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Jean C. Baudet

Articles récents

Michel Cliquet et la Femme eternelle

31 Décembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

L'année 2013 fut féconde, prolifique même, pour le poète Michel Cliquet (né à Bruxelles, 1947). Excellent représentant de ce que l'on pourrait appeler le classicisme du vers libre (se distançant fort heureusement de l'hermétisme prétentieux et du minimalisme trompeur), Cliquet vient en effet de publier, coup sur coup, quatre recueils de poèmes en 2013, un par saison. Il s'agit d'ouvrages (fort joliment édités) de 60 pages chacun, agrémentés de photographies (noir et blanc) de l'auteur, photos montrant (ou plutôt évoquant) des parties diverses du corps féminin dénudé. Je dirai en passant que je n'aime pas trop le format carré choisi (20 centimètres de côté), mais c'est affaire de goût. Et, en poésie, c'est tout de même le texte qui compte. Et le texte de Cliquet est poétique, c'est-à-dire l'oeuvre d'un artiste qui sculpte ses phrases comme à la gouge, en évitant le trop explicite, mais sans tomber dans l'hermétisme pédantesque. Pour Cliquet, un chat est un chat, et le sexe de la femme est "creuset de son ventre", quand celui de l'homme est une hampe qui "pleure une cire laiteuse".

Car il s'agit d'érotisme, on le comprend au premier coup d'oeil s'attardant à l'une ou l'autre photo. Les titres sont De lys en digitale, En ravissance d'elle, La regardante, et Carrés de dame. Le poète a choisi de demander à quatre poètes belges de préfacer les recueils, et l'on peut lire ainsi les appréciations louangeuses de Jean Botquin (1932), qui définit bien le sujet de la quête poétique de Cliquet : "la femme une nouvelle fois adorée charnellement jusque dans les fibres de son âme", d'Anne-Marie Derèse (1938), qui nous présente Cliquet comme "le pèlerin d'un jardin des délices" (pèlerin pas trop chaste, me semble-t-il), de Benoît Coppée (1964) : "Michel Cliquet guide nos yeux où nous sommes aveugles", de Louis Mathoux (1970), qui nous dit l'importance du "thème de la Femme éternelle" dans l'oeuvre du poète, qui nous entraîne dans "les indicibles abysses de l'Âme féminine" (sacré Mathoux, il pense que les femmes ont une âme) et nous approche du "mystère par excellence que constitue la Femme".

La qualité de la poésie dans les quatre recueils est égale, et élevée, et le tétraptyque ainsi édité (chez l'Auteur) forme comme les quatre évangiles de la femme-mystère. Saintes écritures, ou plutôt joyeuses écritures que les adeptes du culte de la Femme (surtout les pratiquants) apprécieront. Quant aux misogynes, peut-être reverront-ils leur position.

Je présenterai la tétrade poético-érotico-philogyne de Michel Cliquet le 15 janvier 2014 à l'Association des Ecrivains belges, à Bruxelles. C'est que j'ai quelques questions à poser à l'auteur de La regardante. Notamment celle-ci. Son oeuvre est-elle une célébration de la Femme éternelle, ou la glorification du Plaisir ?


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Sur le gai (ou triste ?) savoir

29 Décembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Je suis très fatigué par trois journées de travail métaphysique intense, pendant lesquelles j'ai remis une nouvelle fois sur le métier la grande et décisive question du savoir. On peut schématiser la questions épistémologique ou gnoséologique en trois interrogations successives, de plus en plus radicales : sociologique (le savoir et le lien social, formation des mythes et des idéologies), psychologique (le processus individuel de cognition, dont l'étude a récemment conduit au développement des neuro-sciences), ontologique. C'est en atteignant cet ultime niveau de pensée que l'on atteint le "fond du problème", dont la première formulation, dans l'histoire de la Philosophie, remonte à Parménide d'Elée. Toujours, il est question d'une différence, d'une opposition, d'une négation, d'une "fissure dans l'Être" : sensible - intelligible (Platon), existence - essence (Thomas d'Aquin), pensée - étendue (Descartes), moi - non-moi (Fichte), conscience - monde (Husserl), sujet - objet... Et l'on plonge dans des difficultés abyssales en devant reconnaître que ces distinctions ontologiques successives dans l'histoire impliquent l'acceptation préjudicielle du principe de négation (et donc du principe d'identité) comme vérité logique transposable dans l'ontologie. Les principes logiques sont le fruit de l'empirie, mais c'est précisément l'empirie qui fait problème. Et rien dans la logique (en admettant que l'on puisse en accepter les principes comme absolus) ne permet de passer de la connaissance du moi (le vécu, qui est une séquence d'émotions) à celle du mon-moi. On doit affirmer l'existence de celui-ci, mais le moi ne possède pas les ressources nécessaires pour en faire l'exploration. Dans cette situation tragique (qui est tout le contraire d'un dogmatisme !) que tous les grands philosophes ont pathétiquement ressentie ("je sais que je ne sais rien", disait déjà Socrate), il faut soit en rester au scepticisme le plus strict, soit consentir héroïquement une prise de risque, que j'appelle le "risque de l'induction". Puisque l'on n'échappe pas à l'incertitude, il faut franchir le fossé de l'incertain. Comme tout risque, il n'est fondé, justifié que par ses résultats, et Jules César eut raison de franchir le Rubicon, puisqu'il a obtenu les pleins pouvoirs à Rome. Encore son bonheur ne fut-il pas "durable"...

Et c'est ici que le philosophe doit jeter un regard critique et comparatif sur les divers systèmes de pensée (autant de prétentions au savoir) observables dans l'histoire. Je suis arrivé à la conclusion, basée sur des centaines d'analyses de "découvertes" (1), que la science et la technologie (qui en dérive) constituent le seul système de pensée concrétisé dans l'histoire à avoir atteint non pas la certitude, mais la vérifiabilité. L'analyse épistémologique montre que toute proposition scientifique est basée sur une induction, et celle-ci est toujours un pari sur l'avenir (voir les analyses classiques de David Hume du principe de causalité et celles de la scientificité de Karl Popper). On pourra peut-être dire, un jour, que si la Science est fondée a posteriori par les trains électriques et par les ordinateurs, la Philosophie sera justifiée a posteriori par l'éthique et la politique qui en découleront, comme des "applications" apportant enfin, aux hommes toujours plus nombreux, un bonheur toujours plus durable.

Pour le dire brutalement, on peut espérer que la politique deviendra une application efficiente de la Philosophie, comme la technologie est devenue une application efficace de la Science. Mais ne soyons pas trop enthousiastes. La technologie peut conduire aux pannes et aux accidents, même basée sur une science très développée. Pendant longtemps encore, même basée sur des principes "philosophiques" (mais lesquels ?), la politique conduira à des pannes...

(1) la découverte de la relation de l'hypoténuse par Pythagore, celle que Jésus de Nazareth est le Christ par Paul de Tarse, celle de l'ellipsité des orbites planétaires par Johannes Kepler, celle de la classification des éléments chimiques par Dimitri Mendéléev, celle de la structure de l'inconscient par Sigmund Freud, celle de l'inertie de l'énergie par Albert Einstein, celle du rock and roll par Bill Haley, Elvis Presley, Eddie Cochran et Little Richard. J'ai déjà expliqué dans ce blog que je ne suis pas parvenu à repérer dans l'histoire l'inventeur de la pince à linge. C'est un de mes grands échecs. L'histoire des systèmes de pensée (qui a pensé à pincer le linge pour éviter qu'il s'envole ?) garde quelques mystères.

Pour info :  

Librairie Filigranes (Bruxelles)

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Télé Bruxelles

www.telebruxelles.net/portail/emissions/magazines-a-voir-en-ligne/rencontre/21416-041012-jean-baudet

Canal C (Namur)

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Vive la France qui travaille

28 Décembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Bonne nouvelle ! Les statistiques nous apprennent que, en France, 30 millions de travailleurs, en travaillant, procurent de quoi vivre à 65 millions de Français ! Non seulement ils procurent au pays le boire (et, notamment, les meilleurs vins du monde) et le manger (et, notamment, les meilleurs fromages du monde), mais également des motocyclettes, des voitures automobiles, des fleurs coupées et des sex-toys en grand nombre, et même des biens culturels exceptionnels, d'une très haute tenue intellectuelle, comme les mimiques de Gérard Depardieu, les discours de Christiane Taubira, les fines plaisanteries de Dany Boon, les analyses économiques de François Hollande... Et les Français ne se contentent pas de consommer des produits de Bretagne et de Corse, mais ils passent leurs vacances, en se déplaçant en avions d'une incroyable sophistication technologique, dans des pays bénis des dieux, comme la Somalie, l'Afghanistan, le Mali, la République Centrafricaine, la Libye, le Liban...

C'est d'autant plus remarquable que, parmi les jeunes, nombreux sont ceux qui pourraient travailler (pourquoi pas, à quinze ans ?), et que, parmi les vieillards, nombreux sont ceux qui pourraient travailler (pourquoi pas, à soixante-cinq ans ?).

La France qui travaille (à peine 30 millions d'hommes et de femmes) permet ainsi à la France éternelle, celle de Vercingétorix, de Descartes, de Lavoisier, de Pasteur et des Curie, de continuer à produire des chefs-d'oeuvre. Comme, par exemple, en 1935 : Tout va très bien Madame la marquise (chanson de Ray Ventura), ou, en 1937 : Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? (également de Ray Ventura). Les historiens savent ce qui arriva quelques années plus tard, en 1940. Tout va donc très bien, en 2013, dans une France animée par 30 millions de travailleurs. Mais dans cinq ans?

Au fait, il reste une question, qui me semble intéressante. Si seulement 30 millions de travailleurs peuvent abreuver, nourrir et fournir en "biens et services" 65 millions de personnes, dont certains mangent du foie gras et boivent du champagne, cela me semble être dû à l'activité des entreprises. Alors, cette activité, est-elle due aux discours des politiciens, aux romans des hommes de lettres, aux cortèges des syndicalistes, aux prières des prêtres, des pasteurs et des imams, aux commentaires des journalistes, ou aux calculs des ingénieurs ? Je vais essayer de trouver la réponse, pour un prochain article.

En attendant, ne dites plus "il y a 5 millions de chômeurs", dites "il y a 30 millions de travailleurs".

Pour info :  

Librairie Filigranes (Bruxelles)

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Télé Bruxelles

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Violence et religions

24 Décembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

José Fontaine (philosophe wallon) attire mon attention, très judicieusement, sur les travaux de René Girard, qui a notamment étudié les rapports entre la violence et le fait religieux. Rappelons les titres de quelques-uns de ses ouvrages importants : La violence et le sacré (1972), Le bouc émissaire (1982), Le sacrifice (2003). C'est qu'en effet la question épistémologique (comment l'homme est-il capable d'acquérir des savoirs ?) se double d'une question éthique : pourquoi l'homme ayant accepté un savoir y tient tellement qu'il va jusqu'à la violence ? Violence envers lui-même : les martyrs du début du christianisme, les kamikazes musulmans aujourd'hui. Violence envers ceux qui n'acceptent pas ledit "savoir" : persécutions, croisades, inquisitions, et formes "adoucies" de la violence, telle que l'insulte envers des opposants idéologiques ou politiques (les tics de Sarkozy, la banane de Taubira, et autres joyeusetés du meilleur goût chez les Français) ? Dans quelques religions (notamment le culte dionysiaque et le christianisme), la violence est dirigée contre le dieu lui-même, et l'eucharistie des chrétiens n'est pas autre chose qu'une théophagie. Cela devient folklore, comme la consommation de cougnous (le "petit Jésus") en ce temps de Noël. On arrive ainsi au rapport originaire entre violence et alimentation.

Cette question extrêmement difficile est éclairée par le fait biologique que la violence est l'essence même de la vie : l'animal doit tuer du vivant pour satisfaire sa faim. C'est "manger ou être mangé". En outre, bien avant la venue des religions, l'humanité a connu une "violence acquisitive", qui provient de la rareté des ressources. L'homme doit se battre avec ses congénères pour obtenir une nourriture rare. Il doit aussi se battre avec les autres mâles pour la possession des femelles rares. Le thème mythique du "paradis terrestre" ou de l'âge "d'or" s'explique sans peine par la rareté empirique des aliments et des femmes (attractives sexuellement). L'antériorité de la violence (qui est de l'ordre de l'Action, du "biologique") sur l'apparition des croyances religieuses (qui sont de l'ordre de la Connaissance, du "psychologique") permet peut-être d'expliquer que les religions naissantes - qui relèvent du politique - se servent des moyens disponibles pour conforter leurs positions. Cela revient peut-être à dire que la violence n'est pas liée à la religiosité, mais qu'elle s'y rattache pour des raisons circonstantielles. Ou peut-être peut-on dire que la violence sacrée est le fait des religions archaïques, et qu'a contrario la non-violence est le fait des religions évoluées (si "religion évoluée" a un sens).

La question me semble être encore ouverte. Mais, quant à moi, je préfère un monde sans violence, et, en ce temps de Noël, je souhaite la paix à tous les blogueurs et à tous les visiteurs de blogs "de bonne volonté".

Une vidéo de l'auteur à la librairie Filigranes, à Bruxelles :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Science et philosophie

23 Décembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

L'étude approfondie de l'histoire des systèmes de pensée (notamment histoire de la science et histoire de la philosophie) montre de manière lumineuse la différence entre l'ambition scientifique et l'ambition philosophique.

Depuis Thalès de Milet (600 a.c.), la physique fut une longue suite d'observations et de raisonnements enchaînés qui conduit, après quelques sommets représentés par les oeuvres d'Aristote, de Galilée, de Clapeyron, de Faraday, de Clausius, de Maxwell, de Lorenz, à la connaissance de l'équivalence entre la matière et l'énergie (E = m.c2, Einstein, 1905). Celle-ci est brillamment démontrée par une expérience cruciale, en 1945, qui consistait à transformer quelques décigrammes d'uranium ou de plutonium en énergie. Si l'on sait en outre que les divers chapitres de la science (astronomie, chimie, biologie, technologie) sont devenues des "applications" de la physique, on a de quoi méditer sur la "valeur" de la science.

Parallèlement, depuis le même Thalès, la philosophie fut une autre longue suite d'observations et de raisonnements enchaînés qui conduit, après quelques sommets représentés par Aristote, Descartes, Locke, Kant, Hegel, Freud, Husserl, Heidegger, à la connaissance de la dualité profonde entre le moi et le non-moi.

Si tous les scientifiques s'accordent, sans exception, à admettre l'équivalence entre la matière et l'énergie, les philosophes s'accordent sur l'opposition entre le moi et le non-moi, mais sont en profond désaccord quant aux conclusions à tirer de cette vérité. Les uns, idéalistes, admettent que le non-moi est engendré mystérieusement par la spontanéité du moi, les autres, matérialistes, pensent au contraire que le moi n'est qu'une production du non-moi, d'ailleurs tout aussi mystérieuse. Les athées pensent (à la suite d'une longue chaîne de réflexions qui remonte à Thalès) qu'il n'existe aucune entité supérieure au moi, alors que les théistes et les déistes, à l'opposé, et à la suite d'une chaîne de réflexions qui remonte au Paléolithique, pensent qu'il existe une réalité transcendante au moi, qu'ils appellent esprit, dieux, absolu, droits-de-l'homme, patrie, etc.

Jusqu'à ce jour, aucune expérience cruciale n'a pu être conçue et réalisée pour mettre d'accord les philosophes.

Quant aux non-scientifiques et aux non-philosophes, les plus nombreux parmi les hommes, ils se rallient (parfois inconsciemment) aux traditions de leur tribu, et sont shintoïstes au Japon, confucianistes en Chine, animistes dans de nombreux pays africains... Quant à la tribu des Germanopratins, on y perpétue le culte de Sartre, Beauvoir, Merleau-Ponty et Juliette Gréco.

Une vidéo de l'auteur à la librairie Filigranes, à Bruxelles :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

 

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Philosophie et bon sens

22 Décembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

René Descartes : je pense donc je suis (cogito ergo sum) ; l'homme de la rue : je vis en attendant la mort.

Emmanuel Kant : la métaphysique doit distinguer les réalités phénoménales, accessibles par l'entendement (der Verstand), des réalités nouménales, inaccessibles par la raison (die Vernunft) ; l'homme d'une autre rue : on ne peut pas tout savoir.

Martin Heidegger : l'être, comme ce qui donne l'être à l'étant, est simultanément un principe de destruction de celui-ci, et l'être se confond avec le néant ; l'homme qui a vu l'ours : tout ce qui paraît finit par disparaître.

Jean-Paul Sartre : chez l'homme, l'existence précède l'essence ; l'homme des grands boulevards à Saint-Germain-des-Prés : on naît tout nu, et l'on devient ce que l'on peut.

Georg W.F. Hegel : toute l'évolution de l'Esprit est historico-dialectique, passant par les trois étapes de la thèse, de l'antithèse et de la synthèse ; l'homme au comptoir du Café du Commerce : tout passe, et je reprendrais bien un verre de beaujolais (variante belge athée : une bière d'abbaye).

Karl Marx : il faut instaurer la dictature du prolétariat ; l'homme qui travaille : il faut augmenter mon salaire ; l'homme qui ne travaille pas : il faut augmenter mes allocations de chômage.

Gabriel Marcel : distinguons bien les problèmes des mystères - l'homme est face aux problèmes, mais il est lui-même une donnée des mystères ; l'homme des champs : y a des trucs qui me dépassent.

Sigmund Freud : il existe trois instances dans le psychisme humain, le ça, le moi et le sur-moi ; l'homme des villes : y a des trucs que j'ai envie de faire, mais c'est mal vu, ou c'est illégal, ou ça fait grossir.


 

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Elements de langage

21 Décembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Non-voyant : aveugle,

Mal-entendant : sourd,

Immigré : envahisseur,

Immigration : invasion,

Présumé innocent : coupable probable, et parfois coupable certain,

Acharnement thérapeutique : crime contre l'humanité,

Humanité : détestation des souffrances humaines,

Senior : vieillard,

Homosexuel : homosexuel,

Imbécile : qui ne change pas d'avis ni d'amis,

Homme de gauche : qui aime sept milliards d'hommes,

Homme de droite : qui aime son prochain,

Islam : islam,

Religion : superstition organisée,

Spiritualité : superstition prétentieuse,

Littérature : divertissement textuel,

Sociologie : divertissement intellectuel,

Erotisme : divertissement sexuel,

Pornographie : dévoilement de l'être,

Philosophie : discipline opposée aux disciplines,

Conviction : décision de ne pas changer d'avis (voir Imbécile), anti-philosophie,

Vol : appropriation illégale,

Impôt : appropriation légale,

Loi : règle imposée par les plus nombreux,

Paix : courte période entre deux guerres,

Cigarette : éliminateur de vieux, régulateur démographique,

Drogue : éliminateur de jeunes, accélérateur de déchéance.

Pour info :

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La Recherche continue

7 Décembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Je poursuis ma recherche, car ce n'est pas en quarante-cinq ans que l'on arrive aux déterminations les plus décisives de l'Être. La philosophie est une longue patience, et si l'on arrive à des résultats en biologie ou en sociologie en seulement quelques années, il faut des décennies pour apprendre à penser par soi-même. Mes écrits publiés sont évidemment autant d'étapes dans mon cheminement spirituel, mais ne sont que des moments d'une pensée, et je ne suis pas encore prêt à m'endormir d'un sommeil dogmatique. Les grandes leçons de Kant et de Husserl et de quelques autres m'en préservent. C'est ainsi que mon dernier livre La vie des grands philosophes (Jourdan, Bruxelles) n'est pas, comme l'ont cru quelques lecteurs rapides, un exposé simplifié de l'histoire de la philosophie ad usum populi, mais il s'agissait de m'expliquer à moi-même, en termes les plus clairs et les plus déterminants possible, les découvertes effectives des quarante plus grands philosophes de tous les temps, de Thalès à Deleuze. Exercice particulièrement difficile mais indispensable : ramener Critik der reinen Vernunft, Sein und Zeit et quelques autres textes majeurs à quelques phrases gonflées de sens. Comprimer au maximum les pages de Spinoza, ou de Neitzsche, pour en révéler l'apport à la construction multiséculaire de la Philosophia perennis

Car la mission du philosophe est de comprendre l'Être (l'être des étants et plus profondément la source et donc la destinée du moi, dans la synthèse d'une archéologie et d'une eschatologie), c'est-à-dire de simplifier, de chercher les schémas, ce qui ne veut pas dire rendre accessible au vulgum pecus, mais aller à l'essentiel. Dégager les idées des philosophes de leur gangue de rhétorique et de vaine littérature. Je poursuis ma recherche dans la solitude, avec pour viatique dans mon voyage vers l'Être la synthèse de quarante pensées, les plus vigoureuses et les plus profondes au cours des 2 600 dernières années. J'essaye de ne pas négliger les travaux actuels de mes collègues "amateurs de sagesse", même si je dois observer que les travaux actuellement publiés sont plus souvent chargés d'érudition que de vraies découvertes concernant l'origine de l'Être, la destinée du moi ou le sens réel (impératifs catégoriques ou pulsions sentimentales ?) des prescriptions éthiques.

Je poursuis ma recherche, dans les tremblements de l'Angoisse et les gémissements du Désespoir, mais je continue de penser.                        

Pour info :

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Perdu en mer (poeme)

2 Décembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Je parcours les saisons à l’abri de mes rêves

J’engrange les savoirs au gré des vents

Et je vogue en voyant venir les vagues, et les vacarmes,

Les voiles déchirées et les cordes rompues

La mer tumultueuse aux ondes enragées

Et le ciel gris de plomb et le feu des orages

Et je parcours encore la distance dernière.

Dernier combat, dernier effort, dernier espoir, orgueil ultime

Je m’accroche aux mains mortes, je remplis les bouteilles pansues

D’un élixir très ancien qui me remplit de haine

Et je déteste encore, une dernière fois, sans illusion,

Le mensonge qui hurle de très vieilles chansons.

Les mains mortes m’apportent le bruit de leurs rancunes

A la porte des songes où s’ouvrent les naufrages

Pendant que se décline le signal de lumière rouge et bleue

Qui termine en souffrance la pâleur du voyage.

Océan de misère, eaux fougueuses envahissantes

Venues de fleuves là-bas, des vallées, des montagnes

De toutes ces forêts pour finir en noyade

Dans l’ouverture immense des espoirs et des balises

D’une folie de cuivre et de bois rouge et de cordages

Pour devenir épaves sur la dernière plage.

Pour info :

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Jose Tshisungu et les Belges

29 Novembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Je me suis plusieurs fois, jadis et naguère, interrogé sur l'existence d'écrivains belges, et j'ai dû m'incliner devant les faits : il y a des écrivains parmi les Belges, j'en ai rencontrés ! J'en ai même rencontrés beaucoup, et j'ai dans mes fiches de lecture des centaines de noms. Il était donc fatal que je finisse par me poser une question corrélative et subalterne : existe-t-il des écrivains congolais, c'est-à-dire citoyens ou ex-citoyens du Congo ex-belge ? Eh bien, la réponse est positive : il y en a au moins un, José Tshisungu wa Tshisungu, linguiste des langues bantoues, mais aussi poète, romancier de talent, dramaturge. Après avoir enseigné à l'Université d'Elisabethville, Tshisungu a quitté son pays (c'était à l'époque où il était gouverné - si l'on peut dire - par Mobutu), il a vécu quelques mois en Belgique, puis s'est installé à Montréal.

Joséphine Mulumba, qui enseigne dans une université à Munich et qui s'est spécialisée dans l'étude de la littérature africaine actuelle, vient de réunir 8 études consacrées à l'oeuvre de Tshisungu, ce qui forme un livre bien intéressant paru sous le titre Des rives du Congo à la Meuse (L'Harmattan, Paris, 2013, 169 pages). Les études rassemblées se focalisent toutes sur le "cycle belge" de Tshisungu, formé de Errances en Flandre (1995), La Flamande de la gare du Nord (2001), La Villa belge (2001), Patrick et les Belges (2004).

Madame Mulumba (deux contributions) et six de ses collègues croisent leurs projecteurs critiques sur le rapport littéraire entre Tshisungu et son vécu, c'est-à-dire entre la langue française et la langue tshiluba, entre l'ex-colonisateur et l'ex-colonisé, entre les luttes tribales le long du fleuve Congo et les luttes tribales dans les vallées de l'Escaut et de la Meuse, et peut-être bien entre la pomme de terre frite et le manioc pilé (mais les préoccupations alimentaires sont peu présentes dans les textes tshisunguiens). L'analyse, toujours très empathique et parfois très savante, révèle en Tshisungu un "écrivain qui a dépassé la poétique de la Négritude et les théories postcoloniales" (p. 14). Réservant ses observations aiguës tant aux élites congolaises qu'aux intellectuels flamands, bruxellois et wallons, José Tshisungu a su éviter les analyses naïves, faites plus de ressentiment que d'intelligence, d'une certaine militance anti-colonialiste. Et en somme, ce qui donne un pittoresque esthétiquement intéressant à ses oeuvres, se moquant des ethnologues belges qui ont tenté de décrire l'étrangeté des tribus congolaises, Tshisungu s'établit - sous le déguisement de l'écrivain - ethnologue des ethnies belges, et il forge les concepts de flamanditude et de wallonité pour tenter une compréhension de l'étrangeté belge. Force est de constater que Tshisungu, sous les apparences du récit, atteint parfois la hauteur d'une question universelle, qui est celle du rapport entre les mots (en français ou en tshiluba) et le réel, entre la littérature et la compréhension du monde. 

Pour info :

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