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Jean C. Baudet

Le tournant dans l'histoire de la pensee

13 Août 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Science

L'étude approfondie et critique de l'histoire des systèmes de pensée (mythes, religions, mathématiques, physique...) m'a conduit à situer le "tournant" (die Kehre) de l'évolution de la pensée dans une courte période (de 1543 à 1687) et sur un territoire bien limité : Pologne, Italie, France, Angleterre. Il y a quatre actes, qui sont les découvertes de Copernic (1543), de Galilée (1610), de Descartes (1637) et de Newton (1687). Copernic commence par découvrir que pour connaître la marche des planètes, il faut observer le ciel nocturne et pas lire les livres de Ptolémée. Il comprend en outre que l'observation doit récolter des nombres (il faut faire des mesures de la position des planètes) et qu'il faut raisonner sur ceux-ci, ce qui l'amène à l'héliocentrisme, point de départ de la science, qui se détache de la philosophie. C'est ce que l'on appellera la "révolution copernicienne", que d'aucuns qualifient de changement de "paradigme", ce qui n'est qu'un mot plus prétentieux qu'utile. Galilée ensuite, en étudiant par l'observation et le raisonnement la chute des corps, achève de montrer que la mathématique prolonge efficacement la réflexion. Puis Descartes, en inventant la géométrie analytique, met au point l'application des équations (avec leur représentation graphique) aux recherches scientifiques. Ce qui permettra à Newton d'accomplir, en 1687, la synthèse entre la mécanique céleste de Copernic et la mécanique terrestre de Galilée. De 1687 à nos jours, l'astronomie, la physique, la chimie, la biologie et la technologie n'ont cessé de progresser, uniquement à partir de quatre principes de recherche : observation, instrumentation (qui améliore l'observation), raisonnement, mathématisation (qui améliore le raisonnement). La science, fondée entre 1543 et 1687, explique, et fort bien, les atomes et les étoiles, la diversité de la matière (chimie) et l'évolution des êtres vivants (biologie), le fonctionnement des outils, des machines et des systèmes de production (technologie).

La science, en 2014, n'est pas encore suffisamment avancée pour expliquer l'homme, l'objet le plus complexe dans l'Univers, même si les premiers résultats des neurosciences s'avèrent prometteurs. Une grande partie de la production des "sciences humaines" relève davantage de la littérature que de la science. Ces soi-disant sciences sont, dans certains de leurs "résultats", plus le fruit du sentiment et de l'imagination que de l'observation et du raisonnement.

Enfin, il reste des questions pendantes comme le nombre de personnes en Dieu, le sexe des anges, ou la vie après la mort, ou s'il faut préférer la bourgeoisie ou le prolétariat. Ces questions n'étant pas des "observables" échappent aux possibilités de la science, et relèvent de la philosophie, c'est-à-dire de l'intelligence des philosophes.

Références à ma bibliographie:

- Penser la matière, Vuibert, Paris,

- Mathématique et vérité, L'Harmattan, Paris,

- Penser le monde, Vuibert.

Pour info :                    

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Daniel Pisters 28/08/2014 14:59

Leibniz (langage binaire, redécouverte en fait, mais infinitésimaux concurremment et indépendamment de Newton, monades corrélées aux infinitésimaux) Leibniz et Bach (l'Art de la Fugue) né près de
la borne de votre intervalle.