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Jean C. Baudet

Articles récents

Heidegger et l'oubli de l'Etre

17 Septembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Que veut dire Heidegger avec « l’oubli de l’être » ou, mieux, « l’oubli de la question de l’être », et pourquoi ne l’a-t-il pas dit clairement, comme on définit de manière univoque et compréhensible tout étant ? Parce que, justement, Heidegger a découvert la différence radicale entre l’être et les étants, entre les choses et la source jaillissante qui donne l’être aux choses qu’il appelle « étants », puisqu’elles sont, en effet. Le terme « être » renvoie à un concept plurivoque, et il faut (au moins) distinguer « l’ensemble des choses » et « l’origine de l’ensemble des choses ». Mais était-ce vraiment oublié, comme le prétend Heidegger, par Platon, par Aristote, et dès lors par toute la métaphysique occidentale ? L’ « être en tant qu’être » d’Aristote (to on è on) est-il vraiment de moindre qualité philosophique que le « Sein » de Heidegger, ou que la physis des philosophes présocratiques, qu’il admire tant ? Ou bien toute tentative d’explicitation de l’oubli de l’être serait-elle vouée à l’échec, par nature même de cet oubli, et le philosophe allemand refuse-t-il l’emploi de mots trop simples pour expliquer une conception trop complexe, trop mystérieuse, trop impénétrable, inaccessible à l’esprit humain, et faut-il parler de l’être (et a fortiori de l’oubli de l’être) en évitant la simplicité, qui enlèverait l’aura de « profondeur » (inaccessible aux hommes vulgaires non philosophes) à l’être, à propos duquel « il faut se taire », et l’être dans son acception heideggérienne devient-il alors comme les dieux auréolés de mystère des devins et des théologiens, dont on ne parle qu’en chuchotant ?

Les mots de la tribu sont-ils insuffisants pour dire aux hommes qu’il y a des choses, que ces choses « existent », et qu’on ne sait ni comment ni pourquoi ? Et d’ailleurs, comment Heidegger sait-il que l’être est « voilé », et que vaut le dévoilement qu’il nous propose, et qui est l’Art et la Poésie, autrement dit l’imagination inspirée, autant dire la révélation par une entité invisible – ce que les penseurs moins avancés que Heidegger appellent un ange ou un dieu ? Heidegger et ses émules disséquant le Dasein (l’être capable de poser la question de l’être) ou Aristote et ses successeurs observant la « nature » (un ersatz de l’être) : qui a raison ?

Heidegger, dans une œuvre abondante et superbe, ne pose-t-il pas, au fond, la question fondamentale de l’opposition entre le matérialisme et les idéalismes, entre une pensée qui ne trouve le « spirituel » nulle part et une conception qui invente des dieux et des valeurs (des êtres mystérieux) pour répondre aux angoisses de l’ignorance, non pas de ce qui est, mais de ce qui va advenir ? Car que révèle le « dévoilement de l’être », sinon des souffrances inéluctables qui, quoi qu’on fasse, finissent par nous assaillir ? Heidegger use d’un euphémisme pour définir l’homme un « être-pour-la-mort », c’est « être-pour-souffrir » qu’il fallait dire.

Heidegger en arrive à opposer l’Art et la Technique. Ici, je le rejoins tout à fait, avec ma propre terminologie, quand j’oppose la Culture à la STI (science-technique-industrie). Ce sont bien deux modes d’être pour le Dasein. Mais je pense – vilipendé, bien sûr, par tous les croyants, plus ou moins heideggériens – que l’Art est une illusion, un divertissement qui nous fait oublier l’être, et que c’est la Technique qui nous dévoile l’être, dans sa hideuse réalité. L’homme a beau passer sa vie au concert, au musée ou au bordel, il finit toujours dans un cercueil, après une agonie plus ou moins longue. Platon, Aristote et Heidegger sont morts.

Une vidéo de l'auteur à la librairie Filigranes, à Bruxelles :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Sur les Flamands et les Wallons

16 Septembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Belgique

Sur les Flamands et les Wallons

Dans mon ouvrage A quoi pensent les Belges ? (Jourdan, Bruxelles, 361 pages), je propose une analyse de l’évolution de la vie « intellectuelle » en Belgique, pointant évidemment la question linguistique, puisque, en Belgique comme ailleurs, on pense avec les mots de la tribu. Lors de l’accès à l’indépendance des Belges, en 1830, ceux-ci parlent soit le français, soit des patois ou dialectes flamands, brabançons, limbourgeois, wallons, picards… En simplifiant, on peut nommer trois langues vernaculaires principales (français, flamand, wallon) et une langue véhiculaire (français). Donc trois communautés principales – française, flamande, wallonne –, si l’on veut bien entendre par « communauté » tout groupe humain dont les membres peuvent communiquer, grâce au partage d’un même idiome.

Voici un extrait de mon livre, où il est question de l’écrivain Eugène Baie (1874-1863), né à Anderlecht (Bruxelles), et plus particulièrement de son étude L’épopée flamande, parue en 1903.

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Dans cet ouvrage, l’auteur propose une relecture émue de l’histoire, pour assister à la formation de la Flandre, en remontant jusqu’aux temps préhistoriques, ce qui est justifié comme suit : « C’est pendant qu’un peuple se conforme à la brutale empreinte de son milieu d’élection que sa façon de sentir nous apparaît avec le plus de relief ». Et de conclure : « comme le Flamand s’est dégagé, peu à peu, du Conquistador germain, la Flandre s’est dégagée de l’océan ».

Les conceptions de Baie conduisent à une vision de la Belgique du début du XXe siècle diamétralement opposée à celle, par exemple, d’un Edmond Picard. « Définitivement », affirme Baie, « les petites civilisations de la Flandre, de la Wallonie et, en fin de compte, de la Néerlande avortent dans l’impossibilité où elles se trouvent de concilier leurs énergies ou de discerner les moyens d’y réussir ». Il y a décidément, ajoute-t-il, « dans les provinces belges, deux races entre lesquelles se consomme un irréductible divorce de mœurs, de caractères, de langues ». Et il précise : « de souche germanique, la race flamande virile, combative, réfléchie, conserve, de ses jours de splendeur, une langue et des traditions ; d’essence latine, la race wallonne laborieuse, versatile, prompte à l’enthousiasme, a trop souvent cédé aux dépens de ses intérêts à la générosité de ses impulsions émotives. Leur génie s’est d’ailleurs traduit différemment : l’énergie du Flamand, expansive et panthéiste, s’est figée sur la toile, en la violence du geste ; la frivolité du Wallon, imaginative et primesautière, accessible à toutes les subtilités élégantes des Latins, s’est énoncée musicalement en la grâce des fioritures. Des origines, des sensibilités (… diverses font que…) la constitution du pays est fondée sur une compétition d’intérêts ».

Une telle présentation peu nuancée des Flamands et des Wallons serait considérée aujourd’hui comme un « cliché ». Il est intéressant de savoir, me semble-t-il, que le cliché date de plus de cent ans.

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Les inventions qui changerent le monde

12 Septembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Technique, #Science

Les inventions qui changerent le monde

Si l'on prend le terme "culture" dans son sens le plus large, il désigne l'ensemble des productions intellectuelles d'un groupe humain. Les productions matérielles ne se distinguent pas selon les groupes, tous les hommes produisant du gaz carbonique, de la sueur, de l'urine et des excréments. Exemples de productions intellectuelles ou culturelles : les chapeaux pointus des Chinois, les frites à la mayonnaise des Belges, les mosquées des musulmans, la poésie des diverses communautés linguistiques, la biologie moléculaire des Américains, la musique des compositeurs allemands, le structuralisme des intellectuels français freudo-marxistes... Pour déterminer si "toutes les cultures se valent", il faut donc comparer l'impact sur l'Humanité des diverses innovations nées au sein des diverses cultures. Dans mon livre Les plus grandes inventions (La Boîte à Pandore, Paris), j'ai étudié une centaine d'inventions et de découvertes suffisamment importantes pour avoir changé la condition de vie des hommes. On ne peut nier l'importance, pour la vie même des êtres humains, de la découverte de la domestication du feu, ou de l'invention d'Internet, ou de l'invention du chemin de fer.

Les innovations les plus décisives, celles qui contribuèrent au processus d'hominisation (passage très lent, et en fait inachevé, du passage de la bête à l'homme), sont les plus anciennes, et on ne connaît pas les inventeurs : outil, feu, langage, agriculture, écriture... Quant aux inventions les plus récentes, il faut bien admettre qu'elles furent faites en Europe, en Amérique du Nord et au Japon. Il est étonnant de remarquer que, pendant l'Antiquité, les Grecs inventèrent beaucoup et les Romains inventèrent fort peu. Par innovation, j'entends les inventions et découvertes scientifiques et techniques, les seules qui influencent les conditions de vie (c'est bien le cas de l'imprimerie, de l'avion, des antibiotiques, etc.). Les "innovations" artistiques et littéraires n'ont pas ce pouvoir de "changer le monde", et les inventions de la symphonie, de la peinture abstraite, de la prose poétique, du surréalisme, du dodécaphonisme, du roman policier, aussi admirables et surprenantes furent-elles, n'ont en rien changé la vie des gens.

Alors, pour savoir si "toutes les cultures se valent", il faut, débarrassé de tout préjugé, libéré de toute idéologie, évitant tout sentimentalisme, écouter sereinement les enseignements de l'Histoire.

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Sur les origines des religions

9 Septembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Religion, #Philosophie

Mon article "Les origines des religions" vient de paraître dans la livraison de septembre 2015 de la Revue Générale (150ème année). Toute religion est un phénomène culturel qui comporte obligatoirement trois éléments : une liturgie (un ensemble de rites), un dogme (un ensemble de mythes) et un clergé (un ensemble de prêtres). Toute religion est un phénomène cognitif, puisque son développement historique implique, chez les soumis ou fidèles, la croyance au sacré.

L'analyse épistémologique et anthropologique montre que le fait religieux remonte à la Préhistoire, et que les rites sont antérieurs à l'invention du langage (période gestuelle), que les mythes se formèrent (période verbale) ensuite, et que les clergés ne se constituèrent qu'avec les premières organisations sociales (fin du Paléolithique), en rapport avec l'invention de l'institution royale.

La question est de comprendre comment des êtres humains en sont arrivés à accepter, avec une insistance qui peut aller jusqu'au fanatisme massacreur, des "vérités" invérifiables. Une tentative de réponse est proposée en considérant que le fait de la croyance apparaît dans les sociétés archaïques, alors que la raison est encore inhibée par l'émotivité, notamment par l'angoisse existentielle.

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Jacques Van Rillaer et l'agressivité

28 Août 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Psychologie

Hier, à la Bibliothèque Royale (Bruxelles), je termine la lecture de l’excellent livre de Jacques Van Rillaer (psychologue belge) : L’agressivité humaine. Ouvrage bien pensé, bien écrit, bien documenté, basé notamment sur les travaux de Freud et de Mounier (l’auteur du Traité du caractère), mais aussi de Frederik Buytendijk, Konrad Lorenz et beaucoup d’autres. L’auteur expose avec finesse la complexité de la question, et en particulier l’insuffisance de l’explication biologique, ce qui conduit à une sévère critique des tentatives d’expliquer l’agressivité chez les humains en se basant sur les données de la psychologie animale et de l’éthologie. Il me paraît évident que la comparaison entre un lion qui agresse une antilope et un voyou qui incendie une école est sans fondement. La complexité du système nerveux et des facultés mentales qui en dépendent est telle, chez l’homme par rapport à l’animal, que l’on peut penser que l’agressivité si répandue au sein de l’Humanité trouve ses sources plus dans des facteurs socioculturels que dans un hypothétique instinct de destruction.

Mais l’auteur nous prévient avec pertinence que la question de l’agressivité interfère inévitablement (comme toujours dans les sciences humaines) avec les positions idéologiques, la droite ayant tendance à accepter l’idée d’une agressivité innée, la gauche favorable à celle d’une agressivité acquise. Le débat est ancien : l’homme est-il bon ou mauvais par nature ?

Van Rillaer propose une intéressante typologie des hommes par rapport à l’agressivité. Il y aurait les bourgeois, les fascistes et les gauchistes. Le bourgeois est possédé par l’avoir ; le fasciste est possédé par le dévouement à un ordre souverain ; le gauchiste est possédé par sa croyance d’être investi de la mission de redresser le cours de l’Histoire. D’où une agressivité faible, réactive, chez le bourgeois, qui ne vise qu’à sa tranquillité. Et deux agressivités fortes, actives, chez le fasciste et le gauchiste « qui ne reculeraient devant aucune hécatombe pour établir la Société juste ». L’ouvrage de Van Rillaer a été publié en 1988. A une époque où le terrorisme des fascistes et des gauchistes n’étaient que d’aimables plaisanteries par rapport au terrorisme islamiste d’aujourd’hui, 27 ans après ! Il n’y a aucune commune mesure entre les massacres de l’OEI et des autres groupes islamistes et les attentats des CCC (Cellules communistes combattantes). Et quand on veut bien écouter attentivement les discours de l’islam radical, avec des projets de génocides des juifs et des mécréants, on doit se demander, au-delà des interrogations académiques sur l’agressivité, quelle sera la situation de l’Humanité dans un nouvel intervalle de 27 ans ?

Je retiens de la brillante analyse de Van Rillaer que les agressivités les plus violentes et les plus dangereuses sont liées à l’aveuglement d’une croyance, qui conduit au fanatisme : fascisme, gauchisme, écologisme, islamisme… Et comme les croyances se répandent bien plus vite que l’esprit critique, je m’interroge sur l’avenir d’une espèce qui a inventé le saxophone, le macramé, la moussaka et la mitrailleuse. Et la psychologie.

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Les penseurs de la Technique (liste incomplete)

22 Août 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Technique

J’ai proposé une philosophie de la Technique dans mon livre Le Signe de l’humain (L’Harmattan, Paris). Ce travail est basé sur les ouvrages des philosophes, sociologues et historiens suivants.

1787 02 27 -1879 01 10 Bigelow, Jacob

1800 -1875 Willis, Robert

1818 05 05 -1883 03 14 Marx, Karl

1844 05 23 -1922 02 24 Espinas, Alfred

1860 -1922 Du Bois-Reymond, Alard

1861 12 15 -1941 Duplan, Jean-Léopold

1873 11 04 -1940 08 15 Zschimmer, Eberhard

1878 07 22 -1956 09 26 Fèbvre, Lucien

1882 03 02 -1951 11 03 Turrettini, Fernand

1883 05 09 -1955 10 18 Ortega y Gasset, José

1884 06 30 -1966 04 12 Duhamel, Georges

1889 09 26 -1976 05 26 Heidegger, Martin

1891 08 04 Engelhardt, Viktor

1895 10 19 -1990 01 26 Mumford, Lewis

19?? Beaune, Jean-Claude

19?? Ebacher, Roger

19?? Fallot, Jean

1905 01 02 -1983 Ducassé, Pierre

1909 -1998 10 17 Russo, François

1910 12 19 -1984 03 18 Daumas, Maurice

1916 02 26 -1990 11 Laloup, Jean

1916 10 08 -2006 04 13 Gies, Joseph

1917 11 22 -1995 12 06 Kranzberg, Melvin

1920 03 29 -1980 11 30 Gille, Bertrand

1921 09 07 -2007 11 26 Ladrière, Jean

1923 10 05 -Barbour, Ian G.

1924 06 26 -Axelos, Kostas

1924 10 02 -1989 02 07 Simondon, Gilbert

1925 Florman, Samuel C.

1929 04 27 Beck, Heinrich

1929 06 18 Habermas, Jürgen

1929 06 29 McLean, George F.

1932 03 23 Lenk, Hans

1932 05 14 Bernstein, Richard J.

1933 03 23 Ferré, Frederick

1933 07 06 Durbin, Paul T.

1933 11 15 -2011 07 05 Roszak, Theodore

1934 Ihde, Don

1941 Mitcham, Carl

1944 05 31 Baudet, Jean C.

1946 03 29 Hottois, Gilbert

1946 07 28 Banse, Gerhard

1947 04 13 -1997 01 Druet, Pierre-Philippe

1947 06 22 Latour, Bruno

1948 Coriat, Benjamin

1951 Zuboff, Shoshana

1952 Hubig, Christoph

1954 Gingras, Yves

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Marcel Detiège et les controverses scientifiques

19 Août 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Science, #Epistémologie

Marcel Detiège et les controverses scientifiques

J'ai publié Les plus grandes controverses de l'histoire de la science (éditions La Boîte à Pandore, Paris) en début d'année. La Lettre de l'AEB du mois d'août (Association des Ecrivains belges) contient un article critique de Marcel Detiège de cet ouvrage, critique qui résulte d'une lecture attentive et compréhensive.

Voici la conclusion de notre confrère : "cet ouvrage de Jean C. Baudet est riche en informations épistémologiques ; en exposés très complets sur les principales découvertes de la science ayant entraîné des controverses concomitantes ; ainsi qu’en vues personnelles sur l’avenir de la recherche scientifique. Enfin, cet ouvrage est écrit dans un style à la fois agréable et exact."

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La Cuisine source de la Technique

14 Août 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Cuisine, #Technique

La Cuisine source de la Technique

Le primat de la Technique est l'intuition première de ma philosophie, que l'on appelle "éditologie". J'ai donc consacré trois livres à une analyse critique de la Technique : De l'outil à la machine (Vuibert), De la machine au système (Vuibert) et Le signe de l'humain (L'Harmattan). Mon travail sur cette question commence en 1978 (fondation de la revue Technologia), avec un double constat : 1° la nécessité universelle de la technique ; 2° la faible présence du fait technique chez les philosophes et chez les historiens. Le primo est évident : il existe des populations sans art, sans religion ou sans philosophie, mais il n'existe pas de population sans technique !

L'analyse des origines historiques et psychologiques du fait technique montre à l'évidence que l'invention de la technique, c'est-à-dire des outils (bâton à fouir, pierre taillée, langage, feu...), a pour objectif la satisfaction des besoins nutritionnels : la cuisine est la première technique ! L'homme est le seul animal qui utilise des outils pour acquérir et préparer ses aliments. Il fallait dès lors que j'achève mon travail par une étude historique de la cuisine, ce que j'ai fait dans mon livre Histoire de la cuisine (Jourdan, Bruxelles). La Civilisation a commencé par la cuisine !!! L'homme à d'abord cherché des racines comestibles avec un bout de bois et découpé de la viande avec une pierre tranchante avant de composer des symphonies, d'observer les étoiles et d'inventer les dieux !!!

Mais on trouve toujours des contradicteurs. Pour nier que la cuisine est à la base de toutes les cultures, il faudrait aller jusqu'à ignorer que l'homme possède un tube digestif !

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Histoire des religions et de la philosophie

12 Août 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Religion, #Histoire

J'ai publié cinq livres d'histoire des religions et de la philosophie.

- Curieuses histoires de la pensée - Quand l'homme inventait les religions (Jourdan),

- Histoire de la pensée de l'an Un à l'an Mil (Jourdan),

- La vie des grands philosophes (Jourdan),

- A quoi pensent les Belges ? (Jourdan),

- Les agitateurs d'idées en France (La Boîte à Pandore).

Je prépare un histoire générale de la philosophie, qui sera sans doute mon dernier travail.

J'ai également publié trois livres de philosophie pure, et plus d'une vingtaine de titres d'histoire de la science, de la technique et de l'industrie (STI). Il m'a semblé qu'il fallait savoir comment ont pensé les autres (du moins les plus grands philosophes et scientifiques) avant de prétendre penser par soi-même. J'ai spécialement étudié la pensée en France et en Belgique, parce que le français est ma langue paternelle et que je vis en Belgique. Malgré le caractère fort modeste de la pensée chez les Belges.

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Les plus grandes entreprises

11 Août 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Technique

Les plus grandes entreprises

Mon livre Les plus grandes entreprises vient de sortir de presse (éditions La Boîte à Pandore, Paris, 319 pages). Il s'agit d'une histoire de l'industrie (de 1800 à nos jours) présentée sous la forme d'une suite d'historiques d'une cinquantaine d'entreprises majeures, ayant joué un rôle décisif dans l'évolution récente de l'Humanité. Depuis la compagnie américaine Du Pont (fondée en 1802) jusqu'à la société Google, en passant par Bayer (1863), Samsung (1938), Microsoft (1975)... Outre l'intérêt de connaître la biographie de grands entrepreneurs (Siemens, Edison, Ford, Boeing, etc.), c'est l'occasion de réfléchir au concept "entreprise" et d'examiner les rapports entre production, travail, innovation et technologie. Bien que j'aie rassemblé une bibliographie assez importante, force est de constater que l'histoire de l'industrie et des entreprises est relativement moins fréquentée que les autres chapitres de l'historiographie : histoire politique et militaire, histoire de la littérature, histoire de l'art, histoire sociale... C'est comme si les historiens et le public s'intéressaient davantage aux destructions, aux massacres, aux guerres, aux invasions et aux génocides en étudiant Charlemagne, Napoléon, Staline qu'aux réalisations d'Edison (qui invente la lampe électrique), de Bell (qui invente le téléphone), de Nestlé (qui invente la farine lactée pour jeunes enfants). Les lecteurs de livres sont davantage fascinés par les destructeurs que par les producteurs. N'est-il pas plus glorieux de tuer quelques millions d'hommes dans le Goulag que de fabriquer des millions d'ordinateurs (Hewlett-Packard) ou de téléphones portables (Nokia) ?

En tout cas, que l'on aime ou qu'on n'aime pas, quelle que soit l'idéologie à laquelle on adhère, il faut bien l'admettre : ces entreprises changèrent le monde !

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