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Jean C. Baudet

Philippe Mathy, le regard et le bonheur

17 Novembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poésie, #Belgique

Hier soir, séance mensuelle de l'Association des Ecrivains belges, avec notamment le passionnant (et, bien sûr, passionné) dialogue entre deux poètes, Marc Dugardin (Bruxelles, 1946) et Philippe Mathy (Manono, Congo belge, 1956), celui-ci appelé à la tribune de l'AEB pour présenter son dernier livre : Barque à Rome, L'Herbe qui tremble, Paris, 186 pages.

 

A vrai dire, ce n'est pas un recueil de poèmes, mais un recueil de notes - mais cesse-t-on d'être poète quand on passe des vers inspirés par une Muse aux annotations dans un cahier, suggérées par les spectacles de la vie au jour le jour ? Car en effet, Barque à Rome est une succession de notes prises lors d'un séjour dans la capitale italienne, rédigées par un poète - nous a expliqué l'auteur - peu inspiré. Les pages blanches d'un cahier sont là, et les vers ne viennent pas, la Muse romaine était en grève... Idée alors : noter le temps qui passe, dater les pages, et écrire. Car - nous explique aussi l'auteur - "si des textes sont des poèmes, ils ne peuvent être datés".

 

C'est donc lors d'un passage à vide de son inspiration de poète que Philippe Mathy a composé ce journal de quelques semaines dans les rues et les musées de Rome. On remarque, mais c'est presque "forcé" dans un journal qui note les dates qui se succèdent, la préoccupation du temps qui passe, nous menant "vers plus de solitude". Et de préciser : "les souvenirs sont sans pitié".

 

Marc Dugardin explique brillamment que chez Mathy "le regard sur les choses est essentiel", et il précise qu'avec son regard de poète il cherche toujours le côté lumineux de l'existence. Car c'est ce qui est probablement l'essentiel du dernier livre de Mathy : la lumière, un certain optimisme, ou plus exactement une volonté d'optimisme - car le poète n'est pas dupe de ses aspirations. Certes, on peut juger qu'il est banal de parler de lumière à Rome, et de regard dans une ville qui nous propose les restes encore éblouissants de quelques grands moments de l'histoire des hommes. Mais la vérité, la vérité lumineuse qui nous dit que le temps nous mène à la solitude, n'est-elle pas banale ? Un lieu commun, n'est-ce pas un lieu vrai ? Je me disais, écoutant et notant, qu'un autre poète au regard romain apprécierait tout particulièrement ces notes d'un voyageur chercheur de lumière : Philippe Leuckx.

 

Je ne sais plus si c'est Dugardin ou Mathy qui l'a signalé, ce fut la haute (et banale, si l'on veut) conclusion de ce bel entretien : "la poésie procède d'une vocation au bonheur".

 

Au fait, la philosophie n'est-elle pas aussi, par d'autres voies, la recherche du bonheur ?

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences comme explication et évaluation du savoir :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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philippe leuckx 18/11/2011 06:08


Merci pour ce beau texte. "Barque à Rome" dont j'ai parlé sur face, il y a quelque temps (la nota a paru aussi dans "les belles phrases" d'Eric Allard) , est un beau recueil sensible. Merci pour
Philippe.