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Jean C. Baudet

Itineraire philosophique : 1962

29 Avril 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Biographie

C'est en 1962, en février, que je commence à tenir un journal intime. En 2010, ce Journal deviendra mon blog, avec la différence (mais quelle importance ?) que mon Journal est confidentiel et que mon blog est accessible au monde entier... L'écriture et la publication devenues simultanées. C'est donc en février 1962 que j'achète un cahier d'écolier et que je commence à y raconter la vie d'un homme, la mienne. Voici la première phrase : "Un jardin, l'hiver, des arbres dépouillés, le vent que j'aime, la solitude / dehors il pleut..." Cinquante ans plus tard, je peux encore noter : "dehors il pleut".

En ce mois d'hiver, je compose un poème, le premier que j'ai conservé, qui commence ainsi :

Je voudrais aller vivre en ces jardins d'Ailleurs

en ces jardins de Feu ces jardins de Couleur

au rythme revenu des chansons lentes...

 

J'avais appris, en lisant Jacques Prévert, que la ponctuation est inutile !

En feuilletant ces premières pages de ce qui va devenir un exercice d'introspection et de recherche phénoménologique (ma conscience face au phénoménal), je trouve, par exemple, que le 9 avril 1964 je note que j'étais allé voir, la veille, avec mon amie Carla, le film "Le Silence" d'Ingmar Bergman. Quelques pages avant, je trouve aussi, à la date du 25 juin 1963, que je venais d'achever la lecture de l'essai de Camus Le mythe de Sisyphe. J'avais noté une phrase-clé : "Les hommes ont pris l'habitude de vivre avant d'avoir pris celle de penser". Le 24 décembre 1964, je note encore "Il semble bien qu'une seule chose ait finalement de l'importance : c'est de savoir si notre "âme" est immortelle, et ensuite de connaître son sort. C'est en somme la remarque de Camus : il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide". Cinquante ans plus tard, presque jour pour jour, le fondement de ma pensée est toujours le même, et consiste en théorie à déterminer ce qu'est l'importance, et en pratique à déterminer ce qui est important pour moi, dans l'angoisse des souffrances à venir. Après des années de lecture, de réflexion (inductive ou déductive), après des centaines de textes publiés (dont quelques poèmes et quelques gros livres), j'approfondis chaque jour cette intuition de mes vingt ans : ce qui importe, c'est ma douleur.

Pour info :  

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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