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Jean C. Baudet

Les Belges et la poésie

31 Décembre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Belgique, #Poésie

Pensee belgeJ'ai publié trois livres sur les Belges, m'intéressant bien sûr à l'intellectualité en Belgique, aux contributions des Belges à l'intelligence, et non aux charmes des rivages scaldiens ou mosans, à la grisaille des nuages, ou à je ne sais quels souvenirs d'enfance. C'est ainsi que j'ai donné au public "Les ingénieurs belges" (APPS, Bruxelles, 1986, épuisé), "Histoire des sciences et de l'industrie en Belgique" (Jourdan, Bruxelles, 2007) et "A quoi pensent les Belges" (Jourdan, 2010). Alors que je m'intéressais à ceux qui ont fait la Belgique (les ingénieurs, les industriels et les banquiers), je veux dire qui l'on faite substantiellement, et à ceux qui ont pensé (les philosophes, les historiens et certains écrivains), j'avais également le projet d'écrire une "histoire de la poésie en Belgique". Je me suis documenté, j'ai beaucoup lu (on lit plus vite un recueil de poèmes belges qu'un livre de physique), j'ai dépouillé de nombreuses revues littéraires belges (souvent éphémères), et j'ai rédigé 6.084 fiches, concernant au total 1.106 poètes belges (morts ou vivants), s'exprimant en français ou en flamand (j'ai peu approfondi l'étude de la poésie belgo-flamande, qui me touche peu, allez savoir pourquoi).

Mais voilà ! Soit que j'ai commencé à ressentir le poids des ans et que ma combativité écrivante s'est ramollie, soit que j'ai trouvé qu'au fond la poésie des Flamands (Verhaeren), des Bruxellois (Quinot) et des Wallons (Carême) est fort peu intéressante, souvent mièvre voire carrément gnan-gnan, soit que j'ai calculé que les ventes d'un livre sur les poètes belges resteraient minimes (qui va acheter un livre où l'on parle de Jean Marschouw ou, pire, de Maurice Maeterlinck ?), soit que j'ai estimé que j'avais mieux à faire, ne serait-ce que relire Baudelaire et Vigny, j'ai finalement renoncé à ce projet. Et donc, le public ne saura jamais ce que je pense des poèmes d'Yves Namur, d'Eric Brogniet, d'Yves Caldor, de Jacques Goyens, d'Isabelle Bielecki, d'Evelyne Wilwerth, de Louis Mathoux, de Philippe Leuckx, de Lucien Noullez, de Pierre Guérande, de Michel Ducobu, de Thierry-Pierre Clément, et de quelques autres.

Mais, comme disait un poète français :

Après que les poètes (belges) ont disparu

Leurs chansons courent encore dans les rues,

et, comme le disait un autre poète français :

Ce sont de drôles de types qui vivent de leur plume

Ou qui ne vivent pas, c'est selon la saison...

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pierrot, vagabond des mots et des routes 20/08/2013 19:43

Bravo pour votre très beau blogue sur Bruxelles, monsieur Beaudet:)))

En espérant vous croiser dans un café quand ma poésie d'ermite des routes du Canada vagabondera Bruxelles cet été:)))

Pierrot
www.enracontantpierrot.blogspot.com
www.reveursequitables.com

sur youtube
Simon Gauthier, conteur, le vagabond celeste

Quand je doute de la qualité de mon intensité de lumière, je refais l'expérience de la palette de chocolat. Je te raconte. Un jour que je vagabondais avec un camarade existentiel, je lui racontai
mon désarroi. J'avais juste assez d'argent sur moi pour me payer un fantasme, une palette au chocolat caramilk. Et j'avais honte de mon aveuglement créé par la faim. Et j'étais gêné de lui en
offrir la moitié parce que lui aussi sans le sou, il aurait probablement le goût de manger autre chose.

Ce compagnon me dit: t'as jamais essayé d'acheter une palette au chocolat caramilk à l'autre, en remerciant la vie si par pure bienveillance, il t'en redonne la moitié?

Dans l'histoire vraie racontée par ma chanson des allumettes, je réalise quelques années plus tard, qu' il y a eu la pure émotion ''caramilk'' d'avoir donné une allumette à l'autre en recevant
mille fois plus par son feu du matin.

SUFFIT D'UNE ALLUMETTE

ma liberté
une nuit un orage
un jeune pouceux que j’ai connu s’a route

à 25 ans
y a perdu son courage

j’ai 58
c’est pas grave un naufrage

l’un comme l’autre
pas de sac de couchage
rien à manger
une chance ma gourde est pleine

le jeune a mal aux pieds
j’le vois dans son visage

y va pleuvoir
c’est glacé dans ses veines

REFRAIN

que je lui dis
suffit d’une allumette
pour enflammer ta vie

rêve d’une conquête
d’un grand feu sous ta pluie
d’un grand feu sous ta pluie

COUPET 2

ma liberté
une nuit un orage
j’ai dit au jeune
va dormir en d’ssous d’l’arbre

m’a prendre soin d’toé
m’a m’occuper du feu

mets mon manteau
tu vas t’sentir au chaud

une chance qu’on est
en d’ssous d’un sapinage
je casse des branches
chu mouillé d’bord en bord

la run est toffe
pendant que le jeune dort

je pris pour qu’il
retrouve son courage

COUPLET 3

ma liberté
une nuit un orage
au p’tit matin
chu complètement crevé

y mouille encore
mon feu est presque mort

le jeune se lève
y est comme énergisé

y fonce dans l’bois
y casse des gros branchages
y est en pleine forme
son feu m’monte au visage

sèche mon linge
lui son manque de courage

y m’sert la main
et reprend son chemin

REFRAIN FINAL

c’est lui qui m’dit
suffit d’une allumette
pour enflammer ma vie

j’te jure
que j’rêverai de ma conquête
d’un grand feu sous ma pluie

et le vieux
je te remercie

Pierrot
vagabond celeste