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Jean C. Baudet

Que nous dit la litterature ?

24 Avril 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Littérature, #Belgique

Hier soir, j'étais à la séance mensuelle de l'Association des Ecrivains belges, placée depuis un mois ou deux sous la présidence de Jean Lacroix et sous la double vice-présidence d'Anne-Michèle Hamesse et de Renaud Denuit. L'AEB organise chaque mois, en son siège d'Ixelles, une "soirée des lettres" qui se déroule selon un rite immuable. Trois ouvrages récents, publiés par des membres de l'association, sont présentés au public en trois séquences strictement minutées d'une demi-heure. Après quoi, l'assistance se lève, les poignées de mains se font et se défont - les écrivains n'entretiennent-ils pas l'amité et le respect des opinions les plus variées ? - et les écrivains et leurs admirateurs d'un soir se dirigent vers le salon où une grande table propose du vin, rouge ou blanc, et des rondelles de pommes de terre, pénétrées de matières grasses et saupoudrées de sel ou de paprika. J'ai commencé par un verre de blanc. Chaque fois, les présentations sont déterminées d'après des critères mystérieux (les rites ont besoin de mystère), et il y avait hier soir deux recueils de poèmes, d'abord Ambres de Luc Moës (de Maredsous), le poète monacal, présenté par Piet Lincken, le poète musical, ensuite Propos d'inquiéteur de Michel Joiret présenté par Evelyne Wilwerth.

D'excellents moments de haute poésie et de profonde critique.

J'ai bien aimé certaines explications du révérend père Moës qui, dépassant sa foi chrétienne, rattache la poésie à la "spiritualité", et fait de la démarche poétique une recherche et une "prise de conscience de soi". Bien aimé aussi l'échange entre Wilwerth et Joiret, celui-ci avouant "qu'après quarante ans de recherche" en vue de construire une détermination de l'écriture, il n'est pas encore arrivé à une définition qui le satisfasse pleinement. Mais le fait est que Joiret - comme d'ailleurs la plupart des membres de l'AEB - éprouve le besoin impérieux de mettre des mots sur des feuilles de papier. L'écriture qui sauve de l'angoisse existentielle. L'écriture comme soin palliatif de l'existence, cette maladie incurable ?

Or donc, grignotant des rondelles de pommes de terre et passant d'un verre de vin blanc à cinq ou six verres de vin rouge (quand on aime, on ne compte pas), j'eus le plaisir de bavarder avec Jean-Loup Seban, Mireille Dabée, Noëlle Lans, Isabelle Bielecki... Que nous dit la littérature ? Ne serait-elle qu'un remède à la mélancolie, une potion magique qui fait oublier la détérioration inéluctable des organes du corps et la destinée de chacun, qui est de souffrir dans la déchéance progressive des fonctions corporelles ? Ce n'est pas par hasard que la littérature fait appel à l'imagination. Elle est une réponse imaginaire à la grande question réelle. Sans doute que la littérature propose l'apaisement par l'oubli des questions inquiétantes posées par l'inquiéteur, autre nom du philosophe.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Coumarine 24/04/2014 11:47

curieux l'impasse sur le troisième auteur présenté, Giuseppe Santoliquido, jeune auteur prometteur et qui sort de l'ordinaire...
N.Versailles