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Jean C. Baudet

Une histoire des mathématiques

31 Mars 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Mathématiques, #Epistémologie

Une histoire des mathématiques

Dans mon livre Histoire des mathématiques, récemment paru (Vuibert, Paris), j'observe le développement de la pensée mathématique, depuis les premières bases fondées par les Grecs jusqu'aux plus extrêmes généralisations du XXème siècle. Les Grecs ont inventé, successivement, la Géométrie démonstrative (Thalès), l'Arithmétique spéculative (Pythagore), la Logique (Aristote), l'Axiomatique (Euclide), la Trigonométrie (Hipparque), l'Algèbre (Diophante), mais ont "raté" la fusion de la Géométrie et de l'Algèbre, qui devra attendre Descartes et son invention de la Géométrie analytique. Ils n'ont pas su tirer parti des découvertes d'Archimède qui auraient dû les mener à l'Analyse infinitésimale, qui ne sera établie qu'au XVIIème siècle avec les travaux de Wallis, de Newton et de Leibniz. Au XXème siècle, le groupe français Bourbaki redéfinira la Mathématique comme l'étude des structures, qui peuvent être topologiques ou algébriques.

Cette étude conduit à tenter une épistémologie, dont j'ai esquissé le fondement dans mon livre Mathématique et vérité (L'Harmattan, Paris). En bref, on constatera que le progrès mathématique fonctionne par généralisation (des nombres entiers aux nombres fractionnaires, des nombres aux vecteurs puis aux tenseurs, etc.), celle-ci étant basée sur l'expérience commune de la marche (en avant ou en arrière). Ainsi l'analyse de l'esprit humain rencontre une dualité radicale, celle du plus (aller plus loin, par exemple passer de 2 à 3 dimensions) et du moins (passer des nombres "naturels" aux nombres négatifs).

La Mathématique est le noyau dur de la STI, Science-Technique-Industrie, et pourrait bien être la racine de la Civilisation et l'instrument d'analyse de l'Être. Mais je dois poursuivre ma recherche pour tenter de repérer s'il n'y a pas "autre chose"...

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Une histoire de la physique

30 Mars 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Physique, #Epistémologie

Une histoire de la physique

Mon livre Histoire de la physique vient de sortir de presse chez Vuibert, à Paris (333 pages). Cet ouvrage est le résultat de la fusion de deux livres précédents : Penser le monde (Histoire de la physique jusqu'en 1900, Vuibert, 287 p., 2006) et Expliquer l'Univers (Histoire de la physique depuis 1900, Vuibert, 427 p., 2008). Pour passer de 714 pages à 333, il m'a fallu revoir la rédaction de fond en comble, de manière à concentrer le récit sur les expériences vraiment cruciales et sur les théories les plus importantes, pour faire ressortir clairement la filiation des idées, depuis les premières réflexions "physiques" de Thalès de Milet jusqu'à la récente découverte du boson de Higgs. Cette Histoire de la physique, outre qu'elle offre une passionnante exploration de l'évolution de la science de l'Univers (les étapes principales de l'astronomie sont également étudiées), constitue une introduction à l'épistémologie, puisque la physique est en réalité la base de toutes les sciences (chimie, biologie, technologie...). La thèse principale que je développe dans ce livre est que la "science" ne se constitue pleinement comme distincte de la "philosophie" qu'au XVIe siècle, en Europe, quand les "philosophes de la nature" (Paracelse, Copernic, Kepler, Galilée...) inventent l'instrumentation. L'usage d'instruments (lunettes astronomiques, appareils de laboratoire) permet en effet à l'observation d'atteindre des réalités insoupçonnées et permet au raisonnement d'être renforcé par la mathématisation (rendue possible par les instruments de mesure). Les tentatives de description du monde antérieures aux années 1500 ne sont encore que de la "proto-science", par manque de moyens. On retrouve ici ce que j'ai appelé le primat de la technique (notamment dans mon livre Le signe de l'humain - Une philosophie de la technique, L'Harmattan, Paris, 2005) : la science provient de la technique et non l'inverse.

En suivant l'évolution de la physique depuis la théorie grecque des quatre éléments jusqu'à l'actuelle distinction des particules élémentaires en fermions et bosons, il est captivant de comprendre comment une petite élite (quelques centaines de physiciens, d'astronomes et de chimistes pour les milliards d'hommes "ordinaires") a su élaborer une description précise de l'Univers, dont la validité est prouvée tous les jours par les résultats de la technologie. C'est peut-être dans la construction de la physique que l'on trouve "l'honneur de l'Humanité".

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Hannah Arendt : le travail et l'oeuvre

25 Mars 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Hier après-midi à la Bibliothèque Royale à Bruxelles. Je suspends mes lectures pour boire une tasse de café au lait (sans sucre) en compagnie de Liza Leyla, poète exquise, habituée de la "Royale". Elle me parle de sa démarche artistique, et nous évoquons la mort récente du poète Jean-Luc Wauthier, libéré des souffrances et des humiliations de la vie terrestre par un arrêt cardiaque nocturne. Je connaissais Jean-Luc, que je rencontrais aux séances du Conseil d'administration de l'Association des Ecrivains belges. Il avait cette qualité, rare et admirable, de pouvoir distinguer sans hésiter les grands poètes et les poètes médiocres.

Je relis, de Hannah Arendt, Condition de l'homme moderne, essai dans lequel l'ancienne maîtresse de Heidegger développe la subtile et érudite distinction entre le travail et l'oeuvre. Pour son analyse de l'activité humaine, Arendt remonte aux Grecs et aux Romains, nous expliquant que l'Antiquité classique distinguait nettement la vita activa et la vita contemplativa, ce qui correspond à l'opposition que notaient les Grecs entre la praxis et la theoria. Elle nous explique également que le christianisme célébrait la vie contemplative, "conférant une sanction religieuse à l'abaissement de la vita activa ravalée à une position secondaire". Elle nous explique aussi que Marx et Nietzsche - chacun à leur manière - renverseront cette hiérarchie, Marx allant jusqu'à voir l'homme comme créé par le travail (et non par Dieu).

Pour Arendt, il y a deux humanités possibles au point de vue de l'activité, l' homo laborans, qui effectue un travail, et l' homo faber, qui accomplit une oeuvre ! Et le travail est sans intérêt quand l'oeuvre est l'objet de toutes les célébrations ! Il y a dans cette franche opposition la conséquence de l'idéalisme obstiné que l'on rencontre chez les penseurs de gauche (Arendt se réfère explicitement à Kant) : le travail (sans valeur) ne sert qu'à alimenter le corps, quand l'oeuvre est une réalisation (vénérable, méritant prosternations et encensements) de l'esprit !

Et je me demande si mon activité d'écrivain est un travail, et si mon labeur de philosophe est une oeuvre, ou vice versa...

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Qu'est-ce que le progres scientifique ?

18 Mars 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Science, #Philosophie

Hier soir, dans la grande salle des mariages de la Maison communale de Schaerbeek, en région bruxelloise, devant un public très attentif, j'ai donné une conférence "Qu'est-ce que le progrès scientifique ?", malgré mon état de santé. Ce fut dans le cadre des "conférences d'intérêt général" organisées, depuis déjà de nombreuses années, par l'échevin Bernard Guillaume. J'eus le plaisir de reconnaître quelques amis dans la salle, dont Jacques Van Rillaer, professeur émérite de l'Université Catholique de Louvain, Francis De Ridder, ancien secrétaire général de l'Association des Ingénieurs de Bruxelles, Marc De Moor, caricaturiste...

J'ai tenté de rendre aussi claires que possible mes positions épistémologiques basées essentiellement sur mes travaux en histoire des systèmes de pensée (histoire de la science, histoire des religions, etc.). Après avoir situé dans l'histoire de la philosophie l'évolution de la théorie de la connaissance (gnoséologie, critique, épistémologie...), j'ai essayé de réduire la critique kantienne à sa plus simple expression, qui pour moi réside dans la découverte, par le solitaire de Königsberg, de la distinction entre phénomène (connaissable par la coopération de la sensibilité et de l'entendement) et noumène (inaccessible à la raison humaine).

J'ai ensuite résumé en larges traits l'évolution de la Pensée (approfondissement de la loi des trois états d'Auguste Comte) : 1° apparition du langage et premiers questionnements, 2° élaboration des mythes (fin du Paléolithique), 3° récupération de certains mythes pour en faire le noyau des religions (Néolithique), 4° invention de la philosophie (Thalès et Anaximandre, vers 600 avant l'ère chrétienne), 5° invention de la science avec l'utilisation systématique de l'instrumentation (1543), 6° développement de la technologie, 7° risques actuels de régression avec le "retour du spirituel" et le fanatisme religieux puissamment armé, ainsi qu'avec les divers mouvements anti-science plus ou moins liés au New Age.

Les questions du public à la fin de mon exposé m'ont montré, une fois de plus, la difficulté qu'il y a à distinguer la science (qui dispose d'une instrumentation qui permet de fantastiques progrès dans le domaine phénoménal) de la philosophie. Celle-ci, pour tenter une connaissance du monde nouménal (s'il existe !), ne dispose que de deux moyens : l'observation commune (non instrumentée) et le raisonnement, sophistiqué jusqu'au galimatias chez de nombreux auteurs contemporains. La comparaison entre le progrès scientifique depuis Galilée et le progrès philosophique depuis Descartes est tout à fait éloquent ! On connaît la masse de l'électron (malgré son invisibilité) jusqu'à la huitième décimale, mais on ne sait toujours pas (malgré l'immense effort des philosophes des plus prestigieuses universités) s'il y a une vie après la mort !

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Sur l'origine des religions

15 Mars 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Religion

Sur l'origine des religions

L'importante question de l'origine des religions est géographique (où ?), historique (quand ?) et psychologique (comment ?). Je ne m'intéresse que médiocrement aux aspects géographiques et historiques de la question, qui concernent l'érudition, et n'ont pour le philosophe qu'une nature anecdotique. Mais par contre il me semble de la plus haute importance de réfléchir au mécanisme qui a fait apparaître, dans l'esprit humain, les éléments psychiques à l'origine des diverses religions. J'ai ainsi développé une théorie sur la naissance du fait religieux dans mon livre Curieuses histoires de la Pensée (Jourdan, Bruxelles). Il faut remonter au Paléolithique, car les préhistoriens nous montrent des témoignages de rites à caractère religieux (sépultures, statuettes interprétées comme représentant des divinités). Il faut probablement ne pas remonter au-delà de l'apparition du genre Homo, car l'on doit admettre que le développement des idées "religieuses" exigeait la possession du langage : les mythes sont des discours, exprimés dans un langage évolué. L'analyse des religions passées et actuelles montre que le fait primordial est la croyance au "sacré" (voir notamment les beaux travaux de Rudolf Otto). Avant même d'élaborer les idées complexes d'âme survivant à la mort, de démons, de dieux, de monde spirituel, les espèces humaines (H. neanderthalensis, H. sapiens et peut-être d'autres) ont dû concevoir une "différence" parmi les objets de leur environnement, les uns étant "sacrés" et les autres "profanes". C'est la distinction entre le remarquable et le banal, l'admirable et le quelconque, le dangereux et l'inoffensif, le fort et le faible, qui deviendra (après une longue élaboration d'idées de plus en plus complexes) le terrestre et le céleste, l'ordinaire et le divin, le physique et le métaphysique, le matériel et le spirituel. L'ethnographie nous fournit des milliers d'exemples de sacralisations, qui me semblent constituer le ressort psychique de l'invention des dieux. Est sacré ce qui est remarqué (les éclairs, un grand arbre, un animal dangereux, une pierre noire...), avec une typique ambivalence bénéfique-maléfique. Ainsi, avant même que ne se figent en dogmes et en liturgies les religions historiques, les hommes à l'aube de la prodigieuse aventure de la Pensée, en s'entourant de sacré, avaient réalisé un enchantement du monde (pour évoquer Marcel Gauchet : Le désenchantement du monde, 1985) et avaient jugulé leurs peurs par des élaborations fantasmatiques. Conscients que leur bien-être ne dépend pas d'eux-mêmes mais des rigueurs de leur environnement (rareté de la nourriture, maladies, prédateurs...), ils ont enchanté celui-ci en le peuplant d'abord de forces mystérieuses, puis d'entités taboues de plus en plus anthropomorphes : âmes des morts, lutins, fées, farfadets, démons, incubes et succubes, anges et archanges, dieux et déesses, ce qui conduira au dualisme d'un Platon (monde intelligible et monde sensible), d'un Descartes (corps et âme), d'un Kant (phénomène et noumène). Il est intéressant de noter que la croyance au sacré est toujours accompagnée de fanatisme : c'est l'idée même du sacré comme intouchable et absolu !

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Eliane Escoubas explique Martin Heidegger

14 Mars 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Les circonstances de la vie, à moins qu'il ne s'agisse des aléas de l'existence, m'ont donné l'occasion et le plaisir, avant-hier après midi, d'assister à la conférence que donnait Eliane Escoubas (Université de Paris XII), à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles, sur l'analytique existentiale de Heidegger. La conférencière a brillamment expliqué l'idée heideggerienne de Dasein. Elle a montré qu'en insistant sur l'unité de l'homme, l'auteur de Sein und Zeit (1927) récusait le dualisme du corps et de l'âme de la métaphysique classique, fondant le monisme de l'existence humaine, qui n'a pas d'intérieur, étant ouverture sur le monde. Il y aurait trois sortes d'étants, avec un statut ontologique de plus en plus complexe : la chose (qui n'a pas de monde), l'animal (qui est pauvre en monde) et l'homme. Celui-ci est mondain, il configure un monde, et même - par la technique - il crée des mondes (Weltbildung).

L'analytique existentiale de Heidegger est alors une nouvelle anthropologie qui développe l'étude de l'homme (en tant que Dasein) à la lumière du monisme qui rejette le dualisme (hérité de la pensée archaïque des religions primitives) des réalités "spirituelles" et des réalités "matérielles". La structure du Dasein est constituée d' existentiaux, qui ne sont ni des facultés (comme les facultés mentales de la psychologie classique) ni des comportements (comme étudiés par le béhaviorisme), mais des modes d'être : affection, compréhension, parole, souci...

En découvrant que la technique est le propre de l'homme (Le Signe de l'humain, L'Harmattan, Paris, 2005), j'entamais il y a plus de dix ans une tentative (désespérée) de construire une synthèse entre l'existentialisme de Heidegger et les résultats de l'éditologie. Celle-ci (comme Heidegger) insiste sur la nature langagière (communicante : "être-avec-les-autres") de l'homme, et le langage est une invention technique parmi d'autres, aussi déterminante soit-il. L'homme a inventé des outils en pierre taillée avant d'inventer des mythes. Mais comment passer de la phénoménologie du Dasein, d'une part, et de l'histoire critique des systèmes de pensée, d'autre part, à l'élucidation de l'être, c'est-à-dire de notre destin ? Comment passer de l'analyse de l'archè (qui est-là, naguère, et donc observable, au moins partiellement) à la détermination de l'eschaton, qui n'est pas encore et échappe à toute observation ? La temporalité de l'Être (to on è on) ne détermine-t-elle pas un existential qui mine toute recherche philosophique : être-pour-l'ignorance ?

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Les paroles de Georges Brassens

6 Mars 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poésie

Les paroles de Georges Brassens

Je viens d'achever, tout attendri et nostalgique et rêveur (les chansons de Brassens, c'étaient mes quinze et mes vingt ans...), je viens donc d'achever la lecture du livre, qui vient de paraître, de Michel Bilquin et Bruno Bilquin (père et fils), intitulé Brassens - Le dictionnaire piquant (éditions La Boîte à Pandore, Paris, 143 pages). C'est vrai que je l'aimais bien, Brassens, paroles et musiques, quand je découvrais, encore juvénile, quelques merveilles construites avec les mots de la langue française, et il y avait Voltaire et Sartre, bien entendu, Julien Green et Charles Baudelaire, évidemment, et puis des chansons, d'admirables chansons qui me reviennent parfois à la mémoire, comme Le Testament, ou Saturne, ou encore Auprès de mon arbre. Brassens, dit-on, refusait à lui-même la qualification de poète, et pourtant, quel poète il fut, développant dans ses chansonnettes (presque toutes des chefs-d'oeuvre) une poésie de tendre spleen, de douce émotion, de cocasserie, de clairvoyance sur les êtres et les choses, et de cette formidable habileté de tirer, en quelques mots bien choisis, toute la saveur exquise d'une langue et d'une culture partagées par les locuteurs du français ! Et comme la modestie de ce Georges, un des authentiques poètes du siècle vingtième, contraste avec la sotte prétention au titre de poète de quelques rustres du siècle suivant qui n'émeuvent personne.

Des mots ? Ce sont quelques mots typiques du vocabulaire fleuri de Brassens que Bilquin et Bilquin ont choisis pour former un dictionnaire avec commentaires éclairants et citations savoureuses. Parmi les mots retenus par les auteurs, il y a bien sûr "guitare", "mort", "temps", et j'ai trouvé aussi un mot de trois lettres, très expressif, et que Brassens utilisait toujours à bon escient, pour nous rappeler, par exemple, que "Le temps ne fait rien à l'affaire ; quand on est con, on est con". On voit par cela que Brassens, poète incontestable, se hissait presque au niveau de la philosophie, par cette profonde et percutante analyse anthropologique. Il avait, du reste, des idées audacieuses en théologie et en eschatologie :

Je serai triste comme un saule / quand le dieu qui partout me suit / me dira, la main sur l'épaule, / va-t-en voir là-haut si j'y suis !

Ah, le temps de Brassens et de sa guitare ! C'était encore le temps du "vivre ensemble" entre créants et mécréants :

Je vis en bonne entente / avec le père Duval, la calotte chantante, / lui, le catéchumène, et moi, l'énergumène ; / il me laisse dire merde, je lui laisse dire amen.

Ce dernier couplet est extrait de "Les trompettes de la renommée". Qui sonnent si souvent pour des gloires usurpées.

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Chez les ecrivains de Wallonie

5 Mars 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Littérature, #Wallonie

Chez les ecrivains de Wallonie

Je participais, hier soir, à la séance publique mensuelle de l'AREAW, l'Association royale des Ecrivains et des Artistes de Wallonie, qui se tient dans les locaux de l'Espace-Wallonie, rue Marché-aux-Herbes, à Bruxelles. Selon la formule rituelle, trois livres récents furent présentés, un roman, un recueil de poèmes et un essai. Le roman était Aller-retour, de Martine Rouhart (une romancière "qui monte" dans le paysage culturel francophone), présenté par Joseph Bodson, le président de l'AREAW. Une captivante histoire de chemin de fer, car on peut faire d'intéressantes rencontres dans un wagon ferroviaire... Le recueil était Autour d'un corps vivant, de Pierre Schroven, poète confirmé, qui fut notamment l'animateur de la revue défunte Remue-Méninges, et qui résiste victorieusement aux sirènes délétères du minimalisme pseudo-poétique (qui prône les profondeurs indicibles du silence, et qui ne mérite que le silence, en effet). Cela procura à l'assemblée le grand plaisir d'un entretien entre le poète et Gérard Adam (romancier et patron des éditions MEO). Autour d'une question essentielle : comment, avec l'aide des mots de la langue française, dire l'invisible qui est (peut-être ?) derrière les choses de la perception sensorielle ? Qu'y a-t-il autour du corps d'un homme ?

Quant à l'essai présenté à l'AREAW, je ne me plaindrai pas du choix. C'était un de mes derniers livres, Les plus grands Belges (éditions La Boîte à Pandore), à propos duquel j'échangeai quelques propos avec le président Bodson. Cet ouvrage étant une collection de notices sur de grands personnages présentées dans l'ordre chronologique des dates de naissance (c'est donc une "histoire" et pas un "dictionnaire"), il a fallu que j'explique pourquoi j'avais omis d'évoquer, chez les Belges, les grands politiciens, les grands criminels et les grands sportifs. Tout en évitant les amalgames entre sport, criminalité et action politique. C'est que je m'étais fixé d'évoquer les véritables "constructeurs" de la Belgique, de la Belgique matérielle (les ingénieurs, les industriels et les grands négociants) et de la Belgique idéale (ou imaginaire ?) des savants, des écrivains et des artistes.

Parmi les personnes présentes, j'eus le plaisir de revoir quelques amis, notamment (liste non exhaustive, comme ma liste des grands Belges) : Jacques Goyens, écrivain, Mireille Dabée, photographe et plasticienne, Anne Claire, peintre, Anne-Marie Weyers, peintre, Noëlle Lans, poète, Claire Anne Magnès, poète, Liza Leyla, poète, Frédérique Frahan, poète, Isabelle Fable, écrivain.

J'ai terminé la soirée en dégustant d'excellents boulets à la Liégeoise dans un restaurant des environs, car je ne vis pas que de bonne littérature, il me faut aussi des protéines. A la sauce wallonne, pourquoi pas ?

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Bruxelles : des livres et des gens

3 Mars 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Littérature

Depuis quelques années, je suis présent à la Foire du Livre de Bruxelles, sur le stand des éditions Jourdan. J'y étais encore lors de la dernière édition, qui s'est terminée le 2 mars 2015 à 18 heures. On pourrait rebaptiser cette importante manifestation culturelle en région bruxelloise (peut-être même, par le nombre de participants actifs et passifs, la plus importante), la "Foire aux Vanités", ou encore la "Foire de la Prétention littéraire". Mais un texte "sacré" ne nous a-t-il pas appris, et depuis longtemps, que "tout est vanité, rien que vanité" ?...

Or donc, il y avait beaucoup de monde, et j'ai rencontré beaucoup de gens, de genres bien différents. Il y a les imbéciles, "qui ont déjà un livre" (j'ai dit dans un récent billet combien je me méfie des lecteurs d'un seul livre). Il y a les idiots, qui vous regardent d'un regard bovin si vous avez l'idée de leur parler de science ou de philosophie. Il y a les décérébrés, qui avancent comme des robots dans la foule et qui vous disent qu'ils ne lisent jamais. Ne lisant pas, ils n'ont pas lu les affiches qui annoncent une foire des livres, et ils sont entrés parce qu'il y avait une foule à suivre. Il y a les monomaniaques doux, qui ne s'intéressent qu'à leur généalogie ou qu'à l'histoire de leur petit village. Ils sont attendrissants. Il y a les maniaques durs, qui ont tout lu sur le sujet restreint de leur manie. Ils peuvent être redoutables. Il y a ceux qui, si vous avez le malheur de les aborder, vous racontent sans omettre une détail leur conception (évidemment novatrice) de l'histoire de la Belgique, ou de la fin de l'Empire Ottoman, ou de la meilleure façon de faire des crêpes Suzette. Il y a ceux, assez rares mais très fatigants, qui ayant consulté Internet (sic) en savent plus sur n'importe quel sujet que l'auteur d'un livre qui a demandé à son auteur des années de recherches.

Mais j'ai aussi reçu la visite de quelques lecteurs de certains de mes livres, et qui ont bien voulu me faire part de leur satisfaction. Cela fait toujours plaisir. Mais j'ai parlé, ci-avant, de vanité ! Et puis, si j'ai vu des lecteurs ayant eu du plaisir à me lire, je dois me dire qu'il y en a sans doute bien davantage qui ont grincé des dents en découvrant certaines de mes thèses à l'opposé de la Pensée Unique gaucho-islamophile.

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Des dessins contre l'islamisme

1 Mars 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Religion

Plus personne n'en doute : la Civilisation est gravement menacée par les islamistes. De manière très significative, ils massacrent sans distinction et sans retenue, et détruisent avec hargne le patrimoine culturel. Une "grande question" se pose alors. Quand un groupe humain A attaque violemment un groupe humain B, qui va "gagner la guerre" ? Ceux qui tuent résolument et systématiquement leurs adversaires, à coups de grenades, de roquettes et de fusils-mitrailleurs, ou ceux qui dessinent des dessins plus ou moins amusants ? Pour répondre, il faut observer les conflits du passé, assez nombreux pour qu'on puisse tirer des conclusions éclairantes. Et une "petite question" vient s'ajouter à notre inquiétude. Dans de nombreux conflits du passé, il y eut des "collaborateurs", des membres du groupe A passés au service du groupe B, tout en proclamant leur loyauté. Il n'y a pas que de jeunes Français ou Belges ou Anglais convertis à l'islam et partis en Syrie, qui sont les complices de l'islamisme. Il y a notamment ceux qui, par attachement à diverses idéologies, entravent ou limitent, dans les pays civilisés, l'action défensive de la Police et de l'Armée.

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