiciens. Il faut dire que l'historiographie politique et sociale est déjà considérable pour la Belgique.

Au-delà de ce travail de synthèse, il s'agissait surtout de proposer une réflexion sur l'importance historique, question centrale et délicate (tel Belge plus "important" que tel autre Belge...), qui d'ailleurs n'est évidemment pas propre à la Belgique. Mais je suis mieux documenté sur la Belgique que sur la Bolivie. Je me suis par exemple demandé pourquoi de nombreux manuels scolaires consacrent plusieurs pages aux artistes-peintres ou aux romanciers qu'aux chefs d'entreprises. Pourquoi le Belge moyen connaît-il mieux Magritte que Gramme, ou Eugène Ysaye qu'Edgard Frankignoul ?

L'importance d'un événement (et donc de l'homme qui en est l'origine) réside dans son effet sur l'Être, et en particulier sur la partie observable de l'Être, c'est-à-dire l'Humanité. Après tout, on évalue un arbre d'après ses fruits.

Dans la vie intellectuelle d'une collectivité humaine, on peut faire diverses classifications, mais l'opposition entre la STI (science-technique-industrie) et la Culture (arts-littérature-idées religieuses, politiques et éthiques) me semble particulièrement pertinente, correspondant à une coupure de l'esprit humain entre intellectualité et émotivité. La vie des Belges serait bien grise (elle l'est déjà souvent par la couleur du ciel) sans Culture, et l'on s'imagine difficilement une Belgique privée des concertos d'Ysaye, des poèmes d'Emile Kesteman et d'Yves Namur, ou des images d'Hergé et de Franquin. Mais la vie des Belges, sans STI, serait rigoureusement impossible.

En Belgique comme ailleurs, la STI fonde l'existence, et la Culture donne à l'existence ce qui la rend digne d'être vécue.

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La poesie belge : toujours grande et belle

14 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poésie

J'ai consacré plusieurs livres à la Belgique, dont deux qui abordent la culture belge, c'est-à-dire la haute pensée philosophique, les "sciences humaines", les arts et la littérature.

A quoi pensent les Belges ? (Jourdan, Bruxelles, 2010),

Les plus grands Belges (La Boîte à Pandore, Paris, 2014).

J'ai voulu montrer, analyser et célébrer, dans ces ouvrages, la grandeur, la profondeur, la délicate sensibilité et l'extrême originalité (et diversité) de la "pensée belge", c'est-à-dire de la production intellectuelle (surtout textuelle, je me suis moins penché sur les producteurs de musiques et sur les plasticiens) des Flamands, des Limbourgeois, des Bruxellois, des Picards belges, des Wallons et des immigrés ayant choisi d'écrire en néerlandais ou en français. La productivité verbale du petit pays qu'est la Belgique (à peine 11 millions d'habitants, et une existence politique qui ne remonte qu'à 1830) est époustouflante, et je n'ai pu évoquer dans mes livres qu'une petite partie des auteurs philosophes, sociologues, philologues, historiens, archéologues, psychologues, politologues, dramaturges, romanciers et poètes. Ceux-ci méritent tout particulièrement notre attention, car ils ont beaucoup rimé (naguère) et beaucoup écrit (libérés des contraintes de la versification) aujourd'hui, faisant ressortir des mots mis ensemble des saveurs incomparables et, comment dire, une approche hallucinante de l'infini (et peut-être même de l'absolu).

Je me suis tout particulièrement intéressé aux somptueux trésors de la poésie belge, car quand on ne peut pas tout prendre, il faut s'efforcer de prendre le plus précieux. C'est ainsi que, pendant de longues journées, j'ai lu à la Bibliothèque Royale de Bruxelles, des biographies de poètes belges (surtout de langue française), ainsi que des recueils de leurs poèmes. J'ai aussi dépouillé de nombreuses revues littéraires comme La Jeune Belgique, Le Thyrse, Marginales, Le Spantole, etc. J'ai ramené de ce séjour studieux et ébloui des fiches biographiques (1131 poètes belges morts ou vivants) et des notes concernant 4921 textes (poèmes dans une revue, recueils ou ouvrages critiques).

Je n'ai évidemment pas pu, dans mes deux livres, citer 1131 poètes, et j'ai dû me concentrer sur l'évocation (suprême injustice !) de quelques-uns, sans l'illusion de pouvoir être objectif. Car dans mes travaux consacrés à la science et à la philosophie, il me fut assez facile de séparer les penseurs majeurs (Einstein, Newton, Spinoza, Husserl...) des auteurs moins créatifs, mais comment dire que le poète belge A* est supérieur au poète belge B* ? Et, surtout, comment départager les contemporains ? Ce serait d'ailleurs ramener la poésie à une technique, c'est-à-dire à une recherche d'efficacité. Car comment mesurer l'efficacité d'un poème belge, en français ou en néerlandais ?

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Epistemologie des mathematiques

13 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Mathématiques, #Philosophie

J'ai consacré 3 livres aux mathématiques.

Nouvel Abrégé d'histoire des mathématiques

Vuibert, Paris, IV + 332 pages, 2002

Mathématique et vérité

L'Harmattan, Paris, 180 pages, 2005

Histoire des mathématiques

Vuibert, VI + 346 pages, 2014.

Mon "Histoire" de 2014 est une réédition totalement refondue de mon "Nouvel Abrégé". J'y montre que la pensée mathématique apparaît en Grèce avec la pratique de la démonstration conduisant à des propositions apodictiques relatives soit aux nombres soit aux figures. Les soi-disant "mathématiques" des Egyptiens, des Babyloniens et d'autres peuples archaïques ne sont que des connaissances empiriques et banales sur l'énumération, les calculs simples, la nomenclature des formes... J'ai tenté de montrer dans mes livres comment la pensée mathématique progresse, à partir des trois notions primitives de cardinal, d'ordinal et de forme, par négation (retournement) et par généralisation (continuation). Chez les Grecs apparaissent successivement la géométrie (Thalès), l'arithmétique (Pythagore), la logique (Aristote), l'axiomatique (Euclide), les calculs d'infini à la base de l'analyse (Archimède) et l'algèbre (Diophante). La métaphore de la marche (en arrière - négation - et en avant - généralisation) convient évidemment (isomorphisme) à la description de l'esprit en mouvement (Hegel s'en souviendra).

Dans "Mathématique et vérité" je tente un examen "ontologique" du nombre, en montrant l'origine empirique de la contrainte logique. J'examine aussi la fameuse crise des fondements vers 1900, qui s'achève par le logicisme de Russell et Whitehead. Cette étude révèle notamment l'impossibilité de construire une épistémologie sans ontologie préalable, complétée par l'impossibilité de construire une ontologie sans épistémologie aboutie ! Ce "cercle philosophique" est à la base du caractère d'être-pour-l'ignorance de l'esprit humain. Il montre aussi que les mathématiques (noyau dur du rationalisme) sont adéquates pour décrire non pas tous les mondes "possibles", mais au moins tous les mondes "pensables".

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Histoire de la chimie

12 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Chimie, #Histoire

J'ai consacré 3 livres à l'histoire de la chimie.

Penser la matière

Vuibert, Paris, V + 389 pages, 2004

La vie expliquée par la chimie

Vuibert, 133 pages, 2006

A la découverte des éléments de la matière

Vuibert, VI + 170 pages, 2009.

Dans "Penser la matière", j'ai tenté de montrer le plus clairement possible, dans une optique plus gnoséologique qu'historienne, la filiation des grandes idées sur la composition de la matière, depuis l'avènement du concept d'archè (Thalès de Milet) jusqu'au développement contemporain de la chimie quantique.

Dans "La vie expliquée par la chimie", j'étudie plus en profondeur la fondation de la chimie organique au début du XIXème siècle puis l'avènement de la biochimie et finalement les véritables triomphes de la biologie moléculaire. Du point de vue philosophique, il est essentiel de comprendre comment, dans l'Histoire, s'est accompli ce réductionnisme qui explique par des réactions chimiques toutes les caractéristiques de la vie et qui montre qu'il n'existe pas de différence de nature entre matière inerte et matière vivante.

Dans "A la découverte des éléments de la matière", j'étudie la captivante aventure des chimistes à la découverte des principes ultimes constitutifs de la matière, aventure qui se termine par l'isolement de tous les éléments chimiques du tableau de Mendéléev.

Ces 3 ouvrages montrent que l'étude critique de l'histoire de la chimie est un passage obligé du philosophe qui veut construire une ontologie, une "science de l'Être", car la matière est un constituant de l'Être. Mais l'Être coïncide-t-il avec la matière ? A chacun de répondre, au vu des succès extraordinaire des analyses et des synthèses de la chimie...

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Histoire de la physique

11 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Physique, #Histoire

J'ai consacré 2 livres à l'histoire de la physique.

Penser le monde - Une histoire de la physique jusqu'en 1900

Vuibert, Paris, IV + 283 pages, 2006.

Expliquer l'Univers - Une histoire de la physique depuis 1900

Vuibert, VII + 420 pages, 2008.

Il s'agit d'une étude épistémologique de la construction des savoirs de la physique, et aussi de l'astronomie, depuis les premières hypothèses des Physiciens de Milet jusqu'aux observations de particules élémentaires et aux théories cosmologiques de la fin du XXème siècle. C'est une histoire "explicative", qui vise à comprendre comment (grâce au langage mathématique) les idées se sont formées et se sont précisées au cours du temps, à l'encontre de tant d'histoires de la physique qui se bornent à énumérer les dates des découvertes et des théories et les noms des physiciens, sans entrer dans le processus intellectuel de formation des connaissances.

J'ai en particulier tenté la "reconstruction" de la mécanique newtonienne à partir des lois du mouvement des planètes (Kepler) et des lois de la chute des graves (Galilée) ; de la mécanique quantique à partir des expériences sur le rayonnement du corps noir ; de la théorie de la relativité à partir de l'électromagnétisme (Maxwell) et des mesures de la vitesse de la lumière. Pour ne pas alourdir mon texte, j'ai principalement utilisé le formalisme mathématique d'aujourd'hui, mon souci étant plus de comprendre la filiation des idées que de présenter le pittoresque des anciennes notations.

Je me devais également de décrire en profondeur les expériences (dues surtout à J.J. Thomson et à E. Rutherford) qui ont abouti à connaître la structure des atomes, et qui sont à la base de la découverte des particules subatomiques.

Le résultat épistémologique principal de cette étude est d'une parti de confirmer le lien épistémique entre science, technique et industrie (pas de physique sans instruments produits par l'industrie...) et d'autre part de montrer que la naissance de la physique (et donc de la science sensu stricto) ne date que du XVIème siècle, avec l'apparition de l'instrumentation, c'est-à-dire l'utilisation d'instruments permettant des observations quantitatives, et donc la mathématisation des raisonnements. Quand on veut bien donner au mot "science" tout son sens (une méthode de recherche dont les résultats sont vérifiables à l'aide d'instruments), il n'y a donc pas de "science arabe", pas (ou presque pas) de "science grecque", pas de "science chinoise"...

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Triple menace sur l'Europe

10 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

Trois éléments majeurs menacent le bien-être et même la vie des Européens.

1° L'explosion démographique non-européenne

Il y a grosso modo 0,5 milliard d'Européens et 7 milliards de non-Européens. Ceux-ci ne sont pas tous hostiles aux Européens (voir ci-dessous 2°), mais du fait du transfert des technologies ils s'industrialisent, et constituent une concurrence commerciale de plus en plus vive. Cette concurrence devient telle qu'elle entraîne la fermeture de plus en plus d'entreprises en Europe, d'où chômage, baisse des rentrées fiscales pour les Etats européens et finalement appauvrissement généralisé des Européens. Rien n'indique un renversement des tendances actuelles : stagnation démographique en Europe, augmentation démographique s'accélérant ailleurs. Les remous sociaux conséquences de l'appauvrissement (grèves, émeutes, vandalisme, pillages, assassinats de policiers...) vont s'aggraver d'année en année, conduisant à un véritable mécanisme d'autodestruction.

2° L'islam

L'islamisme est une menace physique immédiate, qui a fait des progrès spectaculaires au cours des 10 dernières années en "puissance de feu", grâce à des ressources financières et humaines grandissantes. Rien ne permet d'espérer un renversement de la courbe de progression de l'islamisme et du djihadisme dans les prochaines années. Certes, il est nécessaire de ne pas confondre islam et islamisme. Mais qui pourrait nier que le recrutement de djihadistes se fait plus aisément au sein des populations musulmanes que parmi les non-musulmans ? Et il y a 1,5 milliard de musulmans. L'appauvrissement des Européens (voir ci-dessus) a pour conséquence un affaiblissement constant de leurs moyens militaires et policiers pour tenter de résister à l'islamisme.

3° La détérioration du climat

Les conséquences tragiques du réchauffement du climat (conséquence de l'explosion démographique mondiale) concernent l'ensemble de l'Humanité, et pas seulement les Européens. C'est du reste le fait déterminant de la condition humaine que l'homme doive lutter contre la nature : faim, soif, chaleur et froidure, intempéries, inondations, incendies, maladies, bêtes féroces. La pesanteur même est dangereuse : les chutes font plus de morts que le virus ebola. Mais les tempêtes toujours plus violentes, les inondations toujours plus destructrices, les incendies de forêts toujours plus étendues mobilisent des moyens humains et financiers qui ne sont plus disponibles pour résister à l'islamisme ou pour créer de nouvelles entreprises. Tant que la démographie progresse, la pollution (pas seulement atmosphérique, d'ailleurs) progresse, car tous les hommes expirent du CO2, urinent et défèquent. Dans combien d'années la température de l'air deviendra-t-elle mortelle ?

4° Le quatrième élément

D'autres menaces existent, comme peut-être l'impérialisme russe ou une crise grave qui pourrait survenir entre certains Etats européens, mais à la réflexion il me semble qu'un quatrième élément exerce une menace sur les Européens, et qui est la bêtise ou l'aveuglement des politiciens européens et d'une grande partie de l'intelligentsia européenne. Politiques et intellectuels consacrent leur précieux temps à promulguer des directives pour la couleur des étiquettes des produits alimentaires ou pour savoir s'il faut prendre sa retraite à 63 ou à 64 ans, mais négligent d'analyser les menaces qui pèsent sur l'existence même de l'Europe, et ne préparent pas les opinions publiques aux efforts nécessaires pour lutter contre la désindustrialisation, contre l'islamisme et contre les menaces environnementales.

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