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Jean C. Baudet

Céline en fuite

26 Mars 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Didier Marinesque vient de publier, chez Jourdan (Bruxelles-Paris), un excellent et captivant récit de la fin de la vie du romancier et essayiste Louis-Ferdinand Céline : "Céline en fuite" (2013, 248 pages). L'ouvrage est fort bien documenté, et écrit d'une bonne plume. C'est, comme on dit, de l'histoire écrite comme un roman, et en effet le romanesque ne manque pas. La fuite rocambolesque, les menaces de mort, les désolations de la plus grande guerre de l'Histoire (jusqu'à présent), et une femme danseuse, et des chats... Du sordide et de l'émouvant : de quoi faire réfléchir, y compris sur les surévaluations de la Littérature (avec L majuscule) par une certaine élite (?)... Quelques jours après le débarquement anglo-américain en Normandie, en juin 1944, Céline s'enfuit en Allemagne, sachant bien que les "bons Français" ne tarderont pas à l'étriper (c'est le langage célinien) pour avoir osé publier ses idées. Idées souvent exécrables, j'en conviens, mais Céline n'a jamais tué personne, il faut aussi en convenir. Céline finit par arriver à Sigmaringen, en octobre 1944, où les Allemands ont installé les hauts dignitaires du gouvernement de Vichy. Mais il s'y trouve aussi des "collaborateurs" de moindre importance, qui y survivent dans la misère, la gale et les poux. Céline, qui est médecin de profession, va les soigner pendant quelques mois, dans des conditions de plus en plus pénibles. L'avancée des troupes américaines l'oblige à fuir encore, et il arrive, avec ses chats et sa femme, à Copenhague, en mars 1945. Il restera au Danemark jusqu'à son amnistie en 1951. Il revient en France où il vivra ses dix dernières années, jusqu'au bout de sa nuit, contribuant d'ailleurs à la bonne fortune de son éditeur Gallimard.

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