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Jean C. Baudet

Mort du poète Emile Kesteman

22 Décembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poésie

Pensee belge

Cela fait maintenant un an que j'écris dans ce blog. Mon activité de diariste en souffre un peu, car je me confie moins régulièrement à mon Journal (commencé en 1962). Si bien que le cheminement de mon travail philosophique est désormais accessible à quiconque, pourvu qu'il soit connecté à Internet, c'est-à-dire en principe à l'Humanité entière ! Il y a évidemment la barrière de la langue. Je pourrais écrire en anglais, but my English is not very fluent, and I do prefer to use all the resources of the only language that I am able to write approximately well.

 

En somme, je travaille désormais dans une maison de verre, et n'importe qui peut observer (compréhensif ou ahuri) mes doutes, mes interrogations, les points de fixation de ma pensée, les contradictions d'un travail en cours, une recherche pas encore aboutie, etc. C'est assez cocasse. Imagine-t-on Kant préparer sa Critik der reinen Vernunft dans un blog accessible aussi bien par des ados ignorants que par des collègues compétents ? Mais surtout, les blogueurs ont-ils les lecteurs qu'ils méritent ? Un livre de philosophie, bien sûr, n'est diffusé qu'à quelques milliers d'exemplaires, ce qui peut sembler dérisoire par rapport aux millions de personnes consultant les blogs, mais un livre de philosophie est acquis par des professionnels de la philosophie, par des étudiants, ou par des personnes spécialement motivées... Des lecteurs dont quelques-uns savent distinguer la philosophie de la littérature. Maurice Merleau-Ponty a écrit quelque part qu'un philosophe est d'abord "témoin de sa propre recherche". Avec mon blog, je ne suis plus mon seul témoin.

 

Ce blog étant donc une extension de mon Journal, j'y inscris aujourd'hui ma tristesse : le poète belge Emile Kesteman est mort hier matin. Il avait fondé une revue de poésie (Les Elytres du hanneton), peut-être un peu trop éclectique, mais qui a le mérite de paraître encore, depuis 1973, ce qui représente une remarquable longévité. En septembre 1973, Emile faisait paraître un court poème intitulé Dernière volonté, que j'ai cité dans mon livre A quoi pensent les Belges (Jourdan éditeur) :

 

Je voudrais pour cercueil

Un coffre de piano

De piano à queue

Pour être couché à l'aise

Sur la table d'harmonie.

 

Qu'il l'a cherchée, l'harmonie, notre Emile Kesteman !

 

Des messages électroniques ou papyriques sont échangés par les écrivains qui connaissaient et appréciaient Emile. J'ai beaucoup aimé cette remarque d'Anne-Marie Trekker : " Tant que des hommes auront de telles passions pour l'écriture et l'art, pour celles et ceux qui les pratiquent, le monde ne pourra pas vraiment sombrer dans l'obscurantisme ". Recherche de l'harmonie et passion de l'écriture et amitié pour ceux qui écrivent : c'était Emile, vraiment.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

 

 

 

 

 

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Jacqueline Dumas 23/12/2011 11:29

Je me souviens de ma première rencontre avec Emile, au Syrtaki, en septembre 2003. Il avait fait bon accueil à la petite Française timide qui lui apportait ses poèmes. Depuis ce jour, une grande
complicité nous unissait.Il me manquera comme il manquera à tous.
"Quand il est mort le poète, tous ses amis pleuraient." chantait Gilbert Bécaud. Aujourd'hui, cette chanson prend tout son sens.

Jacques Goyens 22/12/2011 18:50

Tristesse, bien évidemment! Je connaissais Emile depuis 15 ans. C'est à la fois peu et beaucoup. Il était pour moi à la fois une personne et un symbole. Dès le début de notre compagnonnage, un
climat de profonde estime s'était établi entre nous. Quant au symbole, il se situe à plusieurs niveaux: sa connaissance de la littérature belge, la poésie et le Grenier Jane Tony, l'AEB, Camille
Lemonnier. Pour tout cela, il laissera un vide immense. On en était arrivé à penser qu'il était éternel. Hélas! Le cours du destin nous ramène brutalement à la réalité.
Jacques Goyens