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Jean C. Baudet

Des solutions contre la crise

30 Avril 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Economie, #Politique

Un Français, nommé Joseph, a fondé une entreprise il y a une douzaine d'années. Grâce à un travail acharné et à la valeur de ses produits, il a pu engager une quinzaine de collaborateurs, et il récolte, chaque année, d'importants bénéfices ? Que doit-il faire ?

POUR le sarkozisme : travailler plus pour gagner encore plus,

- la social-démocratie : céder une part de ses bénéfices à l'Etat,

- le socialisme : céder tous ses bénéfices à l'Etat,

- le communisme : céder ses bénéfices et son entreprise à l'Etat,

- le gauchisme : céder ses bénéfices et son entreprise à ses employés,

- l'ultra-gauche : céder ses bénéfices, son entreprise et ses pantalons aux plus démunis,

- l'écologisme : fermer son entreprise, car elle pollue,

- le hollandisme : engager beaucoup d'employés pour inverser la courbe du chômage,

- l'islamisme : se convertir à l'islam,

- le catholicisme : prier le Seigneur,

- le protestantisme : continuer à faire des bénéfices,

- les conseillers fiscaux : se délocaliser en Roumanie ou au Portugal,

- les conseillers en gestion : remplacer les ouvriers par des robots,

- le féminisme : remplacer le personnel masculin par des femmes,

- les homosexuels : remplacer le personnel hétérosexuel par des pédérastes et des lesbiennes,

- les nutritionnistes : manger 5 fruits et légumes par jour,

- les mondialistes : engager des Polonais, des Népalais et des Syriens,

- l'hédonisme : visiter des musées, des théâtres, des restaurants et des bordels,

- le libéralisme : espérer que ça dure,

- le néo-libéralisme : surveiller le coût de la main-d'oeuvre et les charges fiscales et sociales,

- les flamingants : apprendre le flamand,

- les wallingants : apprendre le wallon,

- les anglophobes : éviter les anglicismes.

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Les plus grands personnages

28 Avril 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Belgique, #Histoire

Mon livre Les plus grands Belges (La Boîte à Pandore, Paris, 2014) vient d'être réédité en format de poche, sous le titre Les plus grands personnages, dans la collection Les grands Belges, par la maison d'édition Jourdan (PixL).

Cet ouvrage rassemble les notices biographiques de près de 200 "grands Belges", c'est-à-dire de personnalités ayant participé à la construction de la Belgique, soit dans le domaine de la science-technique-industrie (Cockerill, Solvay, Gramme...), soit dans celui de la culture (Simenon, Hergé, Magritte...), à l'exception des rois et reines, des politiciens et des sportifs.

Il s'agit évidemment d'un choix subjectif et forcément très limité : il y eut plus que 200 Belges à apporter des contributions remarquables à l'architecture (Horta), à la peinture (Delvaux), à la bande dessinée (Jacobs), à la poésie (Kesteman), à l'astrophysique (Lemaître), à l'histoire politique (Pirenne), à l'histoire de la science (Sarton), à la philosophie (Flam), à la technologie (Travailleur)...

Et le lecteur pourra s'étonner, et s'amuser à chercher pourquoi ma notice sur le poète Maeterlinck est si courte, et pourquoi celle sur le peintre Frederic est si longue. Car on peut discuter mes choix. Mais si tous les grands Belges ne sont pas dans mon livre, tous les Belges qui y sont furent grands !

A propos, j'ai aussi publié, en 2014, Les agitateurs d'idées en France (La Boîte à Pandore), qui est également une collection de biographies. Il s'agit des philosophes comme Sartre, des penseurs comme Camus et des écrivains comme Voltaire. Je ne sais pas si tous les personnages français que j'ai rassemblés dans cet ouvrage méritent l'adjectif "grand"...

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Les origines des religions

23 Avril 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Religion

Les origines des religions

L'intensification constante, depuis quelques années (voir l'Actualité), de l'activité terroriste islamiste impose à la pensée libre, de plus en plus menacée dans le monde, de focaliser son attention sur le fait religieux. En particulier, il faut penser les rapports, hélas trop souvent observés dans l'Histoire, entre la religion et la violence. La question est certes d'une grande complexité, mais il faut tenter l'analyse en repérant l'essence spécifique du fait religieux, qui est lié au phénomène de croyance. Dès lors, sans nier la diversité géographique et historique des religions, qui submerge par d'innombrables faits plus ou moins caractéristiques l'effort de compréhension de l'homo religiosus, il convient d'essayer de répondre à la question : comment un homme arrive-t-il à accepter un "savoir" qui lui est proposé sans possibilités de vérification ? C'est donc d'épistémologie qu'il s'agit, de théorie de la connaissance, et la question s'éclairera sans doute si l'on examine comparativement la formation des divers "discours de vérité" : religions, philosophie, science, idéologies. Remarquons au passage le singulier qui unifie significativement "la" philosophie et "la" science.

Mais, d'abord, qu'est-ce qu'une religion ? C'est un ensemble de 3 éléments : 1° des obligations comportementales - une liturgie ; 2° une série de connaissances obligatoirement acceptées - un dogme ; 3° un collège de guides contrôlant les comportements et les connaissances des fidèles - un clergé.

De nombreuses religions sont nées dans l'histoire récente : le christianisme à Jérusalem il y a deux mille ans, l'islam à La Mecque au VIIème siècle, la scientologie aux USA en 1953, mais le fait religieux est beaucoup plus ancien, et toutes les religions historiques sont apparues dans des sociétés ayant déjà des rites (source de la liturgie) et acceptant comme véridiques certains mythes (dogme). Tous les historiens des religions s'accordent pour situer l'apparition de la pensée religieuse au Paléolithique.

J'ai développé une hypothèse sur l'origine des religions dans mon livre Curieuses histoires de la Pensée (Jourdan, Bruxelles, 601 pages).

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La Boite a Pandore

22 Avril 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Science, #Epistémologie

J'ai publié récemment 6 livres aux éditions La Boîte à Pandore :

- Les agitateurs d'idées en France, 343 pages,

- Les plus grands Belges, 223 p.,

- Les plus grands ingénieurs belges, 284 p.,

- Les plus grandes erreurs de la science, 237 p.,

- Les plus grandes femmes de la science, 312 p.,

- Les plus grandes controverses de l'histoire de la science, 279 p.

Ces ouvrages, destinés par leur fond aux historiens des systèmes de pensée et aux épistémologues, sont, par leur forme, à l'intention du "grand public". Je me suis en effet attaché, dans chacun de ces ouvrages, à écrire dans un français lisible, en évitant le jargon académico-pédantesque tout en m'attachant à ne pas dissimuler les difficultés historiques et épistémologiques des sujets traités. Je suis d'avis que la mission de la philosophie doit être, sans simplisme abêtissant ou vulgarisation bébête, de rendre aussi simples que possibles les questions compliquées, et non de compliquer les questions simples. Et je m'oppose fermement à toute une partie de la philosophie contemporaine, où l'on croit nécessaire de s'exprimer de façon absconse, pour dire parfois de simples banalités.

Je vais communiquer le présent billet à mes amis de Facebook. N'ayant ni chiens ni chats, je n'ai pas de photographies à leur soumettre. Je n'ai pas d'appareil photographique non plus (étant un homme de paroles et non d'images). L'image de moi qui accompagne et enjolive (?) mes billets a été prise dans les couloirs de la Bibliothèque Royale de Bruxelles par la poète flamande francophone Liza Leyla.

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Les controverses scientifiques

20 Avril 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Science, #Epistémologie

Mon livre Les plus grandes controverses de l'histoire de la science vient de paraître aux éditions La Boîte à Pandore (Paris, 279 pages). J'y étudie 22 débats de grande portée qui ont animé l'histoire de la science, comme par exemple la controverse entre Félix Pouchet et Louis Pasteur à propos de la génération spontanée des microorganismes, ou les vives discussions à propos de l'existence du vide, du phlogistique, de la dérive des continents, etc.

Le sujet n'est pas simplement anecdotique. Il s'agit d'analyser le mécanisme même de la construction des vérités scientifiques et de leur réception par la communauté des savants et aussi par le grand public.

Il est très éclairant de constater que ces controverses finissent par s'éteindre (mais, pour certaines, il a fallu des siècles...), et plus personne, aujourd'hui, ne soutient le géocentrisme, la digestion par trituration, l'inexistence du vide, la présence de canaux sur la planète Mars...

L'histoire de la science est la meilleure introduction à la recherche épistémologique. Elle montre, avec des exemples très nombreux, comment l'esprit humain peut atteindre des vérités, comment les traditions et les croyances s'opposent, parfois avec véhémence, à ces découvertes qui ébranlent les habitudes de pensée. Elle analyse aussi les sources psychiques et sociales des mouvements anti-science. Elle établit, surtout, la fragilité des croyances autres que les théories scientifiques, qu'il s'agisse de croyances religieuses ou d'idéologies politiques.

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Etre-pour-ignorer

18 Avril 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Après 50 ans de recherches en épistémologie et en histoire des systèmes de pensée, j'arrive à une conclusion (peut-être provisoire, je cherche encore...) qui m'amène à compléter l'analytique existentiale de Martin Heidegger. Ne faut-il pas, en philosophie, aller toujours plus loin ?

Les superstitions sont ridicules. Les religions sont illusoires. Les idéologies sont fallacieuses. La philosophie a d'immenses ambitions mais n'a pas les moyens d'atteindre ses objectifs. La littérature et singulièrement la poésie ont pour objet de divertir et non d'atteindre des vérités. Reste la science. Elle est la seule, de tous les développements intellectuels, à avoir produit quelques résultats certains et définitifs. Il serait débile, de la part d'un "penseur" du XXIème siècle, de nier la vérité de l'héliocentrisme (1543), de la circulation sanguine (1628), ou même du noyau atomique (1912), même si personne n'a "vu" un noyau ! Mais la science, malgré ses résultats spectaculaires, est impuissante pour répondre aux questions vraiment existentielles : que se passe-t-il après la mort, que puis-je espérer, que dois-je craindre ?

Au terme de mes enquêtes, j'en viens donc à proposer un nouvel existential, une nouvelle détermination intrinsèque du Dasein : l'être-pour-ignorer. Il ne suffisait donc pas que l'homme soit mortel, qu'il soit un loup pour l'homme, qu'il soit un roseau pensant (Pascal), qu'il soit un être dans l'être duquel il est question de son être (Sartre), il fallait encore qu'il soit ignorant de son propre destin.

Au fait, je me le demande, est-il plus important, pour l'honneur de l'esprit humain, de découvrir les existentiaux (Heidegger, 1927) ou de découvrir les neutrons (Chadwick, 1932) ?

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Quand l'enfant parait... (conte)

15 Avril 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Conte

Quand un humain naît, il est nu, totalement dépendant de son entourage pour son existence, et son quotient intellectuel est égal à 0. S'il est entouré de soins adéquats et suffisants, il va croître et son quotient intellectuel va monter, pour d'abord dépasser celui des grands singes, puis pour atteindre une valeur variable, inférieure ou supérieure à 100, en fonction de sa constitution et des aléas de son enfance puis de son adolescence. S'il lui arrive de dépasser notablement cette valeur, et s'il fait les rencontres opportunes, il va apprendre que, bien que nus et démunis, tous les humains ne naissent pas égaux, que pendant leur croissance les différences ont même une forte tendance à s'amplifier. S'il parvient à prendre conscience de la disparité entre les humains, il pourra même, s'il a développé suffisamment sa sensibilité et son intelligence, constater que les hommes et les femmes présentent d'importantes différences morphologiques et physiologiques, et il va observer que les humains vivent en troupeaux plus ou moins vastes, dirigés par des individus remarquables par leurs qualités physiques et intellectuelles. Il va apprendre les réalités de l'existence humaine, qui est qu'il faut boire et manger (dont 5 fruits et légumes tous les jours), que l'eau potable et la nourriture ne se trouvent pas partout, et qu'il faut produire, transporter et distribuer ces aliments, et que cela ne se fait pas sans peine, et nécessite des entreprises rentables. Il va découvrir que beaucoup d'humains attendent des aliments (et d'autres biens et services) sans rien faire, en comptant sur la distribution par les dirigeants de leur tribu, qui disposent de la "force publique" pour s'emparer de ce que produisent les membres de la tribu qui ont entrepris de produire des biens et des services. C'est ce qu'on appelle indifféremment "impôt" ou "justice sociale" ou "vol légal". Et s'il poursuit vraiment ses observations, l'humain qui fut un être vagissant sans pensée et qui est maintenant devenu un bel animal adulte (mâle et puissant ou femelle et gracieux) va découvrir encore bien d'autres choses : les cultures toutes différentes, certaines basées sur des illusions qui conduisent au fanatisme, les maladies souvent cruelles, la douleur physique et la souffrance morale, la décrépitude et l'humiliation de redevenir totalement dépendant de son entourage. Il aura "vécu", avec les bonheurs (peut-être) de manger de temps en temps un cassoulet, de boire (avec sagesse) une bouteille de bourgogne, de carresser son chat (ou sa chatte !), d'écouter parfois un concerto brandebourgeois, et de lire, selon les aléas de sa formation intellectuelle, les aventures du commissaire Maigret, celles des chevaliers de la Table ronde, ou celles de Roquentin.

Quand un humain naît, il est destiné à mourir plus tard, dans un mois, dans cent ans...

Quand un humain naît, il s'ajoute à 7,5 milliards d'humains, dont seulement quelques millions (je suis un optimiste impénitent, ils ne sont peut-être pas si nombreux) disposent des ressources intellectuelles suffisantes pour savoir l'ampleur de la disparité entre les êtres humains.

Quand un enfant naît, il accroît la douleur du monde, aussi inexorablement que l'entropie croît dans l'Univers.

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Neykov, Heidegger et le Bien

2 Avril 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Ethique

Encore un livre sur Heidegger ! La littérature relative au fondateur de l'analytique existentiale devient prodigieusement abondante, et il est impossible de lire tous les commentaires sur la doctrine du philosophe le plus éminent (au sens d'une grande visibilité) du XXème siècle. Ivan Neykov, docteur en philosophie de l'Institut Catholique de Paris, vient de publier Le sens du bien - Heidegger de Platon aux éditions L'Harmattan (Paris, 274 pages). Disons-le tout net, cet ouvrage remarquable fera les délices des techniciens de la phénoménologie, de l'existentialisme et de l'herméneutique façon Ricoeur ou Gadamer, passionnera les historiens de la philosophie, réjouira les amateurs de phraséologie labyrinthique et de terminologie d'origine grecque, latine ou allemande, mais rendra perplexes tous ceux qui, non initiés aux arcanes de la pensée de l'oubli de l'Être et du Dasein, voudraient savoir, une fois pour toutes, ce que Martin Heidegger a vraiment trouvé de si important, tout au long de son "chemin de pensée, de 1919 à 1973" (p. 9), au cours d'un siècle où, en même temps que l'existentialisme heideggerien, naissaient - entre autres innovations intellectuelles - la Relativité, la Mécanique quantique, la Biologie moléculaire et la Technologie de l'information et de la communication.

Le propos du docteur Neykov est très simple, et est développé selon les meilleures traditions universitaires germano-françaises d'érudition profonde, de subtilité allant parfois jusqu'à l'obscur (mais on ne dévoile pas l'Être avec des phrases trop simples), et d'élégance intellectuelle. Il s'agit de montrer que la doctrine de Heidegger, qui commence par prendre en compte la condition humaine faite de souffrance et ayant la mort pour horizon (le Dasein est un être-pour-la-mort, et j'ajoute qu'il est d'abord un être-pour-la-douleur), qui (re)découvre l'impossibilité de connaître l'Être dans sa totalité (rappelons que le scepticisme remonte à Pyrrhon d'Elis), débouche sur le constat de l'impossibilité de construire une éthique. Ce que le vulgaire, non habitué aux formules heideggériennes, résume par la formule brutale (et scandaleuse aux yeux des croyants de toutes sortes, y compris les "humanistes athées") : "si Dieu est mort, tout est permis". Il s'agit donc pour Heidegger de trouver dans l'Être (et donc dans les existentiaux du Dasein) des déterminants ontologiques d'une éthique à construire (on sait que ce sera aussi le programme de Sartre). Et donc il s'agit, pour Neykov, d'analyser finement et doctement (avec 261 notes infrapaginales) le "chemin de pensée" de Heidegger par rapport à un des fondements de la philosophie : le Bien qui, chez Platon, est l'Idée suprême et souveraine du monde des Idées. Neykov nous rappelle que Heidegger a consacré deux cours à Platon, à Marbourg en 1924-25 et à Fribourg en 1931-32 (à l'époque où le grand philosophe en quête de moralité s'affiliait au parti nazi).

L'étude de Neykov nous montre donc Heidegger commentateur de Platon, mais aussi d'Aristote et de Kant (le très critiquable "impératif catégorique"). L'auteur montre ce qu'il appelle la "violence herméneutique" de Heidegger, qui projette sa propre pensée dans les oeuvres qu'il interprète.

La conclusion de Neykov est très intéressante : toute morale, prétend Neykov (voir notamment p. 15), aboutit à la question de l'universalité, de la "valeur" du bien, et voit la personne humaine comme une fin-en-soi (comme le prétendait Kant, dans une théorisation de la pensée religieuse faisant de l'homme une valeur en tant que créature divine). C'est évidemment une pétition de principe : on découvre ce que l'on veut découvrir, la transcendance de la personne (Mounier, Levinas, Rawls, Habermas et tant d'autres). Et pour finir, Ivan Neykov invite la communauté philosophique internationale à compléter l'analytique existentiale par la considération d'un nouvel existential, à ajouter au "souci" et à l' "être-dans-le-monde" : l' "amour". La plus grande construction intellectuelle du XXème siècle aurait donc pour conclusion une rêverie de midinette.

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