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Jean C. Baudet

Articles récents

Pour ou contre l'humanisme ?

6 Décembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Humanisme

Si l’on accepte l’humanisme, c’est-à-dire la vénération de l’humain, il faut bien attribuer une certaine « valeur » à tous les hommes, y compris les plus misérables. On peut même aller jusqu’à prétendre, nonobstant les spectacles décourageants de l’Actualité et de l’Histoire, que « tous les hommes se valent », et que donc « tous les hommes sont égaux ». Je dois avouer que j’ai du mal à accepter une telle affirmation péremptoire, mais il est vrai que je ne suis pas humaniste. J’ai la faiblesse (ou la lucidité ?) de ne pas égaler Joseph Jongen à Ludwig van Beethoven, et de ne pas mettre dans le même rayon Léon Ollé-Laprune et Arthur Schopenhauer (ou Alain Badiou et Gaston Bachelard)… Mais si j’arrive, quoique difficilement, à admettre, pour devenir politiquement correct, que tous les hommes, malgré leurs évidentes différences génétiques, morphologiques, psychologiques, linguistiques et culturelles, ont la même valeur, je ne peux pas me résoudre à admettre que toutes leurs idées se valent ! Le spectacle bariolé, pittoresque et passionnant de l’histoire des mythes et des religions, de l’histoire de la philosophie et des idéologies, de l’histoire de la science, montre à l’évidence, avec mille et mille exemples, que toutes les idées que produit l’esprit humain (ou qu’élaborent les réseaux neuronaux du système nerveux des hommes et des femmes) correspondent à toute la gamme qui va de l’abjection ou de la sottise au remarquable et au sublime. Si tous les hommes se valent, toutes leurs idées ne se valent pas ! Et il y a loin des mythes et des anathèmes de la pensée archaïque aux théorèmes (et aux blasphèmes) de la modernité.

Mais alors, si toutes les idées ne se valent pas, s’il y a par exemple progression du géocentrisme des Anciens à l’héliocentrisme des Modernes, il faut avoir le courage de comparer les systèmes de pensée, de ne pas faire d’amalgames, et d’oser la discrimination. Du courage ? Certes, il en faut pour penser (penser, c’est reconnaître les différences) parmi les foules soumises aux traditions, plus ou moins « sacrées », et qui vont jusqu'au terrorisme pour imposer leurs idées. Il faut par exemple oser comparer les religions, et déterminer celles qui sont le plus archaïques. Car si l’humanisme est l’honneur de l’esprit humain, si la grandeur de l’homme réside dans sa pensée, encore faut-il ne pas penser n’importe quoi ! Penser, c’est distinguer et choisir.

Pour info :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Humanite et Technique

2 Décembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Technique

Je voudrais consacrer ma chronique d’aujourd’hui (en ces temps de misère) à l’humanité, en rappelant d’abord qu’il ne faut pas confondre « humanité » (concept qui est l’ensemble des caractères qui distinguent l’homme de l’animal) et « Humanité » (objet observable qui est la totalité des hommes passés, présents et à venir). Le caractère le plus spécifique de l’homme, originaire et donc essentiel, est la Technique. Avant d’être un animal politique (Aristote) ou un roseau pensant (Pascal), ou un être qui rit (Rabelais), ou un étant chez qui l’existence précède l’essence (Sartre), l’humain est un singe capable de concevoir, de façonner et d’employer des outils. Tous les anthropologues s’accordent pour admettre que l’outil a été inventé bien avant l’invention du langage et donc de la pensée, de l’organisation sociale, de la culture… Il faut donc concevoir qu’au cours de l’évolution biologique des Primates (qui correspond spécialement à la complexification orthogénétique du système nerveux central, c’est-à-dire de l’intelligence), un moment critique est advenu (avant même l’apparition des espèces du genre Homo) où l’intelligence a atteint un degré suffisant permettant la conception d’outils, et cette intelligence, capable de s’intensifier, explique que l’on assiste, tout au long de la Préhistoire puis de l’Histoire, à un progrès technique constant. Il serait puéril de prétendre qu’il n’y a pas progrès de l’industrie lithique acheuléenne à la remarquable diversité des outils des Magdaléniens, ou que le progrès n’existe pas quand on passe du téléphone fixe d’Alexander Graham Bell aux smartphones actuels !

La définition de l’homme est donc claire : c’est une bête technicienne. Non pas un animal qui construit des nids (comme les oiseaux), toujours immuablement identiques, mais un animal dont l’intelligence est suffisamment développée pour concevoir sans cesse de nouvelles améliorations : pompe à feu (Savery), machine atmosphérique (Newcomen), machine à vapeur (Watt), moteur à explosion (Lenoir), moteur à allumage par compression (Diesel)… Les araignées, il y a mille ans, faisaient des toiles comme aujourd’hui, mais il ne reste plus grand-chose de l’outillage du Xème siècle !

Après l’invention de la Technique, c’est-à-dire le commencement même de l’Humanité, l’homme inventera les langues, imaginera des rites et des mythes, fondera les organisations sociales avec l’institution de la royauté et des religions, et développera la philosophie, puis la science, puis la technologie.

Quelle belle aventure ! Quel magnifique accomplissement ! Parce que son plus lointain ancêtre, à l’aspect encore si simiesque, a eu l’intelligence de frapper un caillou avec un autre caillou, obtenant l’innovation absolue d’un tranchant, l’homme a inventé des moyens de plus en plus perfectionnés pour se nourrir (pour vivre) et des systèmes de plus en plus complexes pour faire « vivre ensemble » des milliers, puis des millions d’individus. L’homme technicien a inventé des utilités, puis des futilités qui l’enchantent, le vin et les saucisses, la musique et la danse, la poésie et les romans, l’alpinisme et le tourisme en avion, la bicyclette et les chapeaux, le rock and roll et les sextoys.

N’est-ce pas admirable ? C’est l’outil – le marteau et l’enclume – qui distingue les espèces humaines des espèces animales. C’est en voulant progresser que l’Humanité s’est libérée – partiellement – des fatalités de la Nature. Même les technophobes les plus obtus n’échappent pas au primat de la Technique ! Pour rejeter le « système technicien » (Ellul), la « société de consommation » (Baudrillard), le « système militaro-industriel » (Illitch), ils utilisent quand même la Technique, diffusant leurs idées par l’imprimerie, la radio, la télévision… L’idéalisme n’est pas à une contradiction près !

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Le climat, l'islam, la Civilisation

25 Novembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Islamisme

Je le dis et le répète depuis plusieurs années : il y a deux dangers mortels qui menacent la Civilisation, la pollution et l’islamisme. Qui sont les effets les plus alarmants de l’explosion démographique, car d’une part la pollution est évidemment une conséquence inéluctable de l’augmentation des êtres humains – et l’on sait maintenant que la pollution atmosphérique par les gaz à effet de serre (dont le CO2 expiré par les hommes) conduit à des catastrophes de plus en plus meurtrières –, et d’autre part l’islamisme se développe au sein de populations où la natalité est forte mais où l’accès à l’éducation est très limité. Je le disais déjà en 2011 : « la démographie explosive est la grande menace. Plus que jamais, l’homme est le pire danger pour l’homme » (J.C. Baudet : Curieuses histoires des inventions, Jourdan, Bruxelles, p. 10).

Seules les populations qui auront su se prémunir contre les invasions et qui auront maintenu une capacité suffisante de production d’énergie nucléaire (dont la production ne libère pas de CO2) auront une chance de survivre dans une atmosphère surchauffée, sur une Terre ravagée par les prolifiques et parcourue par des terroristes islamistes toujours plus nombreux et qu’il sera de plus en plus difficile de combattre. Ces populations rescapées seront-elles encore porteuses de la pulsion civilisatrice basée sur la pensée libérée des fantasmes et des superstitions, ou seront-elles dominées par la non-pensée de l’obscurantisme, du fanatisme et de la barbarie. L’Humanité doit-elle se préparer à un Nouveau Moyen Âge ?

Mais faut-il se soucier de l’avenir de l’Humanité, et de la Civilisation qu’elle a eu tant de peine à construire ? Car au temps de Lavoisier, de Dalton, de Hegel, de Mozart et de Beethoven, peu nombreux étaient ces « grands hommes » par rapport au milliard d’êtres humains vivant alors sur la Terre, et aujourd’hui, sur les 7,5 milliards d’hommes, peu nombreux sont encore les scientifiques, les politiques avisés, les artistes créateurs, les écrivains travaillant « pour l’honneur de l’esprit humain » !

Je n’ai pas d’argument autre qu’esthétique pour prévenir du risque de régression civilisationnelle, et pour inciter les « hommes de bonne volonté » à lutter contre l’accroissement dangereux des humains. Que m’importe la « fin du monde », puisque de toutes façons je vais le quitter bientôt ? Mais s’il fallait vraiment chercher un « sens de la vie », s’il fallait s’engager pour un « but de l’existence », il me semble que je choisirais la démocratie plutôt que la théocratie, l’égalité juridique des hommes et des femmes plutôt que l’oppression des plus vigoureux, la recherche scientifique libre plutôt que l’endoctrinement religieux ou idéologique, la liberté d’entreprendre et si possible de s’enrichir plutôt que les limitations haineuses du droit de travailler, la sécurité des corps et des biens plutôt que le laisser-faire, et pour tout vous dire, je choisirais le beaujolais plutôt que le thé vert, la saucisse de porc plutôt que le soja, Stravinsky plutôt que Maurane, les universités plutôt que les temples, le violon plutôt que la guitare (mais j’aime bien la guitare aussi), Julien Green à Amélie Nothomb, et l’astrophysique à l’astrologie.

Si vous n’acceptez pas les idées de ma chronique, si vous criez « l’amour pas la guerre » ou si vous placez toutes vos espérances dans les « énergies renouvelables » et dans le « vivre ensemble », alors je vous invite à penser. Considérez les courbes (croissantes), pour les cent dernières années, 1° de la population mondiale, 2° de la température moyenne de l’atmosphère, 3° du nombre des victimes du terrorisme islamiste. Et extrapolez pour les dix ans à venir !

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Une analyse philosophique du djihad

22 Novembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Religion, #Islamisme

Les tentatives d’explication du djihadisme contemporain par la doxa sont manifestement insuffisantes. A gauche, on retrouve les imprécations habituelles contre le « grand capital » et l’on présente les attentats des islamistes comme des épisodes de la lutte des classes. Ce sont des pauvres qui tuent des riches, et l’on n’hésite pas à faire des USA et de l’Occident les « responsables » du djihadisme. Entre parenthèses, je remarque que la doxa continue à appeler « pays riches » les Etats qui sont les plus endettés ! Le fameux complexe militaro-industriel responsable des tueries du 11 septembre, de Charlie-Hebdo et du Bataclan !!! A droite, on rend la gauche responsable de laxisme et d’angélisme, et l’on attribue le djihadisme nouveau (nouveau depuis quelques décennies, tout de même) à l’immigration massive et incontrôlée, qui fait venir sur le territoire des pays occidentaux des migrants nombreux, où l’élément musulman est largement majoritaire. La gauche ne veut pas voir le lien entre djihad et religion, quand la droite voudrait (espérons qu’elle se trompe) découvrir dans tout musulman un djihadiste qui s’ignore.

Les explications par l’économie, la sociologie ou la psychologie sont insuffisantes. Tous les pauvres ne massacrent pas au nom d’Allah ! L’origine sociale et le profil psychologique des djihadistes sont très divers, on trouve des musulmans de souche et des convertis récents à l’islam, on trouve des Arabes, des Russes, des Français, on trouve des hommes et des femmes. Les seuls points communs des combattants de la nébuleuse djihadiste, qu’on le veuille ou non, sont le goût de la violence spectaculaire et la référence à la religion mahométane.

Il faut donc aller au fond des choses, analyser les caractéristiques ontologiques de la condition humaine, et il faut étudier l’Histoire.

La notion de djihad remonte aux origines mêmes de l’islam, au VIIème siècle. Il s’agit du combat, de la lutte pour propager l’islam, par tous les moyens possibles, y compris par la force. On sait que l’irrésistible expansion de l’islam pendant les siècles qui ont suivi la mort de Mahomet s’est faite par l’épée, contrairement à l’expansion du christianisme qui, au début de son histoire, s’est faite par les discours. Du reste, la notion de « guerre sainte » est reprise par les chrétiens à la fin du XIème siècle, en réponse aux exactions commises contre les chrétiens par les musulmans à Jérusalem. Il résulte de ces données historiques irrécusables que le djihad est une idée religieuse, même s’il est évident que l’idée de combattre pour répandre une religion se mélangera à des motivations moins « spirituelles », économiques et politiques. Mais dans les multiples causes d’un fait humain (généralement complexe), il faut savoir distinguer la cause première, vraiment originaire, et les causes secondes.

D’où vient alors qu’une religion nouvelle détermine qu’il faut répandre cette croyance par la force des armes ? Il faut chercher dans les profondeurs de l’esprit humain, qui réagit selon les conditionnements locaux à la condition humaine de finitude. L’être humain est un être qui paraît dans le monde pour disparaître, mais avec la volonté (la poussée biologique) de persister dans l’être. Dès le développement du langage et de la conscience (il faut remonter à la Préhistoire), l’imagination invente une existence prolongée après la mort et s’attache fanatiquement à cette foi. C’est l’origine du fait religieux. Il appartient aux historiens d’essayer de comprendre pourquoi, par exemple, le Juif Jésus a voulu instaurer une foi nouvelle par la douceur alors que l’Arabe Mahomet a voulu imposer une foi nouvelle par la violence.

Reconnaître que le djihad est un élément constitutif de l’islam, et noter que les masses sont attachées souvent avec véhémence à leur religion, cela montre que les aventures d’Al-Qaïda, de Daech et des autres groupes islamistes ne sont que des péripéties dans la longue histoire des religions.

Il me semble que si l’on accorde une certaine valeur à la personne humaine, il faut combattre le djihad par les armes et aussi par la théologie. Peut-être les penseurs musulmans arriveront-ils à « moderniser » la notion de djihad, et à la débarrasser de ses appels à la violence. Est-ce se bercer d’illusions que d’espérer que bientôt les agnostiques pourront continuer de penser par eux-mêmes et que les croyants de toutes les religions pourront vivre leur foi dans la liberté, la sérénité et la fraternité ?

Une vidéo de l'auteur :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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La philosophie : recherche de l'Etre

20 Novembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

La philosophie n'est pas une simple soif de connaître, comme la botanique qui a l'ambition de déterminer la diversité végétale, ou comme l'astronomie qui compte les étoiles. Car à quoi bon connaître le nombre des galaxies ? La philosophie n'est pas une occupation, un passe-temps, une "discipline" comme le droit pénal ou l'entomologie. Elle est une question de vie ou de mort, c'est-à-dire de plaisir ou de malheur, et les Grands Anciens avaient raison de la définir comme la recherche du bonheur. Il faut, pour vivre, savoir si la vie vaut la peine d'être vécue, et on ne l'apprend ni en se pliant aux rites et aux mythes d'une tradition, forcément relative et disqualifiée par son historicité, ni en se fiant à des intuitions qui, fruits de l'imagination et de l'émotion, ont toutes les chances d'être des ruses de l'instinct vital. Doutant des traditions de la société dont il fait partie comme des sentiments qui lui viennent d'un corps poussé à persévérer dans l'existence, le philosophe cherche à connaître l'à-venir de cette existence, et très concrètement s'il va souffrir avant la mort (la réponse est manifestement oui) et après la mort (c'est ici que tenter de répondre conduit à des abîmes de difficultés).

Pour connaître l'à-venir, c'est-à-dire la condition humaine, les aléas probables de l'existence, il faut à l'évidence connaître tout ce qui existe vraiment, puisqu'un "aléa" ne peut provenir que de ce qui existe, de l'Être. Il faut admettre comme base de la réflexion cette évidence de la vie quotidienne : tout ce qui arrive à l'homme, plaisir ou souffrance, a son origine dans un extérieur au "moi", il peut s'agir du corps même (c'est le domaine de la médecine) ou des innombrables "choses". Depuis Aristote, la philosophie (étude de l'Être) se subdivise en ontologie (étude de l'Être en tant qu'être), cosmologie (l'Être en tant que monde), anthropologie (l'Être en tant qu'homme), théologie (l'Être en tant que source - réelle ou illusoire ? - des traditions religieuses).

Le premier texte nous étant parvenu tentant une étude de l'Être est le Péri physéôs de Parménide d'Elée (vers 475 a.c.), dans lequel l'auteur réfléchit aux rapports entre être et néant (non-être) et arrive à la conclusion que l'Être (le Réel) est rationnel, connaissable par la raison humaine, et qu'il est inengendré, immuable, impérissable, immobile, sans vides et homogène. Ce résultat du "rationalisme", manifestement contraire à l'expérience, montre l'insuffisance du travail logique (logos : raison) pour connaître les choses. Ce sera Aristote, un siècle plus tard, qui montrera que la connaissance de l'Être nécessite que le raisonnement soit basé sur des observations (empirisme).

Depuis les Grecs, la réflexion philosophique est basée sur la dualité du moi et du non-moi, du sujet et de l'objet, de la conscience et du réel extérieur à la conscience (les réalités mondaines). Cette "scission dans l'Être" semble incontournable, et correspond à une opposition radicale entre une recherche qui part de l'objet (les physiciens de Milet, les atomistes, Aristote, les épicuriens, etc.), minoritaire dans l'histoire de la philosophie, et une recherche qui commence par une interrogation du moi, qu'il s'agisse de Socrate, de Descartes (cogito, ergo sum), de Kant, de Husserl, etc.

Pour ma part, j'ai entamé ma recherche, à la fin des années 1960, sur la base d'une double constatation : 1° l'oubli de la Technique par la philosophie contemporaine (malgré les travaux de Heidegger, d'ailleurs très ambigus), 2° le primat de la Technique dans le développement de la pensée humaine. La Technique (l'Outil), en effet, apparaît, dans l'histoire des espèces humaines, longtemps avant le Langage et donc la Culture !

L'étude critique des commencements de la Technique m'a montré l'insuffisance des épistémologies idéalistes (Popper, Bachelard, Kuhn...) qui n'ont pas analysé correctement le lien entre Technique et Science. Je rejoignais ainsi l'idée centrale du marxisme, que le moteur de l'Histoire est l'évolution des "moyens de production" (les outils et les machines). J'ai tenté ensuite de relier ce constat du primat de la Technique à une ontologie matérialiste et à une épistémologie néo-scientiste. La Science nous présente l'homme comme un tube digestif formé de cellules douées d'une "volonté" d'existence et de multiplication, accompagné par un réseau de cellules spécialisées dans la coordination intercellulaire (les neurones). Ainsi, l'homme est non seulement un "être-pour-la-mort" (Heidegger), c'est aussi un "être-pour-manger" (c'est-à-dire un animal) et un "être-pour-penser", et notamment pour penser ses souffrances. Cette vision matérialiste et scientiste me conduit à déterminer l'Être comme "totalité des étants" (avec ou sans conscience), dont il faut regarder l'existence et l'évolution comme des données factuelles, qu'il est peut-être vain d'interroger : l'Être est (Parménide) et l'Être devient (Hegel), voilà peut-être l'horizon indépassable de l'ontologie.

Une vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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L'histoire des ingenieurs belges

19 Novembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Technologie, #Belgique

L'histoire des ingenieurs belges

L'historiographie de la Belgique est très riche, et comporte de nombreux ouvrages sur les peintres belges, sur les princes et les princesses de Belgique, sur les politiciens belges, sur les écrivains belges, sur les chanteurs belges, sur les pédophiles belges, sur les dessinateurs belges de bandes dessinées, etc. Cependant, un peu de réflexion mène à comprendre que les Belges ne doivent pas leur existence aux peintres, aux princes, aux politiciens, aux écrivains ! Certes, Magritte, Léopold II, Paul-Henri Spaak, Verhaeren ont accompli, chacun dans leur domaine, des oeuvres gigantesques et admirables, mais la vie même des Belges dépend davantage des constructions matérielles (les routes, les ponts, des machines agricoles, des chemins de fer...) et de l'industrie, c'est-à-dire de la Technique, que des toiles de Rubens et de Matisse, ou des oeuvres d'Eugène Ysaye ou de Joseph Jongen ! Les ingénieurs ont "construit" la Belgique, donnant à son peuple eau potable, nourriture (ingénieurs agronomes) et infrastructures, les autres lui ont apporté des ornements (toiles peintes, récits captivants, discours politiciens...). Sartre le disait déjà : chez l'homme, l'existence précède l'essence. Avant de s'évader dans la littérature ou dans la musique, ou de s'adonner aux somptueux plaisirs de la recherche philosophique, l'homme (même le Belge) doit boire et manger. Le Belge a plus besoin de bière et de frites que de poésie, et l'on n'a ni frites ni bière sans ingénieurs... Le moteur de l'Histoire n'est pas la Culture, mais la Technique, les "moyens de production", et donc les ingénieurs. Marx le savait déjà.

J'ai donc consacré une partie de mes travaux d'épistémologie et d'histoire de la science à l'étude de l'évolution de la Technique et, très concrètement, j'ai publié trois livres sur les ingénieurs belges : Les ingénieurs belges (APPS, Bruxelles, 1986, épuisé), Histoire des sciences et de l'industrie en Belgique (Jourdan, Bruxelles), Les plus grands ingénieurs belges (La Boîte à Pandore, Paris).

Ces trois ouvrages constituent une contribution "matérialiste" à l'historiographie de la Belgique. Ils posent quelques graves questions, notamment celle-ci. La Belgique aura-t-elle suffisamment d'ingénieurs pour concevoir, réaliser et utiliser les moyens technologiques qui seront nécessaires pour affronter les défis de notre temps : énergies renouvelables, limitation des émissions de gaz à effet de serre, épuisement des ressources en métaux nécessaires pour les télécommunications, dispositifs de sécurité contre le terrorisme, le banditisme et la cybercriminalité, techniques de recyclage, médicaments adaptés aux nouvelles pathologies, méthodes de dépollution.

Une vidéo de l'auteur :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Melodie d'amour (poeme)

16 Novembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poème

En hommage à Henri Salvador, à René Descartes et au Bataclan.

J'aime les vins de la Bourgogne et tous ceux de Bordeaux / les fromages de tous les pays de France et le veau Marengo / j'aime le rire qui est le propre de l'homme selon Rabelais et j'aime "Charlie Hebdo" / j'aime André Citroën et Louis Renault / et les automobiles d'Armand Peugeot / et les seins de Brigitte Bardot / et j'aime Racine et j'aime Molière et j'aime Boileau / et la belle musique de Jean-Philippe Rameau / j'aime Descartes et Pascal et Denis Diderot / et Jean Rostand et Jacques Monod / et les paupiettes de veau / et j'aime Lavoisier analyste de l'eau et son collègue Louis Bernard Guyton de Morveau / j'aime Villon, Ronsard, Vigny, Nerval, Baudelaire et Rimbaud, et Hugo / et Apollinaire qui regarde couler l'eau / de la Seine et du temps / et j'aime Jean Cocteau / et la belle histoire de Jeanne d'Arc et l'histoire d'O / et puis les comédiens, les magiciens, les musiciens, Johnny Hallyday, Debussy et la mer, Ravel et son boléro, et Darius Milhaud / et Charles Trenet, Léo Ferré et Gilbert Bécaud / et celui qui jouait debout du piano, devant le Bataclan KO / et j'aime la Sorbonne et le Collège de France et l'Ecole Polytechnique et la tour Eiffel jusqu'en haut / et j'aime beaucoup la blanquette de veau / et le champagne, et un verre d'eau quand il fait chaud / et Niki de Saint Phalle et Raymond Queneau, avec Zazie dans le métro / et une soirée dans un resto / et j'aime Louis Pasteur et Alfred Velpeau / et j'aime le commissaire Antoine Navarro (depuis 1989) et le commissaire Julie Lescaut (depuis 1992) / et j'aime tout autant Frédéric Dard et San-Antonio / et j'aime le quai des Orfèvres et la place Beauvau / et j'aime Jacques Prévert et ses inventaires rigolos / et j'aime les soldats, les gendarmes et les policiers de France / et les nuages qui passent là-bas, les beaux nuages, tout en haut.

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Contre l'islamisme

14 Novembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Islamisme

Attentats à Paris le 13 novembre 2015 : plus de 120 morts, de nombreux blessés. Les "intellectuels de gauche" et les "poètes de l'Amour" comprendront-ils enfin que la France et l'ensemble du monde civilisé sont en guerre contre l'islamisme ? A vrai dire, on le sait depuis au moins les attentats aux USA du 11 septembre, mais de trop nombreux politiciens, journalistes, enseignants ne veulent pas admettre la cruelle vérité. Et l'ennemi n'est pas la seule Organisation de l'Etat Islamique, mais il y a aussi des Etats qui affichent les sourires de la diplomatie, qui siègent à l'ONU, mais qui malgré leurs discours hypocrites entretiennent et répandent l'idéologie djihadiste. Le monde de la pensée libre comprend-il enfin que pour gagner une guerre il faut des opérations militaires, qu'il faut accepter des batailles (avec des morts des deux côtés), qu'il faut la volonté de détruire avant d'être détruit ? Et qu'il faut chercher des alliés fiables, et cultiver la plus grande prudence avec des pays "amis" au double discours.

Plus de 10 morts en janvier 2015. Plus de 120 morts en novembre 2015. Combien en janvier 2016, combien en novembre 2016 ? Et avec une économie qui se dégrade, avec des destructions toujours plus catastrophiques (manifestations violentes de la lutte des classes, feux de forêts, inondations...), que sera devenue la France en 2017, lors des élections présidentielles ? Nous savions que les démocraties sont fragiles. Nous commençons à craindre qu'elles ne soient mortelles.

Une vidéo de l'auteur à la librairie Filigranes, Bruxelles :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Sur mes ennemis

12 Novembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Je pense, donc je suis entouré d'ennemis. Car la pensée (l'épistèmè) s'attaque à l'opinion (la doxa), et l'attachement à l'opinion engendre le fanatisme et la violence, au moins verbale. Moins elle est fondée, plus l'opinion est fanatique, le sentiment venant au secours de l'intelligence défaillante. Etant anti-religieux, parce que ma recherche m'a conduit à voir dans les religions des mystifications, des superstitions confortées par le pouvoir politique, j'ai plusieurs milliards d'ennemis, et pas seulement deux milliards de chrétiens et plus d'un milliard de musulmans. Etant anti-humaniste, parce que ma réflexion n'a trouvé aucune raison de sacraliser l'espèce de primates Homo sapiens, et que je considère que l'homme est une bête comme les autres - ce qui est bien prouvé par la bêtise de tant d'humains -, je suis honni par les humanistes, surtout par ceux de l'espèce "droits-de-l'hommiste". Etant anti-social, et donc anti-socialiste, car je ne trouve ni grandeur ni noblesse dans les foules qui hurlent, hordes animales qui ne sont que des troupeaux de mammifères, ne trouvant un peu d'honneur que chez quelques trop rares individus, je suis détesté par les hommes de gauche, par les maîtres-penseurs de la générosité fade, docilement suivis par les troupes endoctrinées de la compassion et de l'égalitarisme.

J'ai pour ennemis les prophètes, les prêtres, les pasteurs, les imams et les bonzes, et aussi la prêtraille laïque imbibée de marxisme, de freudisme littéraire, de messianisme et de pensée unidirectionnelle. J'ai pour ennemis les idéalistes de toutes les sortes - formant une véritable hydre à cent têtes - et je me rallie, partiellement du moins, à la logique désespérante d'Aristote, au matérialisme sans illusion de La Mettrie, de Marx (jeune), et même de Comte-Sponville, quand du moins il ne sombre pas, comme tant d'autres, dans les rêveries humanistes et dans le moralisme.

Je n'ai d'admiration que pour la recherche obstinée de l'Être (du Réel, pas des fantômes), et pour ces grands hommes, trop peu nombreux, qui cherchent dans la Science, qui construisent dans la Technique et qui produisent dans l'Industrie. Grands hommes détestés, vilipendés, persécutés par mes ennemis. Car mes ennemis n'aiment pas la réussite et tous ceux qui dépassent. Ils ont la haine de l'excellence, de ce qui aurait pu être l'honneur de l'Humanité.

Une vidéo de l'auteur à la librairie Filigranes, Bruxelles :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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La valeur des hommes

12 Novembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Humanisme

Tout le malheur de l'Humanité vient de ce que l'Elite est peu nombreuse, alors que la Masse est innombrable. C'est qu'il est plus facile de "produire" un homme quelconque (il suffit de neuf mois de gestation) que de "produire" un homme instruit. Et l'instruction a un coût, d'ailleurs considérable. Il faut douze ans pour obtenir un être analphabète mais capable d'utiliser un fusil ou une machette avec une certaine efficacité, mais il en faut de double pour obtenir un sociologue, un ingénieur, un journaliste d'investigation, un psychiatre ou un étruscologue. Tous les hommes ne se valent pas, n'ont pas la même valeur d'usage, et une société a besoin de sociologues, d'ingénieurs, d'ouvriers manutentionnaires, de poètes, d'historiens médiévistes, de conducteurs d'autobus, d'informaticiens, de boulangers, d'agriculteurs, d'humoristes, alors qu'elle n'a pas vraiment besoin d'assassins, de voleurs, d'escrocs, de prévaricateurs, et de prometteurs de beaux jours. Du reste, pourquoi les entreprises accordent-elles de plus hauts salaires à leurs ingénieurs et à leurs juristes qu'à leurs ouvriers manoeuvres, s'ils avaient la même valeur ? Classer les hommes d'après leur utilité sociale, voilà qui va étrangler d'indignation une bonne partie des humanistes. C'est que ces humanistes ne veulent pas observer le Réel. Faut-il vraiment leur rappeler qu'il est plus long et plus difficile de construire un palais que d'assembler quelques planches pour faire une cabane ? Et d'ailleurs, quelle est la valeur d'un humaniste qui pense par slogans ? Et ne voit-on pas les économistes se livrer à de complexes calculs pour comparer les productivités des Français et des Allemands, des Wallons et des Flamands, des Rwandais et des Burundais, des Coréens du Nord et des Coréens du Sud ? Bien sûr, je les vois venir les gauchistes amis du peuple égalitaristes et adorateurs du genre humain. Ils nous feront remarquer qu'il faut trente ans pour former un théologien. Mais a-t-on vraiment besoin de théologiens ?

Une vidéo de l'auteur à la librairie Filigranes, à Bruxelles :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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