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Jean C. Baudet

Articles récents

Sur la bonne politique

14 Mars 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #France

La bonne politique est une synthèse réussie du capitalisme et du socialisme. Le capitalisme, dans son essence première, est l’optimisation de la production de richesses à partir de ressources en constante diminution. Le socialisme, dans son fondement radical, est l’optimisation de la distribution des richesses à des populations en constante augmentation. Ainsi la source de la politique est-elle économique, il s’agit d’organiser production et consommation, ce que manifeste l’importance attribuée au « pouvoir d’achat » dans les discours et les programmes des politiciens et des réformateurs sociaux. Il ne faut pas s’étonner de cette prévalence de l’économique sur le politique, car « vivre ensemble », c’est d’abord « vivre », et vivre c’est consommer.

Mais la synthèse peut-elle être réussie, quand les uns veulent privilégier la production en augmentant l’offre et quand les autres veulent développer la consommation en augmentant la demande ? Ladite synthèse n’est-elle pas utopique, comme tout « projet de société » qui se heurte irrémédiablement aux tensions de la condition humaine, dues à la finitude du Da-sein ? Les synthèses proposées par les différentes idéologies, concrètement, ne peuvent être que des bricolages mêlant socialisme plus ou moins radical et capitalisme plus ou moins assumé.

Les Français, lors des prochaines élections présidentielles, vont devoir choisir entre les propositions de Le Pen, de Fillon, de Macron et de quelques autres. Les programmes proposés ne peuvent échapper aux déterminations de toute collectivité humaine : il faut des capitaux et des idées (c’est la technologie, forcément capitalistique) pour produire les biens et les services nécessaires, et il faut des règles et des contrôles pour répartir ces services et ces biens de manière à diminuer le plus possible les tensions sociales.

Qui, parmi les candidats-présidents, propose à la France la bonne politique ?

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Sur la nature humaine

5 Mars 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Anthropologie, #Philosophie

L’homme est un tube digestif, dont les deux fonctions sont d’absorber des aliments à un bout et d’expulser des excréments à l’autre bout. Ainsi, l’activité principale de l’homme consiste à faire transiter des matières nutritives, pour les transformer en matières fécales, de la bouche à l’anus. C’est ce que les gens ordinaires appellent « la vie », ce que les biologistes appellent « le métabolisme », et ce que les philosophes appellent « l’existence ». Le sens de cette existence est inconnu. Cette structure de tube reliant une bouche à un anus se retrouve non seulement chez l’homme, mais chez tous les animaux pluricellulaires.

Ce tube digestif est accompagné de nombreux organes, dont un cerveau. Parmi toutes les espèces animales, c’est dans l’espèce humaine que l’on rencontre les cerveaux les plus complexes. Le cerveau animal produit une intelligence plus ou moins développée, et c’est chez l’homme qu’elle est la plus grande, capable même d’engendrer une pensée et un langage. Les productions langagières – qui distinguent l’homme de l’animal – constituent ce que l’on appelle communément la « culture », et l’on peut opposer les productions culturelles textuelles (assemblages de mots), comme les religions, les littératures, la philosophie, la science, aux productions non textuelles, comme la peinture (assemblage de couleurs), la musique (sons), la danse (mouvements du corps)…

L’absorption régulière d’aliments est impérative pour le maintien de l’existence animale, et donc aussi de l’existence des hommes. Encore cette existence, même avec des aliments en abondance, finit-elle toujours par la  mort. Les ressources alimentaires (eau, minéraux, lipides, glucides, protides) étant limitées, les tubes digestifs sont en constante compétition, et l’une des plus remarquables productions culturelles de l’humanité est la politique, qui est l’organisation d’une collaboration entre les membres d’une collectivité de tubes afin de rechercher, de prélever (cueillette et chasse), de produire (agriculture et élevage), de préparer (cuisine) et de répartir (transport et commerce) ces ressources alimentaires.

Sur la planète Terre, il « existe » actuellement quelque 7,5 milliards de tubes digestifs humains en vie, produisant tous des excréments, quelques-uns produisant en outre des biens culturels (dessins, mythes, poèmes, théorèmes, symphonies, etc.).

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Qu'est-ce que le materialisme ?

27 Février 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Matérialisme

Le matérialisme est la position philosophique qui voit dans la matière le seul constituant de l’Être (de « ce qui existe vraiment »), c’est donc un monisme : il n’y a pas de scission dans l’Être qui est un, unique et unifié. Tout est matériel, c’est-à-dire corporel, de même nature ontologique que le corps humain. Le matérialisme s’oppose donc aux dualismes ou idéalismes, qui prétendent qu’il existe d’autres réalités (« extrasensorielles ») que les réalités matérielles : esprit, anges et démons, dieux, monades (Leibniz), noumènes (Kant), valeurs… Les idéalismes sont clairement des résurgences des religions archaïques qui séparaient le monde terrestre du monde céleste ou du monde souterrain. Ainsi peut-on dire que les idéalismes (Anaxagore, Platon, Plotin, Descartes, Hegel, Bergson…) sont des ersatz des religions. Ce qui explique l’âpreté de l’opposition entre idéalistes et matérialistes, ceux-ci étant même condamnés à mort dans les sociétés où une religion est dominante.

Le matérialisme fut pensé, développé et enseigné par Démocrite, Epicure, Lucrèce, Spinoza, La Mettrie, Diderot, Comte, Feuerbach, Marx, Engels, Nietzsche, Freud, Lénine et quelques autres. Encore faut-il noter que les marxismes sont contaminés par l’idéalisme hégélien, attribuant à la matière des propriétés « dialectiques » quasi mystiques conduisant à accorder une valeur (sacrée) à l’Humanité, ou du moins au Prolétariat.

Le matérialisme conduit à une épistémologie (le scientisme), à une eschatologie (le néant), à une anthropologie (l’homme est un animal comme les autres), à une éthique (le nihilisme et donc l’hédonisme).

L’épistémologie matérialiste explique facilement la possibilité de connaissance par l’absence de séparation ontologique entre l’homme connaissant (le sujet) et les entités à connaître (l’objet), puisqu’il n’existe pas de réalités nouménales. D’où le scientisme du XIXème siècle, trop optimiste, il est vrai, et corrigé par Wittgenstein, Carnap, Popper…

Si le matérialisme est forcément unique (il n’y a qu’une matière), les idéalismes sont par contre très variés malgré leur fonds commun. Parmi les champions actuels de la pensée idéaliste en politique, il faut citer Trump, Le Pen, Hamon, Erdogan, Fillon, Merkel, Mélenchon, Poutine…

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Qu'est-ce que la politique ?

23 Février 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

D’excellents auteurs (je songe par exemple à Maurice Duverger) ont défini la politique comme l’art de gérer les conflits. Autrement dit, il s’agit de se battre, d’user de violence mentale ou physique. C’est donc une affaire sérieuse, puisqu’il peut y avoir mort d’homme. L’on peut classer les conflits en trois groupes, différents par les adversaires mis en présence. Il y a d’abord les conflits entre communautés distinctes : les « guerres étrangères ». L’Histoire en comporte d’innombrables, depuis l’extermination des hommes de Néandertal par les hommes de Cro-Magnon jusqu’aux récentes « guerres mondiales », qui ont conduit le combat politique jusqu’à une espèce de perfection. Il y a ensuite les conflits au sein d’une même tribu ou d’une même nation, ce sont les « guerres civiles ». Il s’agit, pour deux groupes en présence (les plébéiens et les patriciens, les royalistes et les révolutionnaires…), de tenter d’accéder au pouvoir, soit par la force brutale (coups d’Etat…), soit par la persuasion des discours, à grands renforts de rhétorique et de démagogie. C’est le combat entre ceux qui gouvernent et ceux qui voudraient gouverner.

Enfin, il existe un troisième groupe de conflits, qui n’opposent plus des dirigeants à des dirigeants (de communautés différentes ou d’une même communauté), mais des dirigeants à des dirigés. C’est la tension, pouvant aller jusqu’à la révolte et aux émeutes, qui existe toujours entre ceux qui détiennent le pouvoir et ceux qui le subissent.

Dans tous les cas, la violence est centrale, l’homo politicus est un homme insatisfait, prêt à atteindre ses objectifs de puissance (recherche de souveraineté, de liberté, d’espace vital, de ressources diverses…) par la désobéissance, par l’intimidation des rassemblements, ou par la lutte armée. Insatisfait, l’homme politicien veut « changer l’ordre des choses ». Certains y parvinrent : Alexandre le Grand, Jules César, Napoléon, Bismarck, Staline, Hitler, Mao Tsé-Toung. Nous observerons peut-être bientôt les changements accomplis par Marine Le Pen ou par Jean-Luc Mélenchon. De glorieux combats en perspective…

 

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Du fric avant toute chose

18 Février 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #France, #Economie

Pour augmenter le pouvoir d’achat des Français, pour procurer un logement à tous les Français, pour éduquer et pour instruire la jeunesse, pour réparer les dégâts dus aux catastrophes (inondations, tornades, feux de forêts) liées à la détérioration du climat, pour soigner les malades et les handicapés dans des hôpitaux bien équipés, pour contrôler la qualité des aliments et des médicaments, pour se protéger du terrorisme islamiste, pour mettre hors d’état de nuire les voleurs, les casseurs et les assassins, pour que les trains, les autocars et les avions arrivent à l’heure, pour que soient créées, réalisées et diffusées des émissions de télévision variées et répondant aux aspirations du public, pour tout cela il faut du fric, beaucoup de fric !...

Or, pour obtenir de l’argent de manière éthique et durable, pour « créer des richesses », la France (comme tous les pays, d’ailleurs) n’a qu’un seul moyen : l’activité de ses entreprises. Les économistes le disent et le répètent depuis des années : Elie Cohen, Nicolas Bouzou, Philippe Dessertine, Agnès Verdier-Molinié, Jean-Marc Daniel, François Lenglet, Christian Saint-Etienne…

Or, pour avoir des entreprises efficaces, innovantes et compétitives, il faut des entrepreneurs capables et décidés, courageux et rusés, doués et créatifs.

Or, l’opinion publique française (et donc une grande partie des hommes politiques), imprégnée fortement par le marxisme et ses dérivés (trotskisme, stalinisme, maoïsme, mélenchonisme, hamonisme), est animée d’une véritable aversion pour l’entreprise et pour les entrepreneurs.

Voilà les éléments de base de la difficulté de gouverner. La France a sans doute besoin davantage de patrons que de donneurs de leçons de morale, si du moins elle veut conserver sa prospérité (et peut-être son âme) dans un monde chamboulé par une explosion démographique sans précédent, cause d’épuisement des ressources naturelles et de pollutions de plus en plus dangereuses.

On ne lutte pas contre les tornades avec de belles paroles, ni contre les kalachnikovs du terrorisme et du banditisme avec de beaux sentiments.

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Mathematique et verite

15 Février 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Epistémologie, #Mathématiques

Les mathématiques, depuis Pythagore, sont le modèle de la rationalité et, depuis Galilée et Descartes, sont devenues l’outil (le langage) de la pensée scientifique. On peut même dire, de manière un tantinet provocante, que la philosophie n’a comme moyen de se développer et de s’exprimer que les mots, alors que la science dispose en outre des nombres (arithmétique) et des figures (géométrie). Depuis les beaux travaux de Russell, de Whitehead, de Gödel, de Nicolas Bourbaki, on dit d’ailleurs « la mathématique », au singulier, pour affirmer l’unité profonde des différentes branches mathématiques, qui trouvent toutes leurs racines dans la théorie des ensembles de Boole, de Dedekind et de Cantor.

On voit donc immédiatement la nécessité, pour le philosophe, d’élucider la nature profonde du langage mathématique, dans la mesure où celui-ci a contribué à construire les seules propositions vérifiables (et en partie déjà vérifiées par l’expérience) que possède l’Humanité. D’où la question cruciale de l’épistémologie : comment se fait-il que la mathématique, qui semble être une production de l’esprit humain, s’adapte si bien à la description prédictive du monde matériel ? D’où vient cette mystérieuse adéquation entre l’esprit et la matière par le truchement du nombre ? Et, plus radicalement encore : qu’est-ce que les nombres ? Existent-ils indépendamment du monde sensible dans un monde intelligible, comme le pensait Platon ? Ou sont-ils des créations mentales : logicisme (Frege), formalisme (Hilbert), intuitionnisme (Brouwer), structuralisme (Bourbaki) ?...

J’ai tenté d’apporter une contribution à cette question cruciale des « fondements des mathématiques » (qui conduit à la question de la vérité) dans un livre paru, il y a quelques années, aux éditions L’Harmattan, à Paris : Mathématique et vérité. Une philosophie du nombre. Voir aussi mon Histoire des mathématiques (Vuibert, Paris).

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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L'histoire de la biologie et de la medecine

12 Février 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biologie, #Médecine

J'ai donc achevé mon "Histoire de la chimie", qui devrait paraître dans quelques semaines chez De Boeck (Louvain-la-Neuve). J'entame maintenant une "Histoire de la biologie et de la médecine", pour le même éditeur. Cet ouvrage achèvera mon "Histoire de la pensée scientifique" en cinq volumes, chacun d'environ 350 pages, comprenant : "Histoire des mathématiques", "Histoire de la physique", "Histoire de la chimie", "Histoire des techniques" et le cinquième en préparation.

Ce dernier volume auquel je travaille sera ma dernière publication, clôturant une oeuvre qui commence par un petit article publié en 1969 dans la Revue d'Education nationale du Burundi : "L'histoire des sciences dans l'enseignement". Je rappelle dans ce travail liminaire de mes recherches la portée à la fois épistémologique et pédagogique d'une "archéologie du savoir" (expression empruntée à Michel Foucault), qui est comme on sait le thème majeur de la philosophie de Gaston Bachelard. On remarquera que je réserve le qualificatif de "science" à ce qu'il est convenu d'appeler les sciences "exactes et naturelles" et à la technique, situant la philosophie et les "sciences humaines" en dehors du champ épistémique que j'appelle "STI" (science-technique-industrie). J'ai abordé la dimension industrielle de la STI dans un ouvrage intitulé "Les plus grandes entreprises" (La Boîte à Pandore, Paris). Et j'ai traité de l'histoire de la philosophie (et des religions) dans d'autres publications.

L'originalité - et, je l'espère, l'intérêt - de mon dernier livre est d'étudier dans une même diachronie la biologie et la médecine, souvent séparées dans la bibliographie des travaux historiques sur l'étude du vivant. C'est que la méditation sur la vie s'est développée au cours d'un processus dialectique d'influence réciproque entre "technè" et "épistèmè", entre pratique et théorie, entre observation et raisonnement, entre technique et science. Il est impossible de comprendre l'évolution de la biologie sans prendre en compte les avancées de la médecine, et l'on ne comprend pas celle-ci si l'on ignore les progrès de la biologie.

Depuis les premières listes de maladies et de médicaments sur tablettes mésopotamiennes ou sur papyrus égyptiens jusqu'aux débuts du transhumanisme, 5 millénaires d'efforts pour comprendre que la vie est une propriété de la matière et qu'elle est un tragique combat contre la non-vie, que les biologistes appellent la cessation du métabolisme, que les médecins déterminent à l'aide de leurs électroencéphalographes, que les philosophes appellent la fin de l'existence, et que l'homme ordinaire appelle la mort.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

 

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Qu'est-ce que la matiere ?

11 Février 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Chimie

Je viens de mettre le point final à mon Histoire de la chimie, qui est la fastidieuse mais indispensable correction des épreuves. Il s’agit d’une refonte de trois ouvrages parus naguère chez Vuibert (Paris) : Penser la matière, La vie expliquée par la chimie, A la recherche des éléments de la matière. A la suite des rachats des éditions Vuibert et De Boeck par le groupe Albin Michel, ce livre paraîtra, dans quelques semaines, sous la marque De Boeck (Louvain-la-Neuve).

Cette nouvelle Histoire de la chimie s’efforce, bien entendu, de fournir un récit de la longue méditation des philosophes grecs (Thalès, Anaximène, Démocrite…), des « alchimistes » (Zosime, Rhasès, Geber…), des « chymistes » (Paracelse, Lemery…), des « chimistes » enfin (Lavoisier, Dalton, Berzelius, Mendéléev…) sur la nature profonde de la matière. On voit ainsi, pendant plus de deux mille ans, deux conceptions s’affronter, le substantialisme (les quatre éléments d’Empédocle, les trois principes des paracelsiens, le phlogistique…) et l’atomisme (Leucippe, Démocrite, Epicure…).

Mais ce travail a une portée épistémologique. Il s’agissait en effet de comprendre comment l’esprit humain (incarné chez Empédocle, chez Lavoisier, chez Liebig, chez Berthelot, chez quelques autres) est parvenu à connaître, et cela de façon extraordinairement complexe, précise et prédictive, quelques déterminations de la « matière », c’est-à-dire de la partie observable de l’Être. On retrouve ainsi ma théorie, déjà exposée dans d’autres travaux, de l’instrumentation : c’est grâce aux « instruments », proposés par la Technique, que la Science (chimie, mais aussi astronomie, physique, biologie…) a pu se séparer de la Philosophie (purement spéculative) et qu’elle a pu fonder une Technologie à l’efficacité spectaculaire. Le bain-marie de Marie la Juive, le distillateur de Zosime de Panopolis, la balance de Lavoisier, le spectromètre de Bunsen ont rendu possible de « penser la matière », jusqu’à comprendre les mécanismes « moléculaires » de la Vie.

Et la « grande question » se pose alors ! La matière coïncide-t-elle avec l’Être, avec le Réel, ce qui est la position des matérialistes (Spinoza, La Mettrie, Feuerbach, Marx, Engels, Lénine et quelques autres), ou n’est-elle que la partie visible de l’Être, comme le prétendent les idéalistes ? L’étude approfondie de l’histoire de la chimie – et de la Science dans sa globalité – n’apporte pas une réponse définitive à cette question qui opposait déjà Platon à Démocrite, mais elle fournit une base solide et indispensable pour penser.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Vie et mort de Jean Baudet

9 Février 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Philosophie

Philosopher, c’est chercher à connaître et comprendre l’Être, c’est-à-dire tout ce qui peut vraiment agir sur la destinée du philosophe (sur sa « recherche du bonheur »). Car « exister », c’est avoir la propriété d’altérer, de s’opposer, de contraindre le philosophe, et par le fait même tout homme ordinaire. L’Être est tout ce qui existe, tout ce qui « conditionne » l’Humanité, tout ce qui est la source de la vie et de la mort des humains. Or, l’humain ne possède que son être pour accéder à l’Être, et toute investigation du Réel (autre nom de l’Être) ne peut commencer que par un examen du « moi ». Ce n’est que par le truchement de l’étude de son être que l’être (humain) peut atteindre la connaissance de l’Être qui l’englobe et le détermine de toutes parts. C’est ainsi que commencèrent les grandes méditations de Socrate (« connais-toi toi-même »), de Descartes (« je » pense donc « je » suis), de Fichte (la métaphysique du « Ich »), de Sartre quand il répète que l’existence (du « moi ») précède l’essence. Je n’est pas « un autre », c’est mon moi vécu – dans la joie ou la peine – et c’est le seul chemin qui conduit à l’Être, mais avec la dramatique scissure du moi et du non-moi, et peut-être est-ce un « chemin qui ne mène nulle part », comme le pensait Heidegger (Holzwege). Toute philosophie commence par un égocentrisme et par une subjectivité.

Voilà donc que je dois reprendre mes « observations intérieures », mes analyses de ce « moi », de cet être singulier et foncièrement étrange à lui-même que l’on nomme « Jean Baudet ».

Ma philosophie commence par mon autobiographie (c’est aussi vrai de toute œuvre littéraire, et voici une passerelle posée entre le « littéraire » et le « philosophique »).

Mon « je » fut d’abord professeur de mathématiques puis de philosophie, puis il fut chercheur (en botanique et en biologie), puis éditeur, puis écrivain. Jean Baudet « gagna sa vie » (son « être ») successivement en enseignant, en cherchant, en éditant et en écrivant.

L’enseigner, le chercher, l’éditer, l’écrire sont ainsi des modalités de mon être, des « tranches de vie », et « qu’appelle-t-on penser » sinon, dans un ordre différent, chercher, écrire, éditer et enseigner ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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J'ai tout bu (poeme en prose)

7 Février 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poème

J’ai vidé, avidement, tout entière, la grande bouteille bleue des espérances.

J’ai bu jusqu’à la lie au flacon écarlate des plaisirs et de la joie.

Je me suis abreuvé à la gourde en métal sonore des rêveries, des promenades et des chansons.

J’ai goûté les liqueurs exquises de maintes carafes et de quelques fioles d’aventures et de voyages.

Tous les bidons sont vidés, les tonneaux et les barriques.

Et il me reste quelques boîtes à ouvrir, des caisses, des paquets et des valises, et de beaux coffres en bois dur cerclés d’acier.

J’ouvrirai le coffret des amertumes, je ferai l’inventaire du contenu des caisses de souffrances et des valises de chagrins et de blessures, j’établirai la liste exécrable des paquets de douleurs, et je sortirai de leurs boîtes les outils tranchants des désespoirs.

Et toi, voyageur émerveillé des belles lumières, amateur de beaux nuages, buveur de jouissances, chantre des illusions, admirateur des matins calmes, as-tu déjà ouvert ton ultime valise ?

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