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Jean C. Baudet

Articles récents

Rwanda, Burundi, France

23 Mars 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Les données statistiques sont implacables, c'est pourquoi les sentimentaux idéologiques ne les aiment pas. Et pourtant, comme elles sont instructives !!! D'après la Banque Mondiale, il y avait 3 millions d'habitants au Rwanda en 1960, 3 Mio au Burundi et 47 Mio en France. En 2011, ces chiffres devenaient respectivement 11 Mio, 8,5 Mio et 65 Mio. Conclusion : pendant que la France augmentait sa population d'un facteur 1,4 (en cinquante ans), l'accroissement atteignait 2,8 au Burundi et 3,7 au Rwanda, et ceci malgré le génocide de 1994, pendant lequel, avec une efficacité très remarquable, les Hutus du Rwanda ont tué à coups de bâton près d'un million de Tutsis. Conclusion de la conclusion : pendant la période 1960-2011, le Rwanda fut 2,6 fois (3,7 divisé par 1,4) plus favorable au développement humain que la France, et le Burundi fut 2 fois (2,8/1,4) plus favorable. Car évidemment la qualité d'une zone géographique pour le développement des hommes se mesure par l'accroissement de la population.

 

L'humanité se développe 2,6 fois plus au Rwanda qu'en France, malgré un génocide. Il est vrai que la pilule contraceptive et l'avortement dépénalisé sont la cause, en France, d'un génocide invisible. La question est donc posée aux politiciens et aux idéologues : pourquoi la France est-elle moins favorable à la multiplication des hommes que le Rwanda ?

 

Du point de vue géopolitique, et en tenant compte de l'humanisme, de la morale, de l'éthique et du simple bon sens, on concluera évidemment que la communauté des hommes - par l'intermédiaire de l'ONU et des ONG - doit davantage concentrer son aide sur la France sous-peuplée plutôt que sur le Rwanda et le Burundi, dont les courbes démographiques croissantes attestent de la supériorité des conditions locales pour le développement humain.

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Le coup du père François

18 Mars 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Cur PenseeJe n'ai pas commenté l'élection du nouveau pape, et je n'ai pas salué son choix d'un prénom nouveau pour la fonction pontificale. Je m'en excuse auprès de mes fidèles lecteurs. Mais je ne peux pas réagir à tout. Du reste, je fus très occupé, ces derniers jours, par la réflexion métaphysique, car j'ai essayé de déterminer, par la méditation armée du fruit de mes nombreuses lectures, s'il y a trois, quatre ou cinq personnes en Dieu. Ce n'est pas parce qu'à Nicée quelques évêques ont déterminé, en 325, sous le règne de Constantin, que Dieu est trinitaire que la chose est dite. Je dois reconnaître, avec un certain agacement, que je ne suis pas arrivé à une conclusion qui me satisfasse. Aussi bien ai-je décidé de faire une pause, de regarder la télévision, et j'entends des commentaires dans tous les sens à propos du nouveau Saint et Sacré Pontife. Cela me fait penser que les religions sont à la fois exécrables et indispensables. Sur leur exécrabilité, je ne m'étendrai pas, je me contenterai d'avoir une pensée pour les nombreuses victimes - passées, présentes et à venir - des fanatismes religieux. En notant au passage que les fanatismes des religions sans dieu (je pense au communisme et au nazisme) sont les plus abominablement destructeurs.

Mais sur l'indispensabilité des religions, je voudrais m'arrêter un moment (un moment de recueillement ne fait de tort à personne). Il ne faut pas rêver, et il faut  voir les choses comme elles sont et les hommes doivent être observés sans préjugés. Ils sont pour la plupart ignares, incultes, et superstitieux. C'est ce qui explique l'universalité du fait religieux. L'homme sans formation intellectuelle a besoin d'espérer un avenir radieux, quitte à ce qu'il soit post mortem, et depuis que l'homme a élaboré les premiers mythes, les sectes se sont multipliées, avec toujours l'un ou l'autre gourou pour transformer les mythes en dogmes. La liste est longue : Aménophis IV, Moïse, Zoroastre, Bouddha, Paul (de Tarse), Marcion, Arius, Nestorius, Manès, Mahomet, Luther, Jansénius, Rousseau, Hegel, Marx, Lénine, Mao-Tsé-Toung, Levinas, Mélenchon, etc.

La situation est clairement un problème économique. Pour former intellectuellement 7 milliards d'individus afin de les rendre capables de comparer librement, sans préjugés et en toute connaissance, les diverses options religieuses qui sont proposées dans le monde, il faudrait des ressources énormes (locaux, bibliothèques, organisateurs, enseignants...) qui dépassent de loin les possibilités purement physiques de l'Humanité. Et même si ces ressources étaient disponibles, de nombreux Etats refuseraient de s'en servir pour scier la branche mystique sur laquelle ils sont assis ! Bref, les religions sont incontournables.

Reste alors une question : quelle religion choisir ? Ici aussi, c'est encore une question d'éducation, car pour comparer et choisir il faut connaître. Il me semble qu'à tout prendre, la religion du père jésuite devenu François n'est pas la pire, loin de là. Le catholicisme a dépassé historiquement le stade du fanatisme. Exécrable dans le principe, mais peut-être le "meilleur choix" dans la pratique. Car quand on ne peut atteindre l'Absolu, il faut se contenter du Relatif. Et si l'on ne peut pas combattre le fait religieux, on peut au moins cibler certaines de ses abjectes outrances.

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Christianisme, manichéisme, islam, etc.

12 Mars 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

J'ai entrepris de publier une "Histoire des religions et de la philosophie", selon les mêmes principes que mon "Histoire de la science et des techniques" (9 volumes, Vuibert, Paris, 2002-2009). Il s'agit d'exposer la naissance et l'évolution des idées en restant au plus près de la chronologie, de manière à mettre en évidence les "constantes" de la pensée humaine, et d'évaluer son "progrès".

Le premier volume de cet ensemble (ambitieux...) est paru chez Jourdan (Bruxelles-Paris) en 2011 sous le titre "Curieuses histoires de la pensée" (601 pages). J'y analysais l'origine même de la pensée avec l'apparition du langage pendant la Préhistoire, le développement des mythes, leur évolution vers la formation de religions (védisme en Inde, confucianisme chez les Chinois, et bien sûr les polythéismes de l'Antiquité: Mésopotamie, Egypte, Grèce, Etrusques, Rome, etc.). J'y montrais aussi la séquence polythéisme-hénothéisme-monothéisme, avec notamment Zoroastre et le judaïsme. Enfin, j'y traitais de la formation de l'esprit philosophique avec Thalès. Ce premier volume traitait de la pensée depuis ses plus lointaines origines jusqu'au début de l'Empire romain, avec l'empereur Tibère.

Le deuxième volume vient de sortir de presse, également chez Jourdan: "Histoire de la pensée de l'an Un à l'an Mil" (334 p.). J'y étudie mille ans de développement de la pensée humaine, où l'on voit naître de nouvelles religions (christianisme, gnosticisme, hermétisme, manichéisme, islam...) et où l'on voit la disparition progressive de l'esprit philosophique.

J'ai notamment tenté de replacer dans le courant des idées les différents évangiles apocryphes et écrits gnostiques découverts récemment (par exemple à Nag Hammadi), qui ont profondément renouvelé la compréhension du fait religieux.J'étudie évidemment les mouvements de pensée (ou sectes) que l'Eglise appelle des hérésies: marcionisme, arianisme, priscillianisme, pélagianisme, nestorianisme, etc.

J'ai renoncé à établir une bibliographie, qui aurait été énorme, mais je mets à la disposition du lecteur les références de mes sources principales dans 151 notes de bas de page.

Voilà donc, en un peu moins de mille pages, un exposé chronologique et critique de l'évolution des idées depuis l'invention de l'outil par un singe astucieux jusqu'à l'époque du pape Sylvestre II. On situera dans l'histoire aussi bien Mahomet que Bouddha, Lao Tseu qu'Aristote, Epicure que Plotin, Porphyre ou Jamblique. Et l'on se demandera si l'évolution de ces idées est une progression ou une régression...

Si Amon-Ra, Zeus, Jupiter, Yahvé, Dieu le Père, Allah et Ahura Mazda me prêtent vie, je publierai la suite, avec le développement de la scolastique et Thomas d'Aquin, avec Descartes, Kant et Michel Onfray, avec Martin Luther et Frédéric Nietzsche. Allons, je vais quitter ce blog, et me remettre au travail... 

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Sur le Moyen Age

21 Février 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Philosophie

de-loutil-a-la-machine-Si de braves gens veulent absolument croire que le Moyen Age fut une époque formidable, avec des philosophes d'une profonde intelligence, des savants d'une inexprimable sagacité, des ingénieurs d'une prodigieuse créativité, sachez-le : cela m'est parfaitement égal. Quand j'exprime dans un texte que je destine à l'Humanité tout entière, aujourd'hui et pour le reste des siècles, le résultat de mes maigres réflexions et de mes recherches évidemment insuffisantes - comment résoudre les problèmes de la Connaissance et de l'Action en seulement quarante années ? - je ne fais que lancer, comme on dit, une bouteille à la mer, et je n'ai plus l'âge de vouloir faire des disciples. D'accord, pas d'accord ? Je m'en fiche. Mais examinons quand même le Moyen Age, qui d'après moi s'achève à la fin du XIIIème siècle et qui commence quand on voudra, en 455 (prise de Rome par Genséric), en 410 (prise de Rome par Alaric), voire en 14 (mort de l'empereur Auguste).

 

J'ai d'abord étudié l'histoire des techniques (voir De l'outil à la machine, Paris, 2003). J'ai dû en convenir : la créativité technicienne fut très faible jusqu'au début des années 1300, et ni l'invention de l'étrier, ni celle du collier d'épaule, même si elles eurent des conséquences intéressantes, ne produisirent une "révolution" dans les modes productifs comparable à l'invention de l'agriculture au Néolithique ou à la mise au point de la machine à vapeur au XVIIIème siècle. Les grandes inventions (boussole, canon, imprimerie) furent, elles, déterminantes, mais justement il s'agit des XIVème et XVème siècles, ce qui correspond à la sortie du Moyen Age, sortie rendue possible par ces inventions mêmes.

J'ai ensuite étudié l'histoire de la science, et, plus encore que pour la technique, j'ai trouvé, tant dans le MA latin que dans le MA byzantin et que dans le MA arabe, des siècles particulièrement obscurs. Je n'ai pas trouvé une seule, pas une seule, idée nouvelle vraiment de première grandeur, et je rappelle que l'idée de la transmutation des métaux remonte aux premiers siècles de l'Empire romain (avec les techniques de laboratoire comme la distillation), que l'algèbre est inventée par Diophante au IIIème siècle, et que les chiffres décimaux et le zéro sont des inventions indiennes qui remontent à l'Antiquité. Quant à la médecine, qui au Moyen Age est d'ailleurs plus une technique qu'une science, elle ne fait aucun progrès notable par rapport à Oribase, à Galien, et même à Hippocrate.

 

J'ai, enfin, étudié l'histoire de la philosophie. Si l'on veut bien entendre par ce terme l'effort intellectuel de comprendre le monde et l'homme dans le monde en éliminant les données héritées des traditions, il n'y a rien, RIEN, de Boèce (qui ne fait que rédiger des manuels sans concepts nouveaux) à Thomas d'Aquin. Bien sûr, si l'on donne au mot "philosophie" un sens large du genre "pensée approfondie", alors le Moyen Age est tout plein de philosophes, comme il y a plein de philosophes dans la Chine de Confucius, chez les aborigènes d'Australie, chez les Esquimaux, sur les plateaux de télévision où pensent en public Patrick Sébatien et Laurent Gerra, et chez les poètes du dimanche.

 

Et les cathédrales, Monsieur, les belles cathédrales ? Elles sont belles, en effet, et elles m'effrayent, vastes constructions dédiées à la superstition populaire. Un plaisir esthétique ne correspond pas nécessairement à une vérité - voyez les romans. Ceci dit, c'est peut-être ça, la "valeur" du Moyen Age : avoir su calmer les gens par l'Espoir. On ne faisait pas la grève, au Moyen Age. Mais rassurons-nous. Le Moyen Age va revenir, il est déjà parmi nous, avec de grands monuments sans images, pour des hommes qui préféreront croire que comprendre. 

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Elie Volf, Chevreul et les corps gras

21 Février 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Chevreul.pngQuand je fonde ma revue « Technologia », en 1978, dédiée à l’histoire de la science et de la technologie, je constate qu’en France et dans les pays francophones la discipline « histoire de la science » (ou « histoire des sciences ») est très peu pratiquée, et que la discipline « histoire des techniques » est presque ignorée. Certes, il y a les beaux travaux d’Alexandre Koyré, de René Taton, de Maurice Daumas, de Bertrand Gille et de quelques autres, mais l’histoire des sciences et des techniques est bien moins fréquentée (par les chercheurs, par les enseignants, et par le « public cultivé ») que l’histoire des faits politiques, l’histoire de la musique, l’histoire de l’art, l’histoire des littératures… Aujourd’hui, trente-cinq ans plus tard, la situation s’est considérablement améliorée, et l’on ne compte plus les monographies – parfois très « pointues » – sur les grands savants, les grandes découvertes, les grandes inventions… Et il en va désormais de l’histoire des sciences comme de l’histoire « tout court », il devient impossible de suivre la production abondante des chercheurs, et il faut se spécialiser. L’histoire de la chimie, et même l’histoire de la chimie au XIXème siècle constitue désormais un objet de recherches qui peut remplir la vie d’un chercheur… Et si l’on veut comprendre comment la chimie organique s’est développée au cours de ce siècle, il faut connaître l’œuvre considérable et décisive de Michel Eugène Chevreul, l’homme, un chimiste français, qui a déterminé la structure moléculaire des corps gras, et à qui l’on doit la connaissance notamment de ces acides carboxyliques que sont l’acide butyrique, l’acide stéarique, et bien d’autres.

Eh bien, les éditions L’Harmattan viennent de publier une très belle monographie consacrée à ce grand savant : Michel-Eugène Chevreul, 1786-1889, par Elie Volf (324 pages). On apprend ainsi d’abord que cet homme a vécu plus de cent ans, qu’il a fait de nombreuses recherches dans de nombreux domaines, qu’il a produit quelque 800 ouvrages et articles dans des revues spécialisées, qu’il commence sa carrière de chercheur, en 1808, au Muséum d’Histoire naturelle à Paris, où il élucide la question des matières grasses, qu’il change de sujet de recherches en 1824, quand il est nommé directeur de l’atelier des teintures à la Manufacture des Gobelins à Paris. Il a accompli, en 1824, un travail d’analyse gigantesque, ses résultats sont publiés, et il commence à s’intéresser à la question des couleurs et des matières colorantes, surtout d’origine végétale. En 1823, il a fait paraître son grand ouvrage : Recherches chimiques sur les corps gras d’origine animale, chez F.G. Levrault, Paris, XVI+484 pages.

Le livre d’Elie Volf passionnera les spécialistes, c’est certain. Mais il intéressera aussi, du moins il faut l’espérer, ces messieurs-dames qui désirent comprendre la différence entre la science et les non-sciences (Chevreul s’est beaucoup intéressé, notamment, à l’histoire de l’alchimie), qui veulent se faire une idée de la manière dont les scientifiques arrivent à des résultats vérifiables, ou qui veulent comprendre comment les chimistes sont parvenus à déterminer avec une incroyable précision « ce qu’il y a dans nos assiettes ». Et quand on mange un bon steak tartare de cheval ou un bon steak grillé de bœuf, il faut avoir, me semble-t-il, une pensée pour M.E. Chevreul et pour ses successeurs, grâce auxquels nous savons que les acides gras sont bons pour la santé, et que certains sont même, comme disent les nutritionnistes, « essentiels ».

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Sur l'histoire de la philosophie

20 Février 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Histoire

La philosophie est la tradition qui rejette toutes les traditions. Elle est par essence blasphématoire. Cela signifie que tout philosophe entame sa réflexion dans la méfiance, écartant (jusqu'à plus ample informé) toutes les idées extérieures, notamment religieuses. Mais cela ne veut pas dire qu'il ne reviendra pas, au terme de sa méditation, à reconnaître éventuellement la valeur d'une tradition particulière, et à la justifier "philosophiquement".

Ma définition écarte donc de la philosophie 1° toutes les pensées antérieures à 600 avant Jésus de Nazareth (Thalès de Milet), 2° tout le Moyen Age chrétien, ou judaïque avec Maïmonide, ou mahométan avec Avicenne, 3° les pensées orientales. Ni l'Inde, ni la Chine, ni le Japon n'ont donné (je veux dire avant le XXème siècle) de penseur ayant osé rejeter le religieux, et dont la doctrine aurait influencé durablement et en profondeur le développement de la philosophie depuis Thalès jusqu'à nos jours. Force est alors de reconnaître - et c'est assez gênant dans les couloirs de l'ONU - que la philosophie est "occidentale", allant de Thalès à BHL et Michel Onfray. Et force est aussi de constater que la philosophie (créatrice, je ne parle pas des manuels d'enseignement) ne s'est exprimée exclusivement qu'en sept langues: grec, latin, italien, français, anglais, allemand, russe. Et la philosophie vivante, aujourd'hui, n'utilise plus (momentanément) que l'anglais, l'allemand et le français. D'où l'existence actuellement (cela va changer si l'islam réussit une nouvelle fois, mais cette fois sur un plus large espace géographique, à étouffer la pensée libre) de trois courants philosophiques : français (rationalisme clair venu de Descartes), allemand (rationalisme obscur venu de Hegel), anglais (empirisme logique venu de Locke).

Ce qui précède n'est qu'un court billet, dont chaque mot devrait être longuement nuancé. La philosophie ne se limite pas à Thalès, Descartes, Locke et Hegel. Encore que... Mais "penser", c'est aussi "simplifier", et je crois qu'un professeur de philosophie au Burundi ou en Corée du Sud m'accordera qu'aujourd'hui la philosophie trouve bien ses origines proches chez Descartes et chez Locke, et sa source lointaine chez les physiciens de Milet.

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Histoire des religions

16 Février 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Je mets la dernière main au deuxième volume de mon "Histoire des religions", qui devrait paraître tout prochainement chez l'éditeur Jourdan. Ce sera mon neuvième ouvrage publié par cette maison localisée officiellement à "Bruxelles-Paris", et dont les locaux de production se trouvent dans la morne plaine de Waterloo - là où les ennuis des Belges francophones ont commencé, mais ceci est une autre histoire.

 

En somme, ma vie (qui est sur le point de s'achever) a connu quatre ou cinq époques. Je fus d'abord professeur de philosophie, puis biologiste (avec quelques publications sur la taxonomie et la génétique de plantes vivrières), puis éditeur, puis historien des sciences, puis historien des religions, sans compter quelques menus travaux de poète, de journaliste, de critique littéraire ou de blogueur. Je me suis aussi occupé de terminologie et j'ai même publié quelques nouvelles et un roman. Bref, une vie mal remplie, où je suis allé du coq (wallon) à l'âne patronymique. Et je sais que vous n'en avez rien à foutre (vous voyez, je m'adapte à l'air du temps, du moins dans mon vocabulaire, car mes idées résistent), mais c'est ma vie, et la seule que je connaisse dans tous ses sombres détails - contrairement aux vies de ceux que j'évoque dans mes livres, et que je connais moins bien, malgré parfois des recherches approfondies.

 

Or donc, mes chères dames et Messieurs, voilà que j'annonce le deuxième opus de mon "Histoire des religions". Le premier, intitulé (un peu obscurément) "Curieuses histoires de la pensée", paru en 2011 et toujours disponible dans les bonnes librairies malgré de bonnes ventes, traitait des origines, depuis l'apparition du langage (événement malheureusement non daté), de la pensée humaine, avec l'apparition successive des rites, des mythes, des religions et, enfin (vers 600 avant Jésus Notre Seigneur), de la philosophie. Cet ouvrage arrêtait son récit (palpitant comme un thriller et documenté comme une thèse...) en l'an Un avant l'ère des chrétiens. Il comportait 601 pages. Le volume que j'annonce (dont le titre n'est pas encore déterminé) comportera 334 pages, et raconte l'histoire de la haute pensée depuis l'an Un jusqu'à l'an Mil, c'est-à-dire depuis le règne d'Auguste, empereur romain, jusqu'au temps de Sylvestre II, le pape français. J'explique comment sont apparues cinq grands systèmes de pensée : le christianisme, le gnosticisme, l'hermétisme (qui est à la source de l'alchimie), le manichéisme et l'islam. Je montre aussi comment la recherche philosophique décline puis disparaît, et comment les cultures grecque et latine parviennent (difficilement) à survivre dans les monastères byzantins ou occidentaux, sous la forme surtout de chroniques et de biographies de "saints".

 

Cet ouvrage sera évidemment (vous me connaissez...) bourré de réflexions philosophiques passionnantes et rebelles, comme celle-ci que, depuis les prophéties et prédications d'un Jésus (mal connu par les historiens) jusqu'en 1000 post christum, AUCUNE découverte scientifique n'a été faite par l'Humanité... RIEN en mille ans !!!

 

Ainsi, la vie du philosophe est-elle la synthèse de son coeur et de sa raison, le curieux et sans doute inutile mélange de sa volonté de connaître, de son désir de comprendre et des "choses de la vie". 

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Le coeur et la raison

15 Février 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Cur PenseeLa pensée française, qui est comme un modèle réduit de la pensée universelle, peut être analysée comme le grand combat épistémologique entre le rationalisme (Descartes) et le mysticisme (Pascal), ou comme la grande rivalité ontologique entre le matérialisme (La Mettrie) et le spiritualisme (Bergson), ou comme le conflit éthico-politique entre la droite de la raison et la gauche du coeur (même si, comme disait l'autre, "la gauche n'a pas le monopole du coeur"). Tout le reste n'est que littérature, c'est-à-dire sentimentalisme mal pensé (Camus) ou divertissement intellectualiste abstracteur de quintexistence (Sartre).

Certes, on pense avec des mots. Mais l'on ne pense que parce que l'on est. Et l'on ne prend conscience de cet être que dans les maux de l'existence, et le philosophe, avant même d'être un penseur égo-centré (JE pense donc JE suis) est un sentimental. Il a du coeur avant d'avoir de la raison.

Je me trompe ? C'est possible ! Mais...

Peut-être que la vie est un splendide lever de soleil - aurore aux doigts de rose - avec des oiseaux qui chantent et des enfants qui rient. Peut-être... Mais pourquoi ai-je vu de la pluie et de la neige, des oiseaux blessés et des enfants torturés ? Dites-moi, sincèrement ! Aurais-je mal vu ? Tout ne serait-il que luxe, calme et volupté ? Et faut-il les bombes des fanatiques, les destructions des vandales et les douleurs du cancer - et la bêtise, Monsieur, la somptueuse bêtise... - pour élaborer des "projets de société", avec des "lendemains qui chantent" ?

Nous savons de quel côté se trouve l'Espoir. Mais où est la Vérité ?

 

Pour info : Télé Bruxelles

Canal C (Namur)

www.canalc.be/index.php?option=com_content&view=article&id=100001595:entree-libre-de-jean-baudet-&catid=114:entree-libre&Itemid=56

Librairie Filigranes (Bruxelles)
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La viande de cheval et la crise

13 Février 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Economie, #Alimentation

Une bonne nouvelle, enfin ! Alors que les médias nous désolent avec l'annonce de massacres de coptes en Egypte, avec la renonciation du pape à la mission pontificale, avec les attentats islamistes partout, avec les dissensions au sein de l'Union Européenne en matière de budget et de politique économique, avec la désindustrialisation de la France et la course aux armements nucléaires en Corée et en Iran, voilà enfin une bonne nouvelle ! Les nutritionnistes, les médecins, les vétérinaires, les biologistes et les associations écologistes nous le signalent : la viande de cheval est aussi bonne que la viande de boeuf, et elle est beaucoup moins chère ! Non seulement sa saveur et sa valeur nutritive sont égales à celles de la viande de boeuf (elle est même plus riche en fer, précieux oligo-élément), mais son prix est nettement plus bas ! Il suffit alors d'un peu de réflexion pour trouver un moyen de s'adapter à la baisse du pouvoir d'achat engendrée par la récession économique dans les pays européens : manger du cheval ! C'est même bon pour l'environnement, puisque l'on évite le rejet pur et simple des chevaux abattus, en les utilisant dans l'alimentation plutôt que de les jeter aux ordures.

 

Mangez du cheval ! C'est bon contre l'anémie, c'est économique, c'est écologique. Et puis, crise ou pas crise, pour confectionner son hachis Parmentier, est-ce bien raisonnable, à Paris ou à Lyon, de faire venir de la viande de boeuf d'Argentine, alors que l'on pourrait consommer des chevaux élevés en France ?

 

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles)
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Une bouffée d'humanisme

4 Février 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

C'était par un bel après-midi d'été, je regardais le visage d'une petite fille, je m'en souviens très bien, et comme son sourire m'a ému ! Quelle fraîcheur, et comme on sent en soi des sentiments qui s'entremêlent de bonheur, d'espoir, et pleins de cette chaleur humaine qui gonfle le coeur et peint dans les couleurs de l'arc-en-ciel nos soirs et nos matins ! Comme cette petite fille dispersait les sombres réflexions de mon étude de la condition humaine ! Quelle grâce, jusque dans ses gaucheries d'enfant, et comme l'existence me paraissait moins absurde, moins lourde, moins désespérante que me l'expliquaient tous mes livres ! Et j'ai commencé à refonder, sur de nouvelles bases plus optimistes, ma philosophie, abandonnant ma détestation des hommes, et comme je voyais lucidement que je m'étais trompé, et qu'il fallait accepter l'humanisme, l'admiration de l'humanité, le culte de l'humain. Et l'insouciance de cet enfant, et sa curiosité naïve, et sa candeur, et le brillant de ses yeux me comblaient d'ondes étranges de sympathie, d'amitité et d'espoir de bonheur, et de l'allégresse d'une nouvelle confiance dans la vie. Après des années de lectures savantes, de réflexions au plus profond des concepts, d'analyses critiques des meilleurs auteurs, après les mornes observations de l'Histoire - du sang et des larmes -, le sourire de cette petite fille m'a remis sur la voie de l'humanisme et de l'amour du genre humain.

 

C'était par un bel après-midi d'été, Marc Dutroux regardait le visage d'une petite fille...

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