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Jean C. Baudet

Chomage : la solution, c'est maintenant (nouvelle)

15 Avril 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Nouvelle

André Dupont-Elkacem était content, passant les doigts écartés de sa main droite dans ses cheveux drus taillés en brosse, peut-être à cause du beau soleil, mais surtout parce qu'il commençait à mettre en oeuvre son imagination créatrice. La France ne devait-elle pas placer l'imagination au pouvoir ? Car Dupont-Elkacem avait compris, à force de suivre les débats à la télévision où intervenaient les Français et les Françaises les plus intelligents, que tous les maux de la France provenaient du manque d'emplois. Il n'y avait donc qu'une solution : en créer ! François Hollande, le plus subtil des cerveaux français (cerveau qu'il protégeait judicieusement dans un casque de motocycliste), n'avait-il pas indiqué qu'il fallait inverser la courbe du chômage ? Et Christophe Barbier, Dominique Reynié, Manuel Valls et Jean-Luc Mélenchon (tous aussi intelligents que Hollande) n'affirmaient-ils pas, au terme de leurs analyses macroéconomiques et hyperpointues (sociales et même sociétales), que les entreprises devaient créer des emplois ? André Dupont-Elkacem l'avait bien compris, et il avait beaucoup pensé, en suivant les pistes proposées par Patrick Sébastien, Laurent Ruquier, Michel Drucker et Anne Roumanoff. Il venait de créer une entreprise.

Lui, Français issu de l'immigration, autodidacte, homosexuel, musulman et végétarien, élevé dans un milieu modeste dans une banlieue parisienne, il avait fondé une SA qui allait vendre ses produits aux Allemands et aux Malgaches, et qui allait engager - dans un premier temps - mille collaborateurs (500 hommes, 490 femmes et 10 bisexuels). Bien entendu, la SA de Dupont-Elkacem sera non polluante, fabriquera des produits éthiques, respectera toutes les croyances, son développement sera durable et multiculturel, et elle ne rémunérera pas les odieux capitalistes et les sales banquiers qui lui prêteront de l'argent, argent nécessaire pour acheter des machines-outils (en Allemagne), des matières premières (au Pakistan et en Afghanistan) et du pétrole (en Iran). L'achat de pétrole ne devrait d'ailleurs concerner que les premiers mois, car grâce à l'innovation technologique Dupont-Elkacem disposera rapidement d'énergies renouvelables pour remplacer ce produit fossile.

Le nouveau chef d'entreprise avait installé sa SA dans une ville sinistrée par le chômage, et le maire UMP récemment élu l'avait accueilli avec fanfare, tambourins et flûtiaux (c'est en Bretagne).

Le nouveau patron était surtout content, et même assez fier, d'une des idées managériales les plus novatrices de son projet. C'était pourtant simple comme bonjour ! Puisque passer de 40 heures de travail par semaine à 35 avait été "bon pour l'emploi", il fallait être logique : passer à 25 serait encore meilleur. André Dupont-Elkacem avait donc, dans sa "boîte", conçu un "choc de simplification et d'intelligence", instaurant la semaine des 25 heures (payées 40). Bien entendu, la majorité des employés et des ouvriers engagés étaient non qualifiés, puisque le nouveau PDG avait entendu dire que de nombreux chômeurs avaient une formation professionnelle insuffisamment orientée vers les besoins des entreprises. Et André Dupont-Elkacem, avec d'ardents rayons solaires illuminant le vaste bureau qu'il occupait au siège de sa SA, pensait au lendemain (gérer, c'est prévoir). Il avait créé un groupe de travail ad hoc pour répondre avec rigueur et précision à une question : qu'est-ce que la nouvelle entreprise allait fabriquer ?

PS.- Ceci est une nouvelle, oeuvre littéraire de pure fiction. Toute ressemblance avec des personnes vivantes ou décédées serait le fruit de l'incompréhensible hasard. Seul André Dupont-Elkacem existe : je l'ai rencontré !

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ludo Moury 15/04/2014 14:40

Moi,je pense qu'il y a du boulot.Mais les charges patronales sont tellement lourdes que les patrons ne veulent pas engager.Charges lourdes car il faut bien,entre autres, payer des formations qui ne
servent à rien (car d'une exigence bien inférieure à la réalité des entreprises) si ce n'est à rassembler et à occuper les chômeurs un certain temps.C'est un comble!Ceci dit,je n'ai rien contre les
chômeurs,j'en suis moi même un,ce ne sont que des victimes (pas tous) d'un système qui fait (sans le vouloir ?) tout pour que les gens s'ennuient et dépriment plutôt qu'ils travaillent et vivent.Il
faut trois minutes pour embaucher qqun mais après, quelle galère une fois que vous l'avez désembaucher (syndicat sur le dos ,etc..) m'a dit récemment un patron.Il a raison.En résumé ,3 personnes
sur 4 sont pressées comme des citrons,la quatrième chôme et déprime après un certains temps.Alors qu'en allégeant les charges fiscales au maximum,il pourrait y avoir du boulot pour presque tout le
monde.Et du boulot moins stressant vu que tout le monde participerait.Du coup moins de Burn Out et autres maladies dûes à une surcharge de travail.Et hop ,on réaugmentent les charges,il faut bien
payer la sécu et ceux qui s'y trouvent (employés et malades).Qui cassera le cercle vicieux infernal ?