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Jean C. Baudet

Pourquoi je ne suis pas humaniste

7 Juin 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Cur PenseeUn quidam mal informé - et certainement mal intentionné - me fait remarquer récemment que certains de mes textes révèlent un anti-humanisme, qu'il juge évidemment scandaleux, le quidam en question appartenant à la meute en voie d'expansion des adorateurs pratiquants de la Pensée Unique.

 

Je vais donc tenter d'expliquer, sans trop d'espoir d'être compris. Il faut être cohérent : quand on n'aime pas les humains, on n'a guère de raison d'espérer leur compréhension. Et puis il y a les données de la psychologie différentielle et de la psychiatrie...

 

Or donc, qu'entends-je par "humanisme" ? Il va sans dire que je prends ce terme dans son sens philosophique le plus profond. Un humanisme est un système idéologique qui reconnaît à l'humain une valeur. Or, il se fait que mes travaux, études, recherches et méditations m'ont mené à la conclusion (provisoire, j'en conviens : je cherche encore...) que le concept de valeur est sans fondement concernant l'humain. C'est fort simple. Je suis arrivé à admettre le matérialisme - je ne peux pas en quelques phrases résumer mon parcours réflexif, mais le lecteur bienveillant admettra que le matérialisme est, au moins, un "système de pensée" possible. Mais alors, étant matérialiste, je ne peux voir l'être humain, aussi pathétique soit-il (je ne suis pas insensible aux souffrances de l'Humanité), que comme une construction corporelle momentanée, issue du Néant et condamnée à y retourner. Quelle peut être la source de valeur - le fondement axiologique - d'un objet corporel, même s'il dure plus de soixante ans et s'il est reproduit à plusieurs milliards d'exemplaires ?

 

Disons-le tout net : l'homme ne vaut rien !

 

Mais alors, cela signifie-t-il que je prône l'extinction de l'espèce, que je me moque d'Isabelle et de Caroline, de Jacques et de Michel ? Il faut vivre, et l'on ne peut vivre qu'en société. Convaincu - à titre de conclusion provisoire - de la totale non-valeur de l'homme, je ne me comporte cependant pas en assassin ou en voleur. Je pratique même la politesse, et je reconnais la nécessité d'élaborer des règles pour vivre ensemble, en tout cas en compagnie des hommes et des femmes qui ne sont ni des assassins ni des voleurs. C'est-à-dire que mon anti-humanisme absolu, théorique, aboutit à un humanisme (sous la forme du Droit à élaborer entre "hommes de bonne volonté") relatif, pratique.

 

Car au fond, si l'homme ne vaut rien, rien ne vaut l'homme !...

 

Pour info, deux vidéos :

Canal C (Namur)
Librairie Filigranes (Bruxelles)

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