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Jean C. Baudet

Hommage à Gérard Labrunie

26 Juillet 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poésie

Le philosophe, entraîné à la réflexion critique par sa formation et son expérience professionnelle, doit-il proclamer publiquement - dans ses ouvrages, par exemple - les résultats auxquels il arrive, qui peuvent être si contraires aux idées communes ? Peut-il même le faire, car comment un public aux pensées spontanées - ou, pire, forgées et renforcées par une tradition - pourrait-il comprendre les résultats d'une pensée libre et sans entraves idéologiques ? Ne doit-il pas être, comme le Poète (mais pour de meilleures raisons), ténébreux - sa seule étoile n'est-elle pas morte et ne lui faut-il pas, manquant désormais de sa lumière, enfoncer ses doutes dans des enrobages presque ésotériques, réservés en tout cas aux happy few ? Je préfère l'obscur ! N'est-ce pas le sens de mes cinquante années de travaux à l'écoute de mon luth constellé ? N'est-ce pas la raison de mon être - être-pour-la-douleur, être-pour-la-souffrance, pour les maux d'estomac, les ulcères, les vertiges, les spasmes et la gêne respiratoire et l'angoisse ? Ah, l'angoisse ! Vieille amie ! Vieille salope ! Je te découvre avec Kierkegaard et les leçons du père Colette (un dominicain), j'avais à peine vingt ans. Tu ne m'as plus quitté, avec ton comparse le désespoir. J'ai étudié les clairs et les obscurs des systèmes de pensée, et j'ai développé mes outrances - qui sont profondes et proches du vrai, puisque ça fait mal. Mais je dois le dire à mots couverts. L'incompréhension, que je risque sereinement, n'est rien à côté de mon désespoir et de mon angoisse, qui ne sont rien près de mes douleurs. Je suis le ténébreux.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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