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Jean C. Baudet

Articles récents

Michel Udiany et les mondes imaginaires

24 Septembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

C'est une excellente idée de consacrer un ouvrage aux mondes imaginaires, l'Atlantide, le pays de Cocagne, Sodome, Gomorrhe, le Jardin des Hespérides, etc. C'est ce qu'a réalisé Michel Udiany en publiant un livre intéressant et captivant, qui vient de paraître : "L'Histoire des mondes imaginaires" (Jourdan, Paris, 411 pages). Le style est vigoureux et viril, ainsi cette petite phrase (qui vaut son pesant d'épistémologie et d'herméneutique) : "Derrière un mythe se cache le plus souvent une majestueuse couillonnade". La documentation sur laquelle se base l'auteur est remarquable, exploitée sans pédanterie.

Le livre d'Udiany est d'abord une suite de récits (26 chapitres) qui, joyeusement, nous entraînent à rêver aux voyages d'Ulysse, à la grandeur et à la décadence des Atlantes, au périple des Argonautes. Mais il y a au fond du livre une "substantifique moelle", qui est l'occasion de réfléchir à l'élaboration des mythes. Qu'il s'agisse d'élaborer le mythe d'Adam et d'Eve, ou le mythe d'Ulysse et de Pénélope, ou le mythe du commissaire Maigret, toujours il y a à l'origine l'émotion et l'imagination d'un auteur (dont l'histoire a retenu ou a oublié le nom). Le mythe - mondes imaginaires ou autre chose - est ainsi la source à la fois des religions et des littératures. De deux "majestueuses couillonnades", pour employer le vocabulaire sonore de Michel Udiany.

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Pourquoi j'aime tant les ingenieurs

21 Septembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Ingénieur

J'ai publié trois livres consacrés à la profession d'ingénieur : "Les ingénieurs belges" (APPS, Bruxelles, 1986), "Introduction à l'histoire des ingénieurs" (APPS, 1987), et tout récemment "Les plus grands ingénieurs belges" (La Boîte à Pandore, Paris, 2014).

J'utilise le mot "ingénieur" non pour désigner, dans un sens juridico-administratif, les porteurs d'un diplôme d'ingénieur, mais pour noter un concept en éditologie. Le concept de STI (science-technique-industrie) implique trois concepts sociologiques dérivés, qui sont 1° les acteurs de la science (les "savants innovateurs", les "chercheurs qui ont trouvé"...), 2° les acteurs de la technique (les "ingénieurs"), 3° les acteurs de l'industrie (les "entrepreneurs", ou mieux les "patrons" pour tenir compte de l'analyse marxiste). L'ingénieur, au sens où je l'entends, est ainsi un double interface, épistémologique (entre la science et l'industrie, d'où l'expression commune de "sciences appliquées") et sociologique (entre le patronat et la classe ouvrière).

On notera d'ailleurs que les deux plus grands ingénieurs belges, qui ont véritablement "changé le monde", sont Lenoir (l'automobile) et Gramme (les courants électriques de forte intensité), et qu'ils n'avaient aucun diplôme. Mais il faut tempérer cette remarque. C'était des inventeurs du XIXe siècle, au tout début de la transformation de la technique en technologie. Aujourd'hui il paraît impossible, dans n'importe quel domaine de la STI, de faire une avancée significative, sans une formation scientifique suffisante.

L'idée que l'ingénieur est au centre de la STI et qu'il est "actif" a d'intéressantes conséquences éthiques. Dans une société avancée, les ingénieurs doivent organiser la production et la distribution des biens et services indispensables pour répondre aux besoins humains, et "répondre aux besoins humains" est l'acte éthique par excellence. Dans une société en régression (par exemple la France de François Hollande), la formation d'ingénieurs est remplacée par la formation d'experts en communication : les producteurs cèdent la place aux néo-sachems, aux néo-chamanes et aux prophètes du "tout ira mieux en augmentant le pouvoir d'achat et en diminuant le temps de travail".

L'ingénieur, héros éthique ? Oui. Et que l'on ne vienne pas me parler, avec des larmes dans les yeux, de la pollution ! Car pour lutter contre la pollution par les usines, il n'y a qu'un moyen : faire construire, par des ingénieurs, des.. usines de dépollution.

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Penser la Belgique avec Vincent Laborderie

19 Septembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Belgique

Le numéro 40 de la revue française de géopolitique "Outre-Terre" vient de sortir de presse ! Cette livraison de 394 pages, agrémentée de nombreuses cartes en couleur, est entièrement consacrée à la Belgique, sous le titre volontairement ambigu "(Dé)blocage belge". Orchestré par Vincent Laborderie (de l'Université Catholique de Louvain, à Louvain-la-Neuve), cet ouvrage rassemble de nombreuses contributions qui éclairent différemment la situation politique actuelle du royaume de Philippe, et je note parmi les contributeurs les presque inévitables, et très savants, Pascal Delwit (Université Libre de Bruxelles) et Dave Sinardet (Vrije Universiteit Brussel). Soit dit en passant, "vrije", en flamand, veut dire "libre". Il y a donc deux universités "libres" dans la capitale de l'Europe, ce qui est réjouissant si, comme je le suppose et l'espère, libre veut dire libéré de toute tradition religieuse et de tout préjugé idéologique !!! Ce n'est pas dans une université, même subventionnée par l'Etat, que l'on cultive une "Pensée Unique"...

Ce volume apporte vraiment une abondante matière pour aider à la compréhension de la Belgique, pays petit par sa taille et grand par sa complexité (et par les œuvres de certains Belges, voir mon livre "Les plus grands Belges", La Boîte à Pandore, 2014). Sont particulièrement intéressantes les interviews de politiciens effectuées par Laborderie : Jean-Luc Dehaene, Gérard Deprez, François-Xavier de Donnéa, Karl-Heinz Lambertz.

J'ai apporté à cet ouvrage une très modeste contribution (4 pages) intitulée "De l'âme belge à la belgitude". Malicieusement, l'éditeur a placé mon texte tout à la fin, ce qui fait que, s'agissant de la Belgique, le numéro 40 d'Outre-Terre se termine ainsi : "C'est en combinant un certain oubli de l'histoire, la forclusion de la Flandre littéraire et artistique, de même que la valorisation du dérisoire que l'intelligentsia belge de langue française s'est donné une spécificité, mi-réelle mi-rêvée". La Belgique ne serait-elle qu'un songe ?

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Pourquoi je suis si synthetique

18 Septembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Je travaille essentiellement en vue de la synthèse. Je n'ignore pas l'intérêt des détails, mais l'on s'y perd, et l'intérêt d'une bonne cuisine c'est la soupe, et pas les légumes. Je veux dire que l'esprit humain doit aller "au fond des choses" (Husserl) et que le sens de l'Être ("ce qui va m'arriver") se trouve dans sa structure (l'être de l'Être) et pas dans ses habits, aussi somptueux soient-ils (l'Art, notamment). Aussi le cœur de mon œuvre se trouve dans ma synthèse de la Technique, déclinée en 3 volumes : "De l'outil à la machine" (Vuibert, Paris), "De la machine au système" (Vuibert), "Le signe de l'humain - Une philosophie de la technique" (L'Harmattan, Paris). J'ai aussi tenté d'élaborer la synthèse des résultats de la pensée mathématique dans mon "Nouvel abrégé d'histoire des mathématiques" (Vuibert), la mathématique étant évidemment seconde logiquement et donc historiquement par rapport à la Technique (l'animal humain a façonné des outils avant de calculer). Ce n'est que pour des raisons circonstancielles que mon "Nouvel abrégé" est paru avant mes livres sur la Technique. Soit dit en passant, le travail de l'écrivain n'est pas d'écrire, mais de trouver un éditeur. Avant d'être "engagé" pour la bonne cause (Sartre), il doit être engagé par une maison d'édition.

J'ai tenté de pousser au maximum la recherche de la synthèse, et j'ai par exemple résumé l'Histoire Universelle en quelques portraits des plus importants personnages ayant influencé le sort de l'Humanité ("Les grands destins qui ont changé le monde", Jourdan, Bruxelles). Ainsi peut-on opposer Jules César (qui a su répandre la civilisation romaine jusque chez les Gaulois) à Napoléon, qui échoue piteusement à Waterloo. Et Hitler se synthétise dans ses erreurs stratégiques : n'est pas un conquérant qui veut !

Et, synthèse de la synthèse, je me suis imposé de chercher la substantifique moelle de la philosophie en repérant la quarantaine de penseurs vraiment créateurs, pour distinguer les philosophes qui comptent des philosofades qui commentent. Cela a donné les 40 portraits de "La vie des grands philosophes" (Jourdan) qui est une synthèse de l'histoire de la philosophie (et donc une bonne introduction, même pour les débutants, à la démarche philosophante).

L'historien est le spécialiste des analyses, quand le philosophe doit s'efforcer d'atteindre une vue synthétique de l'Histoire.

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Pourquoi je suis si simple

11 Septembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Moi

La philosophie est la recherche de la Vérité. Et la Vérité est "ce qui va m'arriver vraiment". Mon passé ne m'intéresse plus, puisqu'il est passé, et le passé de l'Humanité m'intéresse encore moins, si ce n'est à titre de curiosité et de divertissement (d'où mes livres d'histoire). L'égocentrisme de la philosophie est incontournable : un philosophe ne peut commencer à penser qu'à partir de lui-même, mais ce Moi qu'il examine dans l'introspection est aussi bien celui de n'importe quel homme que le sien propre : l'individualisme se dissout dans l'universel.

Que la Vérité soit mon futur se comprend alors aisément, puisque c'est dans l'avenir que je poursuivrai ma vie, avec les joies que j'espère encore et les souffrances que je redoute de plus en plus. J'ai cerné cette Vérité à venir, qui a sa zone de certitude et sa part de mystère. Je sais que, tôt ou tard, je vais souffrir, peut-être longuement et intensément, puis que je connaîtrai la mort, et après je ne sais plus rien : peut-être le néant, peut-être une seconde vie après la mort, dont je ne connais rien, mais qui pourrait être (pourquoi pas ?) infiniment plus douloureuse encore que ma vie terrestre. Depuis qu'il y a des philosophes, la philosophie a donc atteint, à la fois, la certitude des douleurs et l'ignorance du destin post mortem.

C'est extrêmement simple, et quiconque consentant à faire l'effort de se libérer de ses préjugés peut connaître tout le savoir philosophique en quelques minutes, en réfléchissant après avoir lu ce qui précède. C'est le message et la doctrine de Jean C. Baudet, en toute simplicité.

On comprend alors avec quelle ardeur et quelle férocité je me moque des poéticules qui nous parlent hautainement de l'indicible transcendantesque avec des airs supérieurs d'oracle et des philosophades qui nous embarrassent de leurs concepts creux, de leur "sens de la vie" d'un sentimentalisme abject, et de leurs phrases d'autant plus vides qu'elles sont plus longues. Car il ne faut pas se payer de mots, et la terminologie raffinée et subtiles des écoliers n'est trop souvent qu'un cache-misère qui masque une ignorance ou une étourderie. Car quand on sait qu'on va souffrir avant de mourir, et que l'on sait avec la même certitude qu'on ne sait pas ce qui viendra après la mort, que sert-il d'y ajouter les finesses et les contorsions intellectuelles du criticisme (Kant), de la dialectique (Hegel), de la phénoménologie transcendantale (Husserl), de l'eksistentialisme (Heidegger), de l'herméneutique (Gadamer) ? L'ignorance, même parée des plus scintillants atours, reste l'ignorance.

Et l'on comprend pourquoi les philosophades, les poéticules, les humanistes sentimentaux, les réformateurs sociaux et les adorateurs de concepts ne m'aiment guère...

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Sur le sens de la Technique

9 Septembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Technique, #Technologie

J'ai étudié la signification anthropologique et ontologique de la Technique dans mon livre "Le Signe de l'humain - Une philosophie de la Technique" (L'Harmattan, Paris, 2005). La conclusion est facile à comprendre : 1° la Technique est le propre de l'homme - elle n'existe chez aucun animal, 2° la Technique est indispensable à l'homme. Je renvoie à mon livre pour la démonstration et notamment pour faire la différence entre la Technique (humaine) et les productions animales telles que nids d'oiseaux ou toiles d'araignées.

Au cours des années 1970 et 1980, à l'époque où je publiais ma revue "Technologia", les philosophes (assez rares) qui s'occupaient de la Technique n'avaient pas conceptualisé clairement la différence entre "technique" et "technologie" (voir Jean-Claude Beaune : "La technologie introuvable", Vrin, Paris, 1980, et les Américains Melvin Kranzberg, Don Ihde, Paul T. Durbin, Carl Mitcham...). L'étude critique de l'histoire de la Technique et la réflexion épistémologique conduisent à comprendre la nature du tournant qui a fait passer une petite partie de l'Humanité de la Technique à la Technologie. A l'état de nature (archaïque, artisanal, traditionnel, routinier...), la Technique est spontanée et naïve, peu consciente d'elle-même, et peu évolutive, et donc peu performante. Elle va cependant produire des "instruments" qui permettront à la Philosophie (dans les sociétés où celle-ci s'est développée) de se transformer en Science. Cette "naissance de la Science" peut être datée : entre 1543 (Copernic) et 1610 (Galilée). Cette naissance va rapidement (accélération de l'Histoire) être suivie d'un "grand retournement", qui a lieu au XVIIIe siècle, et l'on passe de l'influence de la Technique sur la Science (T>S) à la fécondation de la Technique par la Science (S>T), la Technique se transformant en Technologie (technè + logos). Ce passage correspond à ce que les économistes appellent la "révolution industrielle". On a donc trois ères successives : Technique -- Science -- Technologie.

Le passage Technique -- Technologie correspond à une augmentation spectaculaire de la production, ce qui va entraîner un effet "collatéral" dommageable : l'explosion démographique, avec apparition de nouveaux barbares, comme les islamistes et les autres fanatiques de diverses idéologies (pangermanisme, communisme, fascisme, nazisme, écologisme naturolâtre, végétarisme, ultraféminisme).

L'enfer est pavé de bonnes intentions : il est mille fois plus facile et moins coûteux de vacciner (technologie !) toute une population que de l'initier à la réflexion épistémologique ou de lui apprendre l'histoire comparée des religions. Et il est mille fois plus facile de faire un enfant que de l'éduquer.

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Pour soutenir l'islamisme

7 Septembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Islamisme

SI vous aimez les décapitations et les lapidations, si vous approuvez les châtiments corporels et la torture, si vous soutenez les prises d'otages, si vous détestez les homosexuels, si vous voulez que les femmes soient assujetties aux désirs mâles des hommes, si vous voulez instaurer une théocratie mondiale, si vous voulez que l'on convertisse à l'islam par la violence et les menaces de mort, si vous appréciez le terrorisme, si vous espérez que se répandent l'obscurantisme et le fanatisme et que l'on ferme les écoles, ALORS vous devez faire votre choix politique, vous devez combattre avec ardeur, dans les cortèges en hurlant des slogans, les Etats qui se battent contre l'islamisme et vous devez tout faire, en allant jusqu'aux mensonges les plus vifs, pour affaiblir la résistance au Hamas, aux shebabs, aux talibans, aux djihadistes.

Allah est vraiment très grand, pour se trouver des alliés parmi les "défenseurs des droits de l'homme", les "partisans de la laïcité", ceux qui croient en "l'avenir du genre humain".

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Les plus grands ingenieurs belges

6 Septembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Ingénieur

Les plus grands ingenieurs belges

Mon livre "Les plus grands ingénieurs belges" vient de sortir de presse aux éditions La Boîte à Pandore (Paris, 284 pages). J'y expose l'Histoire de la Belgique depuis 1800 (le temps de Napoléon) jusqu'à nos jours, mais en m'attachant à montrer que la Belgique a dû se doter d'une infrastructure matérielle avant même de créer des institutions politiques et d'élaborer une culture spécifique. Il faut à la Belgique - comme à toute collectivité humaine, d'ailleurs - une production avant d'avoir des ministres, des poètes, des compositeurs, des dessinateurs de bandes dessinées et des philosophes. C'est-à-dire qu'il faut, impérativement, des ingénieurs pour construire des routes, des canaux et des chemins de fer, pour bâtir des habitations, des écluses et des aéroports, pour édifier des usines, des hôpitaux et des laboratoires... C'est ce qu'en philosophie on appelle le "primat anthropologique de la technique". D'où l'importance historique de Vifquain, de Simons, de Cockerill, de Solvay, de Gramme, d'Empain, de Paduart, de beaucoup d'autres.

On trouvera dans cette étude l'histoire des écoles d'ingénieurs, des associations, et des informations biographiques sur les grandes figures de la profession.

Il n'existait jusqu'à ce jour, dans une historiographie belge pourtant abondante, qu'un seul ouvrage consacré à l'histoire des ingénieurs en Belgique, mon livre "Les ingénieurs belges" (éditions APPS, Bruxelles, 1986, 171 pages, épuisé).

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Chimie, Physique et Philosophie

5 Septembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Il existe trois visions du monde, si l'on écarte celles des religions, dont la source archaïque remonte à la Préhistoire, correspondant à un état primitif de la conscience humaine. Les "visions" des poètes, des cartomanciens et des spirites se rattachent aux croyances religieuses.

1° Pour la Chimie, le monde est formé d'une centaine d'éléments. Chaque élément occupe une case numérotée du Tableau de Mendéléev et existe sous forme de quelques atomes très semblables appelés isotopes. Ces atomes se combinent pour former des molécules, et celles-ci forment, par agrégation, des objets de plus en plus volumineux. Tout objet du monde (les hommes compris) est ainsi un agrégat de molécules formées d'atomes.

2° Pour la Physique, le monde est formé de fermions et de bosons. Ce sont des particules obéissant à la statistique de Fermi-Dirac ou à celle de Bose-Einstein. L'association des fermions et des bosons créent l'espace-temps dans lequel "se trouvent" les particules.

3° Pour la Philosophie, le monde est l'Être. Au sein de l'Être apparaissent des choses (fragments d'Être). Certaines de ces choses sont douées d'une conscience : les humains.

Il est important de constater que la Chimie et la Physique ne s'opposent pas mais se complètent : les atomes de la Chimie sont formés par assemblage de fermions de la Physique. Il est important aussi de constater que la Chimie et la Physique, dont la fusion s'appelle la Science, rendent possible la Technologie, c'est-à-dire la réalisation de certains assemblages de molécules (ou "machines") capables d'effectuer certains actes prévisibles (couper une poire en deux, déboucher une bonne bouteille, anéantir une ville, éclairer électriquement des millions de maisons, enregistrer les idées d'un philosophe, etc.).

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Pourquoi je suis si amoral

3 Septembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Ethique

L'apophtegme nietzschéen est radicalement imparable : "Si Dieu est mort, tout est permis". En l'absence d'obligations et d'interdictions transcendantes, venues de je ne sais quel ciel invisible mais catégoriquement impératif, rien, absolument rien ne s'impose à l'homme, sinon les lois (elles, implacables) de la nature. Les existentialistes l'ont compris avec effroi : l'homme est un être-pour-la-mort, il est un être-pour-l'ignorance, il est aussi un être-pour-la-liberté. Son existence précède son essence : il est avant d'être ceci ou cela.

L'étude (par l'ethnographie, l'histoire comparée des religions, etc.) de la généalogie de la morale montre clairement que les injonctions éthiques sont des créations humaines (trop humaines) comme toutes les institutions : religion, droit, organisation politique, célébration artistique et littéraire. Dans toute collectivité primitive, des individus (mâles dominants) se dressent pour imposer des croyances (mythes), des obligations (rites) et des interdits (tabous) au socius, et la morale du groupe (vulgum pecus) n'est rien d'autre qu'un ensemble de règles arbitraires (dont l'origine est oubliée), intériorisées et transmises de génération en génération par la pression sociale. Le socio-constructivisme s'impose clairement pour expliquer la formation des prescriptions morales et la résistance au changement des règles éthiques, souvent inséparables d'ailleurs des "commandements" religieux.

Mon matérialisme m'impose donc le rejet de toute prétention éthique et, comme à l'abbaye de Thélème, je dis "fais ce que voudras".

Mais en attendant la mort, il faut bien vivre ! Malgré l'ignorance indépassable, il faut bien acquérir des savoirs. Et, étant libre, l'homme doit bien organiser sa liberté. Car, selon une formule célèbre, ma liberté est limitée par celle des autres, et vice versa. En conséquence, je condamne tout projet éthique qui se présente au nom d'une transcendance, quelle qu'elle soit, et je ne vois nulle part inscrit en lettres de feu "tu ne tueras point". Mais je reconnais la nécessité pratique, "vitale", de fonder des règles de "vivre ensemble", et l'éthique est ainsi tout à la fois impossible, impensable et indispensable. Il est ainsi piquant qu'après 25 siècles de philosophie ayant lentement débarrassé l'homme de ses illusions primitives, il faille admettre la nécessité, pour la praxis, d'une refondation de la morale, l'Humanité étant ainsi contrainte de revenir à son état premier. Mais il s'agit maintenant d'élaborer une morale matérialiste, c'est-à-dire sans illusion, sans transcendance secrète.

Et ainsi, je ne suis pas contre le vol et l'assassinat parce que "c'est mal", mais parce que "c'est invivable" !

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