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Jean C. Baudet

Le poète Michel Ducobu à Konioss

15 Septembre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Konioss CouvertureL’écrivain et poète belge Michel Ducobu, l’auteur entre autres du roman Un Belge au bout de la plage (2003) ou du beau recueil de poèmes Sable seul (2011), vient de me communiquer une note de lecture de mon roman Les Mystères de Konioss. Je le remercie de cette analyse attentive que l’on trouvera ci-après, in extenso et ne varietur.

Jean C. Baudet,  Les Mystères de Konioss,  chez l’auteur, Bruxelles, 2012.

Un court roman poétique d’une quarantaine de pages qui commence et s’achève sur une musique de Count Basie.  Entre ces deux moments rythmés et suaves se déroule une étrange expédition : un petit groupe d’explorateurs cherche à atteindre Konioss… Un lieu, un être ? Un lieu d’épouvante ou d’espoir ? Un être suprême qui leur révèlera la certitude ? Plus que le terme, c’est le périple, l’aventure  tout autant physique qu’intellectuelle qui passionne l’auteur. On le reconnaît dès les premières lignes du texte, même s’il se sert cette fois de la poésie pour libérer ses démons, ses élans, sa soif de découvertes. Tout en progressant vers ce but énigmatique, par des sentiers abrupts et des paysages ingrats, hérissés d’aspérités et tapissés d’une flore hostile, l’auteur multiplie les questions fondamentales et se pare, pour se donner du courage, de mots rares, savants et puissants. Où est le fondement, le vrai commencement ? Y a-t-il une réalité derrière la réalité ? Qui dira le sens, la raison, la valeur de toutes nos angoisses ? Devons-nous souffrir pour être, avant même de penser ? Konioss, est-ce la lumière ultime, le temple du savoir (« konioss » rappelle l’étymologie latine : cognoscere…), l’ouverture tant espérée ou le néant fatal ? L’art, en comparaison, n’est-il que mensonge, supercherie, bouclier de pacotille ? Que nous reste-t-il pour vivre ? La formidable manne de connaissances que nous avons accumulées sous une pyramide de mots grecs et modernes ? Le génie de l’écriture pour en rédiger des myriades de livres ?  La poésie même, quoi qu’on dise des courtisans de la Muse, pour célébrer la marche, la fougue, le chant du monde, l’émerveillement ou le dérèglement des sens ?

Sous des vers splendides et une narration palpitante, le poète montre  au penseur désabusé que le sentiment, s’il n’est pas vague et imprécis, peut encore soulever des montagnes et illuminer le fond des cavernes…

Un voyage au centre de l’Être qui vaut le détour.

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Jacques Goyens 17/09/2012 10:29

Je n'ai pas encore lu "Les mystères de Konioss". Le commentaire de Michel Ducobu me détermine encore davantage à réparer au plus tôt cet oubli. Il me confirme par ailleurs dans ma connaissance et
de l'auteur, et du commentateur, que j'apprécie tous deux.
Bien cordialement,
Jacques G.