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Jean C. Baudet

Fin de vie

19 Juillet 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

J'étouffe dans la chaleur d'un été trop chaud, je suis effrayé par les monstrueux progrès du terrorisme islamique (la "bête immonde" a montré son visage), et je suis affligé - c'est peut-être le plus insupportable - par la naïveté qui confine à la sottise des opinions publiques des pays civilisés. Je crève dans le crépuscule des espoirs, et mon amertume me sert de breuvage. Je fais encore des phrases, je déroule encore des idées, j'ai même encore quelques projets, au sein d'une Humanité pourrie par ses fantasmes de solidarité sélective. Je resserre mes bandages dans l'ignominie des sanies, et je respire avec peine dans une atmosphère d'illusions et de bêtises. Ah, comme j'ai cru en l'Homme ! Mais les hommes ne sortent plus de leur bestialité couronnée de croyances, ils ignorent l'arithmétique, se moquent des mots justes, et font des guerres saintes.

Je déteste les poètes minimalistes qui se gavent de silence et de la prétention des mots rares, je déteste les croyants de toutes les fois, je déteste les airs compassés des culturels adulateurs de balivernes, je déteste les spécialistes, je déteste les végétariens prosélytes, les contempteurs de la recherche vraie, les admirateurs du minable, les prêcheurs de vertus, les sectaires du naturel et de l'égalitaire, les pourchasseurs de marchands du Temple, et je trouve un reste d'énergie dans mes détestations.

Je déteste au dessus de tout les vérités relatives (à chacun sa vérité, dit le sot), les conférenciers du vide, les escrimeurs de l'Amour, de l'Espérance et des inquisitions.

Je pense. Donc je hais.

Pour info :          

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Jacques Goyens 19/07/2014 20:55

Sans préjudice du contenu - un vomitoire de la société contemporaine - je suis époustouflé par l'exubérance rabelaisienne de l'expression.

Bien cordialement,
Jacques G.