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Jean C. Baudet

L'horizon des souffrances

18 Février 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

La question de l'éditologie, dont l'ambition première était de dévoiler l'Être par l'approche épistémologique qui creuse profondément dans les strates du savoir humain, finit par se transfigurer en une angoisse du devenir (de l'action future de l'Être sur le Moi), quand les réalités, d'abord simplement connues par l'érudition tranquille deviennent tragiquement vécues, et que le cogito (ou l'edito) se transforme en "je vais souffrir". Tout un pan de la culture (espoir et illusion) a déjà été jeté aux orties par l'Editologue (mythes, superstitions rebaptisées religions, mièvreries poétiques, idéologies) dans la reconnaissance apodictique de l'implacable mouvement annihilateur d'illusions de la STI (science-technique-industrie) et dans la dénonciation des impostures, des supercheries et des usurpations de cette "culture". Il nous faut maintenant abattre les murs restants des prétentieuses constructions humanistes dans la noire jubilation des phases terminales des déchéances. Chaque cancer (ou chaque crise d'hypertension artérielle, ou chaque massacre, etc.) montre la vérité livide, et la STI révèle, dans sa grandiose imperturbabilité, la vanité des espérances, fussent-elles cadencées de jolies métaphores et écrites en voyelles de couleur.

Le non-être n'est même plus une consolation, car il n'y a pas de non-devenir. L'être et l'esprit (Hegel), l'être et le temps (Heidegger), l'être et le néant (Sartre), l'être et l'avoir (Marcel), l'être et le connaître (Popper) ne sont plus que borborygmes de pensée, jeux d'enfants et récréations, cacographies orgueilleuses et vaines, à peine plus pertinents qu'un slogan fanatique ou qu'une chanson. Le Dasein, c'est encore pire que l'être-pour-la-mort, car c'est le surgissement de la Douleur.

La Civilisation, qui aurait pu être brillante et chère au coeur des hommes véritables, sombre hideusement (comme, individuellement, chacune des bêtes humaines) dans la dégénérescence de ses divertissements grossiers, lançant comme de stériles feux d'artifice les fulgurantes mais inutiles beautés de la musique de Lili Boulanger, des poèmes de Charles Baudelaire, des analyses vertigineuses d'Albert Einstein et du tableau sublime et suprême de Dimitri Mendéléev. 

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