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Jean C. Baudet

Islamophobie ou anti-islamisme ?

25 Février 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Religion

Pour examiner sérieusement la délicate question de la coexistence entre communautés différentes (le "vivre ensemble" en français postmoderne), il convient de se placer sous la lumière des faits anthropologiques, historiques et géographiques, et non sous l'éclairage fallacieux et déformant des fantasmes et des idéologies. Le fait majeur, qui détermine tous les autres, est la mondialisation et l'explosion démographique : il y a 7,5 milliards d'hommes qui veulent vivre en même temps, et parfois au même endroit. Un autre fait tout aussi indiscutable c'est que, depuis que l'on possède des documents écrits qui nous racontent l'Histoire, c'est-à-dire depuis cinq mille ans au moins, dès que deux peuplades se rencontrent elles entrent en conflit, et le premier texte suivi de l'Humanité, qui est l' Epopée de Gilgamesh (en sumérien), expose d'histoire d'un roi qui a dû construire un mur autour de son royaume pour le protéger des attaques étrangères. La guerre est loin d'être une invention récente.

Puis, il faut poursuivre la recherche, et l'on apprendra, par exemple, qu'il y a 2,5 milliards de musulmans et 14 millions de juifs, soit un rapport de 179 à 1. Cette situation évoluera en fonction des natalités respectives de ces deux peuples.

Ensuite, on examinera sans préjugés l'Actualité, et l'on comptera avec soin le nombre d'attentats terroristes et leurs victimes commis au nom du bouddhisme, du shintoïsme, de l'hindouisme, de l'islam, des témoins de Jéhovah, du catholicisme, de la scientologie, de l'animisme congolais, de l'astrologie, de l'évangélisme et des autres croyances.

Enfin, on étudiera avec rigueur le contenu dogmatique de chaque religion, et l'on constatera que certaines conduisent plus que d'autres au prosélytisme violent. Dans certaines religions il faut faire l' effort de convertir les infidèles, éventuellement sous la menace de tortures et d'exécution.

Pour ma part, et jusqu'à plus ample informé, je rejette l'islamophobie, mais je suis partisan d'un anti-islamisme déterminé et sans failles. La sémantique a son importance pour éviter les amalgames entre "musulmans" et "se revendiquant de l'islam". Je respecte toutes les croyances, pourvu qu'elles n'aillent pas jusqu'au fanatisme.

Et je terminerai en latin : Timeo hominem unius libri, c'est-à-dire "j'ai peur de l'homme d'un seul livre".

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Comparer la science et la philosophie

22 Février 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Science

Il faut se rendre à l'évidence. Au cours des 5 derniers siècles, la philosophie a accumulé des milliers de textes, parfois devenus extrêmement prestigieux dans les instances de célébration (universités, académies, médias), mais n'a pas proposé une seule connaissance nouvelle à l'Humanité !!! Pendant le même demi-millénaire, la science a proposé des milliers de savoirs nouveaux, parfaitement vérifiés, et plus inattendus les uns que les autres : héliocentrisme, gravitation, mécanismes biochimiques, génétique, structure des molécules et des atomes, fonctions cérébrales, etc., etc. Les agents de police culturelle admirent sans réserve Kant, Hegel, Schopenhauer, Husserl, Heidegger, qui n'ont strictement rien apporté de nouveau au savoir humain. Cette navrante stérilité du travail philosophique comparée à l'époustouflante fécondité de la recherche scientifique produit chez certains philosophes un ressentiment qui engendre de l'arrogance, de la suffisance et des attaques parfois virulentes de la science. C'est au fond très cocasse : tel philosophe, qui n'a rien trouvé, développe dans des livres pesants une "critique" de la science, et c'est Bergson faisant la leçon à Einstein...

Ceci ne signifie pas que la philosophie est inutile ! Elle est, au contraire, de plus en plus indispensable, par sa pratique du "doute méthodique", pour servir de garde-fou face aux dangereux fanatismes des religions et des idéologies.

Vous trouvez que j'exagère ? Il est facile de vérifier. Essayez d'énumérer, en quelques mots, les vérités découvertes et vérifiées par Frédéric Nietzsche, par Jean-Paul Sartre, par Barbara Cassin, par Michel Onfray, par Alain Badiou, et refaites le même exercice pour Newton, pour Lavoisier, pour Röntgen, pour Hertz, pour James Watson...

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Caroline Veyt, les femmes et la science

19 Février 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Science

Caroline Veyt, les femmes et la science

J'ai été interviewé par Caroline Veyt, journaliste à la RTBF, à propos de mon livre "Les plus grandes femmes de la science" (éditions La Boîte à Pandore). Notre entretien a été diffusé en radio (La Première, émission "Un jour dans l'histoire"), en trois séquences, les 16, 17 et 18 février. Nous avons évoqué notamment la vie et l'oeuvre de Maria Agnesi, d'Eleanor Ormerod, de Nettie Stevens, de Marie Curie (incontournable héroïne de la recherche scientifique, de Stephanie Kwolek (qui a inventé le kevlar) et de Rachel Carson.

J'avais déjà, lors d'émissions précédentes, eu le plaisir d'être interrogé par la même journaliste à propos d'un autre livre : "Les plus grands ingénieurs belges" (La Boîte à Pandore).

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La science, la philosophie et l'islam

18 Février 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Science, #Philosophie

Il importe de bien comprendre que la science et la philosophie poursuivent exactement le même objectif, qui est de connaître ce qui existe vraiment, que les scientifiques appellent l'Univers, que les philosophes appellent l'Être, et qui est la Vérité, dont la recherche libérée des traditions religieuses s'approche toujours mais qu'elle n'atteint jamais. Mais si la science et la philosophie se confondent dans leur but de connaissance, elles diffèrent profondément par les moyens qu'elles utilisent. La philosophie ne propose ses réponses qu'à partir d'observations immédiates (la Sinnlichkeit de Kant) et de raisonnements verbaux (la Verstand de Kant), alors que la science progresse par raisonnements mathématisés et à l'aide d'observations médiates, disposant d'instruments (télescopes, microscopes, sprectromètres...). C'est donc le recours à une instrumentation, d'ailleurs de plus en plus sophistiquée, qui fait la différence entre la recherche scientifique et la méditation philosophique.

La recherche intellectuelle (la distinction entre philosophie et science n'est pas pertinente avant le XVIème siècle) commence en Grèce avec Thalès vers 600 avant notre ère. Malgré quelques rares précédents (l'astrolabe des astronomes grecs), l'instrumentation pour l'étude de l'Être ne devient systématique qu'au XVIème siècle, et l'on peut adopter 1543 (Copernic et la mesure de la position des planètes) comme date symbolique de la coupure épistémologique entre philosophie (sans) et science (avec instruments).

Quand on constate la difficulté de faire comprendre ces distinctions par des personnes possédant pourtant une bonne "culture générale", on se demande (avec anxiété) s'il sera possible d'initier à ces rudiments d'épistémologie les milliers de jeunes musulmans qui vivent dans les pays occidentaux, pour construire le "vivre ensemble", afin qu'ils ne sombrent pas dans l'islamisme. Il suffit de quelques heures pour apprendre le djihad et le maniement efficace d'un fusil-mitrailleur. Il faut des années pour apprendre à penser par soi-même, pour se libérer des traditions, qu'elles soient musulmanes, hindoues, chrétiennes ou autres...

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Sur la bibliographie de Jean C. Baudet

16 Février 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Histoire

Sans compter des centaines d'articles philosophiques, scientifiques, historiques, journalistiques et de critique parus dans des revues, des magazines, des journaux ou des ouvrages collectifs, sans compter des poèmes et des nouvelles parus dans des revues littéraires, sans compter plus de 600 articles ou billets d'humeur publiés dans son blog, Jean C. Baudet a fait paraître, de 1981 à ce jour, 32 ouvrages diffusés en librairie, à savoir 1 livre de biologie (134 pages), 3 livres de philosophie (505 p.), 8 livres d'histoire de la technique et de l'industrie (2.484 p.), 13 livres d'histoire de la science (3.973 p.), 5 livres d'histoire de la philosophie et des religions (1.974 p.) et 2 livres d'histoire générale (554 p.). Ces 32 livres totalisent 9.624 pages.

Ce travail a mené Jean C. Baudet à reconnaître que le scepticisme est indépassable, ce qu'il exprime dans la forme brutale qui rappelle qu'il est impossible, malgré tous les efforts conjugués du rationalisme, de l'empirisme et du fidéisme, de savoir ce qui se trouve derrière une porte fermée. Parti, dans sa jeunesse, de l'épistémologie de Karl Popper (et du Cercle de Vienne), de l'étude de l'oeuvre de Gaston Bachelard et de l'inévitable phénoménologie husserlo-heideggéro-sartrienne encore à la mode dans les années 1960 et 1970, Baudet a d'abord développé une épistémologie historique (éditologie) qui l'a conduit (avec la dose requise de scepticisme) au matérialisme en ontologie, à l'athéisme en théologie et au nihilisme en éthique. Il affirme, en histoire des systèmes de pensée, le primat de la technique, c'est-à-dire l'antériorité de l'outil (l'util, chez Heidegger) sur le mythe, les religions, la philosophie et la science. Pour Baudet, la technique est ainsi à la fois "le critère de l'humain" (interview de J.C. Baudet : "Le critère de l'humain", IBM Informations 1994(12): 10-11 ; J.C. Baudet : "Le signe de l'humain", Paris, 2005) et la clé de l'Être. Depuis Aristote, pendant plus de deux mille ans, la tentative de compréhension de l'Être est basée sur l'analyse du langage (logique, catégories, "cogito", etc.). Il s'agit maintenant d'aller plus au fond des choses et, avant de disséquer la parole, d'analyser le geste technicien : "au commencement était l'outil".

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Questions actuelles

15 Février 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

Où Alexis Tsipras, premier ministre de l'Etat grec, va-t-il trouver l'argent pour augmenter les traitements des fonctionnaires grecs, les salaires des Grecs qui travaillent et les allocations des Grecs qui ne travaillent pas ?

Où Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense, va-t-il trouver l'argent pour améliorer l'efficacité de l'Armée française dans sa lutte contre l'islamisme ?

Où Bernard Cazeneuve, ministre français de l'Intérieur, va-t-il trouver l'argent pour améliorer l'efficacité de la Police française dans sa lutte contre la délinquance, la criminalité, le banditisme et le terrorisme ?

Où Abdel al-Sissi, président de l'Etat égyptien, va-t-il trouver les 5,2 milliards d'euros prévus pour payer les 24 avions Rafale commandés à la France ? Il paraît que l'Egypte, pour cette acquisition, bénéficiera d'un soutien financier de l'Arabie Saoudite et d'un prêt des... banques françaises !

Et surtout, qu'adviendrait-il pour la Civilisation si, à court ou moyen terme, les islamistes finissaient par s'emparer du pouvoir en Egypte, disposant des "meilleurs avions de combat du monde" ?

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La conception scientifique du monde et de l'homme

4 Février 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Science

Pour les scientifiques - qui basent leurs idées sur ce qu'ils vivent et non sur ce qu'ils espèrent, faisant de la vérifiabilité vécue par leur "moi" le critérium du vrai -, l'Être est formé exclusivement de particules de deux sortes, les fermions et les bosons. Les fermions constituent la "matière" de la conception commune, les bosons correspondant aux notions naïves de force, d'énergie, d'évolution... Il y a trois catégories de bosons, correspondant aux trois interactions connues entre les fermions : l'interaction nucléaire (ou "forte"), l'interaction électrofaible et l'interaction gravifique. L'espace et le temps sont des conséquences de l'existence des particules : celles-ci, avatars de l'Être, sont donc la source même de l'espace-temps.

Les fermions (sous l'action des forces bosoniques) ont formé, depuis leur apparition (objectivation de l'Être il y a 13,8 milliards d'années), des assemblages relativement stables, les atomes, qui en certains "lieux" de l'espace-temps ont formé des molécules de plus en plus complexes. L'atome le plus simple est l'atome d'hydrogène, formé de quatre fermions : trois quarks et un électron.

Il y a, dispersés dans l'Univers (autre nom de l'Être), des accumulations chaudes d'atomes, les étoiles, et des accumulations froides, appelées planètes, planétoïdes, astéroïdes et comètes. La Terre est une planète, liée par l'interaction gravifique au Soleil, une étoile.

Formée il y a 4,5 milliards d'années, la Terre est un sphéroïde entouré d'une biosphère baignant dans une hydrosphère et une atmosphère. La biosphère est formée de milliards d'objets vivants aux formes très diverses, répartis en microbes, végétaux et animaux. Un seul animal occupe la totalité de l'hydrosphère (il explore le fond des océans) et de l'atmosphère (il est même sorti de celle-ci) : l'homme. L'homme est très variable par ses caractéristiques morphologiques. Cela permet de répartir les individus humains en espèces, sous-espèces, variétés, sous-variétés, races, sous-races et autres catégories classificatoires.

L'homme est le seul objet vivant dont la complexité est telle (système nerveux) qu'il a pu inventer la Technique, en deux temps : invention de l'Outil, invention du Langage. La pratique du langage a permis le développement de la Pensée qui a conduit à l'élaboration de textes innombrables formant la Littérature, et qui a également conduit à l'apparition de la Conscience (pensée réfléchie sur le penseur). La littérature comporte des textes de divertissement (poésie) et des textes didactiques (prétendant énoncer des "vérités"). Les textes didactiques se regroupent en textes "sacrés" (dont les vérités doivent être acceptées sous peine de mort) et en textes "vrais" (dont on peut éventuellement douter). Les textes sacrés sont à l'origine des religions et les textes vrais vont, au cours de l'histoire des hommes, donner naissance successivement à la philosophie et à la science. La philosophie recherche la "vérité" par hypothèses et raisonnements, et conduit à des conjectures. La science (apparue sur Terre au XVIème siècle de l'ère chrétienne) recherche la "vérité", comme la philosophie, par hypothèses et raisonnements, mais en basant ceux-ci sur les données de l'instrumentation (inconnue des philosophes), qui permet la vérification des hypothèses. C'est grâce à l'emploi d'instruments (accélérateurs de particules, radiotélescopes...) que l'esprit humain a découvert les fermions et les bosons, et a pu déterminer l'âge de l'Univers. Pour le philosophe, les fermions et les bosons sont des constructions intellectuelles particulièrement raffinées (voir l'histoire de la physique) qui systématisent les notions naïves et vulgaires de "matière" et de "force" (c'est une version contemporaine de l'hylémorphisme d'Aristote). Mais ces "constructions" existent objectivement (indépendamment de la conscience des physiciens) comme le révèle la technologie, que l'on peut analyser comme formée de techniques électroniques, utilisant les électrons (fermions) : informatique, télécommunications, etc., et de techniques nucléaires, utilisant les quarks (fermions) : énergie nucléaire, utilisation de radio-isotopes, etc.

Tout homme n'est qu'un corps, assemblage de molécules, "vivant" grâce aux interactions métaboliques entre celles-ci. Quand, pour une raison quelconque, le métabolisme s'arrête, le corps humain devient cadavre, voué à la décomposition et à la pourriture. La conscience, qui correspond aux réactions chimiques du système nerveux, disparaît.

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