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Jean C. Baudet

La dette de la Grèce (et des autres)

24 Juillet 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Dette publique

Or donc, les argentés de ce monde ont prêté de fortes sommes aux désargentés de la Grèce. Voilà qui réjouit les défenseurs de la Démocratie et de la Civilisation - c'est-à-dire de la Philosophie -, car le chaos au pays d'Aristote et d'Archimède serait plus grave, pour l'avenir des hommes, que la disparition de la baleine bleue ou du thon rouge. Et d'écouter les commentateurs, économistes, géopolitologues et journalistes... Leurs discours sont très intéressants, et semblent fondés sur d'énormes savoirs. Mais justement. Que savons-nous ? Dans l'état actuel des choses, nous savons que la Grèce ne dispose d'aucune autre ressource notable que la beauté de ses payasages et le prestige de ses ruines. Alors ? Est-ce avec le tourisme comme seule activité productrice de richesses qu'elle va rembourser ses énormes dettes ? Que pourrait-elle vendre d'autre, à ses voisins, que le bleu de la mer et le bleu du ciel ? Par quel "miracle grec" l'Etat hellène pourrait-il satisfaire ses créanciers en 2021, s'il ne peut pas le faire en 2011 ? Quelle que soit l'activité économique que les Grecs envisagent de développer pour sortir de leur sur-endettement, ou bien le secteur est déjà bien occupé et la concurrence empêche de rêver à de sérieuses progressions, ou bien il s'agit de secteurs à forte densité technologique, et je vois mal les Grecs concurrencer les Sud-Coréens ou d'autres, car je ne sache pas que les écoles grecques d'ingénieurs soient parmi les meilleures du monde ! Tout me fait penser que dans dix ans, malgré tous les beaux discours, la Grèce sera encore et toujours chargée de dettes fabuleuses, avec une population saoulée de soleil, peu active, avec le soutien de plus en plus faiblissant d'une Europe encore un peu plus vieille, encore un peu plus désindustrialisée, encore un peu plus pauvre, et pourtant la Grèce est, par sa position géographique, le rempart (hélas sans ressources) contre la barbarie venue des sables. Comme au temps des guerres médiques. Qui a dit que l'Histoire ne se répète pas ?

Certes, je peux me tromper. Nous verrons dans dix ans. Et comme je souhaite avoir tort !

Thucydide a écrit quelque part (dans sa Guerre du Péloponnèse, je suppose) qu'il ne suffit pas d'avoir d'épais remparts, mais qu'il faut surtout avoir la volonté de les défendre. J'ajoute, et tout le monde devrait le savoir : et il faut de l'argent pour acheter des armes.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Thomas Galley 25/07/2011 10:00


Bonjour ! Je viens de lire votre article qui, sur bien des points, me semble bien raisonné. Il y a pourtant un point qui demande d'être élucidé. Vous parlez de la Grèce comme "rempart contre la
barbarie venue des sables". J'ai bien une petite idée de ce qui peut se cacher derrière une telle allusion, mais comme nous sommes ici en terre de philosophe, je me permets de vous demander d'être
plus clair.

Amicalement,

Thomas GALLEY