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Jean C. Baudet

Ma philosophie pour tous

22 Août 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Comme tous les lecteurs de mon blog ne sont pas des philosophes professionnels, je dois peut-être tenter d'expliquer mes positions en termes simples. Mais une pensée peut-elle être éclaircie pour tous ?

Il y a - c'est un acquis après 2 600 ans de production philosophique depuis Thalès jusqu'à nos jours, patiemment étudiée par des générations d'historiens de la philosophie - il y a deux, et seulement deux "visions du monde" possibles. Ou bien seule la matière existe, ou bien il existe en plus "autre chose". On ne peut pas sortir de cette alternative. Ou bien, on admet le matérialisme, c'est-à-dire que seule la matière existe - les philosophes matérialistes disent que l'Être est dans sa totalité homogène, consubstantiel au corporel. Je reviendrai sur le concept de "matière". Ou bien, on admet qu'il y a un "plus", qui est (forcément !) de nature non matérielle. On appelle communément ces deuxièmes options (elles sont multiples, se rattachant à diverses traditions) des idéalismes ou des spiritualismes.

Pour le matérialiste, tout est matière et rien que matière. Pour le spiritualiste, le Tout est composé de matière (il est difficile de nier l'existence du corps humain...) et de réalités non-matérielles, idéales, spirituelles, transcendantes, numineuses, nouménales... Des esprits, des anges, des forces occultes, des "réalités indicibles", des dieux, des démons, des valeurs, que sais-je encore ?...

Le concept de matière s'est formé entre 600 et 350 avant notre ère, chez des penseurs comme Thalès de Milet, Démocrite d'Abdère, Aristote de Stagire. On peut aujourd'hui en donner une définition claire et distincte : la matière est tout ce qui est accessible par les sens de l'homme, directement ou par le truchement d'instruments (microscopes, par exemple), c'est donc une instance "de même nature" que le corps humain. Il n'y a rien d'autre dans le Tout (que les philosophes appellent l'Être) que la matière. Et les idées, qui si l'on veut "existent", ne sont pas autre chose que des productions matérielles, des espèces de sécrétions de la matière.

J'ai travaillé pendant de nombreuses années (voir ma bibliographie) à tenter d'apporter une contribution à la théorie de la connaissance dans le cadre d'une démarche que j'ai appelée "éditologie", et qui est si l'on veut une prolongation, un approfondissement des travaux de Husserl, de Popper et de Bachelard. Ma réflexion me ramène, par quelque côté que je prenne les questions de la Connaissance et de l'Être, toujours au matérialisme. Il en découle des conséquences qui désolent les religieux, les idéalistes, les humanistes, les bigots de toutes les causes et les droits-de-l'hommistes. Mais la Logique m'y conduit inexorablement : s'il n'y a que de la matière, il n'y a pas de "valeurs" ni de "dignité", et l'homme n'est qu'une bête, un sac de protoplasme périssable - les comportements stupides que nous révèlent l'Actualité le montrent clairement. Il n'y a - pour le matérialisme logique - ni "honneur de l'Humanité" ni "Surhomme". Mais je n'exclus par l'idée que je me trompe - puisque, à voir la multiplicité des doctrines, tant d'hommes se trompent ! L'honneur de l'Humanité existe peut-être, et c'est peut-être la Recherche sincère et passionnée de la Vérité et peut-être même d'autre chose... Voilà pourquoi je cherche encore.

J'ajouterai, pour éviter tout malentendu, que le matérialisme est notamment "pour" la contraception, les expériences sur embryons humains, l'avortement et l'euthanasie. 

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