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Jean C. Baudet

Michel Cliquet et la Femme eternelle

31 Décembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

L'année 2013 fut féconde, prolifique même, pour le poète Michel Cliquet (né à Bruxelles, 1947). Excellent représentant de ce que l'on pourrait appeler le classicisme du vers libre (se distançant fort heureusement de l'hermétisme prétentieux et du minimalisme trompeur), Cliquet vient en effet de publier, coup sur coup, quatre recueils de poèmes en 2013, un par saison. Il s'agit d'ouvrages (fort joliment édités) de 60 pages chacun, agrémentés de photographies (noir et blanc) de l'auteur, photos montrant (ou plutôt évoquant) des parties diverses du corps féminin dénudé. Je dirai en passant que je n'aime pas trop le format carré choisi (20 centimètres de côté), mais c'est affaire de goût. Et, en poésie, c'est tout de même le texte qui compte. Et le texte de Cliquet est poétique, c'est-à-dire l'oeuvre d'un artiste qui sculpte ses phrases comme à la gouge, en évitant le trop explicite, mais sans tomber dans l'hermétisme pédantesque. Pour Cliquet, un chat est un chat, et le sexe de la femme est "creuset de son ventre", quand celui de l'homme est une hampe qui "pleure une cire laiteuse".

Car il s'agit d'érotisme, on le comprend au premier coup d'oeil s'attardant à l'une ou l'autre photo. Les titres sont De lys en digitale, En ravissance d'elle, La regardante, et Carrés de dame. Le poète a choisi de demander à quatre poètes belges de préfacer les recueils, et l'on peut lire ainsi les appréciations louangeuses de Jean Botquin (1932), qui définit bien le sujet de la quête poétique de Cliquet : "la femme une nouvelle fois adorée charnellement jusque dans les fibres de son âme", d'Anne-Marie Derèse (1938), qui nous présente Cliquet comme "le pèlerin d'un jardin des délices" (pèlerin pas trop chaste, me semble-t-il), de Benoît Coppée (1964) : "Michel Cliquet guide nos yeux où nous sommes aveugles", de Louis Mathoux (1970), qui nous dit l'importance du "thème de la Femme éternelle" dans l'oeuvre du poète, qui nous entraîne dans "les indicibles abysses de l'Âme féminine" (sacré Mathoux, il pense que les femmes ont une âme) et nous approche du "mystère par excellence que constitue la Femme".

La qualité de la poésie dans les quatre recueils est égale, et élevée, et le tétraptyque ainsi édité (chez l'Auteur) forme comme les quatre évangiles de la femme-mystère. Saintes écritures, ou plutôt joyeuses écritures que les adeptes du culte de la Femme (surtout les pratiquants) apprécieront. Quant aux misogynes, peut-être reverront-ils leur position.

Je présenterai la tétrade poético-érotico-philogyne de Michel Cliquet le 15 janvier 2014 à l'Association des Ecrivains belges, à Bruxelles. C'est que j'ai quelques questions à poser à l'auteur de La regardante. Notamment celle-ci. Son oeuvre est-elle une célébration de la Femme éternelle, ou la glorification du Plaisir ?


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