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Jean C. Baudet

Articles récents

Une nouvelle Histoire des mathematiques

4 Avril 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

J'ai de quoi m'occuper. Je viens de recevoir la deuxième épreuve de mon Histoire des mathématiques, qui va paraître chez Vuibert (Paris). Des centaines de pages à lire attentivement, pour y déceler d'éventuelles coquilles, et il n'y a pas que du texte, mais il me faut également contrôler les formules mathématiques et les illustrations ! Cet ouvrage résume, dans une perspective épistémologique, l'évolution de la pensée mathématique depuis les origines jusqu'au XXème siècle, disons pour faire court "de Thalès de Milet à Bourbaki de Paris". Je crois être parvenu à montrer l'apport de la pensée grecque (les idées successives de "démonstration" et de "logique") à la réflexion humaine, et j'étudie en détail comment l'esprit humain arrive à des "certitudes", et aussi quelles sont les limites de ces certitudes (la "crise des fondements des mathématiques" à la fin du XIXème siècle). J'ai déjà traité cette question (qui n'est rien autre que le fondement même du rationalisme) dans deux ouvrages précédents : Nouvel Abrégé d'Histoire des mathématiques (Vuibert, 2002, qui a connu plusieurs retirages), Mathématique et vérité (L'Harmattan, Paris, 2005). Mes recherches en histoire des mathématiques constituent le soubassement de mon travail philosophique.

La portée civilisationnelle de la mathématique est considérable, car l'on peut dire que la mathématique est l'ossature de la pensée occidentale et donc de la Civilisation terrestre. Faut-il rappeler que la science et la technologie sont basées sur le développement du savoir mathématique ? Les plus hautes spéculations intellectuelles (le calcul tensoriel, la topologie algébrique...) rejoignent le bon sens le plus terre à terre. On peut douter de tout, de l'existence de Dieu, de la valeur du socialisme, de la beauté de la neuvième symphonie de Beethoven, du caractère littéraire des romans de Simenon, de la normalité des pratiques homosexuelles, mais on ne peut douter que deux et deux font quatre !

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles)

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Télé Bruxelles

www.telebruxelles.net/portail/emissions/magazines-a-voir-en-ligne/rencontre/21416-041012-jean-baudet

Canal C (Namur)

www.canalc.be/index.php?option=com_content&view=article&id=100001595:entree-libre-de-jean-baudet-&catid=114:entree-libre&Itemid=56

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Belle soiree chez les ecrivains de Wallonie

3 Avril 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Hier soir, séance mensuelle de l'Association des Ecrivains de Wallonie (AREAW), à Bruxelles, chaussée de Wavre (quartier pittoresque Matongé). Séance intéressante, passionnante et même émouvante, qui se déroule selon le rite habituel : trois présentations de livres récents devant un auditoire choisi et attentif, puis bavardages autour d'un (quatre, dans mon cas) verre de vin, servi avec son bon sourire par Nadine, la femme du président Joseph Bodson. Président toujours intéressant, passionnant, et parfois même émouvant dans sa ténacité à faire vivre les lettres françaises dans les deux régions francophones du royaume belge (Bruxelles et Wallonie). Evidemment qu'une séance n'est pas l'autre, et que tous les livres présentés n'intéressent pas semblablement un public où l'on trouve de jeunes passionnés de poésie et de vieux littérateurs épris d'histoire ou de musicologie. Je me souviens de soirées mieux réussies que d'autres, car le plaisir littéraire naît d'une alchimie compliquée où se mélangent l'intelligence, l'émotion, l'amitié, et aussi parfois - les écrivains ne sont-ils pas des hommes ? - la jalousie et la sottise. Mais la sottise, heureusement, est rare à l'AREAW. Et, hier soir, le plaisir littéraire fut incandescent. Aussi bien, s'agissait-il dans les trois livres présentés, de ce qui nous intéresse tous : le sens de la vie !

Il y eut d'abord L'enfant de Waterloo (152 pages), roman de Jean-Pierre Vander Straeten, publié par les éditions Traces de vie. Il faut savoir que cette maison d'édition a été fondée par Jean-Pierre et par sa femme Annemarie Trekker il y a une dizaine d'années, et qu'elle se spécialise dans les "récits de vie". L'enfant de Waterloo, François, né dans la "morne plaine" en 1947, n'est autre que l'auteur, qui organise son récit en deux parties, d'abord l'histoire de ses parents et grands-parents, reconstituée à partir des récits de sa mère, puis la propre histoire de François, c'est-à-dire de Jean-Pierre, de 0 à 18 ans. C'est donc l'histoire de la formation d'un homme parmi les hommes, c'est-à-dire dans l'Histoire. Tous les natifs de Waterloo ne songent-ils pas à 1815, et ne savent-ils pas que si l'existence précède l'essence (comme le croyait Sartre), l'Histoire précède l'existence, et que la vie n'est pas la même si l'on est né à Waterloo ou à Fukushima ?

Il y eut ensuite un deuxième roman-récit de vie, dû à Annemarie Trekker, cette fois : Un père cerf-volant (L'Harmattan, Paris, 162 pages). Annemarie y raconte comment elle a vécu la disparition de son père, parti sans laisser d'adresse, et dont on retrouvera le corps dans la Meuse, l'enquête établissant qu'il s'agit d'un suicide. C'est donc le triple thème de la mort, du deuil et de l'absence. J'ai bien aimé une remarque du président Bodson, qui nous a rappelé une réflexion d'Albert Camus : "écrire pour s'aider à vivre". Que fais-je d'autre, dans ce blog, que d'écrire pour m'aider à supporter le rocher de Sisyphe de mon existence ?

Il y eut enfin un recueil de cinq nouvelles, Noire ou bleue ? (éditions Audace), d'Isabelle Fable (qui signe aussi Isabelle Acke-Fable). Présenté par Michel Ducobu, toujours sagace et souvent inspiré, qui est un des habituels présentateurs de l'AREAW. Qui commence évidemment par demander à Isabelle la signification du titre, et l'on apprend (c'est Isabelle qui parle) que "l'aspect noir de la vie recèle toujours du bleu". Et en effet, les cinq nouvelles racontent cinq situations particulièrement tragiques qui finissent bien. Cinq évocations de la détresse humaine, mais cinq conclusions optimistes. C'est encore Isabelle qui parle (je l'ai noté verbatim dans mon carnet à spirales, car je cherche encore à m'instruire) : "on peut toujours trouver du bien dans le plus noir destin".

Chers Jean-Pierre, Annemarie et Isabelle, merci pour vos belles leçons d'optimisme, et je suis rentré chez moi, après avoir bu quatre verres de vin rouge et avoir serré quelques mains et avoir bavardé avec les auteurs et avec quelques auditeurs, avec au fond du coeur une ardeur nouvelle. Et ce matin ensoleillé, je pense aux nouvelles (ou faut-il dire "aux contes" ?) d'Isabelle. Chère Isabelle ! Comment se fait-il qu'une voix désagréable me souffle à l'oreille que "l'on peut toujours trouver du mal dans la plus belle aventure" ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles)

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Télé Bruxelles

www.telebruxelles.net/portail/emissions/magazines-a-voir-en-ligne/rencontre/21416-041012-jean-baudet

Canal C (Namur)

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Le temps passe

2 Avril 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Toujours le même quotidien, après le petit déjeuner de pain aux raisins et de confiture de fraises. Marianne va un peu mieux, elle a passé une bonne nuit. Soleil de printemps, mais cependant ciel grisâtre. La France dotée d'un nouveau gouvernement. Saura-t-il faire le bonheur d'un des peuples les plus exigeants du monde ? Humeur maussade, comme toujours, car qu'est-ce qui me disposerait à la joie ? J'ai de nouveaux livres en préparation, et ma méditation tourne en rond, car comment dépasser le scepticisme ? Kant, après avoir compris - Socrate le savait déjà, mais les philosophes s'obstinent - que les réalités nouménales sont inaccessibles à l'intelligence humaine (que ce soit der Verstand ou die Vernunft), s'est replongé dans les illusions de la "raison pratique" et des "impératifs catégoriques". Pourquoi ne pas avouer, sobrement, qu'on ne sait pas ? Certes, mon éditologie me conduit, par une chaîne de raisonnements un peu longue, à conclure au matérialisme et donc à l'athéisme et donc au nihilisme. Mais ce n'est pas une suite de raisonnements apodictiques sur le mode des dogmatismes, mais une suite d'hypothèses "vraisemblables", sur le mode scientifique, qui me semblent justifiées par leur cohérence, mais sans que je puisse y adhérer à cent pour cent. Mais l'hypothèse atomiste des chimistes, l'hypothèse quantique des physiciens sont vérifiables et ont été amplement vérifiées. Il n'y a pas de vérifiabilité de l'éditologie. Ma philosophie se dégrade en intuition, et donc en subjectivité. Mais il ne peut pas en être autrement. Heidegger a "découvert" que l'homme est un "être-là" (l'immense découverte du Dasein) et un "être-pour-la-mort". J'ajoute, après quelques décennies de travail acharné (plus de vingt volumes publiés), que l'homme est un "être-pour-l'ignorance" et un "être-pour-la-souffrance". J'ai découvert qu'il est impossible de découvrir. Encore, Socrate pouvait consulter l'oracle de Delphes ou sacrifier un coq à Apollon. Mais qui vais-je consulter ? Alain Badiou ? Bernard-Henri Lévy ? Jean-Marie Bigard ?

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Pourquoi je suis si philosophe

1 Avril 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

J'avais quatorze ou quinze ans quand je lis, passionnément, le roman "La Nausée" de Jean-Paul Sartre, qui commence ainsi : "Le mieux serait d'écrire les événements au jour le jour. Tenir un journal pour y voir clair. Ne pas laisser échapper les nuances...". Cette lecture fut un des événements les plus décisifs de ma vie, et en février 1962 je commence, comme Roquentin, à tenir un journal intime. En décembre 2010, après avoir noirci de mon écriture les pages d'une dizaine de cahiers (sur des cahiers d'écolier j'écris mon désespoir...), je décide de poursuivre l'exercice avec l'aide des moyens électroniques modernes, et je crée mon blog. Le fait est que tout concept a été produit, un jour ou l'autre, par la réflexion d'un penseur, et qu'il a atteint le concept en question par l'expression verbale : on pense avec des mots, en faisant des phrases. C'est pourquoi j'ai beaucoup écrit, dans mon journal d'abord, et parfois en élaborant des textes destinés à la publication. Pourquoi publier, d'ailleurs, car après tout qu'importe, si j'approche d'une quelconque vérité, pourquoi le dire à l'Univers, qui s'en fout probablement ? Mais il faut bien passer le temps, et je passe le mien à construire des phrases.

Je me souviens de la fin de l'automne, en 1977... J'ai trente-trois ans, une femme, une fille (Sylvianne), une maison, sise au 51 de la rue du Mail (à Ixelles), un emploi : je suis chercheur en biologie végétale à la Faculté Agronomique de Gembloux, où je travaille au sein de l'équipe de recherche de Guy Le Marchand. Je suis en excellente santé (en 1977...), j'ai une expérience pédagogique (j'ai enseigné la philosophie en Afrique pendant quelques années), et, comme on dit, j'ai l'avenir devant moi. Outre quelques publications scientifiques, j'ai deux textes à caractère philosophique à mon actif : "L'histoire des sciences dans l'enseignement" (Revue nationale d'Education du Burundi, 1969) et "Pourquoi discréditer la science ?" (Revue Générale, 1977). C'est le moment où va se décider mon avenir intellectuel et professionnel ! Certes, je suis passionné par les recherches de laboratoire, et rien ne me plaît davantage que de compter, grâce à un puissant microscope, les chromosomes d'une espèce végétale, ou d'identifier les flavonoïdes présents dans les feuilles de diverses espèces d'Eriosema ou de Vigna récoltées en Afrique. Mais quand j'ai montré qu'il y a du kaempférol chez Eriosema psoraleoides, puis chez Eriosema montanum, n'est-ce pas rouler vers je ne sais quel sommet le rocher de Sisyphe d'encore chercher s'il y en a chez Eriosema chrysadenium ? Je passe de longues heures à méditer. Vais-je poursuivre une carrière scientifique, ou vais-je revenir au questionnement métaphysique et à la philosophie ?

En octobre, ma décision est prise. Je vais abandonner les charmes du laboratoire et cesser d'étudier les phénomènes, et je vais me consacrer totalement à la recherche philosophique, et tenter de percer le secret des réalités nouménales ! Je prépare activement le lancement d'une revue, pour disposer d'une ressource financière et d'un lieu de publication. Car pour philosopher, il faut penser, et penser c'est écrire (voir ci-dessus). Ce sera Technologia (le premier numéro sort de presse en avril 1978). L'apport financier étant insuffisant, je lance un magazine pour ingénieurs, en mars 1979 (Ingénieur et Industrie). Je suis donc devenu philosophe (pour moi-même) et éditeur (pour les autres).

J'ai donc cherché les vérités nouménales depuis octobre 1977 jusqu'à aujourd'hui. J'ai avec ardeur complété mes lectures des grands philosophes, entamées quand j'étais étudiant à la Faculté Saint-Louis (très curieusement située au boulevard Botanique, à Bruxelles, comme si la botanique était le signe de mon destin), puis quand j'enseignais au Burundi. J'ai fondé quelques concepts (éditologie, STI, instrument...), mais je n'ai découvert qu'une vérité "apodictique", celle de ma propre existence (comme Roquentin), celle de "Moi". Je ne sais pas encore pourquoi ce "Moi" existe, et surtout j'ignore pourquoi il est voué à la souffrance. J'ai plus de 800 textes publiés à mon actif, dont une trentaine de livres (y compris trois ou quatre brochures de poésie). Je continue de penser, tant que la source nouménale (du latin numen, volonté mystérieuse) de mon "Moi" lui accorde les moyens de penser, c'est-à-dire de faire des phrases dans mon blog, destinées aux happy few qui le lisent, et qui ont sans doute un "Moi" comme moi, et qui s'apprêtent, comme moi, à souffrir les douleurs d'une fin de vie. Et je me dis que, commençant à vieillir, Jean-Paul Sartre a publié "Les Mots". Car nous n'avons que des mots pour essayer de répondre aux questions.

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Sur la politique en France

31 Mars 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

Voilà donc que la Droite a gagné les élections municipales en France ! Et alors ? Cela va-t-il remettre la France sur la voie du progrès économique et social ? Cela va-t-il rendre les Français plus heureux ? D'après les discours et les débats, j'ai l'impression que ce que demande le peuple de France, c'est une augmentation sensible de son pouvoir d'achat. Toutes les revendications, des chômeurs comme des retraités, des homosexuels comme des hétérosexuels, des provinciaux comme des Parisiens, des médecins comme des infirmières, me semblent toujours pouvoir se ramener à cette seule demande : améliorer le pouvoir d'achat des Français. Et si d'aventure d'autres revendications se manifestent, comme améliorer la sécurité dans certains quartiers, ou créer des musées, ou construire des infrastructures sportives ou culturelles, c'est encore d'argent qu'il s'agit ! Mais voilà, pour "créer" des ressources financières, en France comme ailleurs, il faut... travailler. Il n'y a pas d'alternative. C'est la loi d'airain de la condition humaine. Pour vivre, il faut des moyens d'existence, et ces moyens ne peuvent qu'être produits par le travail ou qu'être appropriés par le vol, l'impôt étant une sorte de vol organisé, d'ailleurs nécessaire. La Droite saura-t-elle faire comprendre aux Français qu'il faut travailler pour vivre, et travailler davantage pour vivre mieux ? Saura-t-elle inverser la mentalité (d'origine christiano-marxiste) de ceux qui veulent consommer avant de produire, et faire comprendre qu'il faut produire avant de consommer ?

La France est dangereusement endettée. Comment une collectivité humaine, même dirigée par un personnel politique intelligent, bien informé, travailleur, dévoué et créatif, peut-elle augmenter ses ressources, si ce n'est en remboursant ses dettes (qui les paye s'enrichit) et en produisant des biens et des services ? Alors ? La Droite fera-t-elle mieux que la Gauche, avec des caisses vides et une volontaire incompréhension des mécanismes économiques par une importante partie de la population ? Winston Churchill, au début de la seconde guerre mondiale, a promis du sang et des larmes aux Anglais. Voilà ce qui s'appelle de la perspicacité et du courage politique. Peut-on imaginer François Hollande ou Nicolas Sarkozy - ou tel autre, qui fanfaronne avec ses solutions radicales - promettre aux Français encore quelques années de misères, avec augmentation du désespoir des "plus démunis", qui se traduit en violences diverses, vols à main armée ou à main nue, pillages, émeutes, incendies, massacres ?

Bref, les Français prendront-ils conscience que la France n'est plus un "pays riche", qu'il faut abandonner les slogans imbéciles comme "tout travail mérite salaire" ? Car il y a des travaux inutiles...

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Inverser la courbe du chomage

28 Mars 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

Soyons logiques. Pour "inverser la courbe du chômage", il faut diminuer le nombre de chômeurs, ce qui ne se peut faire que de deux façons, en les détruisant ou en les transformant en travailleurs, c'est-à-dire en leur procurant un emploi.

J'élimine la première branche de l'alternative, reste donc à créer des emplois. L'Etat français doit donc créer des entreprises nouvelles et développer les entreprises existantes, et tout spécialement des entreprises utilisant une main-d'oeuvre abondante, y compris non qualifiée. Il faut en outre, pour que l'effet sur l'emploi soit durable, que lesdites entreprises exportent des produits en réalisant un bénéfice suffisant pour assurer leur pérennité.

Pour créer une entreprise, quel que soit d'ailleurs son secteur d'activité et quels que soient les marchés visés, il faut en premier lieu des capitaux et des capitalistes. Ce n'est hélas pas suffisant, mais c'est indispensable.

Etant lourdement endetté par une gestion budgétaire désastreuse depuis des décennies, l'Etat français n'a plus de capitaux disponibles pour créer ne serait-ce qu'une entreprise de chaussettes "made in France" ou qu'une fabrique de couteaux suisses (d'ailleurs, les Suisses s'en chargent). Quant aux capitalistes, il est d'autant plus difficile de les trouver en France que les "élites" françaises ne cessent de traiter les patrons et les banquiers de salauds et de voleurs (cette manie, devenue un réflexe conditionné, remonte, au moins, à Proudhon...).

Conclusion : sans capitaux et sans capitalistes, il y aura de plus en plus de chômeurs en France, ce qui mécaniquement va entraîner des "problèmes sociaux", c'est-à-dire des émeutes, des cortèges, des destructions, des incendies et des massacres.

Antienne (je le répète depuis... 1978) : il faut en France (et en Europe) plus d'ingénieurs et moins d'intermittents du spectacle, plus de comptables et moins d'anthropologues, plus de mécaniciens et d'électriciens et moins d'historiens de l'art. Plus de fourmis et moins de cigales. Un peu plus de manuels et beaucoup moins d'intellectuels (surtout façon germanopratine).

Correctif : l'avenir de la France est sombre, mais des lueurs d'espoir subsistent. Le pays qui a inventé le champagne, la pomme de terre frite, la poire Belle-Hélène, la crème Chantilly, la sauce béchamel, le foie gras, la saucisse de Toulouse, le cassoulet, le camembert, le roquefort, et qui produit du bordeaux, du minervois, du beaujolais, du bourgogne, du rosé d'Anjou, du noir de Cahors et du sauvignon, possède peut-être encore des réserves de créativité...

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Avec Julien Sturbois

26 Mars 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Technique, #Histoire

Curieuses hist InventionsCe matin, de 9 à 11 heures, en compagnie de Julien Sturbois sur les ondes radio de Bel RTL, dans le cadre de l'émission "Beau Fixe". Je suis interrogé, sur fond de chansons et de spots publicitaires, sur mon livre "Curieuses Histoires des Inventions" (éditions Jourdan). L'exercice est amusant, et montre in vivo combien il est difficile d'informer le grand public en matière de "science, technologie et industrie". Car la connaissance "STI" ne consiste pas à savoir que le chimiste Lavoisier fut décapité en 1794, ou que le frein-parachute pour ascenseur fut mis au point par l'Américain Elisha Otis en 1853, ou que la vulcanisation du caoutchouc se fait par addition de soufre, ce qui sature les liaisons éthyléniques du poly-isoprène, selon un procédé inventé par l'Américain Charles Goodyear... Il faudrait parler du rapport épistémologique entre technique et science, du rapport ontologique entre technique et humanité, du rapport psychologique entre science et industrie, entre ceux qui contemplent et ceux qui produisent.

Mais j'ai cependant passé une belle matinée, dans une grande maison dévouée au divertissement populaire et à l'industrie culturelle. C'est toute la condition du philosophe : s'il ne peut pas inciter à penser, il peut au moins amuser et distraire, passant du statut de philosophe à celui d'écrivain. Et au fond, n'est-il pas plus digne et honorable de faire rire que de faire pleurer ? La philosophie pratique pourrait bien n'être qu'un analgésique existentiel, un sédatif de la condition humaine.

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Zakaria Soumare et le genocide des Tutsis

24 Mars 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Rwanda

Quand le Rwanda accède à l’indépendance, en 1962, le pays compte 3 millions d’habitants, environ 85 % de Hutus et 15 % de Tutsis. Aujourd’hui, à la suite d’une formidable explosion démographique, la population du pays compte 11,5 millions d’unités, soit une augmentation de 283 % par rapport à 1962. Pendant ce temps, la population de la Belgique, l’ancienne puissance coloniale, passait de 9,2 à 11,1 millions d’unités, soit une augmentation de 20 %. Si l’on estime qu’un territoire est d’autant plus favorable à une espèce animale (Homo sapiens, en l’occurrence) que celle-ci s’y multiplie davantage, on dira qu’il est 283/20 = 14 fois plus facile de vivre au Rwanda qu’en Belgique. C’est bien connu par les géographes et par les zoologistes : les diverses régions du monde ne présentent pas les mêmes conditions pour la prolifération des espèces.

Il faut noter, cependant, que la croissance démographique a failli être compromise en 1994, quand les Hutus se mirent à massacrer, avec une hallucinante sauvagerie, à l’aide de bâtons et de machettes, un million de Rwandais, surtout des Tutsis, mais également quelques Hutus qui voulaient s’opposer à la tentative de génocide. L’opération n’a duré que trois mois. Il est impérieux que tous les humanistes, quelle que soit leur orientation idéologique, se souviennent du massacre de 1994, dans ce splendide pays « des milles collines », où la douceur d’un climat d’altitude alliée à la productivité agricole des régions tropicales rend la vie magnifiquement agréable.

Nous rappeler cette horreur, c’est ce qu’a entrepris Zakaria Soumaré, mauritanien, docteur de l’Université de Limoges, dans un livre émouvant, que viennent de publier les éditions L’Harmattan (Paris) : Le génocide rwandais dans la littérature africaine francophone (231 pages). Avant de se focaliser sur le génocide des Tutsis par les Hutus, l’auteur analyse en profondeur le mécanisme des génocides et, plus généralement, des massacres d’une certaine ampleur, en nous rappelant d’ailleurs que, durant le XXème siècle, deux cents guerres ont fait deux cents millions de morts. Concernant le génocide rwandais, le docteur Soumaré analyse notamment la complicité de l’Eglise rwandaise (le catholicisme n’a-t-il pas une compassion toute spéciale pour les faibles et les dominés, surtout s’ils sont les plus nombreux ?). Enfin, l’auteur analyse quelques romans publiés par des Africains et inspirés par l’abomination rwandaise. Une dure réalité presque insoutenable, où l’on découvre que la haine de l’homme pour l’homme peut aller jusqu’au bout de la nuit de toutes les épouvantes.

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Sur l'origine des ideologies politiques

23 Mars 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Religion

Les idéologies politiques sont le résultat d'un processus historique de laïcisation des religions : la sacralisation se déplace du Divin vers l'Humanité ou vers la Nature, aboutissant à l'idée de "valeur" qui est comme un résidu intellectuel de l'idée de transcendance (tabou).

C'est ainsi qu'il est évident que le sionisme dérive du judaïsme, ou que l'islamisme est le résultat fatal de l'évolution de la religion musulmane.

Le christianisme, à la fin du Moyen Âge, donne naissance à l'humanisme, l'Homme remplaçant Dieu comme Absolu et ultime référence. L'humanisme évoluera alors dans deux directions opposées, le socialisme (qui dérive du catholicisme) et le libéralisme (dérivant du protestantisme). Le marxisme, le stalinisme et les gauchismes sont, très clairement, des avatars récents du socialisme dont les origines remontent, via le christianisme, à la compassion des prophètes juifs (Isaïe, Jésus de Nazareth, Paul de Tarse) pour les faibles et les miséreux. L'écologisme est en grande partie une réanimation de l'animisme ou religion de la Nature, dont le romantisme fut une étape.

La formation d'une idéologie consiste donc, par filiation historique des idées, à débarrasser une superstition archaïque de ses éléments mythologiques pour passer du "spirituel" au "temporel". L'observation du jeu politique montre que l'ardeur idéologique peut égaler en intensité l'ardeur des religions. Le noeud psychologique réside dans ce que l'on peut appeler l'imaginaire espérant, source de tous les mythes anciens et de toutes les utopies modernes.

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Sur la Pensee Unique en France

21 Mars 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

Je mets actuellement la dernière main à une étude sur les intellectuels français qui m'a conduit à une archéologie des systèmes de pensée en France. De Guillaume Budé et Montaigne à Natacha Polony et Zemmour, on peut mettre à jour une stratification des mouvements d'idées, ce qui permet de proposer le schéma suivant :

1.- Christianisme (Moyen Âge)

2.- Humanisme (Renaissance)

3.- Protestantisme (XVIe s.)

4.- Rationalisme (XVIIe s.)

5.- Athéisme (XVIIIe s.)

6.- Socialisme (début XIXe s.)

7.- Marxisme (fin XIXe s.)

8.- Existentialisme et gauchismes divers (milieu XXe s.)

9.- Féminisme et antiracisme (fin XXe s.)

10.- Islam (début XXIe s.).

Cette "théorie des dix couches" n'est évidemment que le squelette d'une évolution idéologique qu'il faut affiner et étoffer de l'effet sur la pensée dominante des grands événements (juillet 1789, mai 1940...) et de l'action des grands politiques (Napoléon, de Gaulle...). Et si j'avais le goût des prophéties, je me demanderais si la France, née des actes vigoureux d'un Barbare (Clovis) - ce qui a mené à dix siècles de Moyen Âge - retrouvera sa place dans le monde restreint de la Pensée Libre grâce aux accomplissements d'un Immigré - qui conduiront les Français à je ne sais quelle nouvelle ère médiévale.

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