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Jean C. Baudet

Faut-il vulgariser la philosophie ?

8 Septembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Vulgarisation

C'est intéressant de remarquer qu'essayer de clarifier une idée revient automatiquement à la vulgariser, parce qu'on la simplifie, et je suis parfois, comme le médecin de Molière, vulgarisateur malgré moi. Tâche cependant difficile, et même sans doute mission impossible. C'est un peu comme le peintre qui fournit une photo noir et blanc de son tableau : on perd les couleurs !

Soit trois questions intéressantes. Si elles ne vous intéressent pas, allez manger un morceau de chocolat, cela procure d'agréables sensations.

Question 1 : les étoiles existent-elles ? Q 2 : y a-t-il une vie après la mort ? Q 3 : faut-il respecter certains commandements (tu ne tueras point, etc...) ? Avant les Grecs, ces trois questions relevaient de la religion. Lire un livre sur les religions antiques et la naissance de la philosophie (par exemple : Curieuses histoires de la pensée, Jourdan, Bruxelles, 2011). Au temps des Grecs, il apparaît la prétention, chez quelques individus extrêmement rares, de répondre autrement que les prêtres et les poètes, c'est l'avènement de la philosophie (toujours menacée par la Police sociale de la Pensée). En 1543, il se passe un fait étrange aux conséquences extraordinaires : les philosophes vont se désintéresser des étoiles, et en confier l'étude à la science (voir quelques-uns de mes livres pour essayer de comprendre la différence entre science et philosophie). Mais ils conservent, comme restant de leur ressort, les questions 2 (eschatologie) et 3 (éthique). 460 ans plus tard, les scientifiques (astronomes et physiciens) ont répondu à la question des étoiles avec un luxe de détails inouï et une capacité de prédiction époustouflante. Mais on s'en fout (je vulgarise...), car que nous importe le diamètre des galaxies et la composition des étoiles à neutrons ?

Par contre, les philosophes importants (quelques dizaines, tout au plus, voir mon livre La vie des grands philosophes, Jourdan, 2013) ont répondu dans tous les sens, ou n'ont pas répondu du tout aux questions 2 et 3. J'ai, dans ma jeunesse naïve, ignorante et enthousiaste (avez-vous remarqué comme l'enthousiasme se conjugue si bien avec l'ignorance ?), essayé de répondre à ces questions, mais je n'ai pas trouvé la clé pour ouvrir la porte de bronze de ces savoirs. Je n'ai plus du tout d'enthousiasme, et plus beaucoup de naïveté. Toutes mes réflexions et mes travaux convergent vers des positions qui s'éloignent de la Bien-Pensance Commune. Ce n'est pas par perversité. Un astronome est-il pervers quand il vous livre le résultat de ses calculs ?

Q 4 : il y a une quatrième question. Y a-t-il une corrélation entre les positions ontologiques d'un individu et les teneurs sanguines en hormones sexuelles ? Un peu de folliculine en plus nous conduit au matérialisme ou au spiritualisme, ou est-ce sans effet sur les prises de position métaphysique ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles) www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Pâques 09/09/2013 11:33

J'ai lu en dégustant un morceau de chocolat !
Nourrir le corps et l'esprit :-)